Le Wanderer du voyage à l'errance (1) : les musiciens voyageurs de la Renaissance

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Tout au long du XXe siècle, notre société n'a cessé de développer des moyens de communication physiques et intellectuels de plus en plus performants. Transporté à grande vitesse et dans le plus grand confort sur terre, sur mer et dans les airs, l'homme moderne a fait de la terre son jardin. De même, grands communicateurs et autres cybernautes nous abreuvent de certitudes sur les réalités et les avantages de ce monde branché sur lui-même, dont ils célèbrent les vertus, quitte à rejeter les siècles passés dans un obscurantisme plus ou moins aggravé. 

Paradoxalement, cet enthousiasme ne semble pas transposable aux milieux artistiques, qui n'ont sans doute jamais éprouvé autant de difficultés à inscrire leur création dans le courant de la vie sociale et culturelle de leur époque. Combien d'oeuvres musicales aujourd'hui ne sont pas ou peu jouées, voire tout simplement pas éditées? Sur tous ces plans, les compositeurs de la Renaissance peuvent en remontrer à leurs infortunés collègues. C'est en effet en totale osmose avec les données sociales, culturelles et politiques de leur siècle que ces hommes développent une activité souvent brillante et foisonnante. Triomphant des incertitudes du temps et des problèmes relatifs au manque d'infrastructures et de moyens de transport performants, ils renoncent à toute sédentarité. Ils voyagent à travers l'Europe, parfois à un rythme fort soutenu, avec une destination privilégiée: la péninsule italienne. 

Le Wanderer du voyage à l'errance (2) : Mendelssohn et ses impressions de voyage

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Le voyage d'agrément, autrement dit le tourisme, est un phénomène de civilisation relativement récent, vieux d'à peine deux siècles. Il a fallu attendre pour cela que le niveau de vie général augmente, et surtout que les conditions matérielles du voyage s'améliorent. Si les Anglais ont voyagé ainsi les tout premiers, c'est à la fois parce que leur pays était le plus développé de l'époque économiquement parlant et parce sortir de leur île s'imposait sans doute davantage que de franchir une simple frontière continentale. Inauguré à une échelle encore très modeste cinquante ans environ avant l'apparition des premiers chemins de fer, le tourisme devait évidemment se développer considérablement au fur et à mesure que l'Europe se couvrait de voies ferrées. Mais pendant plus d'un siècle encore, il demeura l'apanage d'une minorité de privilégiés par l'argent.

De cette minorité faisait partie un jeune homme heureux et génialement doué, qui méritait bien son prénom, Félix Mendelssohn. Son brave et généreux banquier de père lui offrit ainsi plusieurs voyages, dont certains seulement, notamment deux séjours à Paris, avaient un but strictement professionnel.

Le Wanderer du voyage à l'errance (3) : Hector Berlioz en Italie

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Berlioz, ce "Français des montagnes", était presque un Français du Midi: son Dauphiné natal jouxte le Piémont, il suffit de franchir les Alpes. 

Or, la présence de l'Italie dans son oeuvre, tant par les sujets choisis que par le langage même de cette musique, est tout à fait extraordinaire, et n'a peut-être pas été assez soulignée jusqu'ici. Certes, son orchestration éblouissante et transparente ruisselle de soleil méridional, mais surtout son langage harmonique, tout imprégné de modalité, frappe par sa latinité profonde face à celui de ses contemporains les Romantiques allemands et son melos la confirme. Avant même son unique grand voyage en Italie, son véritable culte pour Virgile, remontant à son enfance, et qu'il lisait évidemment dans le texte, comme tous les hommes cultivés de son siècle, le prédisposait à aimer ce pays. Et pourtant il n'y séjourna qu'une seule fois, à la faveur de son Prix de Rome, durant une quinzaine de mois.

