A la découverte de la musique de chambre avec alto de Philipp Scharwenka

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Philipp SCHWARWENKA (1847-1917) : Trio pour violon, alto et piano op. 121 ; Sonate pour alto et piano op. 106 ; Duo pour violon et alto avec accompagnement de piano op. 105 ; Quatre pièces de concert pour violon et piano op. 104. Laurent Albrecht Breuninger, violon ; Lise Berthaud, alto ; Oliver Triendl, piano. 2020. Livret en allemand et en anglais. 72.24. Capriccio C5391.

Carmen Dragon, l’un des deux chefs d’orchestre maison de Capitol Records

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The Art of Carmen Dragon - Le Grand Tour. « Lollipops » de Abreu, Adam, Addinsell, Albéniz, Arne, A'Becket, Barber, Barnby, Bath, Beethoven, Bizet, Böhm, Bolzoni, Bourgeois, Brahe, Brahms, Chabrier, Chopin, Copland, Corelli, Cottrau, Cui, de Curtis, Debussy, Delibes, Denza, Dinicu, Drigo, Dvořák, Elgar, Emmett, Evans, de Falla, Fibich, Flotow, Foster, Friml, Gade, Génin, Ghys, Glazounov, Glière, Glinka, Godard, Godowsky, Gould, Gounod, Grainger, Gruber, Granados, Grieg, Grofé, Haendel, Herbert, Humperdinck, Ippolitov-Ivanov, Iradier, Järnefelt, Khatchatourian, Knipper, Kreisler, Lara, Lecuona, Leoncavallo, Léontovytch, de Lisle, Liszt, Litolff, Luigini, Luther, MacDowell, McRitchie, Malotte, Marquina, Mascagni, Mason, Massenet, Mendelssohn, Monteverde, Monti, Moussorgski, Nevin, Offenbach, Paderewski, Padilla, Paganini, Ponce, Porter, Poulton, Puccini, Rachmaninov, Ravel, Redner, Rimski-Korsakov, Rodriguez, Romberg, Rosas, Rossini, Rubinstein, Saint-Saëns, Sarasate, Schubert, Schumann, Sibelius, Sousa, Steffe, Sullivan, Johann Strauss II, Tchaïkovski, Thomas, Toselli, Verdi, Wagner, Waldteufel, Ward, Weber, Wildman, Willis, Wolf-Ferrari, Woodforde-Finden. Divers « Traditionals ». Emanuel Bay, Leonard Pennario, piano. Hollywood Bowl Symphony Orchestra, Hollywood Bowl "Pops" Orchestra, Capitol Symphony Orchestra, direction : Carmen Dragon. Enregistré entre 1952 et 1963. Pas de livret. 1 coffret 17 CD Scribendum SC820.

Des tubes de la Renaissance, supports d’une réinterprétration entre free jazz et hispanisme

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AKOÉ – Nuevas Músicas Antiquas. John DOWLAND (c1563-1626), Giulio CACCINI, (1551-1618), Heinrich ISAAC (c1450-1517), Juan DEL ENCINA (1468-1533), Josquin DESPREZ (c1450-1521), Adrien LE ROY (1520-1598), Hildegard VON BINGEN ( 1098-1179), Claudin DE SERMISY (c1495-1562) et anonymes, arrangements Rainer Seiferth.Belén Nieto, flûtes à bec et traversière ; Rainer Seiferth, vihuela ; Miguel Rodrigáñez, contrebasse ; Isabel Martín, voix, percussion ; David Mayoral, percussion ; Michel Godard, serpent. Juin 2019. Livret en anglais, français, allemand. TT 51’07. Alpha 597

En 1977, une fabuleuse Edita Gruberova faisait la fête à Donizetti…

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Gaetano DONIZETTI (1797-1848) : Don Pasquale, opéra bouffe en trois actes. Oskar Czerwenka, Edita Gruberova, Hans Helm, Luigi Alva, Alois Pernerstorfer ; Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Vienne, direction Hector Urbon. 2020. Chanté en allemand. Sous-titres en allemand, anglais, français, japonais et coréen. Notice en anglais et en allemand. Pas de texte du livret. 120.00. Un DVD Naxos 2.110659. 

