Edgard Moreau rend un bel hommage au répertoire slave du violoncelle

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Rococo. Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Variations sur un thème rococo, pour violoncelle et orchestre op. 33. Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 65 ; Nocturne en do mineur. Antonin Dvořák (1841-1904) : Humoresque n° 7 op. 101/7 ; Chant bohémien n° 4 « Chanson que ma mère m’a apprise » op. 55/4. Serge Rachmaninov (1873-1943) : Mélodie op. 21/9 ; Vocalise op. 34/14 pour violoncelle et orchestre. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Suite n° 2 pour orchestre de jazz : Valse n° 2. Edgar Moreau, violoncelle ; David Kadouch, piano ; Orchestre Symphonique de Lucerne, direction Michael Sanderling. 2024. Notice en anglais, en français et en allemand. 76’ 49’’. Erato 5021732430625. 

A Genève, une étonnante Fedora

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Entre le 12 et le 22 décembre, le Grand-Théâtre de Genève propose un ouvrage qui n’a été affiché qu’une seule fois sur cette scène durant la saison 1902-1903, Fedora d’Umberto Giordano. Créé au Teatro Lirico de Milan le 17 novembre 1898 avec Gemma Bellincioni et le jeune Enrico Caruso sous la direction du compositeur, l’ouvrage a toujours souffert de la proximité avec celui qui l’a précédé, Andrea Chénier, quoique l’orchestration en soit beaucoup plus raffinée.

Pour la valoriser, Aviel Cahn, le directeur du Grand-Théâtre de Genève, fait appel au metteur en scène Arnaud Bernard et à Roberto Alagna et son épouse, Aleksandra Kurzak, qui y débutent dans un ouvrage lyrique sur ce plateau.

Basée sur une tragédie de Victorien Sardou taillée sur mesure pour Sarah Bernhardt, l’intrigue rocambolesque est focalisée sur la princesse Fedora Romazoff, décidée à venger coûte que coûte la mort de son amant, le frivole comte Vladimir, abattu par les coups de feu du nihiliste Loris Ipanov. A Paris, celui-ci s’éprend de Fedora, sans imaginer qu’elle l’a dénoncé à la police impériale russe. La vérité éclate au grand jour : Loris a tué Vladimir car il était devenu l’amant de sa femme. Fedora finit par céder à la passion de Loris en acceptant de l’épouser. Mais à Saint-Pétersbourg, l’engrenage fatal a provoqué l’arrestation du frère de Loris qui a été enfermé puis noyé dans l’une des geôles inondée par la Neva, nouvelle qui a causé la mort de leur mère. A Gstaad, l’écho de cette double tragédie parvient à la connaissance des deux protagonistes : Fedora qui en est l’instigatrice s’empoisonne et succombe dans les bras de Loris éperdu de douleur qui lui pardonne.

Namur : avenant portrait du nouvel orgue Thomas de l’église Saint-Loup, par Benoît Mernier

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Fantaisie et Fugue en sol mineur BWV 542. Fantaisie en ut mineur BWV 562. Pièce d’orgue BWV 572. Wachet auf, ruft uns die Stimme BWV 645. Ach bleib bei uns, Herr Jesu Christ BWV 649. Nun komm, der Heiden Heiland BWV 659. Allein Gott, in der Höh sei ehr BWV 663. Dietrich Buxtehude (1637-1707) : Praeludium en ré mineur BuxWV 140. Nun komm, der Heiden Heiland BuxWV 211. Nikolaus Bruhns (1665-1697) : Nun komm, der Heyden Heyland. Benoît Mernier, orgue Thomas de l’église Saint-Loup de Namur. Livret en français, anglais. Juin 2024. TT 65’15. Cyprès CYP1686

Opéra et musique de chambre, deux visages musicaux de Wolf-Ferrari

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Ermanno Wolf-Ferrari (1876-1948) : Il segreto di Susanna, opéra comique en un acte. Lidia Fridman (La Comtesse Susanna), Omar Montanari (Le Comte Gil) ; Orchester der Berliner Operngruppe, direction Felix Krieger. 2022. Notice en allemand et en anglais. 53’ 09’’. Oehms OC992.

Ermanno Wolf-Ferrari (1876-1948) : Trios à clavier n° 1 op. 5 et n° 2 op. 7 ; Quintette à clavier op. 6 ; Quintette à cordes op. 24. Münchner Klaviertrio ; Leopolder-Quartett München ; Wolfgang Sawallisch, piano. 1988. Notice en anglais, en français et en allemand. 118’. 2CD MDG 102 2344-2. 

À Metz, Sergey Khachatryan et Jiři Rožeň chez eux dans Khatchatourian et Dvořák

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C’est un programme tourné vers l’Est, qui aura certainement permis à la plupart des auditeurs de la Grande Salle de l’Arsenal de découvrir de nouvelles œuvres, que nous proposait l’Orchestre national de Metz Grand Est, sous la direction du jeune (il est né en 1991) chef d'orchestre tchèque Jiři Rožeň. 

L’Arménie était à l’honneur de la première partie (bis compris), avec deux de ses compositeurs parmi les plus emblématiques : Vardapet Komitas et Aram Khatchatourian. 

