Concours Reine Elisabeth : Alvaro Lozano Cames et la finesse du trait révélateur
Alvaro Lozano Cames (Espagne, 20 ans) est le benjamin de cette session violoncelle, ce qui ne l’empêche pas d’afficher à 20 ans un sacré palmarès. Etudes à la Fondation Barenboïm-Said à Séville, bachelor de l’Escuela superior de Musica Reina Sofia, master classes avec Helmerson, Maisky et Muller, il a déjà donné de nombreux concerts, notamment en formation de chambre.
Le candidat joue « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man avec la volonté de jouer dans des sonorités nettes et sensibles, tout en assumant des contrastes saisissants. Les moments apaisés n’en gardent pas moins la primeur même face à un orchestre particulièrement sonore dans l’été et le printemps. Le début de l’automne distille un climat aimablement transparent qui nous mène vers une fin interrogative.
Le concerto n°1 en mi bémol majeur op.107 de Chostakovitch commence d’une façon presque goguenarde. Le violoncelliste joue avec malice du caractère sautillant de l’allegretto auquel il insuffle un entrain émoustillant. Par contraste le ton se noircit dans le moderato d’abord phrasé avec une retenue engagée avant de prendre une dimension planante qui accentue l’impression d’intemporalité : beaucoup de pudeur dans ce chant profond, complexe mais plein d’une détresse humaine qui donne au propos une dimension presque tragique. Un climat d’inquiétude domine le début de la cadence mais il s’emballe ensuite d’une façon presque farouche vers un allegro con moto au pas solidement cadencé et qui frise le grotesque.
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 28 mai 2026
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