Emmanuel Pahud, flûtiste dans son époque 

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On ne présente plus le flûtiste Emmanuel Pahud, star mondiale de son instrument. Que ce soit en soliste ou depuis les pupitres de l’Orchestre Philharmonique de Berlin dont il est l’un des piliers, ce musicien aime sortir des sentiers battus. Alors qu’il est le héraut d’un album consacré à des musiques de film d’Alexandre Desplat (Warner) sous la direction du maître lui-même, il répond aux questions de Crescendo Magazine. 

Vous êtes au coeur d’un nouvel album de musiques de film d’Alexandre Desplat. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre part à cette aventure ?

C‘est un souhait fort et secret que j‘avais depuis longtemps, car le cinéma est pour moi indissociable de la musique. La rencontre à Los Angeles  avec Alexandre Desplat lors d‘une tournée des Berliner Philharmoniker fut décisive, lorsqu‘il me révéla qu‘il avait lui-même joué de la flûte et qu‘il rêvait d‘écrire des pièces pour cet instrument. Ce sont donc deux doux rêveurs qui se sont rencontrés, si l’on veut, et ainsi est née cette aventure qui allait se concrétiser deux ans plus tard à Paris avec l‘Orchestre National.

 Que représente la musique de film pour vous

Elle polarise le spectateur en lui faisant regarder les images autrement. Elle lui permet de repartir avec des images en fredonnant ses thèmes favoris. Elle est l’expression de ce que l‘image ne peut pas toujours représenter.

 Est-ce que vous êtes un cinéphile passionné ? 

Amateur, oui, mais pas passionné : ma passion, ma vie, c‘est la musique ! Quand j‘étais étudiant à Paris, j‘ai vu et apprécié beaucoup de films dans les salles indépendantes et spécialisées : quel élargissement de mon horizon culturel !

Est-ce qu’il y a quelque chose de plus plaisant à jouer des tubes cinéphiliques comme le thème de Grand Hotel Budapest qu’une Sequenza de Berio ?

Non. Dans mon rôle d’interprète, de medium, la croyance est essentielle : la meilleure musique du monde est celle que l‘on est en train de jouer. Je ne suis pas là pour me faire plaisir, c’est le public qui doit prendre plaisir. Pour celà, je dois croire de tout mon être dans la musique que je joue, quelle qu‘elle soit.

Fabien Gabel avec l’Orchestre Français des Jeunes 

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Le chef d’orchestre Fabien Gabel assure depuis 2017 la Direction musicale de l’Orchestre Français des Jeunes (OFJ). Alors qu’il s’apprête à diriger la session d’été qui a pu être maintenue et qui proposera un concert au Nouveau Siècle de Lille (le 3 septembre), il répond aux questions de Crescendo Magazine.

Vous allez diriger cette session d’été de l’Orchestre Français des Jeunes, session dont le programme de concerts a été diminué et qui se déroule dans un contexte très particulier. Quel est votre état d’esprit avant de monter au pupitre ? 

Je suis bien sûr très heureux que cette session puisse avoir lieu... On sait à quel point un retour sur scène reste fragile et que les décisions politico-sanitaires peuvent à tort ou à raison mettre un terme à cette reprise ! Cependant j'ai pu déjà diriger en France à Mulhouse en juin et plus récemment à Grafenegg en Autriche. Pour cette session avec l'OFJ, l'orchestre a été scindé afin que tout le monde puisse jouer. Par conséquent nous avons dû adapter notre programme et renoncer aux gros effectifs orchestraux.

Le programme de cette session comprend une création de Diana Soh, mais aussi deux grandes oeuvres du répertoire : le Concerto pour violoncelle de Schumann et la Symphonie n°3 de Brahms. Comment avez-vous choisi ce programme ? Est-ce qu'il est essentiel pour vous de proposer une création à côté d'oeuvres du répertoire ?

