Le gala 2019 des International Classical Music Awards à Lucerne

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Après Katowice en 2018, les International Music Awards étaient accueillis par le Luzerner Sinfonieorchester et son Intendant Numa Bischof Ullmann dans la salle -désormais iconique- du KKL, bien connue des mélomanes du monde entier car elle héberge le prestigieux Festival de Lucerne. Une partie des lauréats des ICMA 2019 se sont produits aux côtés de la phalange helvétique dirigée pour cette soirée par le maestro Lawrence Foster que l’on sait très à son aise dans cet exercice assez particulier.

Différents moments forts sont venus au fur et à mesure de cette soirée à commencer par la prestation des jeunes artistes lauréats qu’il est émouvant de voir s’affirmer aux côtés des grandes stars du milieu musical : le formidable bassoniste croate Matko Smolcic dans deux mouvements du Concerto de Weber, la pianiste Eva Gevorgyan dans le dernier mouvement du Concerto n°2 de Saint-Saëns ou le violoniste Stephen Waarts dans la Carmen Fantaisie de Pablo de Sarasate. Chez ces jeunes musiciens, on admire la maîtrise, la musicalité et déjà la maturité dans les options interprétatives défendues à l’instar de Stephen Waarts étonnant dans une lecture élégante et même hautement raffinée de la Carmen Fantaisie.

Hannu Lintu : les chefs finlandais, une mafia ? Juste des amis !

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Au cours des dernières décennies, la Finlande est devenue une véritable pépinière de grands chefs d'orchestres. Et Hannu Lintu (Rauma, 1967) en est un représentant pertinent. Depuis 2013, il dirige l'Orchestre Symphonique de la Radio finlandaise après une carrière initiée à l'Orchestre Philharmonique de Turku et développée ensuite avec l'Orchestre Philharmonique de Helsingborg et de Tampere.

Pour Scherzo, Pablo L. Rodrígues s'est entretenu avec lui de ses activités symphoniques et lyriques, de ses enregistrements pour le label Ondine, mais aussi du système éducatif finlandais qui a permis à un jeune homme de la région côtière, isolée, de Satakunta, sans musicien dans la famille, d'étudier le violoncelle et la direction d'orchestre au plus haut niveau.

En 2011, un festival de musique de chambre était organisé pour les chefs d'orchestres finlandais : Okko Kamu, Jukka-Pekka Saraste, John Storgårds et Pietari Inkinen étaient au violon, Sakari Oramo à l'alto, Susanna Mälkki et vous au violoncelle, Osmo Vänskä à la clarinette et Leif Segerstam au piano. Pouvez-vous nous expliquer ?

En Finlande, c’est une tradition, tous les chefs d'orchestre ont fait partie d’un orchestre comme instrumentistes, à cordes pour la plupart. Imaginez ces huit chefs qui jouent ensemble un octuor : les répétitions sont extrêmement intéressantes mais aussi très intenses. On a donné des concerts vraiment fantastiques parce qu'on s'entendait très bien. Je peux appeler n'importe lequel d’entre eux si j'ai un problème et tous peuvent m'appeler. Les gens disent que nous formons une sorte de mafia, mais nous sommes juste des amis.

Du bruit et de la fureur, malaise : Les Bienveillantes d’Hèctor Parra

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Les bienveillantes

Aux origines, un livre-brique, qui a fait l’événement, de Jonathan Littell, grand prix du roman de l’Académie Française et prix Goncourt en 2006. Händl Klaus en a tiré un livret pour un opéra composé par Hèctor Parra et mis en scène par Calixto Bieito.

C’est une plongée dans les souvenirs d’un certain Maximilian Aue, aujourd’hui directeur d’une usine textile en France. Il a été un acteur et un témoin privilégié des turpitudes du 3e Reich, son expérience personnelle la plus intime donnant accès à des épisodes les plus révélateurs de l’épouvantable aventure hitlérienne.

Le livre était une tentative significative de mieux comprendre comment des individus ont pu en arriver à accepter pareilles dérives monstrueuses et à y collaborer de leur mieux. Comment pouvait-on se réjouir d’écouter du Bach après avoir exterminé des dizaines de milliers d’« indésirables » quelque part en Ukraine ou en rentrant d’une « journée de travail » à Auschwitz ? Notre « humanité ordinaire » ne sortait pas indemne du livre de Littell.

A Genève, un guitariste d’exception : Pablo Sainz Villegas

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Pour achever sa saison de concerts et récitals à l’affiche de la série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia invite l’Orquestra de Cadaqués et son chef titulaire Jaime Martin. Fondée en 1988 par de jeunes musiciens provenant d’Espagne et d’Europe, la formation se limite à une trentaine d’instrumentistes et a pour objectifs précis de collaborer avec des compositeurs d’aujourd’hui, de promouvoir la carrière d’artistes prometteurs et d’œuvrer à la redécouverte de la musique espagnole.

Et c’est assurément dans ce but que sont proposées en premier lieu deux pages extraites de la Suite espagnole pour piano op.47 d’Isaac Albeniz orchestrées par Albert Guinovart. La première, Asturias, appelée aussi Leyenda, met d’abord à mal la cohésion des bois dans un flot sonore bruyant qui se canalise dans le cantando largamente médian puis dans le da capo. La seconde, Castilla, est beaucoup plus racée grâce à une envolée jubilatoire qui emporte l’ensemble des cordes ne comportant que six premiers et six seconds violons à l’homogénéité parfaite.

