Un concert engagé à Bozar avec Eva Ollikainen

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En cette période de conflit entre la Russie et l’Ukraine, le thème des réfugiés est plus que jamais d'actualité. Le Belgian National Orchestra, dirigé par la cheffe finnoise Eva Ollikainen, a décidé d’aborder ce sujet difficile lors de son concert de ce vendredi 31 mars 2023. 

Pour débuter, l’orchestre belge a interprété la Symphonie n°8, “Inachevée”, de Franz Schubert. Créée en 1865, elle se compose uniquement de deux mouvements au lieu des quatres habituels. Acte délibéré, abandon, idéal musical atteint ? Nous ne le saurons jamais. De couleur assez sombre et dramatique, cette Symphonie est parfaitement à sa place en introduction d’un tel concert. Oeuvre passionnelle et d’un lyrisme extrême, ce fut une belle entrée en matière pour le BNO. Les musiciens, appliqués, nous ont livré une très jolie prestation. Les pianos atteints par l’orchestre étaient très soignés et emplis d’une tension dramatique poignante. Les différents solistes, au hautbois, à la clarinette et à la flûte, ont joué leur rôle à la perfection. Les violoncelles, bien qu'un peu timides lors de la première entrée de leur thème, ont eux aussi transmis beaucoup d’émotions dans leurs parties plus exposées. La cheffe, comme les musiciens, semblait transportée par la musique et bougeait, littéralement, avec elle. 

Festival Beethoven à Varsovie : récital et concert orchestral

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L’édition 2023 du Festival Beethoven se poursuit ce samedi 1er avril à midi dans la somptueuse salle de bal du Château royal de Varsovie. Ce concert est organisé dans le cadre du partenariat avec le Concours International pour Violon Henryk Wieniawski. En effet, ce récital fait partie des prix que le gagnant de la compétition obtient. En 2022, c’est la violoniste japonaise Hina Maeda qui est primée pour la 16e édition de ce concours. Elle est donc en récital aujourd'hui accompagnée par le pianiste polonais de renommée internationale, Michał Francuz. Au programme, trois oeuvres : la Sonate pour piano et violon en mi mineur, K. 304 de Mozart, la Fantaisie brillante sur Faust, Op. 20 de Henryk Wieniawski et la Sonate N°5 pour violon et piano, Op 53 de Mieczysław Weinberg.

Le récital débute, sous l’œil bienveillant de Madame Penderecka, avec la Sonate pour piano et violon en mi mineur de Mozart. C’est une œuvre en deux mouvements : Allegro et Tempo di minuetto. Le premier mouvement débute avec les deux artistes à l’unisson. Nous sentons une belle complicité entre la violoniste et le pianiste. Des passages d’une douceur certaine contrastent avec des passages bien plus intenses, avec un jeu plus accentué. La construction musicale aboutie offre de belles nuances. Le deuxième mouvement, Tempo di minuetto, est d’une intensité émotionnelle touchante. L’introduction est interprétée avec sensibilité par Michał Francuz tout comme Hina Maeda quand elle rejoint le pianiste pour reprendre le thème. Ce mouvement est d’une tendresse bienvenue.

L’Angelica de Porpora, première mondiale en vidéo

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Nicola Porpora (1686-1768) : L’Angelica, sérénade pour six voix et instruments.Teresa Iervolino (Orlando) ; Paola Valentina Molinari (Medoro) ; Ekaterina Bakanova (Angelica) ; Gaia Petrone (Licori) ; Sergio Foresti (Titiro) ; Barbara Massaro (Tirsi) ; La Lira di Orfeo, direction Federico Maria Sardelli. 2021. Notice en italien et en anglais. Pas de livret, mais synopsis dans les deux langues. 147’ 00’’. Un DVD Dynamic 37936. Aussi disponible en Blu Ray. 

Missa Solemnis au Festival Beethoven à Varsovie

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En ce moment se déroule la 27e édition du Festival Beethoven à Varsovie. Entre le 26 mars et le 7 avril, 15 concerts sont donnés. Créé et dirigé par Elżbieta Penderecka, le festival propose aussi bien des concerts symphoniques que des concerts de musique de chambre. Ils ont principalement lieu à la Philharmonie de Varsovie. Cette année, le public peut écouter des orchestres venant de Corée du Sud, d’Espagne ainsi que les principales phalanges polonaises. Le thème de cette année est « Beethoven- Entre l’Est et l’Ouest ».

Au programme du concert de ce vendredi 26 mars, une pièce majeure du répertoire sacré : la Missa Solemnis en ré majeur, Op. 123 de Beethoven. Cette oeuvre monumentale est interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Varsovie, le Chœur du Philharmonique Karol Szymanowski de Cracovie, la soprano Polina Pastirchak, l’alto Ulrike Helzel, le ténor Patrik Reiter et la basse Łukasz Konieczny. Tout ces artistes sont dirigés par le chef d’orchestre américain Leonard Slatkin. Piotr Piwko a quant à lui préparé le chœur.

Rentrons immédiatement dans le vif du sujet. Le Kyrie, dont le début avec cet Assai sostenuto est grandiose, ne manque pas d’intensité notamment avec l’entrée du chœur après une petite introduction orchestrale. Dans l’Andante, assai ben marcato, les solistes du soir fusionnent en toute simplicité avec le chœur. Ce Kyrie se termine avec le retour de l’Assai sostenuto. Tout comme au début, l’harmonie fait preuve de justesse dans ses interventions et solos.

