Belle époque avec vents 

par

Albert Roussel (1869-1937) : Divertissement, Op.6 ; Achille-Claude Debussy (1862-1918) : Petite pièce, Première Rhapsodie, Syrinx ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Romance, Op.6, Caprice sur des Airs danois et russes, Op.79 ; Charles Koechlin (1867-1950) : Deux nocturnes, Op.32 bis ; André Caplet (1878-1925) : Quintette, Op.8. Orsino Ensemble, Pavel Kolesnikov. 2020. Livret en  anglais, allemand et français. 79’24’’. CHSA 5282. 

Emouvantes cantates intimes d’Alessandro Scarlatti et Antonio Caldara

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Cantates pour voix seule avec violon. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Dove fuggo ? A che penso ? pour voix, violon et basse continue ; Appena chiudo gli occhi (Il sogno) pour voix, violon et basse continue. Antonio Caldara (1670-1736) : Vicino a un rivoletto pour voix, violon, violoncelle et basse continue ; Innocente cor mio pour voix, violon et basse continue.  Giuseppe Valentini (1681-1753) : Allettamento da camera en ré mineur, op. 8 n° 1 pour violon et basse continue. Giuseppina Bridelli, mezzo-soprano ; Quartetto Vanvitelli. 2020. Notice en anglais, en français et en italien. Textes des cantates en italien, avec traductions anglaise et française. 76.57. Arcana A487.

Le label de l’Orchestre symphonique de Hambourg 

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Luciano Berio (1925-2003) : Folk Songs ; Xavier Montsalvatge (1912-2002) : Cinco canciones negras ; Manuel de Falla (1876-1946) : El amor brujo. Catriona Morison, mezzo-soprano ; Symphoniker Hamburg, Sylvain Cambreling. 2020. Livret en allemand. 64’41. Symphoniker Hamburg. SyHa 202001. Philippe Boesmans (né en 1936) : Chambres d’à côté, Trakl-Lieder (transcription pour petit orchestre de Sylvain Cambreling) ; Arnold Schönberg (1874-1951) : Ode pour Napoléon Bonaparte, Op.41b (version pour orchestre à cordes) ; Giacinto Scelsi (1905-1988) : Quattro Pezzi. Sarah Wegener, soprano ; Dörte Lyssewski, narratrice ; David Kadouch, piano ; Symphoniker Hamburg, Sylvain Cambreling. 2021. Livret en allemand. 71’54’’. Symphoniker Hamburg. SyHa 202101

Stravinsky par François-Xavier Roth 

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Igor Stravinsky (1882-1971) : L’Oiseau de feu (version 1910), Petrouchka (version 1911) et Le Sacre du Printemps (version 1913). Les Orientales : musiques de A.Glazounov, C.Sinding, A.Arensky, et E.Grieg. Les Siècles, François-Xavier Roth. Enregistré en 2011 et 2014. Livret en : français, anglais et allemand. 2h09. 2 CD Harmonia Mundi. HMX 2905342.43.

Saténik Khourdoïan, violoniste 

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Super-soliste de l’Orchestre Symphonique de La Monnaie, la violoniste Saténik Khourdoïan fait l'événement avec un enregistrement de l’oeuvre pour violon et orchestre de Tchaïkovski. La musicienne est accompagnée par ses collègues de l’Orchestre de La Monnaie sous la direction d’Alain Altinoglu. 

Tout d’abord, pour quelles raisons avez-vous choisi le Concerto pour violon de Tchaïkovski pour cet enregistrement ? 

Je trouvais important de faire mon premier disque avec orchestre autour d'une pièce maîtresse du grand répertoire. C'est une œuvre d'un romantisme exacerbé et d'un grand lyrisme russe mais à la fois très occidental, (la mère de Tchaïkovski  était d'origine française), et enregistrer cette pièce était mon rêve depuis longtemps. Par rapport à d'autres enregistrements, le contexte est ici différent, mêlant le répertoire concertiste avec celui de violon solo intégré à l'orchestre, ce qui se prête parfaitement à mes deux casquettes de violoniste !

Est-ce un avantage d’enregistrer un tel concerto avec votre orchestre et votre directeur musical Alain Altinoglu ?

