Ballets à la française

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Henri Sauguet (1901-1989) : Les Forains ; Jules Massenet (1842-1912) : Suite de ballet d’Hérodiade ; Jacques Ibert (1890-1962) : Les Amours de Jupiter. Orchestre national d’Estonie, Neeme Järvi. 2018-68:19-Notice en : anglais, allemand et français. 1 CD Chandos : CHAN 20132.

Des rééditions de Sonates pour piano de Beethoven chez Henle

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Ludwig van Beethoven : Sonate pour piano en la majeur Op. 2 n°2 – Sonate pour piano en do majeur Op. N°3 (éditées par Norbert Gertsch et Murray Perahia)

C’est au tour de l’Opus 2 (n°2 et 3) de retrouver le chemin de la réédition, cette fois sous la direction de Norbert Gertsch et Murray Perahia, avec une proposition de doigtés de ce dernier. Parues en 1796 chez Artaria & Comp. (premier éditeur du compositeur à Vienne), ces trois sonates se regroupent sous le même opus en raison de leur faible envergure, Beethoven souhaitant réserver des numéros d’opus aux œuvres qu’il considérait « importantes ». Dédiées à Joseph Haydn, les premières esquisses de cet opus datent des années 1794/1795.

Nikolai Lugansky aristocratique et envoûtant

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À peine distingué par un Prix Caecilia pour son superbe enregistrement de l’intégrale des Préludes de Rachmaninov (Harmonia Mundi) dont il rappela en prenant possession de son prix et de sa médaille qu’il avait été réalisé à Flagey, Nikolai Lugansky allait offrir peu de temps après un florilège de sept de ces perles au public enthousiaste et connaisseur venu en nombre entendre le grand pianiste russe dans la belle salle bruxelloise.

Ecouter Lugansky dans ce choix de Préludes, tous tirés de l’Opus 32, c’est recevoir une véritable leçon de style de la part d’un musicien intègre, sensible et aux moyens techniques exceptionnels. Quel charme et quelle fraîcheur dans le Cinquième, quelle simple beauté dans le magnifique Dixième (et comme le pianiste sait construire un crescendo), quelle infinie délicatesse dans le Onzième, quel étonnant côté pince-sans-rire -si proche des interprétations du compositeur- dans le Douzième, et quelle stupéfiante maîtrise dans le Treizième où les cascades de notes jaillissent apparemment sans effort tout en bannissant toute superficialité ou brutalité.

 Avec l’Orchestre de chambre de Lausanne, un nouvel Horowitz ?

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Une ou deux fois par saison, l’Orchestre de Chambre de Lausanne se produit au Victoria Hall de Genève en répondant à l’invitation de l’Orchestre de la Suisse Romande qui, en ces-jours-ci, s’est mis en route pour une longue tournée en Extrême-Orient.

Son directeur musical et artistique depuis 2015, Joshua Weilerstein, prend d’abord la parole pour expliquer que le programme est une véritable Arche russe qui a pour clé de voûte le Quatrième Concerto pour piano et orchestre en si bémol majeur op.53 de Sergey Prokofiev.  Ecrit en septembre 1931 pour Paul Wittgenstein qui refusa de le jouer, l’ouvrage ne sollicite que la main gauche du soliste ; il fut relégué aux oubliettes puis fut créé le 5 septembre 1956 à Berlin par Siegfried Rapp avant de susciter l’intérêt de Rudolf Serkin. Ici, un jeune pianiste moscovite de trente-cinq ans, Boris Giltburg, l’empoigne avec une énergie roborative qui suscite un jeu percussif brillant et une articulation permettant les sauts de tessiture les plus invraisemblables. L’andante acquiert l’expression de la déploration  qu’accentuent de pesantes formules en triolets et de puissants ‘fortissimi’, tandis que le scherzo resplendit par la précision du trait, se voilant sous de vaporeuses envolées. Et le finale tient de la toccata la plus échevelée. Devant l’enthousiasme délirant des spectateurs, Boris Giltburg concède de bonne grâce deux bis, le Prélude en si majeur op.32 n.12 de Sergey Rakhmaninov, fugace comme une brève élégie, et une Suggestion diabolique op.4 n.4 de Prokofiev  à couper le souffle. Aurait-t-on découvert un nouvel Horowitz ?

