Beethoven concertant par Lisiecki
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des concertos pour piano. Jan Lisiecki, Academy of St Martin in the Fields. 2018-Livret en anglais et allemand-168’23’’-3 CD DGG 483 7637.
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des concertos pour piano. Jan Lisiecki, Academy of St Martin in the Fields. 2018-Livret en anglais et allemand-168’23’’-3 CD DGG 483 7637.
Un long frisson a traversé l’échine des mélomanes rassemblés à Flagey ce 4 octobre. Au programme, deux opéras en un acte sondant les sentiments confus de deux protagonistes, attisés par l’amour et hantés par le doute, dont la confiance vacille jusqu’à trembler sur ses bases à mesure que l’un des amants s’obstine à vouloir faire la lumière sur les lourds secrets de son partenaire.
Qui d’autre qu’un chef hongrois, passé maître dans l’interprétation des plus grands chefs d’œuvre du XXe siècle, et qu’un compositeur dont les œuvres, qu’elles soient scéniques ou instrumentales, sont toujours empreintes d’un geste théâtral, aurait pu mieux diriger, en versions de concert, le Barbe-Bleue de Bartók et un opéra de sa propre plume, Senza Sangue, composé spécialement pour être programmé avec ce dernier ?
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°17 en ré mineur, Op. 31 n°2 – Sonate pour piano n°18 en mi bémol majeur, Op. 31 n°3 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballades n°1, 2 et 3. Claude Debussy (1862-1918) La sérénade interrompue L. 117 n°9. Vladimir Ashkenazy, piano. 2019-DDD-73’18-textes de présentation en russe et anglais-Melodia-MEL CD 10 02586
Piotr Illitch Tchaikovsky (1840-1893) : Lac des cygnes, ballet en quatre actes (version de 1877). State Academic Symphony Orchestra of Russia « Evgeny Svetlanov », Vladimir Jurowski, direction. 2018-SACD-CD1 71’54 CD2 79’52-Textes de présentation en anglais et allemand-Pentatone-PTC5186640
C’est devant le public déjà conquis de Bozar que Voces8 et BEvocal présentaient leur concert collaboratif ce mercredi. En effet, cela fait plusieurs années que l’octuor d’élite anglais Voces8 participe au Singing Brussels Celebration de la maison. Paul Smith, chef de Voces8, ne manque pas l’occasion de chauffer la salle. Dès qu’il mentionne Singing Brussels, les cris et applaudissements font comprendre que le public est rempli de mordus du chant choral. Il les prévient d’ailleurs qu’ils seront amenés à chanter plusieurs fois pendant le concert. Connaissant l’engagement de l’octuor envers sa mission pédagogique (publication d’une méthode, ateliers dans les écoles, collaboration avec l’université de Cambridge, programme de formations pour jeunes chanteurs en début de carrière…), il n’est pas surprenant de le voir partager la scène avec un chœur de jeunes amateurs belges.
BEvocal, chœur national des jeunes de Belgique, est né en 2017 d’une coopération entre les fédérations chorales des trois communautés linguistiques du pays. Si après seulement 2 ans de travail, ces jeunes de 18 à 30 ans parviennent déjà à offrir une performance de qualité remarquable, on se réjouit de voir l’évolution lorsque l’ensemble gagnera en maturité sous la direction experte de Maria Van Nieukerken ! En tant que nouveaux ambassadeurs du chant choral de haut niveau en Belgique, on peut dire qu’ils ont pleinement mérité leur place aux côtés d’un ensemble professionnel de renommée tel que Voces8.
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano n°20 en ré mineur ; Concerto pour piano n°26 en ré majeur ‘Krönungskonzert”. Münchner Philharmoniker, Friedrich Gulda. 1986-Livret en anglais-61’25- 1 CD Münchner Philharmoniker Archive-MPHIL0015
Pour commencer sa saison 2019-2020, la série ‘Les Grands Interprètes’ organisée par l’Agence de concerts Caecilia invite une fois de plus le pianiste sibérien Denis Matsuev. Au cours de ces dernières années, l’image qu’il nous a laissée est celle d’un virtuose au style boursouflé, s’en prenant violemment à son clavier comme s’il se livrait à une partie de catch. Mais Steve Roger, l’un des organisateurs du récital du 30 septembre, m’a convaincu d’y assister en me parlant d’un nouveau Matsuev.