Quittant Paris en février 1831, il s'embarqua à Marseille pour Livourne, et arriva à Rome le 10 mars environ. Son séjour à la Villa Médicis fut interrompu une première fois en avril-mai par sa folle équipée suscitée par l'annonce de la "trahison" de la belle Camille Moke, qu'il avait laissée à Paris en quasi-fiancée. Parti pour la tuer, et se tuer après, il recouvra ses esprits à Nice seulement (qui n'était pas encore française à l'époque) et rebroussa chemin, visitant Gênes et Florence au passage. L'été fut consacré à d'extraordinaires randonnées à pied au coeur des montagnes sauvages des Abruzzes, peuplées de brigands, puis à Naples. Le 2 mai 1832, il quitta définitivement Rome et regagna le Dauphiné en passant par Pérouse, Florence, Arcole, Milan et Turin. Il ne devait jamais plus mettre le pied en Italie.

La flûte enchanteresse de Giovanni Antonini pour Vivaldi

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Antonio VIVALDI (1678-1741) : Concertos pour flûte et cordes RV 433 « La Tempesta di mare » et RV 441 à 445 ; « Cum dederit » du « Nisi Dominus » RV 608, pour chalumeau et basse continue. Giovanni Antonini, flûte et chalumeau, Il Giardino Armonico. 2020. Livret en anglais, en français et en allemand. 59.45. Alpha 364. 

Les secrètes Leçons de Ténèbres de Michel Lambert

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Michel LAMBERT (1610-1696) : Leçons de Ténèbres. Etienne RICHARD (1621-1669) : Allemande en sol mineur. Louis COUPERIN (c. 1626-1661) : Deux Psaumes en fa majeur ; Simphonie en sol mineur. Monique Zanetti, soprano ; Ensemble Les Temps Présents. 2020. Livret en français, en anglais et en allemand. Textes des Leçons en latin, avec traductions anglaise et française. 58.30. Aeolus AE-10113.

Barbara Hannigan, cheffe d’orchestre pour The Rake’s Progress de Stravinsky

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Igor STRAVINSKY : The Rake’s Progress, opéra en trois actes. Wiliam Morgan, Aphrodite Patoulidou, John Taylor Ward, Kate Howden, Erik Rosenius, Ziad Nehme. Ensemble vocal du Symphonique de Göteborg. Orchestre Symphonique de Göteborg, direction Barbara Hannigan. Taking Risks, un documentaire de Maria Stodtmeier. 2020. Livret en anglais en allemand et en français. Pas de texte de l’opéra. 149.50 (opéra) ; 58.13 (documentaire). Accentus ACC20420 (2 DVD).

Halina Czerny-Stefanska et l’amour de Chopin

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Frédéric CHOPIN (1810-1849) : Andante spianato et Grande Polonaise Op 22 (deux versions, pour piano seul, et avec orchestre) ; Polonaises op. 26 n° 1 et n° 2 ; Polonaise op. 40 n° 1 « Militaire » et n° 2 ; Polonaise op. 44 ; Polonaise op. 53 « Héroïque » ; Polonaises op. 71 n° 1 et n° 2. Mazurkas n° 2 op. 6 n° 2, n° 13 op. 17 n° 4, n° 23 op. 33 n° 2, n° 41 op. 63 n° 3, n° 47 op. 67 n° 4 et n° 49 op. 68, n° 2. Préludes op. 28. Valse op. 18 « Grande Valse brillante ». Fantaisie Impromptu op. 66. Ballades n° 1 op. 23 et n° 4 op. 52. Nocturne op. 48 n° 1. Concerto pour piano et orchestre n° 1 op. 11 (deux versions). Halina Czerny-Stefanska, piano. Orchestre Philharmonique tchèque, direction Vaclav Smetacek ; Orchestre National de la Philharmonie de Varsovie, direction : Witold Rowicki. 2020. Livret en allemand et en anglais. 254.15. Un coffret Profil Hänssler PH20017 de 4 CD.