Un grand symphoniste : Arthur Honegger
Le groupe des cinq symphonies d'Arthur Honegger forme un massif compact et homogène d'oeuvres de haute maturité. Par leur concision (elles durent toutes entre 20 et 30 minutes), par la solidité de leur architecture, la netteté de leurs profils thématiques, leur intense énergie vitale et leur extraordinaire force expressive, elles se rapprochent, peut-être plus que toutes autres écrites en ce siècle, du grand modèle que Honegger avait choisi dès sa jeunesse : Beethoven. Comme en dépit de leur parfaite unité de style, elles diffèrent toutes par leur contenu, voire par leur réalisation matérielle (les trois impaires pour grand orchestre symphonique "normal", les deux autres pour des formations plus restreintes), elles se prêtent idéalement à une présentation sous forme de cycle.
Très schématiquement, on peut dire que le jeune Honegger se voua en priorité à la musique de chambre, alors que la moyenne fut celle des grands oratorios et des oeuvres scéniques. Les Symphonies sont le produit de la haute maturité, postérieures, sauf la Première, aux Oratorios. La gloire d'Honegger repose à égalité sur les uns et les autres. Rien n'illustre mieux la position chronologique des Symphonies que leurs numéros dans le catalogue de 222 oeuvres établi par le signataire de ces lignes: H. 75, 153, 186, 191 et 202.