JoAnn Falletta, à propos de Florent Schmitt au disque

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Dans le cadre des 150 ans de sa naissance, la cheffe JoAnn Falletta fait paraître un album Naxos qui fait l’évènement. Au pupitre de son orchestre de Buffalo, avec lequel elle a enregistré tant de merveilleuses partitions oubliées, elle vivifie la musique de Florent Schmitt.

C'est le 2e album que vous consacrez entièrement aux partitions de F. Schmitt. Qu'est- ce qui motive à défendre ce compositeur ?

Je pense depuis longtemps que Florent Schmitt est une voix forte et originale, et que cette voix est un élément essentiel de l'histoire musicale française et de la musique post-romantique en général. Il est négligé à tort, et je crois que la puissance, la couleur, la sensualité et la complexité de sa musique en faisaient un grand compositeur du XXe siècle. On ne peut pas comprendre l'évolution de la musique française sans connaître son œuvre. Son amour de la musique allemande et russe crée également un monde sonore qui se démarque. Il est capable de mélanger le parfum frais et élégant de l'impressionnisme avec le drame et la passion du caractère germanique et russe.

Comment avez-vous découvert ce compositeur ? Il n'est pas le plus célèbre dans l'histoire de la musique ou même dans l'histoire de la musique française ?

Je dois cette découverte à mon ami Phillip Nones, un grand passionné de musique, et surtout de Florent Schmitt. Phillip est venu à l'improviste à Buffalo (qui est très loin de chez lui, dans le Maryland) car nous jouions souvent des répertoires moins connus et ça l'intriguait. Nous avons parlé ensemble et il m'a parlé de Schmitt. J'ai adoré la musique et j'ai proposé le projet à Klaus Heymann de Naxos, qui a accepté de collaborer avec nous sur un CD de Florent Schmitt 

Les quatre ailes de Marie Trautmann-Jaëll (II)

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Seconde partie du dossier Marie Jaëll par Anne-Marie Polome

Ses écrits

Marie Jaëll tient un premier Journal de 1871 à 1882, de la fin de la guerre à la mort de son époux, puis un second commencé lors de son premier séjour à Weimar, près de chez Liszt (1883-1884), et consigné dans le Cahier Vert offert par le musicien qu’elle associe ainsi à ses réflexions.  Son abondant courrier est conservé à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.  De 1904 à sa mort, elle note, dans ses Cahiers de Travail, ses réflexions profondes sur l’approche esthétique du piano, la pédagogie musicale, ses recherches scientifiques, le tout agrémenté de remarques pertinentes.  Ces écrits confirment que, toute sa vie, Marie a énormément médité. On pourrait dire qu’elle a fait de l’introspection et sa foi en Dieu est inébranlable. 

En 1871, elle note : Je joue merveilleusement mais je n’y suis pour rien, pourtant ce sont là les véritables artistes. Leur science ne vient pas de l’homme mais de Dieu. Puis : J’ai été heureuse de voir que dans l’art, je cherche plus à progresser qu’à plaire. Et en 1883 : Oui, j’adore passionnément jouer du piano. C’est une des plus grandes joies de ma vie. C’est beau, c’est beau de sentir qu’on fait passer toute son âme à travers ces touches d’ivoire, c’est beau de l’entendre vibrer et de sentir qu’elle fait vibrer d’autres âmes.  

Cette recherche perpétuelle de l’amélioration et cette passion qu’elle veut transmettre généreusement vont l’amener à élaborer une nouvelle manière de toucher le clavier du piano et, par là, l’âme de l’auditeur.

Ralph Vaughan Williams (IV) : musique vocale et opéras

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Dernière partie du dossier Ralph Vaughan Williams par Harry Halbreich avec un gros plan sur sa musique vocale et ses opéras.

Musique vocale

Mais c'est la musique vocale qui occupe de loin l'espace le plus important dans le catalogue de Vaughan Williams, avec notamment plus de deux cents ans arrangements de chants populaires et autant de cantiques originaux pour le culte anglican, ce qui ne laisse pas d'étonner de la part d'un agnostique déclaré, mais s'explique par l'importance de son engagement dans la vie citoyenne. Aussi sa production a-t-elle été largement marquée par une tradition de la pratique chorale sans doute sans égale en Europe, et dont les prestigieuses Maîtrise de Cathédrales ne constituent que l'élément le plus célèbre. Il nous laisse ainsi une cinquantaine d'œuvres alliant solistes, chœur et orchestre, et déjà sa première partition de dimensions monumentales, la Sea Symphony, se situe à l'intersection de la Symphonie et de l'Oratorio. Il ne saurait être question ici de recenser ce corpus au sein duquel on trouve pas mal d'œuvres de circonstance, sacrées ou profanes, mais je me limiterai à une dizaine de pages maîtresses comptant au nombre de ses chefs-d'œuvre.