Qu’il est beau « Le POSTILLON de LONJUMEAU » !

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Somptueux costumes de Christian Lacroix, distribution brillante, orchestre clair et chantant et surtout - circulant entre scène et salle - un courant de tendresse joyeuse, une connaissance et un amour vrai de ce répertoire. Avant d’être délaissé, ce Postillon de Lonjumeau (sans g) d’Adolphe Adam rencontre, dès sa création en 1836, un vif succès et sera représenté plus de 600 fois en un demi-siècle. Certes l’intrigue peut paraître ténue : un fringant postillon abandonne sa femme le jour de ses noces pour faire fortune comme chanteur à la cour de Louis XV et la ré-épouse dix ans plus tard sans l’avoir reconnue. Mais, après tout, L’Elixir d’Amour créé six ans plus tôt à partir d’un livret français d’Auber ou la Fille du Régiment qui suivra avec ses neuf « contre-ut », fonctionnent sur un schéma similaire.

Les prix Caecilia 2019 de l'Union de la Presse musicale belge

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L'Union de la Presse musicale belge a décerné, ce mardi 2 avril, à Flagey ses Prix Caecilia 2019.  Les lauréats 2019 sont : 

Jacques Arcadelt. Motetti, Madrigali, Chansons. Chœur de Chambre de Namur, Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón. Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre.  Ricercar

Perpetual Night.Johnson, Lawes, Coprario, Ramsey, Lanier, Banister, Webb, Hilton, Hart, Blow, Purcell, Jackson. Lucile Richardot, Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé.   Harmonia Mundi

Franz Schubert. Oktett D 803 - Menuette & Trios D 89.  Isabelle Faust, Anne Katherine Schreiber, Danusha Waskiewicz, Kristin von der Goltz, James Munro, Lorenzo Coppola, Javier Zafra, Teunis van der Zwart. Harmonia Mundi

Le Printemps des Arts de Monte Carlo

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A mi-parcours du Printemps des Arts de Monte Carlo édition 2019, le festival prend le temps d’un week-end “cordes” avec des quatuors à cordes et du violon. En tête d’affiche Renaud Capuçon se présentait en soliste concertant mais aussi avec son quatuor.

Mais en introduction de ce week end, le Musée Océanographique accueillait le quatuor allemand Signum pour une soirée Beethoven avec deux des derniers quatuors. Mais comme c’est de tradition au Printemps des Arts, le concert s’ouvrait avec une pièce contemporaine : le court “Rage against the” du Sud-Africain Matthijs van Dijk, exploration rageuse des capacités des instruments mais aussi de l’expression des musiciens qui tapent plusieurs fois des pieds en accord avec cette musique. Changement de registre avec deux “gros” quatuors de Beethoven : Opus 132 et Opus 130 (renforcé par la grande fugue en si bémol majeur en mouvement ultime). La force magmatique el la haute densité du discours musical font de ces quatuors une expérience unique, presque hors du temps tant ils soumettent en concert la concentration du public à rude épreuve. Le défi pour les interprètes n’en reste pas moins immense et il est brillamment relevé par les musiciens du quatuor Signum qui trouvent encore l’énergie de se lancer dans un “bis” après plus de deux heures de musique : un lied de Schubert transcrit pour quatuor.

Fin aigre-douce du Klarafestival

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Si le Brexit avait eu lieu comme prévu, la dernière soirée du Klarafestival nous aurait amené juste avant la fatidique échéance du 29 mars à minuit pour regretter -et la présence de nombreux Britanniques europhiles était là pour en témoigner- l’incompréhensible Brexit, laissant l’Union européenne affaiblie sur le plan économique et politique, mais aussi culturel.

Les choses étant ce qu’elles sont et l’incertitude régnant en maître quant à savoir si, quand et comment le Royaume-Uni quittera l’Union européenne, ce concert d’adieu s’en trouva soudain prématuré, ce qui ne l’empêcha pas d’être particulièrement prenant grâce aux interventions de trois brillants prosateurs britanniques invités par le festival littéraire Passa Porta puisque Jonathan Coe et Ali Smith lurent des extraits de leurs romans consacrés au Brexit alors que Sulaiman Addonia avait écrit une nouvelle spécialement pour l’occasion.