Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

À Angers, une Quatrième de Mahler au sommet

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Lorsque les dernières notes se sont éteintes à la fin de la Quatrième Symphonie de Gustav Mahler dans un souffle à peine audible, il régnait une atmosphère d’une incroyable intensité dans la belle salle du Centre de Congrès d’Angers, faite d’un mélange de mélancolie pure et d’admiration pour l’osmose exceptionnelle régnant entre un orchestre, l’Orchestre National des Pays de la Loire (ONPL), et son chef, le Viennois Sacha Götzel. Ce dernier nous a certes habitués à l’excellence depuis le début de son mandat, mais sa vision mahlérienne était d’une élévation d’esprit quasi spirituelle. Premier d’une série de quatre concerts qui seront répétés à Nantes (10 mars), Saint-Nazaire (11 mars) et Angers (12 mars), celui auquel nous avons assisté était d’un niveau de qualité comparable aux meilleures phalanges symphoniques, un résultat obtenu pourtant après un tout petit nombre de répétitions, mais dans une confiance mutuelle entre Sacha Götzel et ses musiciens.

Dommage qu’aucun micro ne vienne saisir un concert d’une telle qualité. Avec des tempi relativement lents venant saisir à merveille le côté à la fois populaire et ironique de cette partition, avec un sens subtil du rubato et de la couleur très Mitteleuropa et un esprit passant de l’aspect chambriste presque impressionniste aux éclats orchestraux spectaculaires dont seul Mahler est capable, Sacha Götzel nous a livré sa vision à la fois narrative et bouleversante d’une symphonie qu’on dit légère par rapport aux autres fresques mahlériennes, mais qui recèle les tréfonds de l’âme du compositeur.
Après un premier mouvement champêtre qui semble se souvenir des divertimenti de Mozart et de Haydn, la mort rôde dans le deuxième mouvement avec l’apparition saugrenue du « violoneux », remarquablement incarné par le Konzertmeister Matthieu Handtschoewercker, jouant une grinçante et lugubre danse macabre avec son violon accordé un ton plus haut en incitant ses collègues à provoquer des effets singuliers : sourdines, glissements, pizzicati brutaux dans une impureté expressément demandée par le compositeur. Suit le Ruhevoll, merveilleux troisième mouvement élégiaque se souvenant de la symphonie précédente et annonçant clairement l’Adagietto de la suivante dans lequel l’orchestre et son chef ont suspendu le temps.

Mikhaïl Pletnev en récital à Monte-Carlo

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Quatre ans après un récital entièrement consacré à Chopin, qui avait laissé un souvenir marquant, Mikhaïl Pletnev faisait son retour à Monte-Carlo avec un programme d’une remarquable densité stylistique.

En ouverture, le pianiste russe propose quatre Préludes et Fugues de Bach tirés du Clavier bien tempéré. Interprète aujourd’hui parmi les plus fascinants de ce répertoire, Pletnev y conjugue une fidélité scrupuleuse au texte avec une liberté d’invention qui renouvelle sans cesse le discours musical. La clarté polyphonique, la souplesse du phrasé et la précision de l’articulation témoignent d’une maîtrise souveraine. Son jeu, d’une fluidité presque irréelle, semble se déployer avec une évidence naturelle, comme si la complexité de l’écriture bachienne se résolvait d’elle-même sous ses doigts.

Les Kreisleriana de Schumann occupent ensuite le centre du programme. L’interprétation de Pletnev, très personnelle, se distingue nettement de celle d’Evgeny Kissin entendue le mois dernier. Là où Kissin privilégiait l’élan romantique et la tension dramatique, Pletnev adopte une lecture plus intériorisée, presque architecturale. Il met en lumière les lignes contrapuntiques et la filiation bachienne que Schumann admirait tant, donnant à l’œuvre une dimension structurelle souvent moins perceptible. Sans jamais sacrifier la poésie ni les élans de fantaisie propres à ces pages, Pletnev révèle toute la richesse de leurs contrastes, entre exaltation, rêverie et vertige.

