Edward Gardner face à Peter Grimes 

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Le chef d’orchestre Edward Gardner sort un enregistrement du Peter Grimes de Benjamin Britten. Publiée par Chandos, cette gravure voit le maestro au pupitre de l’excellent Orchestre Philharmonique de Bergen dont il est le Directeur musical. Cette parution est l’un des événements éditoriaux de la rentrée !

Vous sortez un nouvel enregistrement de Peter Grimes par Benjamin Britten. Cet opéra incarne plus que tout autre l’opéra anglais. Est-ce que cela a un sens particulier pour un chef d'orchestre anglais d'enregistrer cet opéra ?

Je ne suis pas sûr qu'être Anglais soit particulièrement pertinent pour interpréter Peter Grimes ; c'est une histoire universelle et un langage musical à multiples facettes ! Ce que je peux vous dire, c'est que j'ai été amoureux de la musique et du cadre dramatique de Britten dès mon plus jeune âge. Mon premier privilège avec ce chef d’oeuvre a été de le jouer avec la compagnie pour laquelle elle a été écrite : le Sadler's Wells Opera, qui est devenu l'English National Opera. Cette compagnie était fière de la pièce et en était propriétaire, ce qui m'a permis de l'approfondir.

Pour cet enregistrement, vous dirigez votre Orchestre Philharmonique de la ville de Bergen, en Norvège. Comment cet orchestre s'est-il approprié l’œuvre ?

À part les Quatre Interludes maritims, la suite orchestrale tirée de l'opéra, l'orchestre de Bergen ne connaissait pas Peter Grimes. Il est vite apparu que le cadre et l'ambiance de l'opéra étaient les mêmes que dans le Suffolk. Bergen est une ville isolée, régie par la mer et le temps, et ce cadre résonne profondément avec l'orchestre et le chœur.

Dossier Bruckner : les symphonies (n°00 à n°2) et les questions des éditions

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Cet article de Harry Halbreich avait été publié sous le titre “un fil d’Ariane dans le labyrinthe des paradoxes”. Il proposait une analyse des oeuvres et des conseils discographiques. Si le texte d’analyse est publié tel quel, la discographie des symphonies de Bruckner, qui s’est particulièrement développée au cours des 30 dernières années, a été actualisée par Bertrand Balmitgere et Christophe Steyne sous la coordination de Pierre-Jean Tribot. Nous publions aujourd’hui, la première partie de ce texte consacrée aux symphonies n°00 à n°2

Le créateur Bruckner est un noeud de paradoxes. Cas exceptionnel de développement tardif (mais il y a aussi César Franck et Rameau), il a commencé sa véritable formation théorique à trente ans, sous la férule impitoyable de Simon Sechter, qui lui interdit la composition "libre" durant sept ans. Si Bruckner supporta cette terrible contrainte, c'est qu'il savait exactement ce qu'il voulait, et le but qu'il lui fallait atteindre. S'il était mort à quarante ans, plus personne ne connaîtrait son nom aujourd'hui. Mais une fois en possession d'un métier formidable, d'une maîtrise de l'écriture que seul son grand rival et cadet Brahms pouvait lui disputer à l'époque, sa créativité explosa littéralement en cette année 1864 qui vit naître sa Messe en ré mineur, premier chef-d'oeuvre accompli, suivi très vite de la Première Symphonie (en réalité la Troisième, comme nous le verrons à l'instant). Il poursuivit désormais méthodiquement l'élaboration de ses grandes oeuvres, avec une constance, une opiniâtreté toutes paysannes dans l'effort, d'où plusieurs stades de travail successifs, et l'existence des fameuses "versions".

Un bonjour d’Edward Elgar d’Amérique

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Elgar from America - Volume 2. Sir Edward Elgar (1857-1934) :  Cockaigne (In London Town), ouverture de concert op. 40 ; Introduction et Allegro pour cordes, op. 47 ; Concerto pour violon en si mineur, op. 61. Yehudi Menuhin, Mischa Mischakoff, Edwin Bachmann, violon ; Carlton Cooley, alto ; Frank Miller, violoncelle. NBC Symphony Orchestra, direction : Malcolm Sargent, Arturo Toscanini. Enregistré en avril 1940 et février 1945 au Studio 8H de Radio City, New York. Édition 2020. Livret en anglais (Lani Spahr). 1 CD SOMM série « Ariadne » ARIADNE 5008.

