Journée Bach et Telemann à Royaumont, dans la croisée de styles ancien et moderne

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L’ancienne Abbaye de Royaumont (à 30 km au nord de Paris) est un laboratoire musical et chorégraphique et dans le même temps une pépinière de jeunes talents. La journée du 21 septembre, dans le cadre du 75e Festival de Royaumont, était consacrée à Bach et à Telemann sous le thème de rencontres fondatrices pour une évolution de l’écriture : la venue de Telemann à Paris chez le facteur de clavecin Vater en 1738 et la visite de Jean-Sébastien Bach à la cour de Prusse en 1747 où il joue sur un pianoforte Gottfried Silbermann. Pour illustrer ces rencontres, des musiciens ont joué sur la copie du clavecin Vater 1732 (réalisé par Emile Jobin, commande de la Fondation Royaumont) et la copie du pianoforte Silbermann 1749 (par Kerstin Schwarz), en présence de leurs facteurs.

A Lausanne, de fabuleux CONTES D’HOFFMANN  

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Par d’exceptionnels Contes d’Hoffmann, l’Opéra de Lausanne ouvre brillamment sa saison 2019-2020 en réunissant un plateau vocal de haut niveau, une direction d’orchestre efficace et une mise en scène fascinante. 

Le rôle du poète Hoffmann est l’un des plus écrasants du répertoire, puisque chacun des tableaux lui réserve un air de facture diverse. Plus d’un interprète y a perdu ses moyens. Mais là, Eric Vigié a mis la main sur la perle rare, Jean-François Borras, un ténor monégasque de quarante-quatre ans que l’on a entendu ici en décembre dernier en Alfred de La Chauve-Souris où il brillait par son aigu éclatant ; mais de là à aborder Hoffmann, il y a un gouffre qu’il franchit allègrement en maintenant avec une endurance à toute épreuve la qualité du son sur l’ensemble de la tessiture durant trois heures, tout en incarnant un artiste marginal manipulé par un destin adverse. Depuis Alfredo Kraus que j’avais applaudi à Zürich en septembre 1980, je n’ai plus entendu à la scène un pareil Hoffmann ! Face à lui, le baryton-basse Nicolas Courjal est tout aussi impressionnant dans les quatre incarnations diaboliques dont il dégage le machiavélisme cynique par un timbre cuivré et une expression dramatique soutenue par une diction parfaite. Quant aux égéries du poète, elles sont campées par quatre chanteuses différentes : Beate Ritter, brillant soprano léger, se joue avec panache des passaggi virtuoses de la poupée Olympia, en osant même en greffer de plus périlleux dans le da capo. Par contre, Vannina Santoni afflige la malheureuse Antonia d’une émission gutturale qui finit par se corriger alors qu’elle affronte avec aplomb les injonctions du Docteur Miracle. A la courtisane Giulietta, la soprano Géraldine Chauvet prête d’abord une voix où se perçoivent les cassures de registre jusqu’en fin de tableau où l’aigu se libère. Carine Séchaye est à la fois la Muse et Nicklausse ; mais la patine de son mezzo s’est ternie, rendant la diction pâteuse, ce qui ne l’empêche pas de se jeter à corps perdu dans sa double composition. Frédéric Longbois confère une note légèrement inquiétante aux quatre valets, dimension que partage le Schlemil péremptoire de Mohamed Haidar. Le Crespel d’Anton Diakoff est aussi anxieux que le Spalanzani de Marcin Habela, tandis que Jean Miannay est un sympathique Nathanaël. Et Qiulin Zhang possède le mezzo large pour suggérer la voix d’outre-tombe de la mère d’Antonia. 

Le Chostakovitch de Jonathan Nott

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Selon la volonté de Jonathan Nott, son directeur artistique, la saison 2019-2020 de l’Orchestre de la Suisse Romande est placée sous l’égide de deux figures de proue du XXe siècle, Benjamin Britten et Dimitri Chostakovitch.

C’est pourquoi le premier concert du 25 septembre a débuté par les Four Sea Interludes op.33a extraits de Peter Grimes, le premier chef-d’œuvre lyrique du musicien britannique. Dawn est évoqué par les longues phrases des violons recherchant un véritable unisson, tandis que les bois accélèrent les zébrures de l’aube, avant de se parer de nervures astringentes afin de dépeindre un Sunday Morning dont les cuivres imitent les carillons. Moonlight tient ici du thrène pesant tandis que, ponctuée par une percussion martelant la basse, déferle la houle de Storm au travers de laquelle affleurera une ultime supplique des violons en quête de rédemption salvatrice.

