Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

La rencontre de deux reines

par

Maria Stuarda au Teatro Filarmonico de Vérone
Depuis huit ans, Mariella Devia s’est imposée sur les grandes scènes italiennes comme "la" Maria Stuarda du moment. Aujourd’hui, à près de soixante-six ans, le timbre a perdu les raffinements de son émail, la ligne de chant, un peu de sa souplesse ; mais son intelligence musicale hors pair sait puiser dans les ressources intarissables de son phrasé pour susciter une indicible émotion dès son apparition au deuxième acte ;

Varsovie à la gloire de Beethoven

par

Revenir au Festival Beethoven de Varsovie est à chaque fois un plaisir : plaisir musical d'une programmation habilement pensée par sa directrice générale, Elzbieta Penderecka, également présidente de la "Ludwig van Beethoven Association", découverte d'artistes peu connus chez nous associées aux grands noms de notre vie musicale, dialogue avec les artistes lors des après-concerts, générosité de l'accueil et ambiance conviviale. Oui, il fait bon être à Varsovie aux environs de Pâques.

Semyon Bychkov éblouissant dans Richard Strauss

par

Emily Magee en impératrice © ROH

Pour célébrer le 150e anniversaire de Richard Strauss, le Royal Opera de Londres a mis cette saison « Elektra », « Die Frau ohne Schatten » et « Ariadne auf Naxos » à l’affiche. Pour « Die Frau ohne Schatten » (La femme sans ombre) qui n’avait plus été représenté depuis 2001, le Royal Opera a opté pour une coproduction avec la Scala de Milan dans une mise en scène de l’Allemand Claus Guth. La direction musicale a été confiée au chef Russe Semyon Bychkov qui fut le grand triomphateur de la soirée.

Et Satan conduit le bal...

par

Bryn Terfel en Mephistohélès © ROH Bill Cooper

Faust de Gounod à Londres
Cela fait déjà dix ans que le Royal Opera présentait pour la première fois le Faust de Gounod mis en scène par David McVicar dans les décors de Charles Edwards et costumes de Brigitte Reiffenstuel. En 2004, c’était Antonio Pappano (devenu Sir Antonio Pappano !) qui dirigeait une distribution réunissant Angela Gheorghiu (Marguerite), Roberto Alagna (Faust), Bryn Terfel (Méphistophélès), Simon Keenlyside (Valentin) et Sophie Koch (Siébel). Pour la reprise de cette saison, Anna Netrebko était annoncée mais la diva russe a finalement décidé de ne pas ajouter le rôle de Marguerite (qu’elle devait aussi chanter à Vienne et Baden-Baden) à son répertoire puisque entretemps sa voix a considérablement évolué. Le spectacle, lui, reste une vraie fête vocale et la production de McVicar tient toujours le coup.

Kavakos/Wang, une très heureuse surprise !

par

A priori, un duo entre Leonidas Kavakos et Yuja Wang semblait tenir du mariage entre la carpe et le lapin, tellement il était permis de se demander comment l’austère et rigoureux violoniste grec allait pouvoir s’assortir au jeu extraverti, voire carrément sportif, de la pétulante pianiste chinoise.
Le Grand Auditorium de la Philharmonie de Luxembourg était donc bien rempli pour entendre les deux musiciens se confronter aux sonates pour violon et piano de Brahms, répertoire exigeant s’il en est.

Tradition, tradition toujours...

par

Ensemble avec Amonasro (Mark-RUCKER) et Aïda-(Kristin-LEWIS)

Aïda à Liège
Après la squelettique Aïda ratée du Vlaamse opera en juillet 2011, il était temps de se replonger dans une véritable ambiance verdienne, Egypte fantasmée ou non, mais Egypte quand même. La récente production de l'Opéra Royal de Wallonie a partiellement comblé nos souhaits. Loin des sirènes du "Regietheater" cher au Nord de la Belgique, Liège n'en a pas pour autant réussi un chef-d'oeuvre.

"Au Monde" de Philippe Boesmans, création mondiale

par

Charlotte Hellekant (La fille aînée), Werner van Mechelen (Le fils aîné) ,Patricia Petibon (La seconde fille), Frode Olsen (Le père), Stéphane Degout (Ori), © Bernd Uhlig

Une chose est sûre: en choisissant de collaborer avec le dramaturge Joël Pommerat pour son sixième opéra (le septième si l’on compte son orchestration du Couronnement de Poppée), Philippe Boesmans n’aura pas opté par la facilité. Le livret -adapté par l’auteur au départ de sa pièce de théâtre éponyme- décrit un oppressant huis clos familial mettant aux prises les membres d’une famille fortunée, dans un cadre où l’amour est affreusement absent et les rapports entre personnages semblent régis plus que tout par la force (dont celle de l’argent), le pouvoir, l’ambition, les haines rentrées et de lourds non-dits.

Trifonov angélique

par

Olivier Messiaen : Les offrandes oubliées, méditation symphonique
Frédéric Chopin : Concerto pour piano et orchestre n° 2, op. 21
Alexander Skryabin : Symphonie n° 3, op. 43, "Le poème divin"

Valery Gergiev direction - Daniil Trifonov piano - London Symphony Orchestra

La Trahison d' Arthus

par

« Le Roi Arthus » d'Ernest Chausson à Strasbourg
Entre deux affrontements tragiques avec l'Allemagne -1870 et 1914-, Chausson travaille durement à l'écriture du livret et de la partition de son unique opéra, Le roi Arthus et cela, durant presque une décennie (1886-1895) ! Il est remarquable que la fascination des intellectuels français pour Wagner ait suscité une réaction émancipatrice si féconde chez les jeunes compositeurs.

Une mise en scène absconse pour ‘Luisa Miller’

par

Une gigantesque plaque de marbre, avec l’effigie en albâtre d’une Marie-Louise assise avec deux ou trois personnes de sa suite face à l’âtre d’une cheminée surmontée du buste de Giuseppe Verdi, pourrait figurer dans un cimetière monumental, tel qu’on le trouve à Milan. Durant l’ouverture, le dit cénotaphe est glissé par un treuil jusque dans les cintres et laisse apparaître, au sein d’une couronne de fleurs, le cadavre de Luisa que révèrent les choristes masculins en jaquette et haut de forme et leurs compagnes en tenues de deuil.