Un écheveau de métissages autour de chants et danses de Transylvanie

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Il Transilvano, ponts musicaux entre Italie et Hongrie autour de 1600. Ensemble Prisma : Elisabeth Champollion, flûte à bec et kaval ; Franciska Hadju, violon et voix ; Dávid Budai, basse de violon et alto ; Alon Sariel, archiluth et mandoline. Gábor Juhász, contrebasse et théorbe. Mars 2020. Livret en anglais, français. Paroles des chants en langue originale et traduction bilingue. TT 57’55. Ambronay Éditions AMY312

En vidéo, la féerie de La Bayadère de Minkus s’invite à Saint-Pétersbourg 

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Ludwig Minkus (1826-1917) : La Bayadère, ballet en trois actes. Chorégraphie de Nacho Duarto d’après Marius Petipa. Angelina Vorontsova (Nikiya, la Bayadère), Victor Lebedev (Solor), Andréa Lassakova (Gamzatti), Andrey Kasyanenko (le Rajah), Sergey Strelkov (Le Grand Brahmane) ; Corps de ballet Mikhailovsky ; Orchestre du Théâtre Mikhailovsky, direction Pavel Sorokin. 2019. Synopsis en anglais, en allemand et en français. 110.00 (dont 12.00 de bonus). Un DVD BelAir BAC182.

Cantates baroques inédites en hommage à la Signora Pignatelli 

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Alla Virtù della Sig. Maria Pignatelli. Carlo Antonio Monza (1685-1739) : Poiché più dell’amore. Francesco Gasparini (1661-1727) : E che più far poss’io. Giuseppe Porsile (1680-1750) : Arianna infelice ; Ch’io t’adori o mia Clori ; Necessità di fato. Francesco Mancini (1661-1737) : Non voglio più catene ; Va sospirando il core. Alessandro Scarlatti  (1660-1725) : Lontananza non risana ; Ch’io da te mi divida. Juliette de Banes Gardonne, mezzo-soprano ; Bruno Cocset, violoncelle ; Paolo Corsi, clavecin ; Emanuele Forni, théorbe. 2019. Livret en français et en anglais. 63.18. Claves 50-3001.

Après les concertos pour piano, l’œuvre symphonique de Pancho Vladigerov

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Pancho Vladigerov (1899-1978) : Œuvres orchestrales, volume 1. Symphonies n° 1 op. 33 et n° 2 pour cordes op. 44 « Mai » ; Elégie d’automne pour orchestre op. 15 ; Ouverture de concert op. 27 « Terre » ; Ouverture héroïque op. 45. Orchestre symphonique de la Radio nationale de Bulgarie, direction Alexander Vladigerov. 1970-1975. Livret en allemand et en anglais. 140.51.  CD Capriccio C8050.

Beethoven avec Frank Peter Zimmermann et Martin Helmchen à Monte-Carlo : la suite

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On a hâte d'écouter le deuxième récital de l'intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven par Frank Peter Zimmermann et Martin Helmchen. La scène de l'Auditorium Rainier III à Monte-Carlo est éclairée de rouge, couleur festive pour célébrer le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven. Les projecteurs s'éteignent, on est plongé dans une pénombre. L’ambiance se fait sombre et glaciale. Serait-ce un hommage à ces milliers de concerts programmés dans le monde pour l'année Beethoven et annulés à cause de la pandémie ?

D'emblée, Frank Peter Zimmermann et Martin Helmchen brisent cette atmosphère polaire et nous transportent dans le monde radieux et lyrique de la Sonate n°6 en la majeur op.30 n°1. L'archet de Zimmermann tranche net l'obscurité, le clavier de Martin Helmchen caresse, chante et s'emporte tour à tour. Le feu couve, les passions brûlent, la Sonate n°7 op.30 n°2, au caractère tempétueux, est interprétée avec intensité, puissance et énergie. Un vrai feu d'artifice !

Double Chostakovitch avec violoncelle et alto

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour violoncelle et piano, Op. 40, Sonate pour alto et piano, Op. 147, Prélude, Op. 9.  Duo Anouchka Hack (violoncelle) et Katharina Hack (piano), Gautier Capuçon (violoncelle)*2020.64’42.Textes de présentation en anglais et allemand. Genuin  GEN 20701. Veit Hertenstein (alto), Minze Kim (piano). 2020-ADD-62’03-Textes de présentation en allemand et anglais- Hänssler Classic HC 20011

Dalia Stasevska, baguette d’avenir 

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La cheffe d’orchestre Dalia Stasevska a fait l'événement cette année. Cheffe invitée du BBC Symphony Orchestra, elle a fait ses débuts au pupitre de la Last Night of the Proms devenant la seconde femme à (après Marin Alsop) à diriger cet évènement planétaire. Alors qu’elle vient de recevoir le prestigieux Royal Philharmonic Society Conductor Award, la musicienne répond à nos questions. 

