Nino Rota (1911-1979) : Il cappello di paglia di Firenze, farce musicale en quatre actes. Piotr Buszewski (Fadinard) ; Tetiana Miyus (Elena) ; Daeho Kim (Nonancourt) ; Anna Brull (La Baronne de Champigny) ; Antonia Cosmina Stancu (Anaide) ; Chœurs de l’Opéra de Graz ; Philharmonie de Graz, direction Daniele Squeo. 2021. Notice en allemand et en anglais. Texte complet du livret en italien, en anglais et en allemand. 107’ 15’’. Un coffret de deux CD Capriccio C5466.
Des Pas sur mon Chemin. Jean-Pierre Leguay (*1939), improvisations à l’orgue de Notre-Dame de Paris : Aube ; Dialogue et Nuée ; Monodie et Monodie Tropée ; Carillon I ; Carillon II ; Alternances ; Vocalise ; Arabesques. Jean-Pierre Leguay, orgue. Mars 2004 à novembre 2013. Livret en français, anglais. TT 77’52. Hortus 214
Louvain. Cité universitaire chargée d’Histoire, carrefour culturel, terreau où fourmillent des personnalités inestimables et les talents de demain. Éprouvette en ébullition où se bousculent les projets les plus hétérocliques, ambitieux et rafraîchissants. Dont ceux portés par la Fondation Contius, qui nous réserve de belles surprises dès le 21 avril. Avec trois moments forts au programme: 24 heures de musique d’orgue les 21 et 22 avril, la deuxième édition du Festival International Contius-Bach et une Académie d’été du 7 au 15 juillet.
C’est que le président du conseil artistique de la Fondation a plus d’une corde à son arc : organiste, compositeur, ancien directeur général de La Monnaie et du festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, président de la session 2023 du Concours Reine Elisabeth,… Bernard Foccroulle est un homme à tout faire. Ses rares temps libres, il les passe à raviver la flamme vascillante du patrimoine organistique.
Un nouvel orgue exceptionnel au coeur de la Sint-Michiel Vredeskerk
L’aurions-nous oublié ? Louvain est actuellement la seule ville en Belgique dotée d’une politique ciblée ayant pour ambition de sauvegarder ce patrimoine. C’est à cette fin que, en 2012, elle a élevé Luc Ponet, Professeur au Leuven University College of Arts, au rang de ‘stadsorganist’. Elle aurait eu tort de s’en priver : ‘Leuven Orgel Stad’ accueille en effet en son sein pas moins d’une quinzaine d’orgues de toute beauté. Parmi lesquels un nouveau venu, et non des moindres !
L’orgue Contius de l’église Saint-Michel de Louvain est une réplique historiquement exacte, réalisée sous la direction de la Fondation Contius, de l’orgue de l’église de la Sainte-Trinité de Liepāja en Lettonie, construit par Heinrich Andreas Contius entre 1774 et 1779. Avec celui de l’église Saint-André à Abbenrode (Allemagne), l’orgue de Liepāja est le seul instrument du facteur d’orgues originaire de Halle en Allemagne qui nous soit parvenu. Ceci explique sans doute pourquoi H.A. Contius demeure aujourd’hui dans l’ombre des grandes figures de la facture d’orgue du 19e siècle en Allemagne centrale -Gottfried Silbermann, Zacharius Hildebrandt et Heinrich Gottfried Trost.
Johann Sebastian Bach tenait pourtant Heinrich Andreas Contius, ainsi que son père Christoph, en haute estime. Entre 1713 et 1716, le futur Cantor de Leipzig suivit de près la construction d’un orgue réalisé par Christoph Contius en l’église Notre-Dame de Halle. En 1749, il n’hésita pas à recommander à Johann Gottlieb Graun les services d’Heinrich Andreas, qu’il jugeait plus habile encore que Zacharias Hildebrand (l’un des meilleurs facteurs d’orgues de l’époque) en vue de la construction d’un nouvel instrument dans l’Unterkirche à Francfort-sur-l’Oder. Quelques années plus tard, le Cantor remit à Heinrich Andreas une lettre de recommandation assurant que « Le travail de Monsieur Contius sur les orgues et les instruments est si bon et constant qu’il n’y a rien à y redire et rien à souhaiter de plus que tous les travaux de ce genre soient réalisés avec autant de compétence, afin que les maisons de Dieu et tous les autres amateurs d’instruments de musique de ce type ne soient plus bernés par des incapables. »
En 1761, Heinrich Andreas s’installa dans les Pays baltes, où il construisit plusieurs orgues à Riga, Reval (aujourd’hui Tallinn en Estonie) et Libau (aujourd’hui Liepāja en Lettonie). L’instrument qu’il réalisa à Libau à partir de 1774, serti dans le buffet d’un orgue érigé un quart de siècle plus tôt par Johann Heinrich Joachim, comprenait 38 jeux, deux claviers et un pédalier. Il fut ultérieurement agrandi par Carl Alexander Herrmann (1877) et Barnim Grüneeberg (1885) ; ainsi modifié, il comptait 131 jeux et était à l’époque le plus grand orgue mécanique du monde.
