Les ICMA et le Bamberger Symphoniker présentent le concert de gala 2026

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Le concert sera accessible gratuitement au grand public, ce mercredi 18 mars, en direct sur la chaîne YouTube de Deutsche Welle. Voici le lien vers la diffusion en direct : https://www.youtube.com/live/wrQrvWEFJq8

Le programme de ce concert de gala mettra à l’honneur les lauréats du jury de cette année, dans un programme musical de haute tenue. Jakub Hrůša, Artiste de l’Année, dirigera le Bamberger Symphoniker.

Ludwig van Beethoven : Ouverture n° 3, Leonore Jakub Hrůša, direction

Béla Bartók : 3e mouvement (Allegro vivace) du Concerto pour alto et orchestre Sz. 120 Nils Mönkemeyer, alto

Péter Zombola : Interlude n° 1 « dédié à Andreï Tarkovski » et Interlude n° 2 « dédié à Elle », extraits de l’oratorio PASSIO (Passion selon saint Jean) Jakub Hrůša, direction

Piotr Ilitch Tchaïkovski : 3e mouvement (Finale. Allegro vivacissimo) du Concerto pour violon en ré majeur, op. 35 Roman Simovic, violon

Kalevi Aho : 2e mouvement (Presto) de Solo III pour flûte Sharon Bezaly, flûte

Kalevi Aho : 5e mouvement (Finale. Allegretto) du Concerto pour alto et orchestre de chambre Hiyoli Togawa, alto

Johannes Brahms : 3e mouvement (Allegro giocoso, ma non troppo vivace) du Concerto pour violon en ré majeur, op. 77 Mariam Abouzahra, violon

Silvio Omizzolo : 1er mouvement (Allegro) du Concerto pour piano Roberto Prosseda, piano

Gaetano DonizettiLamento per la morte di Bellini : « Venne sull’ali ai zeffiri » Ermonela Jaho, soprano Roberto Prosseda, piano

Josquin des PrezSana me Domine, motet à 5 voix Josquin des PrezScaramella va alla guerra, chanson populaire Amarcord, ensemble vocal

Piotr Ilitch Tchaïkovski : 3e mouvement (Allegro con fuoco) du Concerto pour piano n° 1 en si bémol mineur, op. 23 Anthony Ratinov, piano

Wolfgang Amadeus Mozart : « Parto, parto, ma tu, ben mio », air de Sesto tiré de La clemenza di Tito, K. 621 Anja Mittermüller, soprano

Johann Sebastian Bach : Allemande de la Partita n° 4 en ré majeur BWV 828 Stephen Kovacevich, piano

Ludwig van Beethoven : 4e mouvement (Allegro con brio) de la Symphonie n° 7 en la majeur, op. 92 Jakub Hrůša, chef d'orchestre

Jakub Hrůša : "L'harmonie est le mot-clé"

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Le chef d'orchestre tchèque Jakub Hrůša est l'Artiste de l'année 2026 des International Classical Music Awards (ICMA). Anastassia Boutsko, du média Deutsche Welle, a réalisé une interview en prélude au concert de Gala qu'il va diriger avec l'Orchestre symphonique de Bamberg.

Le jury des ICMA déclare dans son communiqué de presse."Jakub Hrůša a restauré le son bohémien de l'Orchestre symphonique de Bamberg", Que représente l'Orchestre symphonique de Bamberg aujourd'hui, 80 ans après sa création ?

Je crois que l'harmonie est le mot-clé. L'harmonie au sein de l'institution, entre les gens, l'harmonie dans les sentiments partagés de la musicalité et de la culture orchestrale. L'harmonie dans le contact avec le public et avec la direction, avec le gouvernement de Munich. À de nombreux niveaux, l'Orchestre symphonique de Bamberg est un signe de stabilité. Mais cette stabilité n'est pas quelque chose de passif ou de confortable ; c'est plutôt un point de départ pour la créativité musicale et l'approfondissement de notre art et de notre mission.

Quelle est cette mission ? Quel type de musicalité, mais aussi quelles idées et quels principes Bamberg défend-il ?

D'une part, il y a le phénomène, disons, de la tradition musicale d'Europe centrale, la culture de l'authenticité musicale. Et la déstabilisation du monde que nous ressentons tous rend ces qualités, ces tâches, plus urgentes que jamais. Nous nous engageons à connecter l'humanité à travers l'art, à travers la musique. Oui, cela peut sembler de grands mots, mais en fin de compte, c'est assez simple : nous devons continuer à nourrir ce qui est vraiment important.