Lucas et Arthur Jussen en état de grâce à Bozar

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Le Wiener Symphoniker se produit ce jeudi 5 mars à Bozar dans le cadre d’une petite tournée avec son directeur musical, Petr Popelka, ainsi qu’avec les célèbres frères pianistes néerlandais Lucas et Arthur Jussen. Deux œuvres sont au programme de cette soirée : le Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur, KV 365 de Mozart, ainsi que la monumentale Symphonie alpestre op. 64 de Richard Strauss.

Le concert débute avec le Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur, KV 365 de Mozart. Composé en 1779, ce concerto comprend un Allegro d’ouverture, un Andante lyrique et un Rondeau-Allegro final. Dans l’interprétation de ce soir, les solistes mettent en valeur le dialogue constant et la complicité entre les deux pianos, alliant virtuosité, précision rythmique et musicalité, tout en conservant un esprit joyeux et espiègle. La phalange viennoise accompagne avec précision les deux solistes, même si elle aurait pu les stimuler davantage dans le troisième mouvement, que l’on aurait souhaité un peu plus malicieux. La prestation des deux frères est largement applaudie par le public, venu nombreux ce soir, et se voit récompensée par un bis décoiffant dans le style d’un ragtime.

A l’Unisson, Musiques Nouvelles et la création

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Mons au printemps accueille en son centre le Festifood Hiver, un événement gastronomique dont je contourne le chapiteau (vide à cette heure) qui remplit la Grand-Place – des carbonnades à La Cervoise autour d’une bière avec des amis feront l’affaire avant de rejoindre Arsonic en contrebas, peu avant 20 heures pour un programme de créations : trois nouvelles pièces et une première belge, celle de Terra Memoria, deuxième quatuor à cordes de Kaija Saariaho (après Nymphéa, de 1987 – qui fait aussi intervenir l’électronique), écrit 20 ans plus tard (soit une période où la compositrice finlandaise évolue de façon significative – tout en maintenant son appétence pour les violons, alto et violoncelle), adapté ici pour orchestre à cordes. Dédiée à tous ceux qui sont partis (le chef Jean-Paul Dessy retourne cette dédicace vers celle qui a disparu en 2023), la partition fait écho au constat que les morts voient leur vie brusquement arrêtée, alors que, si certains souvenirs qu’ont d’eux leur entourage sont fixés de façon immuable, d’autres continuent à évoluer – à vivre : se remémorer un événement modifie l’encodage mnésique de celui-ci ; le rappel, chaque fois, se mêle au souvenir et le brouille, le sculpte (un peu) différemment. Dans Terra Memoria, Saariaho fait de « Memoria » sa façon de la travailler la « Terra », sa matière, et le résultat, dense, à la puissance évocatrice, contraste entre les viscères froids, triés, rangés sur la table (du légiste), métallique, aux reflets argentés, et la saleté désordonnée, le chaos de la vie, brillant, brûlant, entre le statisme du néant, sa salubrité antiseptique, et (légers décalages de phases), l’ouverture vers la lumière, le beau, le grand.

 A Genève, un rutilant European Philharmonic of Switzerland pour Charles Dutoit

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Dans le cadre de sa prestigieuse saison ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence de concerts Caecilia accueille pour un soir, au Victoria Hall de Genève, l’European Philharmonic Orchestra of Switzerland qui entreprend une tournée incluant Vaduz, Zurich, Fribourg, Berne et Bâle. Rappelons que cet orchestre a été fondé en 2015 par des membres du Gustav Mahler Jugendorchester, désireux de poursuivre leur partenariat qui regroupait de jeunes musiciens âgés de 20 à 40 ans provenant de plus de vingt nations et occupant des postes permanents ou temporaires dans des formations symphoniques de premier plan. Et c’est Charles Dutoit qui assume la direction de cette série de concerts en défiant les outrages du temps avec cette indomptable énergie qu’on lui connaît.

