Anthony Hermus prend la tête du Belgian National Orchestra

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Affluence et effervescence des grands soirs aux Palais des Beaux-Arts à l’occasion de ce premier concert de la saison de l’Orchestre National sous la baguette de celui qui n’est encore officiellement que le futur directeur musical de l’orchestre (il ne prendra en effet ses fonctions qu’en septembre 2023). Mais même si la présente saison est encore annoncée comme étant de transition, il ne fait pas de doute qu’Antony Hermus -qui dirigera en tout cinq programmes- entend bien dès à présent imprimer son sceau sur la formation bruxelloise.

Après un bref discours inaugural de l’intendant Hans Waege où ce dernier se félicita entre autres de voir enfin l’Orchestre National officiellement lié à la salle Henry Le Boeuf en devenant l’orchestre maison de Bozar ainsi que du prestige accru de l’ensemble qui accomplira cette saison d’importantes tournées en Grande-Bretagne et en Espagne et se produira également à trois reprises à Salzbourg, c’est sur les chapeaux des roues que le chef néerlandais et l’orchestre entamèrent ce concert en proposant au public Pulses of the Earth (2017) du compositeur anversois Wim Henderickx (né en 1962). Longue d’environ dix minutes et version révisée du deuxième mouvement de la Symphonie N° 2 « Aquarius ‘ Dream » de l’auteur, l’oeuvre -dynamique, bruyante, colorée et animée d’une irrésistible pulsion rythmique-  fait montre d’une écriture orchestrale très maîtrisée. C’est à une véritable débauche de couleurs et de rythmes qu’on a droit, sans parler des interventions vocales de l’orchestre qui à certains moments crie « cha-cha-cha » avec beaucoup d’enthousiasme. Le chef, l’orchestre et le compositeur -apparemment ravi- furent chaleureusement applaudis.

Louis Vierne par Laurent Wagschal 

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Louis Vierne (1870-1937) : Suite bourguignonne, Op.17 ; Deux pièces pour piano Op.7 ; Douze Préludes, Op.36 ; Le Glas, Poème des cloches funèbres, op.36, n°2. Laurent Wagschal, piano. 2021. Livret en français et en anglais. 70’25’’. Calliope. CAL2193. 

Recuerdos, un voyage musical des temps troublés avec Augustin Hadelich 

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Pablo de Sarasate (1844-1908) / Georges Bizet (1838-1875) : Fantaisie sur Carmen de Bizet, op.25 ; Serge Prokofiev (1891-1963) :  Concerto pour violon n°2 en sol mineur, Op.63 ; Benjamin Britten (1913-1976) : Concerto pour violon en ré mineur, Op.15 ; Francisco Tárrega (1862-1909) : Recuerdos de la Alhambra (arrangement pour violon solo de Ruggiero Ricci). Augustin Hadelich, violon ; WDR Sinfonieorchester, Cristian Măcelaru. 2021. Livret en anglais, allemand et français. 79’55. Warner Classics : 0190296310768.

La Pologne ranime le souvenir du pianiste Jan Ekier

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturnes op. 27 n° 1 en do dièse mineur et n° 2 en ré bémol majeur ; Etudes op. 10 n° 12 en do mineur et op. 25 n° 2 en fa mineur ; Berceuse op. 57 en ré bémol majeur ; Scherzo op. 31 en si bémol mineur et op. 39 en do dièse mineur ; Valses op. 34 n° 1 en la bémol majeur et op. 64 n° 2 en do dièse mineur. Karol Szymanowski (1882-1937) : 4 Mazurkas op. 50 ; Masques op. 34 : Schéhérazade ; 2 Mazurkas op. 62. Jan Ekier, piano. 1954-1978. Notice en polonais et en anglais. 75.17. Dux 1838.

Au Festival de Salzbourg 2022

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Cette année, les Salzburger Festspiele ont à nouveau pu présenter un riche programme de concerts, récitals, opéra et théâtre, un soulagement après les problèmes et restrictions de l’année précédente. Six productions scéniques et deux versions de concert étaient à l’affiche. Dans les distributions, à côté de noms illustres, de jeunes chanteurs participant au «Young Singers Project», qui suivent des Masterclasses et ont été choisis pour faire partie de l’ensemble. C’était le cas de la soprano belge Flore Van Meerssche qui a été distribuée en « sacerdotessa » dans la production d’Aida (Verdi) dirigée d’ailleurs par Alain Altinoglu, le directeur musical de la Monnaie.

Cette Aida était une reprise de la production de 2017 dans une mise en scène de Shirin Neshat, une artiste iranienne (photographe, vidéaste), avec des décors abstraits de Christian Schmidt. Pas d’évocation de l’Egypte des pharaons, mais un monde oriental plutôt islamique, sévère et fermé, avec des femmes voilées, des hommes insolents et effrontés qui terrorisent même la Cour de la Princesse Amneris,(sur la musique des petits esclaves maures !) et des blocs de prêtres immobiles avec de longues barbes blanches. Des projections réalisées par la photographe Neshat illustrent le contexte d’Aida, qui ne correspond pas au livret de l’opéra, et la mise en scène et la caractérisation des personnages restent trop sommaires. Pas étonnant qu’Erwin Schrott fasse régulièrement sortir le grand prêtre Ramfis des rangs ! Vocalement un peu plus de discipline aurait été préférable. Rien à reprocher à Roberto Tagliavini qui donnait au Roi noblesse vocale et autorité. Piotr Beczala débutait en Radames et donnait une belle allure au jeune guerrier. Vocalement, le rôle était brillamment interprété et il terminait « Celeste Aida » tout en nuances comme Verdi l’avait souhaité ! Elena Stikhina offrait à Aida une voix souple et expressive, de belles nuances et de l’émotion. Belle prestation d’Eve-Maud Hubeaux dans le rôle d’Amneris : allure royale, voix ample et expressive et interprétation captivante. Luca Salsi campait un Amonasro vaillant. Dans sa brève intervention de la sacerdotessa du temple, Flore Van Meerssche donnait à entendre une voix limpide et pure. C’est Alain Altinoglu, le directeur musical de la Monnaie, qui dirigeait le Wiener Philharmoniker dans une exécution subtile et dynamique, pleine de nuances et de couleurs, avec un soin remarquable pour les chanteurs et un grand souffle dramatique.    

