Suites pour violoncelle de Bach, deux nouvelles parutions, et une preuve par l’improbable

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suites pour violoncelle BWV 1007-1012. Giuliano Carmignola, violon. Livret en anglais, français, allemand, italien. Août 2021. TT 59’48 + 78’31. Arcana A533

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suites pour violoncelle BWV 1007-1012. Karel Steylaerts, violoncelle. Livret en anglais, français, allemand. Juillet 2020. TT 52'07 + 69’59. Et’Cetera KTC 1766

A l’OSR, deux artistes d’exception Kian Soltani et Simone Young

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Pour le dernier concert de la saison 2022-2023 donné tant à Genève qu’à Lausanne, l’Orchestre de la Suisse Romande invite la cheffe australienne Simone Young qui a été autrefois l’invitée régulière de l’Orchestre de Chambre de Lausanne mais qui, depuis juillet 2022, a pris en main les rênes du Sydney Symphony Orchestra. Axé sur deux grandes œuvres, son programme débute par le Concerto pour violoncelle et orchestre composé en 1918 par Edward Elgar qui en dirigea lui-même la création londonienne du 26 octobre 1919 avec Felix Salmond en soliste. 

Dans cet opus 85 en mi mineur, Kian Soltani, violoncelliste autrichien d’origine iranienne, exhibe, à trente ans, une maturité étonnante dès le récitatif initial par un phrasé d’une rare ampleur contrastant avec les fins de phrases rêveusement filées. Simone Young le soutient par un canevas en demi-teintes nostalgiques, obtenant même des vents de l’OSR un réel pianissimo. Les accents pathétiques du développement amènent à un tutti débouchant sur un second motif a tempo moderato où le soliste tisse à fleur de touche d’arachnéennes volutes qui deviendront passaggi virtuoses dans l’Allegro molto. Le bref Adagio, à l’intensité intériorisée, est dominé par un legato éloquent, alors que le Final s’extériorise par de nobles inflexions qui se laissent gagner par une douloureuse résignation avant de parvenir à une conclusion quelque peu abrupte. Mais déferle aussitôt une vague de hourras à laquelle répond Kian Soltani en lui offrant une Sarabande de Bach dont le cantabile est porté par d’expressives doubles cordes.

Paysages anglais et tchèques avec l'OPMC

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Pour ce concert, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo retrouve l’excellent Frank Peter Zimmermann, l'un des solistes réguliers des saisons monégasques. L'intégrale des Sonates de Beethoven avec Martin Helmchen, ainsi que les Sonates de Brahms et le Concerto pour violon de Schumann ont été des moments musicaux inoubliables, pleins d'inventivité et de profondeur, atteignant les sommets de la perfection. Pour ce concert, l’OPMC est placé sous la direction de Cornelius Meister, l’un des chefs en vue du moment, aussi à l’aise dans la fosse que sur le podium symphonique. 

On les attend donc avec impatience pour écouter l’un des plus longs concertos du répertoire  : celui du compositeur anglais Edward Elgar (plus de 45 minutes...). Le Concerto d'Elgar est une œuvre qui se mérite, qui n’a pas la même séduction immédiate que d’autres partitions du grand compositeur : les Variations Enigma ou le Concerto pour violoncelle. La partition requiert une hauteur de vue exceptionnelle pour l'habiter et en rendre toutes les facettes. Quant au public, il doit apprivoiser cette masse imposante et intimidante.  Malheureusement, Frank Peter Zimmermann n'est pas en forme. Il joue avec brio et témoigne d’une belle sonorité, mais le courant ne passe pas. Ce n'est que dans le dernier mouvement qu'il arrive enfin à captiver l'auditoire. Malgré une belle gestique, Cornelius Meister n'arrive pas à réaliser la cohésion entre l'orchestre et le soliste. Frank Peter Zimmermann offre en bis une Sarabande de Bach, qui suscite quelques minutes d'émotion et de bonheur.

Biber, lecture châtiée des douze Sonatae « tant pour la table que l’autel »

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Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) : Sonatae Tam Aris, quam Aulis servientes. Harmonie Universelle. Florian Deuter, Mónica Waisman, violon. Wolfgang von Kessinger, Christian Goosses, Aino Hildebrandt, alto. Linda Mantcheva, violoncelle. Dane Roberts, violone. Christoph Sommer, théorbe. James Johnstone, orgue. Hans-Martin Rux-Brachtendorf, Astrid Brachtendorf, trompette. Livret en anglais, français, allemand. Juin 2021. 77’11. Accent ACC 24386

Il Proscritto de Mercadante : une séduisante résurrection

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Saverio Mercadante (1795-1870) : Il Proscritto, mélodrame tragique en trois actes. Ramón Vargas (Giorgio Argyll) ; Iván Ayón-Rivas (Arturo Murray) ; Sally Matthews (Anna Ruthven) ; Goderdzi Janelidze (Guglielmo Ruthven) ; Elizabeth DeShong (Odoardo Douglas) ; Irene Roberts (Malvina Douglas) ; Opera Rara Chorus ; Britten Sinfonia, direction Carlo Rizzi. 2022. Notice en anglais. Synopsis en anglais, en français, en allemand et en italien. Livret complet en italien, avec traduction anglaise. 124.05. Un coffret de deux CD Opera Rara ORC62.

Rodolphe Menguy, débuts à la hongroise 

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Béla Bartók (1881-1945) : Sonate pour piano Sz.80, En plein air, Sz.81 ;   Zoltán Kodály (1882-1967) : Danses  de  Marosszék ; Franz Liszt (1811-1886) : Rhapsodie hongroise n°5 en mi mineur “Héroïques-élégiaques”, S.244 ; Rhapsodie hongroise n°16 en la mineur “Budapest Munkácsy-Festlichkeiten”, S.244 ;  Rhapsodie hongroise n°10 en mi majeur “Preludio”, S.244. Rodolphe Menguy, piano. 2022. Livret en français et anglais. 60’. Mirare. MIR 672.