Son programme commence par Claude Debussy et sa Petite Suite pour piano à quatre mains datant de 1889 et orchestrée par Henri Büsser en 1907.  Dès la première page, En bateau, se révèle l’indéniable qualité de l’ensemble alliant le soyeux des cordes à l’onctuosité des bois qui profitent du rubato suggéré par la baguette pour dessiner les traits d’ornementation qui pimentent ensuite Cortège avec ses phrasés en éventail cultivant les demi-teintes dans les formules syncopées. Le Menuet semble ici ironiser sur les inflexions archaïsantes empreintes de mélancolie que bousculera le Ballet conclusif avec cette bourrée gaillarde encadrant une valse délicate que la coda finira par rendre éclatante.

Interviennent ensuite Martha Argerich et Anastasia Voltchok, pianiste moscovite établie en Suisse depuis l’âge de quinze ans et élève de Rudolf Buchbinder à l’Académie de Musique de Bâle. Toutes deux se font les interprètes du Concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur de Francis Poulenc. Dès les premières mesures de l’Allegro transparaît la parfaite adéquation de style des deux artistes qui associe la brillance du trait émaillé de trilli émoustillants à un lyrisme sentimental innervé de pathétisme. Le Larghetto respire une nonchalance nostalgique que l’Animato médian rendra désinvolte, alors que l’Allegro molto conclusif est d’une virtuosité babillarde dont le piano de Martha s’ingénie à dégager une veine lyrique à fendre l’âme, avant de parvenir à une coda étincelante qui produit grand effet sur un public manifestant bruyamment son enthousiasme. En guise de remerciement, Martha passe au second piano pour présenter une page fascinante, l’Elégie en accords alternés que Francis Poulenc dédia à la mémoire de Marie-Blanche de Polignac.

Le Voyage d’hiver de Schubert par Peter Mattei et Daniel Heide à Luxembourg

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Ce 2 mars dernier, la tournée du baryton suédois Peter Mattei interprétant Le Voyage d’hiver (Winterreise) de Schubert passa à la Philharmonie de Luxembourg avant de continuer à Verbier en juillet. 

Ce cycle reprend le personnage du Wanderer de la Belle Meunière (Die schöne Müllerin), personnage auquel il serait facile de reconnaître le compositeur mourant. Racontant de l’intérieur l’abandon de son passé, de ses rêves et de son présent pour arriver nu jusqu’à l’os devant la mort. Il dépasse nonobstant Schubert pour révéler l’Homme à l’instant fatal.

Ce soir donc le baryton suédois offrait autant un voyage, qu’un pèlerinage et qu’une odyssée intérieure. Commençant avec le Gute Nacht, là où la Belle Meunière avait laissé le narrateur, quelques temps plus tôt, il prend une interprétation éminemment lyrique, même quasiment opératique durant la partie du cycle pendant laquelle le narrateur est encore au village. Il donnait ainsi une incarnation d’un soldat commençant par être gagné par l’habitude, la lassitude, et la fin.

Traversant autant que délaissant les émotions au fur et à mesure du cycle, le baryton imposait nonobstant le Wanderer avec force plutôt que de le laisser advenir en première partie du concert. Une friction entre l’expression et l’impression, bien que ces composantes soient le plus souvent à l’équilibre comme dans le très remarquable Sous le tilleul (Am Lindenbaum), pouvait arriver alors chez l’auditeur, comme durant le lied Sur le fleuve (Auf dem Flusse). il exposait alors tout ce qu’il y a d’opéra dans le cycle, - rappelant ainsi outre sa grande qualité de chanteur, que Schubert s’était essayé aussi à l’opéra - pour devenir, tandis que le narrateur sort du village, de la communauté des hommes et de la vie, progressivement, avec l’intériorisation du drame un authentique chanteur de lieder. 