Il Trittico de Puccini avait droit à sa toute première présentation au Festival de Salzburg, sous la direction musicale de Franz Welser-Möst et dans une mise en scène de Christof Loy. Il se présentait d’emblée comme la production la plus populaire du festival. Certainement aussi grâce à la présence dans les trois operas d’Asmik Grigorian, la soprano lituanienne qui est la nouvelle star du Festival. Loy choisit de ne pas présenter les trois opéras Il Tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi dans l’ordre habituel. La soirée débutait avec Gianni Schicchi sous forme d’une farce burlesque pour finir avec Suor Angelica, prisonnière dans un cloitre strict, enfermée entre des murs gris qui bannissent le soleil et la verdure, quasiment sans chaleur humaine.

Un récital autour du clavecin à Anvers entre la Renaissance et le premier Baroque

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Ruckers me fecit Antverpiae. Musique pour clavecins et virginals d’Anvers, 1560-1660. Claudin de Sermisy (1678-1741) : Dont vient cela. Antonio de Cabezón (1510-1566) : Duuiensela ; Un gai bergeir. Thomas Crecquillon (c1505-c1557) : Ung gay bergier. Peter Philips (c1560-1628) : Pavana Dolorosa ; Galiarda Dolorosa ; Bon jour mõ cueur di Orlando. Orlando di Lasso (1532-1594) : Susanna ung jour ; Bonjour mon cœur [arrgmts]. John Bull (c1562-1628) : The King’s Hunt ; Dutch Dance. Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) : Pavana Hispanica ; Paduana Lachrymae. John Dowland (c1563-1626) : Flow my tears. Johann Jakob Froberger (1616-1667) : Allemande, Courante, Sarabande [Partita V in C]. Michel Lambert (1610-1696) : Ma bergère est tendre et fidèle. Jacques Champion de Chambonnières (c1602-1672) : Chaconne en Fa. Manuscrit Susanne van Soldt : Brande champanje ; De frans galiard ; Almande de La nonette ; Wt de diepte o Heere ; Galiarde quÿ passe ; Pavane dan Vers. Manuscrit Camphuysen : Daphne. Mario Sarrechia, clavecin, virginal. Liselot De Wilde, soprano. Justin Glaie, luth. Août 2020. Livret en anglais, néerlandais. TT 68’09. Et’cetera KTC 1755

Jan Vogler, musicien entrepreneur créatif

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C’est avec plaisir que l’on retrouve le violoncelliste Jan Vogler pour parler de deux sorties discographiques récentes, mais aussi du festival de musique de chambre de Moritzburg qui célèbre cette année ses 30 ans. Jan Vogler est également directeur artistique du festival de Dresde, référence européenne en matière de programmation. Véritable entrepreneur créatif, Jan Vogler aime développer des idées innovantes et pousser les frontières de la réflexion.  

Vous venez de faire paraître un album dédié à Dvořák avec deux grandes partitions : le Quintette avec piano n°2 et le célèbre Trio Dumky entrecoupés de petites pièces musicales. Pourquoi avoir choisi ces œuvres et ce concept d'alternance entre grands chefs-d'œuvre et petites pièces musicales ?

Je voulais raconter une histoire. La mélodie tzigane Als die alte Mutter est un lied dans la tradition allemande et appartient au salon musical du XIXe siècle, tout comme le Quatuor avec piano qui suit, écrit dans la tradition de Schumann et de Brahms, qui ont tous deux excellé dans ce genre. Le “Scherzo” du Terzetto ainsi que le passionnant Trio "Dumky" représentent le côté novateur de  Dvořák. Personne avant lui n'avait composé un trio de 6 mouvements "Dumka" et personne n'avait écrit un Terzetto pour 2 violons et alto ! La dernière pièce, l'une des miniatures les plus connues de  Dvořák , fait office de conclusion apaisante après les nombreuses mélodies déchirantes du trio "Dumky". 

Le communiqué de presse qui accompagne la sortie de cet enregistrement nous dit que ce disque vise à capturer l'atmosphère particulière du festival de Moritzburg. Pouvez-vous décrire cette atmosphère particulière de ce festival dont vous êtes le directeur artistique ?

Le Festival de Moritzburg travaille avec quelques éléments qui sont -dans cette combinaison particulière- rares dans le monde de la musique d'aujourd'hui. Nous réunissons des artistes d'Amérique du Nord et d'Europe, de différentes générations. C'est devenu rare, la plupart des festivals de musique de chambre en Amérique ont peu d'influence européenne et vice versa. Un autre élément inhabituel est notre confiance dans le talent, nous laissons souvent de très jeunes musiciens participer ou même diriger des œuvres très complexes. Et je crois à la magie d'une distribution. Réunir les bonnes personnes pour l'interprétation d'un morceau de musique particulier peut multiplier les énergies. Sur cet album Dvořák, nous avons réuni 5 jeunes musiciens très doués, qui ont apporté une richesse de créativité et de capacités dans le studio.