Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Intégrale des Sonates ; Variations K. 179, 180, 264, 265, 352, 353, 354, 398, 455, 500, 573, 613 ; Suite K. 399 (complété par R. Levin) ; Fantaisies K. 396 (complétée par M. Stadler), 397 et 475 ; Rondos K. 485 et 511 ; Préludes K. 284A et 624/626a ; Prélude et Fugue K. 394 ; Adagios K. Anh. 206a [A 65] et 540 ; Allegros K. 312 et 400 (complétés par R. Levin) ; Menuetto K. 355 ; Gigue K. 574 ; Romance K. Anh. 205 ; Marche K. 453a. Kristian Bezuidenhout, pianoforte. 2009-2014. 10h51’. Livret en anglais, en français et en allemand. 9 CD Harmonia Mundi HMX 2904007.15.
Lennox Berkeley (1903-1989) : Nelson, opéra en trois actes. David Johnston (Lord Nelson), Eiddwen Harrhy (Lady Emma Hamilton), Brian Rayner Cook (Sir William Hamilton), Elizabeth Bainbridge (Mrs Cadogan), Mary Thomas (Madame Serafin), Margaret Kingsley (Lady Nelson), Richard Angas (Captain Hardy), Eric Shilling (Admiral Lord Minto), etc. ; BBC Singers ; BBC Symphony Orchestra, direction Elgar Howarth. 1983. Notice en anglais. Livret complet en anglais. 130.00. Un album de deux CD Lyrita SRCD 2392.
La metteure en scène néerlandaise Lotte de Beer propose une vision surlignée des Nozze di Figaro, les transformant d’abord en farce burlesque, les faisant ensuite une œuvre dénonciatrice plutôt Me Too, pour conclure, en conjonction de ces deux moments, en une démonstration bariolée, malheureusement plutôt confuse. Thomas Engelbrock et son Balthasar Neumann Ensemble n’y ont pas trouvé leur vrai rythme l’autre soir.
On le sait, Le Nozze di Figaro, comme toute grande œuvre, peut susciter de nombreuses approches, contrastées même. Lotte de Beer opte d’abord pour une lecture burlesque, farcesque. Elle fait de nous les spectateurs de l’enregistrement d’un de ces feuilletons -soap opera- qui rythmaient la vie quotidienne des « ménagères américaines de moins de cinquante ans ». Trois cases-décors sur le plateau : une chambre à coucher, une buanderie, un salon. Deux panneaux placés en hauteur signalent les moments où les spectateurs doivent « applaudir » et « rire ». Cette façon de voir les choses peut se justifier : le Comte veut abuser d’un droit de cuissage normalement supprimé sur cette jeune soubrette, Suzanne, qui va bientôt épouser le valet Figaro. Une façon de faire qui désespère sa femme, la Comtesse, autrefois Rosine tant aimée. Chérubin, un petit page éternellement amoureux, tout aussi éternellement maladroit, vient faire rebondir l’intrigue. C’est drôle, c’est très vaudeville. C’est très farce. Et notamment dans un catalogue désopilant de tentatives de suicide de la Comtesse. Lotte de Beer réussit à la mener grand train, avec beaucoup d’inventivité dans le rythme sans faille qui convient. On objectera que c’est réducteur. Oui, mais on s’amuse.
Après l’entracte, changement de décor : le plateau est vide, sinon une cage en verre dans laquelle se trouve un lit d’apparat… et la Comtesse, femme prisonnière, témoin des turpitudes de son mari. Nous sommes dans une tout autre perspective, celle d’une dénonciation des abus mâles. MeeToo est passé par là.
Par deux fois, le Concert de l’An des Amis genevois de l’Orchestre de la Suisse Romande a été reporté à cause des mesures sanitaires. Martha Argerich aurait dû en être la soliste mais elle n’a pas pu modifier son agenda surchargé pour prendre part à la soirée du vendredi 2 juillet. C’est pourquoi Charles Dutoit a choisi un programme radicalement différent en décidant d’en consacrer l’essentiel à la commémoration du cinquantième anniversaire de la mort d’Igor Stravinsky.
Démarche dégingandée, œil vif, sourire aux lèvres, le chef montre une indomptable énergie en abordant le Dumbarton Oaks Concerto en mi bémol majeur. Il lui prête l’élégance du concerto grosso en mettant en valeur la pulsation rythmique sous le babillage des bois. L’Allegretto étire les lignes tandis que la flûte gouailleuse dialogue avec le basson sur un canevas de cordes instillant un arrière-goût étrange. Le Con moto final pétille avec les continuels changements de mesure aussi incisifs que précis.
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie no 3 en mi bémol majeur, opus 55. Étienne Nicolas Méhul (1763-1817) : Ouverture de Les Amazones, ou La Fondation de Thèbes. François-Xavier Roth, Les Siècles. Mars & septembre 2020. Livret en français, anglais, allemand. TT 54’12. Harmonia Mundi 902421
Jacques Ibert (1892-1962) : Divertissement pour orchestre de chambre. Emile Bernard (1843-1902) : Divertissement pour instruments à vent op. 36. Béla Bartók (1881-1945) : Divertimento pour cordes Sz. 113. Michael Ippolito (°1985) : Divertimento pour orchestre de chambre. c/o chamber orchestra. 2018-2020. Notice en anglais, en allemand et en français. 79.22. SACD BIS-2499.