Cantates inédites d’Alessandro Scarlatti,  au rendez-vous de la passion 

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Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Cantate da camera : Al fin m’ucciderete H 21 ; Sarei troppo felice H 631 ; Sento nel core certo dolore H 655 ; La Lezione di Musica H 547 ; Là dove a Mergellina H 356. Toccatas, Allegro et Menuet pour clavecin. Lucile Richardot, mezzo-soprano ; Philippe Grisvard, clavecin. 2022. Notice en anglais, en français et en allemand. Textes des cantates en italien. 69.58. Audax ADX 11206.

Le drame beethovénien, d’oratorio en musique de scène : deux nouvelles parutions

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Ludwig van Beethoven
(1770-1827) : Christus am Ölberge, Op. 85. Sebastian Kohlhepp, ténor. Eleanor Lyons, soprano. Thomas Bauer, basse. Philippe Herreweghe, Orchestre des Champs-Élysées, Collegium Vocale Gent. Mars 2022. Livret en anglais, français, allemand, néerlandais ; paroles en allemand et traduction en anglais et français. TT 47’26. Phi LPH039

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Egmont, musique pour le drame de Goethe Op. 84. Zur Namensfeier, ouverture en ut majeur Op. 115. Christina Landshamer, soprano. August Zirner, récitant. John Fiore, Orchestre de la Radio de Munich. Février-mars 2022. Livret en anglais, allemand ; paroles en allemand et traduction en anglais. TT 55’45 + 42’50. BR Klassik 900340

Radek Baborák, le cor concertant

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Jiří Pauer (1919-2007) : Concerto pour cor et orchestre ; Reinhold Glière (1875-1956) : Concerto pour cor et orchestre en Sib majeur, Op.91. Radek Baborák, cor ; Prague Symphony Orchestra, direction Tomáš Brauner. Novembre 2021. Notice en tchèque et en anglais. 48’23’’. Animal Music, Ani 102-2.

Beethoven et Janáček, au cœur du « projet Kreutzer » de l’ensemble The Knights

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The Kreutzer Project. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour violon et piano no 9 en la Op. 47 [arrgmt Colin Jacobsen]. Leoš Janáček (1854-1928) : Quatuor à cordes no 1 [arrgmt Eric Jacobsen & Michael P. Atkinson]. Colin Jacobsen (*1978) : Kreutzings. Anna Clyne (*1980) : Shorthand. Colin Jacobsen, violon. Karen Ouzounian, violoncelle. Emily Daggett Smith, violon. Mario Gotoh, alto. Eric Jacobsen, violoncelle. Logan Coale, contrebasse. The Knights. Livret en anglais, allemand, français. Février & juillet 2020. TT 75’06. Avie AV2555

Iván Fischer et le Budapest Festival Orchestra

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Le Budapest Festival Orchestra (BFO), fondé par Iván Fischer,  entame sa quarantième saison. La phalange hongroise se produira sous la baguette de son fondateur mais aussi avec des chefs d'orchestre et des solistes tels que Lahav Shani, Paavo Järvi, Gérard Korsten, Yefim Bronfman, Anna Vinnitskaya et Veronika Eberle. Iván Fischer a accordé un entretien exclusif à notre collègue Dávid Zsoldos du média hongrois Papageno (membre du jury des ICMA). Lors de cet entretien, il aborde son parcours avec son orchestre, mais aussi la manière de faire s'il commençait à monter un orchestre aujourd'hui.

Vous souvenez-vous de la sonorité de l'orchestre du festival lors de sa première saison ?

Parfois, je travaille avec des orchestres de jeunes et mes souvenirs me reviennent, et je me rends compte que c'est ainsi que sonnait le BFO dans les premières années. L'enthousiasme de la jeunesse a quelque chose de charmant et de captivant, mais en même temps, bien sûr, il est indiscipliné et parfois irrépressiblement rapide. La plus grande différence réside peut-être dans la manière dont nous gérons le temps. À l'époque, l'orchestre était comme un véhicule à moteur turbo, ou un cheval de course, il aurait été comme au galop tout le temps. Aujourd'hui, il est comme un cheval sensible, qui détecte et réagit à chaque mouvement et lit dans les esprits.

Dans quelle mesure les séances de travail locales prévalent-elles encore dans une scène musicale qui s'internationalise de plus en plus ? Peut-on entendre l'école hongroise de cordes, mondialement connue, dans le son du BFO ?

Je pense que oui. Bien qu'il y ait une différence significative entre l'école de violon de Transylvanie et la tradition de Budapest, le BFO est une combinaison des deux. Et n'oublions pas que notre école de violon est liée à l'école russe, créée à Saint-Pétersbourg par Lipót Auer. De nombreux professeurs de musique -Loránd Fenyves, Zoltán Székely, János Starker, et d'autres- ont emmené l'expérience de cette école jusqu'en Amérique. L'école hongroise des cordes est encore plus clairement audible ici, mais le fossé se rétrécit.

Quels sont les solistes et les chefs invités qui ont eu la plus grande influence sur le développement de l'orchestre ? 

Au cours des 40 années d'existence du BFO, les visites de quelques artistes invités ont laissé une marque particulièrement profonde. J'aimerais commencer la liste par Sándor Végh, qui a pratiquement ouvert les yeux d'une génération d'instrumentistes à cordes. Parmi les solistes, Zoltán Kocsis, György Pauk, András Schiff, Leonidas Kavakos, et parmi les chanteurs Christine Brewer et László Polgár ont eu la plus grande influence sur nos musiciens. Mais Gábor Takács-Nagy, Jordi Savall, Reinhard Goebel et bien d'autres ont joué un rôle important dans notre développement.