Le premier (1869-1935), dont on élude en général le prénom pour lui substituer le « Père » de sa fonction de prêtre, est considéré comme le fondateur de la musique classique arménienne. Ses Quatorze miniatures arméniennes ont fait sa gloire chez nous. Trois d’entre elles étaient au programme. Il s’agit de musiques traditionnelles arrangées pour cordes, sans réelle volonté d’en tirer des sonorités particulières, mais plutôt dans un but de sauvegarde de ce patrimoine qui, dans le contexte dramatique qui était celui de l’Arménie dans ces années 1910, était menacé. 

L'interprétation en a été tout à fait honnête, propre, avec des cordes qui sonnaient très agréablement. Le senza vibato des violons dans Shoger djan faisait son effet. Si Kagavi yerk aurait pu être plus rugueux, les harmoniques (une des rares audaces d’orchestration de tout le cycle) de Dance Vagharshapati étaient stridentes à souhait. Une excellente façon de s’imprégner de cet univers arménien.

Venait l’une des œuvres les plus célèbres de Khatchatourian (1903-1978) : le Concerto pour violon (1940). Certes, il n’a pas la notoriété de ceux de Prokofiev ou de Chostakovitch, pour s’en tenir à des œuvres à peu près contemporaines de compositeurs voisins. Et pourtant, à condition d’être défendu par un soliste investi et par un orchestre soigné, capables de mettre en valeur son opulence, ses couleurs, sa vitalité et surtout sa richesse narrative, il mérite d’être plus souvent joué.

A Genève, une impressionnante Sixième de Mahler

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Pour présenter la Sixième Symphonie en la mineur dite Tragique de Gustav Mahler, l’Orchestre de la Haute Ecole de Musique de Genève collabore avec l’Orchestre de la Suisse Romande afin de constituer la gigantesque formation qui soit en mesure d’exécuter cette œuvre à nulle autre pareille. Dans la proportion de 2/3  1/3, s’amassent donc,  sur la scène du Victoria Hall le 10 décembre, 66 jeunes instrumentistes encadrés par 33 des chefs de pupitre de l’OSR. Durant plusieurs jours, tous travaillent d’arrache-pied sous la direction de la cheffe finlandaise Eva Ollikainen, directrice artistique actuelle de l’Orchestre Symphonique d’Islande.

Avec quelle énergie cette jeune artiste quadragénaire empoigne cette fresque quadripartite exprimant le désenchantement du musicien confronté à la cruauté du monde qui l’entoure et hanté par la prémonition de la mort de sa première fille, prémonition qui innervait déjà le cycle des Kindertotenlieder et les deux premiers mouvements de la Cinquième Symphonie. Que de réactions négatives suscitera la création du 27 mars 1906 à Essen sous la direction chaotique de Mahler lui-même qui déclarera : « Ce sera pour nos critiques une dure noix à craquer !». Comment pouvait-il en être autrement, au vu de l’arsenal démesuré de percussions, incluant un célesta, un xylophone, un gigantesque marteau aux coups sourds, les cloches, le glockenspiel, les cloches de vache affrontant les bois par cinq, dix cors, six trompettes, quatre trombones, un tuba et les deux harpes.

Pour en revenir à l’exécution du 10 décembre, l’Allegro energico ma non troppo sonne comme une marche abrupte ponctuée par les timbales, tambours et cordes graves. S’érigent de véritables arches sonores dont se dégage le legato des bois entraînant dans son sillage l’expansion lyrique des violons. Au da capo des premières mesures, succède le développement où pointe une accalmie passagère grâce au dialogue du violon solo et du cor, agrémenté par le célesta et de lointaines cloches de vache.

Tuyaux et guirlandes avec Peter Waldner : Noël baroque sur quatre orgues tyroliens

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Lasst uns das Kindlein wiegen. Oeuvres de Johann Caspar Kerll (1627-1693), Johann Caspar Ferdinand Fischer (c1662-1746), Franz Xaver Murschhauser (1663-1738), Ludwig Zöschinger (1731-1806), Anton Estendorffer (1670-1711), Johann Anton Kobrich (174-1791), Gregor Schreyer (1719-1767), Domenico Zipoli (1688-1726), Johann Sebastian Bach (1685-1750), Justinus Will (1675-1747), Robert Führer (1807-1861). Peter Waldner, orgues à Oberbozen, Pinzon, Kaltern, Völs am Schlern. Livret en allemand, anglais. Juin 2023. TT 68’42. Musikmuseum 72 CD 13071

Le Duo Jatekok, entre diableries et sortilèges

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Sorcellerie. Franz Liszt (1811-1886) : Sonate pour piano en si mineur, transcription de Camille Saint-Saëns. Manuel de Falla (1876-1946) : L’Amour sorcier : Rituel du feu. Paul Dukas (1865-1935) : L’Apprenti sorcier, transcription de l’auteur. Modeste Moussorgsky (1839-1881) : Une nuit sur le Mont Chauve, transcription de Nikolay Arziboucheff. 2023. Notice en français, en anglais et en allemand. 54’ 46’’. Alpha 1083.