Oui, absolument. Lorsque l'on connaît ses partenaires musicaux, on gagne du temps, l'orchestre étant très à l'écoute et il a pour habitude de me suivre ; aussi, notre vision avec Alain Altinoglu était commune, cela s'est fait assez naturellement du fait qu'on travaille régulièrement ensemble. Il n'y avait pas besoin de tergiverser et l'atmosphère de l'enregistrement était à la fois exigeante et conviviale, ce qui a été une grande chance.

L’album se complète par la Valse sentimentale et des extraits de Lac des Cygnes. Nous avons un panorama complet de l'œuvre du compositeur pour le violon. Dès lors, quel est l’apport de Tchaïkovski à l’écriture pour violon ?

L'écriture du concerto,très solistique, diffère de l'écriture du Lac des cygnes qui est une musique d'accompagnement à la chorégraphie, plus rythmée et descriptive ; la Valse sentimentale n'est d'ailleurs pas écrite pour le violon à l'origine, mais pour le piano ; elle a par la suite été arrangée pour violon et piano. C'est une pièce intimiste que l'on joue en "encore" . Tchaïkovski apporte au style violonistique une grande virtuosité et une plus grande difficulté technique, où le violoniste peut vraiment briller et prendre le rôle de "Prima Donna", particulièrement dans le concerto où une grande liberté est laissée au soliste par le grand nombre de cadences -ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on sait que c'est la Symphonie espagnole de Lalo qui a inspiré l'écriture du concerto à Tchaïkovsky. De plus, les élans évoquant les pas de danse et le grand romantisme russe apportent une couleur et un lyrisme propres à ce concerto. 

Debora Waldman et la Symphonie de Charlotte Sohy fusionnent

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« Femmes de Légende ! » : tel était le titre du Concert final du huitième Festival Palazzetto Bru Zane, ce « centre de musique romantique française » auquel nous devons tant de merveilleuses redécouvertes de ce si riche répertoire. Ce titre était inspiré par l’une des œuvres au programme. Et, bien sûr, il s’imposait par le fait qu’il n’y avait que des compositrices jouées ce soir-là, sous la direction d’une des cheffes d’orchestre les plus en vues actuellement.

Ces « Femmes de Légende ! » étaient donc Salomé, Ophélie et Cléopâtre, les héroïnes de la suite éponyme de Mel Bonis. Mais elles auraient pu être les quatre compositrices jouées (Augusta Holmès, Mel Bonis, Marie Jaëll et Charlotte Sohy), voire la maîtresse d’œuvre de la soirée (Debora Waldman) ! En effet, ces compositrices ont eu leur histoire, elles ont mis leur talent, leur cœur et leur énergie au service de leur art, et peut-être que dans un contexte où les femmes auraient eu les mêmes chances que les hommes, auraient-elles fait une carrière que l’on regarderait aujourd'hui comme légendaire ? Et cette cheffe d’orchestre, qui a la chance d’arriver à une époque qui leur est un (tout petit) peu plus favorable, peut-être la verra-t-on plus tard comme une femme de légende ?

C’est que cette quadragénaire a déjà une histoire, à défaut d’une légende ! Pour ne pas surcharger cette chronique, et pour ne pas survoler trop succinctement cette histoire, nous ne pouvons que vous conseiller la lecture d’un ouvrage qui vient de paraître (co-écrit avec Pauline Sommelet) : La Symphonie oubliée (Robert Laffont). Debora Waldman y raconte le parcours, d’une richesse extraordinaire, qui l’a menée depuis le Brésil, où elle est née, en passant par un kibboutz en Israël, une université en Argentine, le conservatoire de Paris, et sa nomination comme directrice musicale à Avignon (première femme à obtenir ce poste dans une orchestre national en France), qui l’a menée, donc, à cette soirée. En effet, dans cet ouvrage passionnant, Debora Waldman ne parle pas que d’elle. Elle tisse un subtil et fascinant parallèle entre deux histoires, rendues encore plus captivantes par cette mise en perspective : la sienne, et celle de cette Symphonie oubliée, la Symphonie en do dièse mineur de Charlotte Sohy qui constituait la seconde moitié de ce concert, et qui en était assurément le point culminant.