Haydn, Ravel et Stravinsky par le quatuor Tesla

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Maurice RAVEL (1875-1937) : Quatuor à cordes en fa majeur – Menuet sur le nom d’Haydn (trans. Ross Snyder) - Menuet antique (trans. Ross Snyder) - Menuet en do dièse mineur (trans. Ross Snyder) ; Joseph HAYDN (1732-1809) : Quatuor à cordes en do majeur op.54 no.2 ; Igor STRAVINSKY (1882-1971) : Concertino pour quatuor à cordes. Tesla Quartet. 2018-DDD-1h02’53’’-Texte de présentation en anglais-ORCHID CLASSICS-ORC100085

Rien à voir : quand la musique va au coeur des choses

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Une fois les 24 chanteurs du Vlaams Radio Koor (Choeur de la Radio flamande, ci-après VRK) et leur chef Bart Van Reyn installés sur la scène de Flagey en compagnie d’un pianiste (qui restera malheureusement anonyme) et d’un quatuor à cordes composés de musiciens (pas davantage identifiés) issus des rangs du Brussels Philharmonic (dont dépend également le VRK), une voix se fait entendre dans les haut-parleurs, celle d’un homme qui nous racontera comment il a fini par perdre la vue à la suite d’une affection génétique et qui commence par nous dire cette simple phrase : « Je ne vous vois pas, mais vous ne pouvez pas me voir non plus ». Ce sera le début de l’histoire du jeune Bruxellois et parfait bilingue Karl Meesters -fondateur de Rien à voir, une association qui cherche à rapprocher les aveugles et malvoyants de toutes les formes de musique- et dont l’histoire personnelle sera le fil conducteur d’un concert remarquablement conçu (et ici, coup de chapeau bien mérité à Alain De Ley, responsable artistique de ce spectacle d’une intelligence inhabituelle) qui nous conduira dans un répertoire de musique chorale moderne et contemporaine axé sur le passage de la lumière aux ténèbres, saisissant parallèle du destin vécu par le jeune homme.

Bruckner avec les meilleurs

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonies n°1 à n°9. Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Lorin Maazel, Mariss Jansons, Bernard Haitink et Herbert Blomstedt, direction.2019-DDD-CD1 53’42 CD2 69’07 CD3 56’19 CD4 72’10 CD5 75’37 CD6 55’13 CD7 64’53 CD8 80’04 CD9 56’29-Textes de présentation en anglais et allemand-BR Klassik-900716

Ouvertures des saisons symphoniques à Monte-Carlo et Nice 

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Dimanche dernier à Monte-Carlo, l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, son directeur musical et artistique Kazuki Yamada et la merveilleuse contralto Marie-Nicole Lemieux -1er Prix du Concours Reine Elisabeth en 2000- ont inauguré leur saison. Marie-Nicole Lemieux est l'artiste en résidence cette année : elle donnera encore deux concerts dans des répertoires très différents. Pour son premier concert, elle a interprété les Sea Pictures d'Edward Elgar avec maestria. Kazuki Yamada avait programmé en ouverture Juventus, une oeuvre de Victor de Sabata, le chef permanent de l’Orchestre de l’Opéra de Monte-Carlo de 1918 à 1930. L’œuvre rappelle les opéras italiens de la même époque. La Symphonie n°3 avec orgue de Saint-Saëns semble être inspirée des poèmes symphoniques de Liszt à qui elle est dédiée. L’effectif orchestral est très important, toutes les parties de l'orchestre sont représentées. Kazuki Yamada excelle dans ce répertoire et il fait briller l'orchestre de tous les feux des pupitres. Une belle introduction de saison alors que l’orchestre part en tournée pour deux semaines à Oman.

Ce jeudi, c’est au tour des voisins de l’Orchestre Philharmonique de Nice d’entamer leur saison de concerts. Le Théâtre de l'Opéra de Nice (1000 places) est comble du Parterre au Paradis. Deux « enfants du pays », la pianiste Hélène Grimaud, née à Aix-en-Provence et le chef Lionel Bringuier, né à Nice, se retrouvent devant un public qui les vénère.