Dans le domaine religieux, il y a d'abord le cycle des Five Mystical Songs de 1911, sur des poèmes de George Herbert, dont le succès, dans le sillage de ceux de la Sea Symphony et de la Fantaisie sur un Thème de Tallis, étaya la jeune réputation du compositeur. Mais le bref Oratorio (une demi-heure) Sancta Civitas (1923-25), sur les paroles de l'Apocalypse de Saint-Jean est un des sommets absolus de son catalogue en son mysticisme visionnaire et son langage harmonique d'une rare audace. D'envergure plus restreinte, le Magnificat pour contralto, chœur de femmes, flûte solo et orchestre (1932), sur texte anglais et, le compositeur insiste, non destiné à l'usage liturgique, est une merveille de poésie dans un climat assez proche de ce Flos Campi que nous avons classé parmi les pages concertantes, mais qui pourrait tout aussi bien figurer ici. Hodie (This Day) est une grande Cantate de Noël d'une heure, d'un éclat et d'un élan jubilatoire étonnants de la part d'un compositeur largement octogénaire (1954). Parmi les pages profanes, la brève Cantate Toward  the Unknown Region (1907) annonce la Sea Symphony en faisant appel également aux vers visionnaires de Walt Whitman. De la part du jeune compositeur, son titre à lui seul ("Vers la région inconnue") avait valeur de manifeste. Tout à l'opposé se situent les truculents Five Tudor Portraits (1935) sur les poèmes pleins de verve picaresque de John Skelton, poète lauréat du Roi Henry VIII, dont les rythmes énergiques faits de vers très brefs et de savoureuses allitérations se prêtent particulièrement bien à la musique. Cette grande Cantate de trois quarts d'heure constitue un intermède détendu et coloré entre la dramatique Quatrième Symphonie et l'ardent et grave plaidoyer pour la paix du Dona Nobis Pacem de 1936, en pleine montée des périls. A Song of Thanksgiving (Un Chant d'actions de grâces) fut composé dès 1944 et enregistré par la BBC pour être diffusé le jour de la victoire sur le nazisme, exactement comme ç'avait été le cas pour l'In Terra Pax du Suisse Frank Martin. En marge de toutes ses œuvres, le joyau exquis de la Serenade to Music sur des paroles du Marchand de Venise de Shakespeare, pour seize voix solistes et orchestre (1938) n'a peut-être d'équivalent que la merveilleuse Ode à la musique d'Emmanuel Chabrier.

Milan l’espagnole : un récital de clavier et vihuela, en solo et même en duo

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Milano Spagnola. Matthias Werrecore (av1522-ap1574) ; Antonio de Cabezón (c1510-1566) ; Enríquez de Valderrábano (c1500-c1557) ; Luis de Milán (av1500-ap1561) ; Pietro Paolo Borrono (c1490-ap1563) ; Alonso Mudarra (c1510-1580) ; Francesco da Milano (1497-1543). Maurizio Croci, clavecin, orgue. Evangelina Mascardi, vihuela. Livret en anglais, français, italien. Janvier 2020. TT 61’21. Arcana A 481.

Samson François, le fantasque devant l’éternel 

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Samson François : The Complete Recordings. Oeuvres de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Béla Bartók (1881-1945), Ludwig van Beethoven (1770-1827), René Challan (1910-1976), Frédéric Chopin (1810-1849), Claude Debussy (1862-1918), Gabriel Fauré (1845-1924), César Franck (1822-1890°, Samson François (1924-1970), Paul Hindemith (1895-1963), Franz Liszt (1811-1963), Felix Mendelssohn (1809-1847), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sergei Prokofiev (1891-1953), Maurice Ravel (1875-1937), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Alexander Scriabine (1872-1915), Robert Schumann (1810-1856). Samson François, piano. Solistes, chefs et orchestres divers. Livret en français, anglais et allemand. 1 coffret de 54 CD et 1 DVD Warner Classics. Référence 0190295261863. 

Kremerata Baltica à la recherche d’un Beethoven personnel et exaltant 

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Léo Ferré (1916-1993) : "Muss es sein ? Es muss sein !" (arrangé par Valter Sivilotti pour violoncelle, cordes et percussions – avec la voix de Léo Ferré) (1) – Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuors à cordes N° 16, Op. 135 (2) N° 14, Op. 131 (4), arrangés pour orchestre à cordes par Gidon Kremer) – Giovanni Sollima (*1962) : Note sconte (première version pour orchestre à cordes) (3). Mario Brunello, violoncelle (1) et direction (2,3) ; Kremerata Baltica ; Gidon Kremer, violon et direction (4). 2019 (1-3) & 2011 (4). 78’39. 1 CD Alpha 660.

Rappel des Oiseaux : la revanche des becs de plume envers ce récital dédié à leurs propriétaires ?

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Jean-Philippe Rameau (1683-1764) ;  François D’Agincour (1684-1758) ; Louis-Claude Daquin (1684-1772) ; François Couperin (1668-1733) ; Antoine Dornel (1685-1765) ; Jacques Duphly (1715-1789) ; Jean-François Dandrieu (1682-1738) ; Pierre Février (1696-1760). Luc Beauséjour, clavecin. Livret en français, anglais. Septembre 2019. TT 56’37. Analekta, AN 2 8797

Première gravure mondiale de Romilda e Costanza de Meyerbeer

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Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : Romilda e Costanza, mélodrame semiserio en deux actes. Patrick Kabongo (Teobaldo), Javier Povedano (Retello), Chiara Brunello (Romilda), César Cortés (Lotario), Luiza Fatyol (Costanza), Emmanuel Franco (Albertone), Claire Gascoin (Annina), Giulio Mastrototaro (Pierotto), Timophey Pavlenko (Ugo) ; Chœur de Chambre Gorecki ; Passionart Orchestra Krakow, direction Luciano Acocella. 2019. Notice en anglais et en allemand. Pas de texte du livret, mais présence d’un synopsis. 173.50. Un coffret de 3 CD Naxos 8.660495-97.