De Jeanne d’Arc à Chaya Czernowin (1431-1944-2025) : quand les femmes se battent contre la folie des hommes

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Radio France propose un programme éprouvant émotionnellement, avec deux œuvres suscitées par des conflits qui, bien qu’ayant eu lieu à des périodes différentes, n’ont pas fini de nous meurtrir : entre Israël et la Palestine (donc actuel) pour la première pièce ; entre la France et l’Angleterre (Guerre de cent ans, au XVe siècle) pour Jeanne d’Arc au bûcher, mais aussi mondial, puisque cet oratorio a été créé en 1938, et un prologue lui a été jouté en 1944, pour actualiser la figure de Résistante de l’héroïne.

Pour commencer, NO! A Lament for the Innocent (en première française, quelques mois après sa création à Los Angeles) de Chaya Czernowin. Sur scène, Clément Rochefort, le présentateur de France Musique, précise qu’elle est « une compositrice israélo-américaine dont l’une des caractéristiques est d’utiliser les métaphores comme moyen d’organiser un univers sonore ». Et de lire les propos de la compositrice, que l’on trouve également dans le programme de salle : « Les deux orchestres, chacun avec son propre chanteur, sont comme les deux membres d’un même être mental, cherchant tous les deux à parvenir au cri. NO! parle de rage. Une rage qui s’accumule et qui, lentement, implacablement, lutte pour remonter à la surface. Elle prend naissance au plus profond du corps et se propage vers l’extérieur – de façon antiphonique – comme si le cri était une créature de douleur, utilisant ses membres pour nager vers le haut, des cavernes du corps jusqu’à l’air libre. »

Concours La Maestra : la Slovène Mojca Lavrenčič remporte le premier prix

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Organisé conjointement par le Paris Mozart Orchestra et la Philharmonie de Paris à l'initiative de Claire Gibault, le concours La Maestra, dédié aux cheffes d’orchestre, a dévoilé le samedi 28 février le palmarès de sa quatrième édition pour laquelle plus de 230 candidates issues de 50 pays avaient déposé leur dossier. Le jury, présidé par Oksana Liniv, a décerné le premier prix à la Slovène Mojca Lavrenčič.

L’histoire est belle : initialement première sur la liste d’attente, Mojca Lavrenčič remplaçait une candidate empêchée de participer pour des raisons indépendantes de sa volonté. Au fil des épreuves, elle s’est imposée avec une évidence croissante : technique solide, sens inné de la communication, vision globale de chaque partition, capacité d'aller toujours à l'essentiel. En revoyant les captations vidéo, on remarque ce sourire constant — invisible pour le public sur place, chaque cheffe dirigeant dos à la salle. Lors de la répétition de Fachwerk pour bayan, percussions et cordes de Sofia Goubaïdoulina, en demi-finale, elle ne cachait pas combien l’intensité du travail pouvait être éprouvante. Ce naturel, à mille lieues de la figure autoritaire et omnipotente encore dominante il y a quelques décennies, apparaît comme le signe d’un métier en profonde mutation — du moins peut-on l’espérer.

Valentin Malinin à la Fondation Louis Vuitton : un récit pianistique au cœur de Cage

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Deuxième prix du Concours Tchaïkovski en 2023 et premier prix du French Riviera Masters en 2025, Valentin Malinin demeure encore peu connu en France. La Fondation Louis Vuitton a pourtant eu l’heureuse idée de lui confier un programme en miroir avec les six toiles intitulées Cage, présentées dans l’exposition Gerhard Richter visible jusqu’au 2 mars.

Intitulé « Music of changes », le récital s’articule autour de cinq œuvres de John Cage — Metamorphosis (1938), Quest (1935), The Perilous Night (1944), Ophelia (1946) et In a Landscape (1948). Deux pièces d’Henry Cowell s’y ajoutent, ainsi que Countertrend, composition du pianiste donnée en création mondiale, et une œuvre de Karina Baras, sa professeure de composition.