L’orgue de l’église de la Sainte-Trinité à Liepāja. Source: Wikipedia
Ce vendredi 14 avril a lieu la représentation de l’Orfeo de Claudio Monteverdi au Namur Concert Hall. Leonardo García Alarcón et son ensemble Cappella Mediterranea retrouvent le Chœur de chambre de Namur pour interpréter une fois de plus ce tube de la musique baroque ensemble.
C’est en version de concert que nous est proposé cette œuvre.
Le concert commence en fanfare avec la Toccata jouée trois fois. Après cette mise en bouche festive place au Prologue. Dans ce prologue, Mariana Flores fait son apparition dans le rôle de La Musique. Elle annonce avec passion la fable d’Orphée qui va suivre ainsi que les effets de la musique sur le cœur.
Durant les cinq actes que composent cet opéra, solistes, choristes et musiciens vont unir leur force pour nous proposer une somptueuse soirée musicale. Tout d’abord parlons de ce casting flamboyant de solistes. Le rôle-titre, Orphée, est interprété par le talentueux Valerio Contaldo. Il se démarque avec ses airs brillamment exécutés, particulièrement dans les actes un, trois et cinq. Dans le premier acte, il déclare amoureusement sa flamme à Eurydice. Dans le troisième acte, nous le retrouvons avec un ton conquérant et désespéré à la fois, prêt à tout sacrifier pour ramener sa bien-aimée à la vie. Un sublime duo entre Orphée et la harpiste Marie Tournaisien a lieu dans cette partie de l’œuvre. Dans le dernier acte, il chante sa douleur éternelle avec une sensibilité touchante. Mariana Flores, en plus du rôle de La Musique, interprète Eurydice. Après avoir montré ses qualités vocales en muse d’Orphée, nous la retrouvons dans le quatrième acte lorsque qu’Orphée vient la chercher en enfer. Malheureusement ce dernier, en se retournant, perd définitivement sa dulcinée. Mariana Flores nous offre donc un moment poignant lorsqu’Eurydice fait ses adieux.
Ce jeudi 13 avril, le public du Namur Concert Hall a pu assister à la création de l'œuvre Le désert de Baudouin de Jaer, sur un livret de Stéphane Arcas, également à la mise en scène et à la scénographie. Deuxième acte d’un opéra en triptyque dont chaque partie peut être interprétée séparément, Le désert est la dernière section de l'œuvre à être créée, après La forêt et L’argent. Il aura fallu douze ans au compositeur belge pour arriver au bout de son projet.
Ni une pièce de théâtre, ni totalement un opéra, l'œuvre de Baudouin de Jaer allie un jeu théâtral très développé, un chant principalement monocorde à la limite du récitatif et un accompagnement musical tantôt fourni, tantôt fort réduit. Le texte de Stéphane Arcas est plutôt déroutant, passant d’un sujet à l’autre assez brusquement. Il est divisé en trois grandes parties : une déclaration d’amour, une scène de guerre dans le désert et la vie amoureuse de deux personnes dans une banlieue. Souvent drôle, toujours déconcertant, quelques passages laissent entrevoir la réflexion profonde derrière cette abondance d’informations diverses.
Très bien interprété par l’ensemble Besides sous la direction de Diego Borrello, l’accompagnement musical voyage d’une époque à l’autre. Tantôt plus “classique”, avec notamment une passacaille pour débuter l'œuvre, tantôt plus contemporaine avec, par exemple, l’utilisation de sons électroniques, la musique est beaucoup moins présente que d’ordinaire. L’effectif instrumental sort lui aussi des sentiers battus, avec une flûte, un saxophone, une guitare électrique et une acoustique, une harpe, diverses percussions, un clavier, les sons électroniques, un violon et un violoncelle.
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuors prussiens n° 21 en ré majeur K 575, n° 22 en si bémol majeur K 589, et n° 23 en fa majeur K 590. Quatuor Chiaroscuro. 2020. Notice en anglais, en allemand et en français. 86.53. SACD BIS-2558.
Franz Schubert (1797-1828) : Symphonies Nos 8 & 9 ; “Mein Traum”.Tobias Moretti,B’Rock Orchestra, René Jacobs. 2020. 87’47. Livret en anglais et en allemand. 1 CD Pentatone. PTC5186856.