English Song Collection. Mélodies, cycles de chansons et airs populaires de William Alwyn (1905-1985), Benjamin Britten (1913-1976), George Butterworth (1885-1916), Jonathan Dove (°1959), Gerald Finzi (1901-1956), Ivor Gurney (1890-1937), Gustav Holst (1874-1934), John Ireland (1879-1962), Liza Lehmann (1862-1918), Roger Quilter (1877-1953), Arthur Somervell (1863-1937), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Ian Venables (°1955), William Walton (1902-1983) et Peter Warlock (1894-1930). Felicity Lott, Margaret Feaviour et Janice Watson, sopranos ; Susan Bickley, mezzo-soprano ; John Mark Ainsley, Thomas Allen, Martyn Hill, Philip Langridge et Anthony Rolfe Johnson, ténors ; Gérard Finley, Simon Keenlyside, Roderick Williams et David Wilson, barytons ; Osian Ellis, harpe ; Steuart Bedford, Iain Burnside, Graham Johnson et David Owen Norris, piano ; BBC Singers ; Sacconi Quartet ; Duke Quartet ; Northern Sinfonietta, etc. 1995-2014. Livret en anglais, sans textes des chants. Environ 25 heures de musique. Un coffret Naxos de 25 CD 8.502507.
Maurice Ravel (1875-1937) : Tzigane ; Béla Bartók (1881-1945) : Sonate et Danses populaires roumaines ; Bruno Coulais (1954) : Mosaïque ; György Kurtág (1926) : Huit duos pour violon et cymbalum. Hélène Collerette, violon ; Cyril Dupuy et Ludovit Kovac : cymbalum. 2021-Texte de présentation en français et anglais - 66’46’’ Signature/Radio France- SIG 11117
December 1705. Dietrich Buxtehude (1637-1707) : Toccata en ré mineur BuxWV 155 ; Fugue en ut majeur BuxWV 174 ; Gelobet seist Du, Jesu Christ BuxWV 188 ; Passacaille en ré mineur BuxWV 161 ; Prélude, Fugue et Chaconne en ut majeur BuxWV 137 ; Nun komm der Heiden Heiland BuxWV 211. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Fantaisie en sol majeur BWV 571 ; Fugue à la Gigue BWV 577 ; Vater Unser im Himmelreich BWV 762 ; Prélude et Fugue en la mineur BWV 551 ; Wo Gott der Herr nicht bei uns hält BWV 1128 ; Prélude en ut majeur BWV 566. Manuel Tomadin, orgue Schnitger de l’église Martinikerk de Groningen (Pays-Bas). Livret en anglais (avec registrations). 2021. TT 71’54. Brilliant 95941
Le compositeur Thierry Pécou célèbre les 10 ans de l’Ensemble Variances avec lequel il a exploré de nombreuses facettes créations contemporaines en ouvrant des perspectives de réflexion. Alors que Thierry Pécou et l’Ensemble Variances lancent OHUAYA records, label exclusivement numérique qui propose une double album “Humain Non Humain”, le compositeur répond aux questions de Crescendo-Magazine
L’Ensemble Variances célèbre ses 10 ans. Quel regard portez-vous sur cette aventure musicale ?
Pour moi, ces dix années avec l’Ensemble Variances sont certainement ce qu’il y a de plus réjouissant dans mon récent parcours. C’est d’abord une aventure personnelle menée avec ma compagne Daniela Martin qui a été manager de l’Ensemble depuis sa conception et a joué un rôle majeur dans son développement. Elle poursuit sa route, à présent, à la tête du Basel Sinfonietta en Suisse, mais notre binôme durant 10 ans a été d’une extraordinaire et créative complicité. C’est une aventure musicale et humaine avec des musiciens qui sont engagés pleinement à défendre des projets ambitieux et atypiques que nous avons accompagnés.
En se situant en dehors du « mainstream » de la musique classique et de celui de la musique contemporaine -qui a aussi ses têtes d’affiches incontournables, j’ai considéré dès le départ que l’Ensemble Variances pouvait être pour moi une sorte de laboratoire ouvert, où les musiciens seraient forces de propositions dans l’esprit de la musique de chambre. J’ai rassemblé des personnalités fortes et contrastées, tant par leur caractère que par leur parcours individuel, et nous sommes finalement devenus une famille dont les membres ont un plaisir immense à se retrouver régulièrement pour jouer ensemble, partager des expériences nouvelles parfois très inattendues. Nous avons beaucoup travaillé, beaucoup voyagé, j’ai vu certains des musiciens se développer, mûrir leur pensée, leur musicalité au fil du temps, et je me suis senti grandir avec eux.
Est-ce que la direction artistique de l’ensemble a influencé votre manière de composer ?
Le fait de diriger un ensemble et d’avoir à disposition un tel outil a certainement été pour moi un facteur de liberté extraordinaire. Cela m’a permis d’imaginer des projets, les maîtrisant de la conception à la réalisation, qui n’auraient pas été réalisables dans d’autres contextes plus institutionnels, ou comme invité d’autres ensembles ou structures.
Est-ce vraiment une influence sur la manière de composer? Je ne sais pas, mais sur la possibilité d’expérimenter des formes nouvelles certainement ! Ensuite, le fait de travailler avec un noyau de musiciens fidèles, qui connaissent ma musique presque mieux que moi-même et anticipent les questions d’interprétation, donne une sorte de légèreté et un plaisir d’écrire pour des personnes en chair et en os.