Pour l'occasion, ils avaient convié les mélomanes à la Philharmonie Luxembourg (soirée à guichets fermés) et en direct sur les ondes de Radio 100,7. Notre collègue Remy Franck (*) a accepté de partager ses impressions avec nos lecteurs.
“L'anniversaire des Solistes Européens Luxembourg a été extraordinaire à tous points de vue.
En présence du Grand-Duc Henri, un programme très spécial attendait le public.
Pas un seul discours : rien que la musique, comme l'ont voulu les organisateurs. Et un programme audacieux : la Symphonie n°9 de Beethoven et A Survivor of Warsaw d'Arnold Schönberg, mais cette dernière œuvre a été insérée entre les 2e et 3e mouvements de la Symphonie.
Chaque automne, le Teatro Regio de Parme organise un festival consacré aux ouvrages de Giuseppe Verdi ; et en cette année 2019, il a la particularité d’en présenter quatre dans trois lieux différents, le Teatro Regio et la Chiesa (l’Eglise) di San Francesco del Prato à Parme, et le Teatro Verdi de Bussetto.
Pour le spectacle d’ouverture, le dévolu s’est porté sur I due Foscari, le sixième opéra du jeune Verdi créé avec un succès médiocre au Teatro Argentina de Rome le 3 novembre 1844. Curieusement, les annales de Parme documentent cinq productions entre le printemps 1845 et l’automne 1886 puis, à notre époque, trois autres entre décembre 1966 et octobre 2009, où se sont succédé Piero Cappuccilli, Renato Bruson et Leo Nucci.
Aujourd’hui, la mise en scène est confiée à Leo Muscato, un régisseur romain qui, dans ses notes, évoque la dichotomie qui sépare la musique de la trame : si l’action est située à Venise au milieu du XVe siècle, la partition est inscrite dans l’esthétique du XIXe avec ses formes closes, ses cabalette et ses leitmotive caractérisant chaque personnage. C’est pourquoi Leo Muscato transpose l’action à l’époque romantique où, selon les dessins de Sylvia Aymonino, les sénateurs revêtent manteaux noirs, redingotes et barbes fournies qui les font ressembler au compositeur en début de carrière, alors que les femmes arborent crinolines blanches ou bleues. Jacopo Foscari, le proscrit, porte houppelande brune, tandis que son vieux père Francesco est engoncé dans un pourpoint sombre sous robe de chambre délavée ; et il faudra arriver aux scènes de jugement pour qu’il assume la tenue d’apparat du doge avec bonnet unicorne face aux membres du Conseil des Dix à tunique écarlate. Sous le signe de l’abstraction, le décor d’Andrea Belli consiste en un simple cyclorama où sont projetés paysages et portraits, surplombant un espace de jeu plutôt exigu avec escalier. Et les lumières d’Alessandro Verazzi confèrent une dimension aussi pesante que mystérieuse à cet univers étouffant.
La récente interview de Bruno Mantovani, compositeur de réputation mondiale et directeur sortant du CNSM de Paris, dans le magazine Diapason du mois de septembre, a fait grand bruit. Il a suffi de quelques lignes sorties d’un entretien (par ailleurs des plus intéressants) pour faire chauffer les réseaux sociaux et catalyser les réactions. À la question : « le CNSM prépare-t-il mieux aujourd’hui ses élèves à une insertion professionnelle qui ne va plus de soi ? », Bruno Mantovani répondait : « C’était une de mes priorités. Nous avons créé des séminaires sur la pratique du métier; /.../ Mais je dois m’avouer un peu désabusé devant le marketing de la musique classique, je me demande si on n’aurait pas dû créer des séminaires de mannequinat et de soft porn en ligne. C’est normal de ne plus voir en scène de jeunes artistes moches ? Combien de grands génies ressemblaient jadis à des sacs à patates ?”.