Pietro Mascagni (1863-1945) : L’amico Fritz, comédie lyrique en trois actes. Salome Jicia (Suzel) ; Charles Castronovo (Fritz Kobus) ; Teresa Iervolino (Beppe) ; Massimo Cavalletti (le rabbin David) ; Chœurs et Orchestre du Mai Musical Florentin, direction Riccardo Frizza. 2022. Notice et synopsis en italien et en anglais. Sous-titres en italien, en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 103’00’’. Un DVD Dynamic 37960. Aussi disponible en Blu Ray.
Fasch’s Oboe. Music at the Zerbst Court. Johann Friedrich Fasch (1688-1758) : Ouverture et Fugue FaWV K:d4 ; Lamento FaWV O:F1 ; Prélude FaWV K:G19 ; Concerto pour deux hautbois FaWV L:g4 ; Sonate en canon FaWV N:d4 ; Quatuor FaWV N:d3 ; Concerto pour hautbois FaWV L:a1. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concertopour hautbois TWV 51:G2. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sinfonia de la cantate BWV 21 ; Sinfonia de la cantate BWV 156. Musica Gloria. Nele Vertommen, hautbois et direction. Evgeny Sviridov, Anna Dmitrieva, violon. Lena Rademann, alto. Evan Bottar, violoncelle. Nathalie Petibon, hautbois. Isabel Favilla, basson. Beniamino Paganini, clavecin. Avril-mai 2021. Livret en anglais, allemand. TT 61’22. Pan Classics PC 10435
L’ensemble belge BL!NDMAN fait paraître un coffret titré ICONS et qui rend hommage aux grandes figures de la musique minimaliste : Steve Reich, Philip Glass, Terry Riley. Chacun de ces compositeurs est à l’honneur dans l’un des trois albums de ce coffret événement. En prélude à des concerts de lancement d’ICONS, Crescendo-Magazine est heureux de s’entretenir avec le formidable Eric Sleichim, fondateur et animateur de BL!NDMAN.
La présentation de cette nouvelle parution énonce “La musique minimale est une source d'inspiration pour Eric Sleichim depuis les années 1980.“ En quoi la musique minimaliste est-elle une source d’inspiration pour vous ? Quel a été votre premier contact avec cette musique ?
J’ai découvert Steve Reich et la musique minimaliste en 1983, lorsque avec Thierry De Mey, Peter Vermeersch et Walter Hus nous avons travaillé sur la musique de "Rosas danse Rosas" d'Anne Teresa De Keersmaeker. Dans ses deux chorégraphies précédentes, la démarche structurelle de Anne Teresa s’était déjà nourrie de la musique de Steve Reich.
Pour la musique de Rosas, nous avons combiné les mécanismes de composition des minimalistes avec une recherche de textures sonores originales à partir d’un effectif instrumental ‘Arte Povere’ -c’est à dire l’utilisation de cadres de pianos démantelés, ressorts de suspension de voitures et autres objets ’trouvés’ amplifiés si nécessaire. De cette collaboration est né Maximalist! appelé par la presse d'alors ‘Le groupe de rock post-moderne à ne pas manquer'.
A cette époque, j'étudiais aux conservatoires de Bruxelles et de Liège et j’étais à la recherche d’une musique (in)pertinente et surtout d'un répertoire pour mon instrument, le saxophone. Mécontent du répertoire existant pour l’instrument en ce temps, une vision maximaliste de la musique ainsi qu’une démarche rebelle (le punk était encore bien présent) formaient la clef de voûte pour le projet que je fonderai quelques années plus tard : BL!NDMAN. La musique minimaliste était et représente encore toujours un pont entre une attitude ‘rock-alternative’ et une musique classique contemporaine.
Des courants musicaux nés dans la seconde moitié du XXe siècle, la musique minimale reste l’un des plus populaires et l’un des rares mouvements issus de la musique savante à avoir franchi les barrières très étroites entre les styles. Qu’est-ce qui, selon vous, continue de séduire le public dans la musique minimale ?
De prime abord, le fait que cette musique est principalement consonante -même plus d’un siècle après les premières œuvres atonales de Schoenberg, le public qui se complait de l'atonalité et de l’esthétique weberniène reste fort réduit.
Et la manipulation de phrases mélodiques plus ou moins simples qui, de par leur répétition, deviennent très reconnaissables et élaborées dans une structure longue avec une pulsation souvent monolithique, en font une musique dans laquelle un large public se sent réconforté de par sa prévisibilité.
De plus c’est une musique qui se prête à des effectifs très variables utilisant des instrumentations ‘modernes’ et/ou empruntées aux musiques du monde. On se trouve souvent loin du son traditionnel de l’orchestre symphonique ou de diverses formations de musique de chambre classique.