Les trois pièces que vous mentionnez étaient déjà programmées au répertoire de cette nouvelle saison. La pièce de Diana Soh est une commande de l'OFJ inspirée par deux oeuvres que nous ne pourrons pas jouer cet été mais fort probablement lors de la session d'hiver, la “Danse des sept voiles" de Salomé de Richard Strauss et la Tragédie de Salomé de Florent Schmitt. Nous allons cependant les travailler dès cet été. Soutenir la musique de notre temps est essentiel et fait partie de la mission de l'OFJ, mais nous avons aussi joué des reprises de créations par le passé. Les jeunes musiciens doivent approcher avec sérieux tous les répertoires et doivent impérativement défendre les compositeurs d'aujourd'hui.

Les Orgues du soleil, 3e étape !

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Le troisième volet de notre panorama « Orgues du soleil » (lire ici et ici les deux premiers articles) nous emmène d’abord en Italie du Nord. Sur les deux célèbres orgues de San Petronio de Bologne, Liuwe Tamminga recrée le faste de l’âge d’or vénitien, magnifiant les ors polyphoniques de Giovanni Gabrieli. Non loin de là, Francesco Cera nous invitera à découvrir quatre instruments historiques de l’Émilie. On retrouvera ensuite Frédéric Muñoz pour un programme hispanisant à Saint-Pons-de-Thomières, aéré, intériorisé, et rafraichissant. Cap alors vers le terroir des cigales : Michel Alabau nous transportera dans quelques grandes scènes lullystes et ramistes transcrites pour les tuyaux, sur le Isnard de Saint-Maximin transfiguré par une insondable poésie. Nous terminerons par quelques pages debussystes, ludique prétexte à l’inspiration de Loïc Mallié qui nous offre un voyage imaginaire dans l’univers du compositeur de La Mer.

Dossier Anton Bruckner (2/3) : La musique sacrée

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Isoler, dans la production de Bruckner, ce qui relève spécifiquement du domaine sacré peut s’apparenter à une tâche impossible si l’on veut bien considérer que l’élément religieux est partie intégrante de l’être profond du compositeur et a traversé son existence comme une formidable lame de fond. Il semble même tout à fait évident que l’expression de cette fervente spiritualité a ici largement débordé du cadre liturgique pour s’exprimer à plein, et comme "au-delà des mots", dans le domaine symphonique, le véritable "champ de bataille" de toute une vie.

L’image d’Epinal de Bruckner est donc celle d’un ardent serviteur du catholicisme, d’un dévot entièrement soumis aux commandements de l’Eglise, et dont le but, l’accomplissement suprême et la gloire, aura été de devenir, selon le mot célèbre de Franz Liszt, le "ménestrel de Dieu". 

Elevé et formé dans un cadre religieux strict et très rigoureux, au sein de la prestigieuse Abbaye de Saint-Florian dont l’image s’imprime de manière indélébile dans son esprit, Anton Bruckner, timide et obéissant de nature, est profondément marqué, voire littéralement "conditionné" par cette éducation religieuse humainement écrasante, à la fois sur le plan des convictions profondes, du comportement privé et de la conscience artistique . Tout au long de sa carrière, et à un rythme plus ou moins soutenu, il s’est attelé à la composition d’oeuvres sacrées qui appartiennent à tous les genres (à l’exception de l’oratorio) et s’adressent à toutes les formations, du petit choeur a cappella jusqu’aux grandes fresques symphoniques avec orgue et solistes. De sorte que sa production relative à la liturgie catholique compte parmi les plus considérables en volume, en qualité et en diversité qui soient sorties de la plume d’un compositeur du XIXe siècle, aux côtés de celles de Donizetti, de Dvorak, de Franck et surtout de Liszt. Encore cette production n’offre-t-elle pas un visage homogène. On y distingue d’abord une évidente et très logique filiation avec les maîtres viennois, Haydn, Mozart, Schubert, dont les messes instrumentales résonnent encore à cette époque sous les voûtes des églises de la Haute-Autriche, offrant de ce fait au jeune compositeur un modèle dont il cherche à recréer les puissantes architectures pour organiser son propre espace sonore.