Vous resterez chef d'orchestre principal à Bamberg jusqu'en 2029, date à laquelle vous vous installerez à Prague pour devenir chef d'orchestre principal de l'orchestre national de votre pays. Vous dirigez également au Royal Opera House de Londres depuis septembre 2025, et de nombreux autres engagements vous mènent dans le monde entier - pendant cette interview, par exemple, vous êtes aux États-Unis. Comment conciliez-vous autant de tâches différentes sur le plan logistique, mais aussi sur le plan émotionnel et intellectuel ?

Cela dépend du moment où je répondrais à cette question. Il y a des moments où j'ai l'impression que c'est presque un peu trop "dans mon assiette" et il y a d'autres moments (et heureusement, c'est la grande majorité de mon temps) où cela me semble très naturel.

A Genève, l'OSR à la veille d'une tournée européenne

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Dix jours avant d’entreprendre une tournée européenne qui inclura Vienne, Munich, Berlin, Copenhague, Francfort, Hambourg et Paris, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande présentent pour deux soirs à Genève l’un des deux programmes comportant les Images pour orchestre de Claude Debussy et le Deuxième Concerto pour piano et orchestre de Brahms.

Ô combien est regrettable le fait que, durant les huit années passées à la tête de l’OSR, Jonathan Nott ait si peut inscrit à ses programmes la production symphonique de Claude Debussy. Car ces Images pour orchestre, triptyque composé entre 1907 et 1911, révèlent son art de mettre en valeur la richesse des timbres, ce que démonte Gigues avec son canevas irisé par les trompettes et les cymbales en sourdines, le célesta et les harpes soutenant le dialogue des deux grandes flûtes avec le hautbois d’amour. En découle une atmosphère bucolique que le cantabile des cordes divisées étoffera en dynamisant le tutti, avant de replonger dans la triste grisaille du début.  

Par de cinglants accords ponctuant l’interventions des castagnettes et tambours de basque, Iberia et sa première séquence Par les rues et par les chemins établissent un saisissant contraste en se laissant griser par une sevillana exposée par les clarinettes auxquelles répondront les bassons puis les violons, cédant rapidement la place au hautbois d’amour langoureux contrecarré par un vigoureux appel de cors. Mais le discours s’étiole en points de suspension qu’appesantissent Les parfums de la nuit enveloppant une habanera que développe le cor sur des basses fluides. De lointaines cloches annoncent Le matin d’un jour de fête. Une lumière aveuglante galvanise cette feria jouant des contrastes de phrasé pour parvenir à une coda en apothéose.  

Premier album, éclectique, pour la cheffe israélienne Bar Avni

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Symphonies in 3 movements. Charlotte Sohy (1887-1955) : Symphonie en ut dièse mineur op. 10 « Grande Guerre ». Darius Milhaud (1892-1974) : Symphonie de chambre n° 1 op. 43 « Le Printemps ». Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Symphonie n° 1 en ré majeur, WQ 183/1. Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie en trois mouvements. Orchestre national Bordeaux Aquitaine, direction Bar Avni. 2025. Notice en français, en anglais et en allemand. 65’ 25’’. Alpha 1201.

Hugh Cutting, Reginald Mobley : deux contreténors dans des récitals éclectiques et singuliers

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Refound. Œuvres de Piers Connor Kennedy (1991*), Herbert Howells (1892-1983), Maurice Ravel (1875-1937), Hugo Wolf (1860-1903), Reynaldo Hahn (1874-1947), Antonín Dvořák (1841-1904), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Mel Bonis (1858-1937), Amy Beach (1867-1944), Joaquin Rodrigo (1901-1999), Gaetano Lama (1886-1950), Tom Lehrer (1928-2025), Franz Schubert (1797-1828). Hugh Cutting, conteténor. Audrey Hyland, piano. Livret en anglais ; paroles en langue originale, traduction en anglais. Août 2024. 56’25’’. Linn CKD 764

