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Robert le Diable à Bordeaux, une production diaboliquement entrainante

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Cela fait longtemps que Robert n’a pas exercé son pouvoir diabolique en France ; en cette fin septembre, il réapparaît pour la première fois depuis plus de 35 ans. Ceux qui y avaient assisté en parlent toujours. Lors de la première de la présente production à l’Auditorium de l’Opéra National de Bordeaux, le 20 septembre 2021, de rares témoins nous ont livré, comme si c’était hier, le ravissement éprouvé à une des représentations à l’Opéra de Paris en 1985. Pour l’ouverture de la saison, mais aussi pour sa dernière saison, Marc Minkowski, Directeur Général de l’institution, dirige lui-même l’orchestre pour trois soirées.

La force de l’orchestre
Ce qui frappe tout au long du spectacle, c’est la grande force accordée à l’orchestre qui joue son propre rôle. Fabuleuse est la partition de Mayerbeer, surtout son orchestration : des solos de timbales jouant la mélodie (!) de certains airs en guise de leur prélude, des ensembles de cuivres, de bois ou des harmonies en entier donnant des couleurs inattendues, des cordes massives, ou encore différentes combinaisons d’instruments créant des effets surprenants… On perçoit en filigrane une filiation avec la Symphonie Fantastique de Berlioz créée un an plus tôt, et par là, le goût pour le grandiose qui dominait cette époque.
Tous ces effets sont sublimés par la baguette de Marc Minkowski qui exalte les musiciens d’orchestre au plus haut niveau. Tous les détails sont attentivement interprétés, si bien que chaque pupitre est justement mis en valeur. En revanche, les choristes masqués, placés sur les balcons en arrière-salle avec une grande distanciation entre eux, ne réussissent pas à se faire entendre comme la partition le suggère. On attendra une véritable mise en scène pour que le chœur joue lui aussi son personnage selon l’esthétique du grand opéra.

Retour de la Mireille de Gounod, gorgée de soleil à l’Opéra de Paris en 2009

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Charles Gounod (1818-1893) : Mireille, opéra en cinq actes et sept tableaux. Inva Mula (Mireille), Charles Castronovo (Vincent), Franck Ferrari (Ourrias), Alain Vernhes (Maître Ramon), Sylvie Brunet (Taven), Anne-Catherine Gillet (Vincenette), Sébastien Droy (Andreloun), Nicolas Cavallier (Maître Ambroise), Amel-Brahim Djelloul (Clémence), Ugo Rabec (Le Passeur). Chœur et Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction Marc Minkowski. 2009. Notice en anglais et en français. Pas de texte du livret, mais synopsis. Sous-titres en français, anglais, allemand, japonais et coréen. 151.00. Un double DVD Naxos 2. 110683-84. Disponible aussi en Blu Ray.

A Genève, Un chef et quel chef pour des HUGUENOTS ridiculisés !

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Depuis 1927, le Grand-Théâtre de Genève n’a jamais remis à l’affiche Les Huguenots de Meyerbeer, le prototype du grand opéra en cinq actes créé à l’Opéra de Paris de la rue Le Peletier le 28 février 1836. Une œuvre aussi monumentale que celle-ci, s’étirant sur plus de quatre heures, doit vous tenir en haleine de bout en bout. Et celui qui en a le mieux perçu la problématique, c’est Marc Minkowski qui empoigne cette partition avec l’énergie du passionné qui ferait n’importe quoi pour révéler au spectateur la véritable grandeur de cette musique. Quitte à bousculer les tempi, il la rend incandescente en extirpant de l’Orchestre de la Suisse Romande un flux bouillonnant comme la lave, tout en sachant éviter le piège de la boursouflure ; il ménage aussi des moments de sérénité lorsque, sur scène, paraissent une altiste accompagnant de sa viole d’amour la romance de Raoul « Plus blanche que la blanche hermine » ou un flûtiste ornementant de volutes virtuoses l’air d’entrée de Marguerite de Valois « Ô beau pays de la Touraine ». Et le Chœur du Grand-Théâtre à l’effectif renforcé, magnifiquement préparé par Alan Woodbridge, produit cette ampleur de son de la masse populaire déchirée entre deux factions rivales. 

Le Mozart de Marc Minkowski

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Pour la seconde fois depuis mai 2009, Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre sont les invités du Service Culturel Migros de Genève. En entrant sur la scène du Victoria Hall, le chef prend la parole pour présenter son programme et s’émeut en évoquant le souvenir de sa grand-mère qui avait fait ses classes de chant au Conservatoire de la Place Neuve, et en la rapprochant de notre ténor veveysan adulé, Hugues Cuenod, l’un de ses grands amis, qui avait été un interprète notoire de la musique religieuse de Mozart.

La découverte d'un talent

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Oh, Boy !
Airs d’opéras de Gluck, Mozart, Meyerbeer, Offenbach, Thomas, Gounod, Massenet, Chabrier, Hahn
Marianne Crebassa (mezzo-soprano), Mozarteumorchester Salzburg dirigé par Marc Minkowski
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Le sacre de Sophie Koch

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Alceste (Sophie Koch), Admète (Yann Beuron), et La Mort (Choeur des Musiciens du Louvre Grenoble) © Opéra National de Paris/Agathe Poupeney

Alceste de C. W. von Gluck
Le chant français se porte bien. Très bien même. De grands interprètes triomphent actuellement sur les scènes : Dessay, Gens, Piau, Petibon, Gillet, Delunsch, Massis, Lemieux, Brunet, Koch, Beuron, Naouri, Degout, Lapointe, Bou, Antoun, Lhôte, Pomponi, Cavallier, Le Texier… La floraison est extraordinaire. A l’instar de la résurgence du bel canto italien dans les années 1960-1970 grâce à de nouvelles voix propres à ce répertoire, voici donc revenir en force le grand opéra français dans ce qu’il a de plus noble et de plus fort.