Concert Kurtág : Ascendance

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C’est le premier, et ce sera sans doute le seul géant de cette génération à passer le centenaire de son vivant. György Kurtág est toujours là, et, après Xenakis, Boulez, Berio, il est mis à l’honneur dans ce concert de l’ensemble Intercontemporain. 


Avoir 20 ans en 1945 ! Une génération de compositeurs toujours aussi fascinante, celle dont la jeunesse créative a éclaté avec la table rase. Celle qui a pu légitimement s’octroyer la conviction que le renouvellement total du langage musical était enclenché de manière durable. La tonalité est morte, construisons sur du neuf!

Si Kurtág  n’en était pas spécialement un des représentants les plus radicaux (et les plus joués surtout), il en fait bel et bien partie. Certainement un des plus discrets de tous, il tardera à s’imposer, et l’adoubement de sa musique sera surtout marqué dans les années 80. Kurtàg est lui-même un interprète hors pair, il n’y a qu’à savourer les hypnotiques films vidéo où on le voit jouer avec son épouse, deux merveilleux nonagénaires et leurs 4 mains entrelacées. Extraordinaire transmetteur et professeur; Il y gagnera l’amour du public, et de ses interprètes par la chaleur, l’humanité et la subtilité de ses œuvres.

On pouvait alors imaginer plus de concerts, plus de moyens, plus d’interprètes, ou une plus grande jauge pour un tel événement. Peut-être même que le fait d’être vivant eut été paradoxalement un frein à quelque chose de plus grande envergure, mais pour un créateur aussi subtil, peut-être ne vaut-il pas mieux tout simplement un hommage de qualité. Et c’est vraiment ici, par le défi magnifique des 7 interprètes qui se présentent à nous sur scène ce soir, que le miracle a eu lieu: construire un récital comme s’il s’agissait d’une œuvre, et profiter du florilège illimité de pièces brèves du compositeur pour fabriquer un parcours en forme de triptyque narratif. 

Car György Kurtág est un tailleur de petits diamants, il mobilise le spectateur sur un temps court, en disposant des objets sonores sur un petit cadre temporel. Comme on reste sans voix devant un tableau de Miró, on est sensible au sens de l’équilibre immédiat et instinctif dans la répartition des tailles, des durées entre les différents objets sonores. 

Consonance, dissonance, densité tonale ou atonale, rythme complexe ou régularité extrême, Kurtág se joue des injonctions esthétiques. Il recommence l’histoire du langage musical à chaque début de pièce.  

Et si cet esprit libre et indépendant était une spécificité hongroise ? C’est en tout cas ce que semble vouloir montrer avec succès la savante répartition des petites pièces tout au long de ce concert. Nous y entendrons alternativement Kurtág, Liszt, Kodàly, Ligeti et Bartók. 

Comme une ronde des desserts, les 7 interprètes enchaînent sans pause ces miniatures (ou plutôt « microludes » dirait Kurtag, qui aimait bien inventer des termes). Liszt jouxte ainsi Kurtág et Kodàly, avec une unité mystérieuse et déconcertante. Les différences de langage ne représentant ici qu’un détail, les compositeurs hongrois nous offrent la cohérence en unissant liberté et raffinement. 

La silhouette élancée de Sébastien Vichard commence avec les glissandi troublants du perpetuum mobile. Játékok est un jeu, bien sûr, mais joué en grand maître et grand sérieux, il en devient danse, numéro d’illusionniste, démonstration de mime. Les arrangements pour alto, clarinette et cymbalum de Joan Magrané Figuera (Odile Aubouin à l’alto, Alain Billard à la clarinette et Aurélien Gignoux, cymbalum) intègrent Liszt dans le monde de Kurtág jusque dans leur silence. Renaud Déjardin prend la parole en quintes telluriques dans la sonate pour violoncelle seul de Kodàly, chacun a son rôle d’alchimiste et prend sa place avec naturel et légèreté.