Solitude. Œuvres de Henry Purcell (1659-1695), Franceso Corbetta (1615-1681), Pietro Reggio (1632-1685), John Blow (1649-1708), Cesare Morelli (fl 1660-1786), Samuel Pepys (1633-1703), John Eccles (c1668-1735), John Dowland (1563-1626), Douglas Balliett (1982*), Jonathan Woody (1983*), William Foden (1860-1947), William Marshall Hutchinson (1854-1933), Justin Holland (1819-1887), Caroline Horton (1808-1877), Henry Clay Work (1832-1884). Reginald Mobley, contreténor. Brandon Acker, théorbe, guitare, luth. Douglas Balliett, contrebasse, viole de gambe. Livret en anglais, français, allemand ; paroles traduites en français. Octobre 2024. 71’20’’. Alpha 1161

Co[opéra]tive réinvente Cendrillon

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En tournée depuis l’automne dernier, Cendrillon de Pauline Viardot, produite par Co[opéra]tive, propose une nouvelle image de l’héroïne traditionnellement décrite comme timide et naïve. Une relecture assumée.

Grande cantatrice du XIXᵉ siècle, Pauline Viardot a connu une remarquable longévité — elle s’éteint en 1910 à l’âge de 89 ans —, contrairement à sa sœur, la Malibran, souvent considérée comme la première diva de l’histoire, disparue à seulement 28 ans. Amie de Chopin, de Liszt et de Berlioz, mais aussi de Clara Schumann, de George Sand, ainsi que de Flaubert et de Tourgueniev, elle perpétue l’esprit romantique en tenant un salon dans le quartier de la Nouvelle Athènes, alors très prisé des artistes. À la fin de sa vie, elle compose plusieurs opéras de salon. Parmi ses dernières œuvres figure Cendrillon, un opéra comique en trois tableaux accompagné simplement d’un piano.

Dans le cadre de sa production annuelle, la Co[opéra]tive — collectif de production réunissant aujourd’hui six théâtres (les scènes nationales de Besançon, Quimper et Sénart, ainsi que le Théâtre impérial - Opéra de Compiègne, l’Opéra de Rennes et l’Atelier Lyrique de Tourcoing) — aborde pour la saison 2025-2026 Cendrillon de Viardot. Mais il s’agit ici d’une version revisitée, pensée comme un spectacle tout public, en particulier familial.

Florian Gassmann : L’Opera Seria

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Si l’on se réfère aux statistiques des opéras les moins fréquemment joués au XXIᵉ siècle, Florian Leopold Gassmann (1729-1774) arriverait très loin derrière les plus grands : à peine une trentaine de représentations, même si elles sont signées par des chefs prestigieux tels que René Jacobs ou Christophe Rousset. Lors des représentations à La Scala de Milan en 2025, un critique italien de renom contestait le bien-fondé d’une telle reprise, soulignant le mince intérêt musical de la composition. On ne peut pas lui donner absolument tort car, même si Gassmann a suivi l’enseignement de Johann Joseph Fux et son célèbre traité de contrepoint — Gradus ad Parnassum —, on aura du mal à trouver dans sa musique les traits de génie qui foisonnent chez Haydn ou Mozart. C’est savant, très bien orchestré, merveilleusement théâtral et efficace, mais sa musique tiendrait péniblement en version de concert. S’en priver, néanmoins, serait un peu comme si l’on faisait une longue promenade au Louvre et que l’on passait en courant, tel un touriste pressé, devant les Watteau, Fragonard ou Courbet en se disant que seuls De Vinci ou Delacroix sont magistraux… Un long débat parfaitement stérile : ces maîtres de « second rang » font aussi partie de notre richesse et de notre diversité culturelles et renferment des trésors de créativité. Et, si l’on se réfère au spectacle coproduit par le Theater an der Wien et La Scala de Milan, le talent fécond de Laurent Pelly rend cette pièce prodigieusement hilarante, même si sa critique féroce des velléités (lisons anxiétés…) de ce petit monde des artistes d’opéra est rendue avec une tendresse équivalente à celle de l’amoureux le plus transi. Quiconque a vécu quelque temps derrière ce mystérieux voile appelé rideau sait qu’un tas de personnages et de métiers fascinants y pullulent en quête de perfection et d’absolu : ateliers de décors, habilleurs, chefs de chant, répétiteurs de langue, d’escrime, de danse et j’en passe, composant une mosaïque invraisemblable de talents côtoyant de très près le doute, l’angoisse ou l’imprévu. Il m’a semblé évident que Pelly, après une si longue et brillante carrière de metteur en scène (il signe aussi les costumes effarants de cette production), a voulu rendre hommage à tout cet univers à travers les conflits d’ego des chanteurs protagonistes.