Aux sources de la sonate italienne pour violon : superbe anthologie, aux couleurs inouïes

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SEICENTO ! THE VIRTUOSO EARLY ITALIAN VIOLIN. Girolamo KAPSBERGER (c1580-1651), Biagio MARINI, (c1594-1663), Aurelio VIRGILIANO (cc1540-1600), Bartolomeo DE SELMA e SALAVERDE (fl1613-1638), Giovanni Battista FONTANA (c1589-1630), Marco UCCELLINI (1603-1680), Francesco ROGNONI TAEGIO ( ?-c1626), Giovanni Antonio PANDOLFI MEALLI (1624-c1687), Bartolomeo MONTALBANO (cc1598-1651), Alessandro STRADELLA (1643-1682).  Enrico Onofri, violon ; Simone Vallerotonda, archiluth, théorbe ; Alessandro Palmeri, violoncelle ; Federica Bianchi, clavecin, orgue. Juin 2019. Livret en anglais, français, allemand, italien. TT 74’43. Passacaille PAS 1070

Festival La Grange de Meslay : Moisson 2020

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La 56e édition du Festival La Grange de Meslay a eu lieu en un temps de week-end, les 22 et 23 août, contrairement en 3 week-ends au mois de juin. La demi-jauge de la salle, soit environ 400 places, était complète ou presque, montrant l’attente du public attaché à cet événement annuel créé par Sviatoslav Richter dans les années 1960 et à ce lieu mythique.

Théo Fouchenneret livre deux œuvres d'envergure
Le jeune pianiste Théo Fouchenneret ouvre le Festival, le dimanche 22 à 15h, avec deux œuvres consistantes : la Fantaisie de Schumann et la sonate Hammerklavier de Beethoven. Premier Prix du Concours de Genève en 2018 et nommé aux Victoires de la Musique catégorie « révélation soliste instrumental » l’année suivante, Théo Fouchenneret est par ailleurs un excellent chambriste : avec le Trio Messiaen, il a remporté le 1er Prix du Concours de musique de chambre de Lyon ainsi que 5 prix spéciaux en 2019. Sa Fantaisie est fondamentalement gaie et juvénile. Après les deux premiers mouvements qu’il joue avec simplicité, c’est au 3e mouvement qu’on trouve sa personnalité, par exemple dans l’accélération avec un certain sens d’urgence dans la dernière partie en ut majeur « Nach und nach bewegter und schneller », avant l’Adagio ultime. Il est nettement plus à l’aise dans la Hammerklavier (son disque avec cette sonate sort en septembre) qui reste toujours juvénile et fraîche. Son jeu est propre et magnifiquement rendu, mais sa simplicité interroge parfois, comme ces trémolos après une gamme ascendante rapide dans le Scherzo (Prestissimo-Tempo I). La fugue, dont il joue le thème quelque peu « saccadé » et rythmé, est certainement la plus aboutie de son interprétation, avec chaque voix qui ressort des autres. En bis, Marguerite au rouet de Schubert/Liszt sans le caractère tragique.

Un voyage enivrant au Brésil et en Argentine avec Fabio Martino

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LATIN SOUL. Heitor VILLA-LOBOS (1887-1959) :  Ciclo Brasileiro, Chôros No. 5 – Alma brasileira.  Alberto GINASTERA (1916-1983) : Danzas Argentinas ; Carlos GUASTAVINO (1912-2000) : Sonatine en sol mineur.  Camargo GUARNIERI (1907-1993) :  Dança Selvagem, Dança Negra, Dança Brasileira. Carlos GUASTAVINO : Bailecito. Fabio Martino (piano) - Livret en allemand, anglais et portugais. 56'23.TICO CLASSICS TC002

Moritz Moskowski n'a pas composé que pour le piano

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Moritz MOSZKOWSKI (1854-1925) : Prélude et Fugue pour orchestre à cordes op. 85 ; Concerto pour violon et orchestre op. 30 ; Cinq Danses espagnoles op. 12, transcription (auteur inconnu) pour deux violons, alto, violoncelle, contrebasse, flûte, clarinette et piano. Marcin Danilewski, violon ; West Side Sinfonietta ; Pawel Maslanka, Marcin Danilewsli et Agnieszka Weiner, direction. 2020. Livret en polonais et en anglais. 64.30. Accord ACD 263-2/NFM 67.