Pour son premier récital Camille Thomas frappe fort

par https://www.johnendlich.nl/hook-up-ile-ilgili-cmleler/
Camille THomas

Camille SAINT-SAËNS
(1835 - 1921)
Premier concerto pour violoncelle - "Mon coeur s'ouvre à ta voix" - Suite pour violoncelle
Jacques OFFENBACH
(1819 - 1880)
Barcarolle - Introduction, Prière et Boléro - Les Larmes de Jacqueline - "Je suis Brésilien"
Camille THOMAS (violoncelle), Orchestre National de Lille, dir.: Alexandre BLOCH
2017-68' 15''-Texte de présentation en anglais, allemand et français-DG 479 7520

Avant tout, il faut lire la belle introduction par Camille Thomas elle-même, sincère et toute simple. Elle y explique la conception du programme de son premier disque. Avec, par exemple, cette jolie phrase sur les deux compositeurs choisis "qui, tous deux, au-delà de leur jeunesse et de leur fougue, et derrière une forme de pudeur, écrivirent les musiques les plus sensibles qui soient". Née à Paris de parents belges, et ayant étudié à Berlin, la jeune Camille Thomas illustre brillamment ces propos d'entrée. Elle confie que le premier concerto de Saint-Saëns est adoré des violoncellistes, "qui l'assimilent souvent à leurs souvenirs de jeunesse, ce concerto étant parmi les premiers abordés par les solistes en herbe". Le son de son instrument lyrique, tendre et chaleureux, rend toute sa fraîcheur à ce concerto si connu. L'accompagnement d'Alexandre Bloch est impeccable, même si parfois il semble un rien en retrait. Après une bien belle transcription de l'air de séduction, célèbre, de Dalila, au deuxième acte de Samson et Dalila, Camille Thomas termine son hommage à Saint-Saëns par une page moins connue du compositeur, la Suite opus 16, oeuvre de jeunesse, orchestrée plus tard. Elle reflète la passion de l'auteur pour l'Antiquité et la Renaissance italiennes (gavotte). La soliste peut y démontrer son phrasé et son sens de la poésie, mais aussi une belle puissance (tarentelle finale).
Offenbach était violoncelliste de formation, on le sait, mais on ne connaît pas trop les oeuvres qu'il consacra à son instrument. Après une transcription de l'illustrissime "Barcarolle" des Contes d'Hoffmann, où elle est rejointe par le violon de Namanja Radulovic, et l'ensemble Double Sens, Camille Thomas fait découvrir une page peu connue qu'Offenbach composa durant sa jeunesse, Introduction, Prière et Boléro op. 22 (1840), dans une édition critique de Jean-Christophe Keck, éminent spécialiste du Maître. L'oeuvre n'impressionne pas trop, hormis peut-être dans le boléro conclusif, sans doute très gai à jouer : Camille Thomas y déploie à ravir un aigu aisé et brillant. Les Larmes de Jacqueline provient de l'opéra Die Rheinnixen. Quant à Je suis brésilien, tout le monde reconnaîtra l'air célèbre de La Vie parisienne. Petite surprise finale et cerise sur le gâteau de ce beau disque : la violoncelliste est ici accompagnée par... Rolando Villazon !
Bruno Peeters

Son 9 - Livret 10 - Répertoire 9 - Interprétation 10

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