Eötvös / Stravinski : le contraste des modernes

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Péter Eötvös (né en 1944) : Alhambra (concerto pour violon n°3) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du Printemps. Isabelle Faust, violon ; Orchestre de Paris, Pablo Heras-Casado. 2019. Livret en : français, anglais et allemand. 57’48’’. Harmonia Mundi HMM 906255. 


Pour son troisième concerto pour violon, le compositeur hongrois Péter Eötvös s’est inspiré de l’Alhambra de Grenade. Commande de Pablo Heras-Casado et d’Isabelle Faust pour le festival de cette même ville de Grenade, cette partition est une libre interprétation musicale des cultures espagnoles et arabes par un compositeur au parcours si personnel entre avant-garde et particularisme. Suite à une exploration de la nature et des paysages de Grenade et de l’Andalousie, Peter Eötvös a composé une oeuvre fascinante par ses couleurs et sa puissance évocatrice presque rhapsodique dans le trait virtuose et racé qu’elle délivre. L’instrumentarium est ciselé et dialogue avec le violon dans une forme toujours très élaborée qui voit l’instrument soliste converser tant avec les pupitres traditionnels qu’avec une mandoline invitée. La science de l’orchestration atteint ici des sommets et on aime cette alliance des timbres ensorcelantes et les explosions de lumières qui parcourent cette partition, superbement servie par ses dédicataires. Si Debussy et Ravel avaient magnifiés une Espagne fantasmée, Eötvös narre une Espagne digne des meilleurs peintres ! Assurément un chef d’oeuvre de notre temps !

Changement de registre avec le Sacre du Printemps. Il va sans dire que l’Orchestre de Paris joue à domicile avec cette partition tant elle est liée à son Histoire et à son répertoire. Non content de l’avoir déjà gravée à plusieurs reprises avec ses directeurs musicaux : Daniel Barenboïm pour Erato, Semyon Bychkov chez Decca et Paavo Jarvi en vidéo pour Electric Pictures, la phalange parisienne en a donné de grandes interprétations entre autre sous la direction, entre autre, de Pierre Boulez. La discographie du Sacre du printemps et ses plus riches et on peut y trouver tant d’approches différentes : analytiques, fauvistes, intellectuelles, orgiaques, élégantes...Avec Pablo Heras-Casado, le chef d’oeuvre de Stravinsky est intellectif et élégant. Sa direction prend le temps d’imposer un traitement assez analytique du tissu instrumental avec un grand soin apporté aux détails des nuances et des contrastes, qui sonnent surlignés par la prise de son radiographiant les pupitres. Loin des chefs barbares qui soulèvent les transes orchestrales comme Antal Dorati ou Esa Pekka Salonen, Pablo Heras-Casado se veut plus élégant et raffiné : les transitions s’imbriquent dans la logique de l'œuvre qui en devient plus symphonique que chorégraphique. Ce point de vue à sa logique et se défend même si l’addition du côté analytique avec l’élégance de la baguette peine un peu à convaincre sur la totalité de la partition car le détail l’emporte sur la forme. Dans tous les cas, il faut saluer la prestation impeccable d’un orchestre de Paris qui sonne avec une plastique des plus séduisantes et un collectif impressionnant dans ses individualités et ses dynamiques ! Si la version vidéo de Paavo Jarvi est l’une des références contemporaines de l'œuvre, cette nouvelle gravure surclasse facilement celles de Daniel Barenboim et de Semyon Bychkov au pupitre des Parisiens !   

Son : 9  Notice : 8  Répertoire : 10  Interprétation : 8 

Pierre-Jean Tribot 

Rencontre avec le compositeur-chef d’orchestre Peter Eötvös,

   

 

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