Un célèbre proverbe de l'Antiquité dit que "la musique adoucit les manières". Mais à notre époque, la musique classique est parfois considérée comme un facteur de division : la musique classique semble trop élitiste, pas assez ouverte aux minorités ethniques, ou certaines partitions sont jugées avec notre regard contemporain et condamnées par notre sensibilité contemporaine. Que pensez-vous de tous ces débats sur la musique classique ? Êtes-vous préoccupée par l'universalité de la musique classique ? 

Je suis enthousiaste d'être témoin de ces avancées importantes vers plus d'égalité et de diversité qui ont eu lieu ces dernières années. Ces mesures ont beaucoup influencé notre façon de voir, de faire et de penser à toutes sortes de choses. Je pense que la clé en général est d'arrêter de penser en termes de nous contre eux. Cela s'applique également à la musique classique. Si quelqu'un pense que la musique classique est meilleure que les autres genres musicaux, c'est cette pensée qui donne la marque "élitiste". Je suis vraiment optimiste en ce qui concerne la musique classique, il y a une bonne énergie dans l'industrie, beaucoup de grands changements et de développement, la musique classique est plus visible que jamais grâce à la technologie, cela crée beaucoup d'espace pour la créativité. Mais nous devons aussi nous rappeler que des choses comme l'égalité et la diversité ne sont pas des choses à prendre pour acquises mais des questions à prendre en compte en permanence.

Cette année, vous avez dirigé la célèbre Last Night of the Proms, mais dans un contexte sanitaire strict et sans public, dans la grande salle de concert du Royal Albert Hall. Comment avez-vous vécu cet événement dans un Royal Albert Hall vide ?  

C'était certainement une expérience unique. C'était aussi la première fois que je dirigeais un concert sans public. Le plaisir d'être un artiste est d'avoir le public avec soi et ressentir ses réactions, l'excitation de sa présence, ainsi que toutes nos traditions de concert. Retirer l'un des éléments les plus importants -le public- est certainement une situation des plus bizarres. Mais en même temps, savoir que des millions de personnes regardaient et écoutaient à travers leurs écrans. C’est un concert qui signifie tant pour beaucoup de gens et c’est toujours très émouvant. Nous étions toujours ensemble grâce à la musique, et le fait de le savoir nous a aidés à nous concentrer sur le spectacle. 

« Comprendre la musique au-delà du digital » : entretien avec la guitariste Gaëlle Solal autour de son nouveau disque Tuhu

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Une critique de disque n’aurait pu rendre compte de la personnalité pétillante, sincère et chaleureuse de la guitariste Gaëlle Solal qui sort en ce moment son nouveau disque Tuhu (« petite flamme » dans la langue Tupi), construit autour d’Heitor Villa-Lobos. Un disque qui réunit diverses influences, inspirations, dédicaces et des hommages croisés dans un programme original et créatif. Les pistes s’enchaînent dans un flux si continu et si logique qu’on est surpris en découvrant le mélange d'œuvres de pas moins de huit compositeurs différents. 

Avec Gaëlle Solal, nous avons discuté des rodas de choro et de son voyage au Brésil, de sa recherche du « vrai » avec Tuhu, de son engagement en faveur des femmes guitaristes et, enfin, de son parcours qui brise les codes. 

Sur le voyage au Brésil qui a tout changé 

J’ai atterri au Brésil en 2009 sur un coup de cœur après avoir assisté au Festival Villa-Lobos organisé à Radio France. Au début, je ne savais pas que j’allais avoir des affinités avec cette musique. Mais une fois sur place, j’ai été secouée en découvrant que les musiciens brésiliens ne font pas une distinction aussi forte qu’en Europe entre musique classique et musique populaire. En effet, au Brésil tout est considéré comme musique. Je m’en suis surtout rendue compte dans les roda de choro. Dans ces groupes, sortes de jam sessions brésiliennes, les musiciens passaient « à la moulinette » des pièces de Bach, des pièces de Villa-Lobos et des pièces typiques du répertoire populaire. Cette idée qu’on puisse s’approprier toutes les musiques m’a particulièrement marquée lors de ce voyage.