Haydn, Ravel et Stravinsky par le quatuor Tesla

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Maurice RAVEL (1875-1937) : Quatuor à cordes en fa majeur – Menuet sur le nom d’Haydn (trans. Ross Snyder) - Menuet antique (trans. Ross Snyder) - Menuet en do dièse mineur (trans. Ross Snyder) ; Joseph HAYDN (1732-1809) : Quatuor à cordes en do majeur op.54 no.2 ; Igor STRAVINSKY (1882-1971) : Concertino pour quatuor à cordes. Tesla Quartet. 2018-DDD-1h02’53’’-Texte de présentation en anglais-ORCHID CLASSICS-ORC100085

Rien à voir : quand la musique va au coeur des choses

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Une fois les 24 chanteurs du Vlaams Radio Koor (Choeur de la Radio flamande, ci-après VRK) et leur chef Bart Van Reyn installés sur la scène de Flagey en compagnie d’un pianiste (qui restera malheureusement anonyme) et d’un quatuor à cordes composés de musiciens (pas davantage identifiés) issus des rangs du Brussels Philharmonic (dont dépend également le VRK), une voix se fait entendre dans les haut-parleurs, celle d’un homme qui nous racontera comment il a fini par perdre la vue à la suite d’une affection génétique et qui commence par nous dire cette simple phrase : « Je ne vous vois pas, mais vous ne pouvez pas me voir non plus ». Ce sera le début de l’histoire du jeune Bruxellois et parfait bilingue Karl Meesters -fondateur de Rien à voir, une association qui cherche à rapprocher les aveugles et malvoyants de toutes les formes de musique- et dont l’histoire personnelle sera le fil conducteur d’un concert remarquablement conçu (et ici, coup de chapeau bien mérité à Alain De Ley, responsable artistique de ce spectacle d’une intelligence inhabituelle) qui nous conduira dans un répertoire de musique chorale moderne et contemporaine axé sur le passage de la lumière aux ténèbres, saisissant parallèle du destin vécu par le jeune homme.

Bruckner avec les meilleurs

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonies n°1 à n°9. Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Lorin Maazel, Mariss Jansons, Bernard Haitink et Herbert Blomstedt, direction.2019-DDD-CD1 53’42 CD2 69’07 CD3 56’19 CD4 72’10 CD5 75’37 CD6 55’13 CD7 64’53 CD8 80’04 CD9 56’29-Textes de présentation en anglais et allemand-BR Klassik-900716

Ouvertures des saisons symphoniques à Monte-Carlo et Nice 

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Dimanche dernier à Monte-Carlo, l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, son directeur musical et artistique Kazuki Yamada et la merveilleuse contralto Marie-Nicole Lemieux -1er Prix du Concours Reine Elisabeth en 2000- ont inauguré leur saison. Marie-Nicole Lemieux est l'artiste en résidence cette année : elle donnera encore deux concerts dans des répertoires très différents. Pour son premier concert, elle a interprété les Sea Pictures d'Edward Elgar avec maestria. Kazuki Yamada avait programmé en ouverture Juventus, une oeuvre de Victor de Sabata, le chef permanent de l’Orchestre de l’Opéra de Monte-Carlo de 1918 à 1930. L’œuvre rappelle les opéras italiens de la même époque. La Symphonie n°3 avec orgue de Saint-Saëns semble être inspirée des poèmes symphoniques de Liszt à qui elle est dédiée. L’effectif orchestral est très important, toutes les parties de l'orchestre sont représentées. Kazuki Yamada excelle dans ce répertoire et il fait briller l'orchestre de tous les feux des pupitres. Une belle introduction de saison alors que l’orchestre part en tournée pour deux semaines à Oman.

Ce jeudi, c’est au tour des voisins de l’Orchestre Philharmonique de Nice d’entamer leur saison de concerts. Le Théâtre de l'Opéra de Nice (1000 places) est comble du Parterre au Paradis. Deux « enfants du pays », la pianiste Hélène Grimaud, née à Aix-en-Provence et le chef Lionel Bringuier, né à Nice, se retrouvent devant un public qui les vénère.

