Saténik Khourdoïan, violoniste 

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Super-soliste de l’Orchestre Symphonique de La Monnaie, la violoniste Saténik Khourdoïan fait l'événement avec un enregistrement de l’oeuvre pour violon et orchestre de Tchaïkovski. La musicienne est accompagnée par ses collègues de l’Orchestre de La Monnaie sous la direction d’Alain Altinoglu. 

Tout d’abord, pour quelles raisons avez-vous choisi le Concerto pour violon de Tchaïkovski pour cet enregistrement ? 

Je trouvais important de faire mon premier disque avec orchestre autour d'une pièce maîtresse du grand répertoire. C'est une œuvre d'un romantisme exacerbé et d'un grand lyrisme russe mais à la fois très occidental, (la mère de Tchaïkovski  était d'origine française), et enregistrer cette pièce était mon rêve depuis longtemps. Par rapport à d'autres enregistrements, le contexte est ici différent, mêlant le répertoire concertiste avec celui de violon solo intégré à l'orchestre, ce qui se prête parfaitement à mes deux casquettes de violoniste !

Est-ce un avantage d’enregistrer un tel concerto avec votre orchestre et votre directeur musical Alain Altinoglu ?

Oui, absolument. Lorsque l'on connaît ses partenaires musicaux, on gagne du temps, l'orchestre étant très à l'écoute et il a pour habitude de me suivre ; aussi, notre vision avec Alain Altinoglu était commune, cela s'est fait assez naturellement du fait qu'on travaille régulièrement ensemble. Il n'y avait pas besoin de tergiverser et l'atmosphère de l'enregistrement était à la fois exigeante et conviviale, ce qui a été une grande chance.

L’album se complète par la Valse sentimentale et des extraits de Lac des Cygnes. Nous avons un panorama complet de l'œuvre du compositeur pour le violon. Dès lors, quel est l’apport de Tchaïkovski à l’écriture pour violon ?

L'écriture du concerto,très solistique, diffère de l'écriture du Lac des cygnes qui est une musique d'accompagnement à la chorégraphie, plus rythmée et descriptive ; la Valse sentimentale n'est d'ailleurs pas écrite pour le violon à l'origine, mais pour le piano ; elle a par la suite été arrangée pour violon et piano. C'est une pièce intimiste que l'on joue en "encore" . Tchaïkovski apporte au style violonistique une grande virtuosité et une plus grande difficulté technique, où le violoniste peut vraiment briller et prendre le rôle de "Prima Donna", particulièrement dans le concerto où une grande liberté est laissée au soliste par le grand nombre de cadences -ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on sait que c'est la Symphonie espagnole de Lalo qui a inspiré l'écriture du concerto à Tchaïkovsky. De plus, les élans évoquant les pas de danse et le grand romantisme russe apportent une couleur et un lyrisme propres à ce concerto. 

Le Concerto de Tchaïkovski est un grand tube, mais il est souvent galvaudé par de la guimauve et une avalanche de “sentimental” ou de froide virtuosité. A écouter votre enregistrement, j’ai l’impression que vous favorisez un cantabile,  un art du chant et du dialogue orchestral qui refuse les clichés et va au cœur du sens de cette musique. Est-ce une influence de votre pratique de l’opéra ?   

Je ne sais pas. J'ai sûrement hérité de l'école russe car mon premier professeur, Jean Ter-Merguerian, était un élève de David Oistrakh ; mais les interprétations du concerto étant très nombreuses, j'ai voulu offrir une vision différente, dessinant plutôt les grandes lignes de l'œuvre pour en épargner ainsi le sentimentalisme ; aussi, le fait d'aborder le répertoire symphonique permet une écoute différente de l'orchestre et crée naturellement un dialogue permanent. 

Enregistrer ce concerto, c’est être accompagné de tant d’innombrables interprétations. Comment avez-vous préparé cet enregistrement ? Est-ce que vous avez écouté d’autres enregistrements ?

Mon souhait était plutôt de ne pas être trop influencée par les versions de références que j'ai entendues dès mon plus jeune âge, même si elles sont magnifiques bien sûr... Mon objectif était d'avoir un regard neuf sur l'œuvre. Aussi, le fait d'enregistrer des pièces du même compositeur mais de répertoires différents (ballet, concerto et musique de chambre ) m'a permis d'avoir une approche plus globale et complète de son œuvre, pas seulement solistique mais aussi orchestrale et chambriste. 

La période que nous avons vécue a terriblement fait souffrir le monde de la culture. Vous êtes française, travaillant dans un orchestre en Belgique, deux pays qui n’ont pas ménagé le monde de la culture. Comment avez-vous vécu cette période ?

Dans un premier temps, j'ai eu très peur pour mes proches... J'ai beaucoup de chance d'avoir un poste de violon solo, qui m'a permis la sécurité que n'avaient peut-être pas les musiciens intermittents, mais rester sans pratiquer pendant si longtemps a été très troublant. Cela a été très dur d'accepter les  annulations de concerts successifs et le vide culturel.. Je pense que la demande pour la musique et la culture en général sera de plus en plus grande car nous en avons été si longtemps privés et elle aurait sans nul doute été d'un grand secours dans ce contexte sombre. 

Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot 

La site de Saténik Khourdoïan : www.satenikhourdoian.com

Pyotr Ilyich Tchaïkovsky : œuvres pour violon et orchestre. Concerto pour violon, extraits du Lac des Cygnes, Valse sentimentale.

Saténik Khourdoïa

Orchestre symphonique de La Monnaie, Alain Altinoglu. FUG774

Crédits photographiques : Guillaume Kechmanian

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