« In a Strange Land »

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John DOWLAND (1563-1626) – William BYRD (c. 1540-1623) – Richard DERING (c. 1580-1630) – Peter PHILIPS (c. 1540/61-1628) – Philippe DE MONTE (1521-1603) – Robert WHITE (c. 1538-1574) – Huw WATKINS (*1976). Stile Antico. 2019-71’34"-Textes de présentation et textes chantés en français et anglais-Harmonia Mundi HMM 902266

(Victor) Frankenstein : drôle, attendrissant et philosophique

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Le mardi 7 mai, à la salle Fiocco des ateliers de la Monnaie, se tenait la première de (Victor) Frankenstein par la compagnie des Karyatides. Leur crédo : « Révisez vos classiques ! ». Une adaptation moderne du roman Frankenstein ou le nouveau Prométhée de Mary Shelley de 1818, mélangeant musique, théâtre, marionnettes et sound design.

La salle Fiocco, intimiste par sa taille modeste, invite le spectateur à s’asseoir une heure devant une histoire que tout le monde connait : celle de Victor Frankenstein et sa fameuse créature avec laquelle il a voulu défier la mort en créant la vie. Pourtant, cette réécriture offre une perspective nouvelle à l’histoire.

La scène, composée de seulement quelques meubles, fait voyager le public à travers une temporalité non linéaire, entrecoupée d’interventions du passé et du présent. La pièce s’ouvre sur un Victor Frankenstein mourant qui enregistre son testament. Ce dernier, qu’on devine névrosé par une vie incroyable, prévient les potentiels auditeurs par un : « Ne vous approchez pas du feu ! Je répète, ne vous approchez pas du feu ! J’ai payé si cher… ».

À Genève, une création à l’OSR  

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Pour l’un des derniers concerts de la saison 2018-19, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande présentent une de leurs commandes dont ils ont assumé la création le mercredi 8 mai, le Concerto pour flûte et orchestre ‘Memento Vivere’ qu’Eric Montalbetti a écrit à l’intention d’Emmanuel Pahud. Selon les dires du compositeur, le sous-titre « Souviens-toi que tu es vivant » signifie que la flûte est avant tout l’instrument du souffle et que l’arrêter serait comme le faire mourir. Dans une esthétique qui rappelle le dernier Messiaen, l’œuvre est d’un seul tenant, même si elle comporte quatre parties qui s’enchaînent les unes aux autres. Ainsi, le Prélude aux Dieux antiques est développé comme une houle incantatoire suscitant les volutes de la flûte, comme un Premier souffle s’appuyant sur un tissu de cordes, xylophone et harpe que lacéreront de fulgurantes stridences. Le soliste recourt alors à la flûte basse pour évoquer un Memento mori dans le registre grave. Mais un dialogue entre le violon solo et l’alto donne libre cours à une Renaissance en trois parties, accumulant les blocs sonores sur lesquels se juchera la flûte délivrant un message d’espoir. Et les spectateurs ovationnent le soliste et le compositeur, visiblement ému et humblement reconnaissant de la qualité d’une exécution dont, en l’espace de deux jours, pourront témoigner les publics de la Seine Musicale à Paris et du Lac Sala Teatro à Lugano.

La question des reconstitutions baroques

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SCARLATTI Alessandro (1660-1725) : L’ASSUNZIONE DELLA BEATA VERGINE. Ensemble Baroque de Monaco. Matthieu PEYREGNE, dir. et  alto, Eternita. Béatrice GOBIN, soprano,  Sposo ; Aurora PE͠NA, soprano,  Sposa ; Mélodie RUVIO, alto,  Amore. Premier enregistrement intégral mondial. 2018-DDD- 63’15-livret en français et anglais- textes en italien, français, anglais-chanté en italien paraty118176

Les Pêcheurs de perles : radical, mais convaincant

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« Une petite communauté de pêcheurs de perles sur une île exotique… » : c’est là que les auteurs du livret, Michel Carré et Eugène Corman, et le compositeur, Georges Bizet, décident, en avril 1863, d’installer – orientalisme à la mode oblige – les péripéties de leur opéra à venir. Avec tout ce que cela entraîne comme conditions d’existence, mode d’organisation sociale, croyances, interdits religieux et transgressions.

Un peu plus de 150 ans plus tard, et après bien d’autres, le FC Bergman, un collectif belge de mise en scène, s’est emparé à son tour de cette histoire dont le livret a toujours laissé « un peu perplexe » les commentateurs, en raison notamment de ses « raccourcis ». Ils lui font subir un traitement radical !

L’île de Ceylan devient… une maison de retraite, une gériatrie, avec son lot de décès quotidiens – une morgue y est d’ailleurs installée. Un dépaysement étonnant, n’est-ce pas !

Massaki Suzuki conclut en beauté son cycle de cantates profanes de Bach

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Cantates profanes. Angenehmes Wiederau, BWV 30a. Ich bin in mir vergnügt, BWV 204*Carolyn Sampson* (soprano), Robin Blaze (contre-ténor), Makoto Sakurada (ténor), Dominik Wörner (basse). Bach Collegium Japan. Masaaki Suzuki (direction). 2018-DDD-66’11-Textes de présentation en français, allemand et anglais- Textes des cantates en allemand et anglais- BIS-2351