Plateau partagé entre Léa Vinette et Joachim Maudet, 2 solos en extérieur au Théâtre du Train Bleu

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C’est dans les jardins du Carmel que se déroulent deux propositions originales. Lea Vinette formée à Nantes, Lyon puis à Charleroi Danse propose Nox, son premier solo créé en 2023. Joachim Maudet, formé au CNSMDP interprètera Gigi, solo qu’il peaufine depuis 2021, fruit d’une commande du festival Danse Dense. 

Dès que le public s’installe dans les gradins, il aperçoit les pieds de Léa Vinette cachée derrière un petit amas de morceaux de coton blanc. Nox tire son inspiration de l’obscurité et de la pollution nocturne qui menace nos ciels étoilés. En extérieur à 14h40 en plein mois de juillet, tout semble plus compliqué à saisir. 

C’est sous le bruit des cigales quasi exclusivement que la danseuse se dévoile peu à peu. Son torse maquillé de bleu pailleté est un costume très réussi. Elle enchaîne des poses saccadées, se voûte, parfois comme prête à se battre, parfois bien plus paisible les yeux fermés. Le spectacle suit une trame non linéaire : la chorégraphe se déplace dans le public, se déploie sur l’air de Viola d’Amore de Vivaldi, tente une échappée dans l’herbe qui entoure la scène puis finit en boule, de dos. 

Pour ces différents états de corps, Léa Vinette travaille la fasciapulsologie, une thérapie qui libère par le toucher la mémoire traumatique du corps et de l’esprit. Florence Augendre, son « soutien physiologique et conseillère artistique », en décline une pratique sensorielle appliquée au mouvement dansé. Léa Vinette choisit des supports physiologiques (cœur, utérus ou poumon) pour incarner pleinement ses gestes. Cette technique permet une danse habitée, bien que pas toujours perçue par le public.

Après un nettoyage express de la scène, Joachim Maudet annonce la couleur : « Je suis la 2eme partie ». Il se présente, en profite pour exprimer la nécessité de signer la pétition pour le 1% culturel, et nous invite à attendre avec lui la proposition artistique à venir. Ainsi, nous découvrons son personnage et son histoire au gré de l’attente qui n’en est pas une. 

Le danseur, imposant par sa prestance, est déconcertant dans son propre rôle. Ce solo chorégraphique prend des airs de stand up tant il fait rire le public par ses digressions et son second degré. Le corps n’est pas en reste : le chorégraphe incarne la statue de la liberté, joue avec ses chaussettes et son t-shirt, montre quelques pas de danse où il se révèle excellent (on aurait aimé en voir plus, c’est vrai). Les anecdotes déployées jusque là prennent vie et sens avec l’interprétation finale de la chanson Gigi l’amoroso, pour un temps suspendu d’émotion.  

Crédits photographiques : Nox © Richard Louvet ; GIGI © Laurent Paillier 

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