A Pesaro, un ROF en plein air ! 

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En cette année 2020, la 41e édition du Festival Rossini de Pesaro a d’abord le mérite d’avoir lieu. Pandémie du Covid-19 oblige, le programme prévu a été reporté à la saison prochaine, en maintenant les productions de Moïse et Pharaon, Elisabetta regina d’Inghilterra et Il Signor Bruschino. Durant ce mois d’août, festivaliers et agences de spectacle se sont arraché les cinq représentations de La Cambiale di Matrimonio données au Teatro Rossini, dont le  nombre de places a été drastiquement réduit par les mesures sanitaires. 

C’est donc à ciel ouvert, Piazza del  Popolo, que se sont déroulées les autres manifestations. L’on y a édifié une scène avec un arrière-fond en bois, jouxtant une imposante fosse d’orchestre  surmontée de haut-parleurs superposés. Une fois les premières mesures passées, le produit de cette ‘alchimie’ sonore paraît plutôt satisfaisant, face à un parterre de plus de 1400 sièges dont ne sont utilisées que 680. Ceci m’a toutefois permis d’entendre deux grands chanteurs dialoguant avec la Filarmonica Gioacchino Rossini ainsi qu’une représentation d’Il Viaggio a Reims.

Le piano éphémère de Turina par Martin Jones

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Joaquin TURINA (1882-1949) : Sevilla. Suite pittoresque op. 2 ; Sonate romantique, sur un thème espagnol op. 3 ; Coins de Séville op. 5 ; Trois Danses andalouses op. 8 ; Album de voyage op. 15 ; Femmes espagnoles 1ère série op. 17 ; Danses fantastiques op. 22 ; Sanlucar de Barrameda. Sonate pittoresque op. 24 ; El barrio de Santa Cruz, op. 33 ; Rythmes. Fantaisie chorégraphique op. 43 ; Cinq Danses gitanes, 1ère série op. 55 ; Sonate fantaisie op. 59 ; Le château d’Almodovar op. 65 ; Femmes espagnoles 2e série op. 73 ; Fantaisie italienne op. 75 ; Ballet. Suite de danses du XIXe siècle op. 79 ; Cinq Danses gitanes, 2e série op. 84 ; Coin magique. Parade en forme de sonate op. 97 ; Depuis ma terrasse. Estampes pour piano op. 104. Martin Jones, piano. 2020. Livret en anglais. 296.30. Nimbus Records NI 1710 (un coffret de 4 CD).

Annelien Van Wauwe et Severin von Eckardstein à Flagey

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Flagey, 16 Août, 19h30. J’arrive au pied du Paquebot pour entamer le rituel d’entrée. Les membres du personnel sont toujours impeccables. Sous leurs yeux plissés, on devine un sourire bienveillant, mais rigoureux lorsqu’ils rappellent les nouvelles règles exigées. Aucun faux pas n’est toléré. Pour des raisons sanitaires évidentes et pour éviter le moindre risque de voir les futurs événements annulés pour cause de négligence. La menace est réelle, la tension tout autant. 

Dans la salle, j’observe ce vaste Studio 4 à l’acoustique si merveilleuse. Voir l’unique petite centaine de personnes aujourd’hui tolérée dans ce volume si majestueux, c’est voir un mastodonte exsangue, asphyxié, qui lutte pour sa survie. Le vide l’étouffe quand le plein le libère. 

Cela dit, transporté, ce soir, le public de Flagey le sera. Un voyage délicieusement éclectique l’attend avec une Annelien Van Wauwe tout en finesse dans son élégante robe noire et un Severin von Eckardstein assorti dans sa chemise étroite à col Mao reflétant toute sa sobriété et son humilité. 

Un deuxième volume pour les Ouvertures d’Auber

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Daniel-François-Esprit AUBER (1782-1871) : Ouvertures et musique orchestrale - volume 2 : Le Concert à la cour ou La Débutante : Ouverture ; Concerto pour violon et orchestre en ré majeur ; Fiorella : Ouverture et Entracte de l’Acte III ; Julie, ou l’Erreur d’un moment : Ouverture et Finale ; Lestocq, ou L’Intrigue et l’Amour : Entracte de l’Acte III ; Léocadie : Ouverture, Entractes de l’Acte II et de l’Acte III ; Couvin, ou Jean de Chimay : Introduction de l’Acte I et de l’Acte II ; La Fiancée : Entracte de l’Acte III. Markéta Cepicka, violon ; Orchestre de chambre de la Philharmonie de Pardubice, direction : Dario Salvi. 61.16. Naxos 8. 574006.

Alexander Shelley, à propos de Johannes Brahms, Robert Schumann mais surtout Clara Schumann

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Le chef d’orchestre Alexander Shelley, directeur musical de l’Orchestre du Centre National des Arts du Canada, inaugure un cycle discographique pour le label canadien Analekta consacré aux symphonies de Johannes Brahms et Robert Schumann, mises en perspective avec des oeuvres de Clara Schumann. Alors qu’un revival s’amorce vis à vis des oeuvres de cette compositrice, Alexander Shelley revient sur sa place dans l’histoire de la musique 

Votre nouvel enregistrement comprend des partitions symphoniques de Brahms et Schumann ainsi que le Concerto pour piano de Clara Schumann. L'addition de ces trois noms est logique en raison de l'amitié qui les unit, mais c'est quelque chose qui n'a jamais été fait auparavant ! Comment avez-vous conçu ce projet ? 

Clara n'était pas seulement la personne qui liait les vies de Robert Schumann et de Johannes Brahms, elle était aussi l'une des figures musicales les plus inspirantes de son époque, vénérée et admirée presque universellement par ses pairs. Et bien que l'œuvre de Johannes et Robert ait été explorée en profondeur, c'est en fait en tant que triumvirat artistique -une trinité musicale romantique si vous voulez- que chacun d'eux peut être compris et admiré plus pleinement. Je veux que notre projet célèbre cette trinité et offre une perspective nouvelle aux auditeurs. 

J'ai lu dans le communiqué de presse que ce CD est le premier d'une série de quatre. Quelles seront les autres étapes de ce projet ? 

C'est le premier d'une série de quatre doubles albums qui présenteront un cycle complet des symphonies de Robert Schumann et de Johannes Brahms, tricotées ensemble par les mélodies, la musique de chambre et le concerto de Clara Schumann. En étroite collaboration avec Julie Pedneault-Deslauriers, spécialiste de Schumann, et Jan Swafford, spécialiste de Brahms, nous avons travaillé à la réalisation d'un ensemble de huit disques qui offriront un aperçu musical enrichissant de l'œuvre de ces trois génies.