Opulence orchestrale avec Michael Gielen 

par

Alexander Zemlinsky (1871-1942) : Lyrische Symphonie, Op.18 ; Franz Schreker (1878-1934) : Vorspiel zu Einem Drama. Karan Armstrong, soprano ; Roland Hermann, baryton ;  ÖRF Radio-Symphonieorchester Wien, Michael Gielen. 1989 et 1993. Livret en allemand et anglais. 62’17’’. Orfeo C 210214 

Orfeo poursuit ses publications consacrées au chef d’orchestre Michael Gielen en concert avec l’Orchestre radio symphonique de Vienne. Cette nouvelle parution met à l’honneur la phénoménale Symphonie lyrique du toujours trop méconnu Alexander von Zemlinsky dont on célèbre les 150 ans de la naissance. 

Bien que lié aux modernités de l’avant garde de son temps, Michael Gielen se plaisait à défendre cette partition caractérisée par une opulence orchestrale ensorcelante et vaporeuse. Cette nouvelle interprétation est sa troisième documentée au disque après l’enregistrement de référence avec son orchestre du SWF de Baden-Baden et Freiburg (Arte Nova) et un live avec le BBC Symphony un temps édité par Carlton Classics. Le chef est parfaitement à son aise dans ce maelström symphonique déchaînant la puissance des pupitres et soignant la sensualité de l'orchestration à travers la mise en avant de détails et d'alliages instrumentaux évocateurs. Cette gravure viennoise commence de manière précautionneuse, le temps que les pupitres se chauffent avant de porter au paroxysme les climax  de cette partition. L'enthousiasme des musiciens est un peu excessif mais on les sent galvanisés tant par la musique que par un chef qui ne les bride pas. Côté vocal, on admire la puissance vocale et la solidité technique du baryton Roland Hermann. La soprano Karan Armstrong, récemment disparue, livre une prestation solide et convainquante. Cependant, il s’agit d’une captation de concert et le fini technique comprime les dynamiques et ne révèle pas les sortilèges de l’orchrstration. Ce solide témoignage ne peut hélas pas rivaliser avec des interprétations de studio : Maazel (DGG), Sinopoli (DGG), Eschenbach (Capriccio), Jordan (Warner), Chailly (Decca), Flor (RCA) et bien évidement Gielen (Arte Nova). 

L’imposant  Vorspiel zu Einem Drama de Franz Schreker est un complément idoine tant la beauté orchestrale y est un point commun avec le chef d'œuvre de  Zemlinsky. Gielen est encore son propre concurrent avec des précédentes gravures d'excellence aux pupitres de l’Orchestre radio symphonique de Berlin (Koch) et du SWF Baden Baden & Freiburg  (SWR Musik). Le chef maîtrise les moindres recoins de cette partition de démonstration, mais là encore la prise de son de radio n’est pas la plus flatteuse. 

En dépit de ses qualités musicales,  cet album est à réserver aux admirateurs du chef.

 Son : 6 – Livret : 8 - Répertoire : 10 – Interprétation : 9

Pierre-Jean Tribot  

https://www.crescendo-magazine.be/le-lelio-de-berlioz-de-retour-a-la-vie-avec-michael-gielen-en-concert-a-vienne/

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