Décès de Paul Badura-Skoda

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Paul Badura-Skoda est né en 1927 à Vienne où il a suivi sa formation initiale. Les professeurs qui marqueront le plus sa formation sont Viola Thern et Otto Schulhof à Vienne puis Edwin Fischer en Suisse. En 1948, il est brillamment diplômé du Konservatorium der Stadt Wien tant au piano qu'à la direction d'orchestre.

En 1949, Wilhelm Furtwängler et Herbert von Karajan engagent le jeune artiste encore inconnu comme soliste pour leurs concerts à Vienne. En 1950, il remplace Edwin Fischer au pied levé au Festival de Salzbourg, ce qui lui vaut une immédiate célébrité internationale.

Mais l’intérêt durable qu’il suscite, c’est sans doute à ses enregistrements qu’il le doit. Les premiers, sur LP dès 1950, lui valent une reconnaissance mondiale au point que son premier récital à New York se déroule devant un vaste public qui ne le connait encore que par ses enregistrements.

Sa carrière internationale débute par trois grandes tournées de concerts : en Australie en 1952, aux États-Unis et au Canada en 1952-1953, et en Amérique latine -du Mexique au Brésil et en Argentine- en 1953.

En 1956, il dirige l’ensemble de chambre de l’Orchestre Symphonique de Vienne pour une tournée à travers toute l’Italie, puis des concerts et des enregistrements.
Sa première tournée au Japon date de 1959-1960 -il y retournera souvent- et celle en Union soviétique, de 1964.

Ouverture de la saison « Music by the Glass » avec Eva Zaïcik et Le Consort

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Sinfonietta Paris, association fondée en 2011, organise des soirées de concerts « Music by the Glass » dédiées à la jeune génération de musiciens de chambre et d’orchestre exceptionnels. Leurs concerts de musique de chambre se déroulent dans des lieux secrets ou intimes de Paris. Pour l’ouverture de la saison 2019-2020, la mezzo-soprano Eva Zaïcik et Le Consort ont présenté au musée Gustav Moreau des extraits de leur disque Venez chère Ombre (Alpha Classics, printemps 2019) et une sonate de Dandrieu extraite quant à elle du dernier album Opus 1 du Consort (Alpha Classics, septembre 2019).

La définition de la « cantate » est tout autre en France au 18e siècle que dans les pays germaniques. Le mot « cantate » y est mentionné pour la première fois en 1703 et,selon le texte du claveciniste Justin Taylor, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert en donne toujours cette définition au milieu du siècle : « Cantate : Petit poème fait pour être mis en musique, contenant le récit d’une action galante ou héroïque […] ».

Revivre, remourir, encore et encore

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« Macbeth Underworld » de Pascal Dusapin, dirigé par Alain Altinoglu et mis en scène par Thomas Jolly –

Une création inaugure la nouvelle saison de La Monnaie à Bruxelles : une relecture-prolongement du « Macbeth » de Shakespeare due au compositeur français Pascal Dusapin. Si sa partition, son interprétation et sa mise en scène convainquent, le déferlement de son livret aux propos parfois trop denses et composites porte atteinte aux émotions.

Il nous arrive d’imaginer que des personnages de romans, de pièces de théâtre ou d’opéras ont leur existence propre et que, livre refermé ou rideau baissé, ils continuent à exister, donnant une suite à ce qu’ils nous ont fait partager ou le revivant dans l’espoir de mieux le comprendre et, qui sait, d’en modifier le cours. Pascal Dusapin et Frédéric Boyer, son librettiste, ont concrétisé pareille imagination : nous voilà confrontés au couple maudit qui, aux enfers ou en enfer, reprend, déformé par les souvenirs, les obsessions ou les remords, son parcours fatal. Celui qui à partir des prédictions royales des sorcières les a conduits à des meurtres successifs, aux ébranlements personnels, au suicide, au châtiment.