Clara Inglese chante Ophélie

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Dans le flot incessant et pléthorique des nouveautés, rares sont celles qui sortent foncièrement du lot en attirant l’esprit ! Dans ce cadre, cet album Cyprès intitulé “Ophelia | songs of exile” séduit par sa pertinence éditoriale et ses hautes qualités musicales. Mêlant répertoire et création, il dresse un portrait d’Ophélie, personnage de la tragédie d’Hamlet de Shakespeare. Crescendo Magazine rencontre la soprano Clara Inglese, l’initiatrice de cet album.     

Ce disque est consacré au personnage d’Ophélie. Qu’est-ce que ce personnage mythique de la littérature vous inspire ? Pourquoi lui consacrer un disque ?

Ophélie m’inspire une sorte d’immense quête d’identité ; la quête d’une identité féminine, du sentiment amoureux et de la mort. Ces rapports entre l’amour et la mort sont au coeur de la tragédie d’Hamlet.

Mon rapport à Ophélie est une longue histoire qui se développe dans le temps. J’ai étudié la philologie romane à l’Université Saint-Louis à Bruxelles. Lors d’un cours sur la philosophie de littérature, le professeur faisait étudier Hamlet et lorsqu’il a abordé le personnage d’Ophélie dans une perspective existentielle, j’ai été tétanisée ! C’était un choc artistique et émotionnel et j’ai été hypnotisée et captivée par sa découverte. À l’époque, je suivais des cours de chant, mais alors sans perspective de faire une carrière musicale, et je me suis dit qu’un jour je ferais quelque chose autour d’Ophélie. Au fur et à mesure de mes études musicales, j’ai abordé le répertoire qui l’évoquait avec des lieder de Richard Strauss ou Dmitri Chostakovitch. Année après année, je me suis confortée dans la perspective de développer ce projet. 15 ans après ma découverte du personnage, ce disque s’est concrétisé !

Mahler, nouvelle édition chez Breitkopf & Härtel

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 À l’occasion des célébrations de ses 300 ans, la prestigieuse maison Breitkopf & Härtel de Leipzig offre aux musiciens un cadeau de choix : rien moins qu’une nouvelle édition critique des symphonies de Gustav Mahler ! La Symphonie n°1 et le mouvement “Blumine” sont naturellement les premières étapes de ce projet d’envergure. Christian Rudolf Riedel, collaborateur de Breitkopf & Härtel et responsable éditorial, nous entretient de ce projet exceptionnel.

 Pour quelles raisons lancez-vous une nouvelle édition des symphonies de Mahler?

Il y a de nombreuses raisons. L’une d’entre elles réside dans les plaintes fréquentes au sujet des matériels d’orchestre qui ne sont plus à jour ou mauvais. Les éditions existantes ont été publiées par différents éditeurs, chacun suivant le propre style de son entreprise. Dès lors, cela nous a fait songer à l’opportunité d’offrir à la vente des matériels d’orchestre de qualité.

 Mais la raison principale, c’était notre souhait d’une sorte de "réconciliation historique” pour laquelle il faut se plonger dans le passé. Vers la fin du XIXe siècle, Gustav Mahler était déjà un chef d'orchestre d'opéra réputé. et il collavborair à l'Opéra de Leipzig. Il avait finalisé son travail de complétion de l’opéra inachevé Die drei Pintos de Carl-Maria von Weber. Il approcha alors Breitkopf & Härtel en 1896, pour publier ses Symphonies n°1 et n°2. Mahler était recommandé par de hautes personnalités musicales telles que le chef d’orchestre Arthur Nikisch et le musicologue Hermann Kretzschmar, mais Oskar von Hase, directeur des éditions Breitkopf & Härtel, refusa. Le risque financier à assumer pour l’édition de deux vastes symphonies d'un jeune compositeur alors inconnu était trop grand. D’autant que ces symphonies avaient plus ou moins échoué à séduire le public lors de leur création et qu’elles n'avaient guère de chance d’être reprogrammées. C’était une décision pragmatique et compréhensible, même si la musique alors contemporaine intéressait l’éditeur qui avait dans son écurie éditoriale Sibelius et Busoni. Mais ce refus a conduit Mahler à se tourner vers d'autres maisons d’édition à Leipzig puis vers des éditeurs viennois qui ont finalement accepté. Cependant, il faut rappeler que l’accord des éditeurs viennois n’a été rendu possible que grâce aux efforts de l'influent musicologue Guido Adler qui était un ami proche de Mahler, lorsqu'il lui a obtenu une subvention de la “Gesellschaft zur Förderung deutscher Wissenschaft, Kunst und Literatur in Böhmen” (Société pour la Promotion de la Science, L'Art et la Littérature allemande en Bohême) pour couvrir les importants frais d'impression.

La Symphonie n°1 de Mahler chez Breitkopf & Härtel

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Gustav Mahler, Symphonie n°1, Breitkopf & Härtel, PB 5631, ISMN : 979-0-004-21528-9

Avec ce volume dévolu à la Symphonie n°1 de Gustav Mahler, les éditions Breitkopf & Härtel amorcent un projet éditorial sur les symphonies du compositeur. Réalisée sous la direction de Christian Rudolf Riedel (lire ici notre interview), cette édition critique marque d’une pierre blanche notre connaissance de cette oeuvre de Mahler.

Henle, moisson de printemps II

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Frédéric Chopin, Scherzi, G. Henle Verlag, ISMN : 979-0-2018-0886-4

Du piano solo au duo avec violon ou violoncelle, les éditions Henle offrent à nouveau un florilège de partitions qui rayonne d’une direction éditoriale qualitativement remarquable avec, en haut de l’échelle, les Scherzi de Chopin revus et dirigés par Norbert Müllemann (proposition de doigtés de Hans-Martin Theopold). Publiés par Chopin entre 1835 et 1843, ces quatre Scherzi, comme le rappelle Müllemann, sont souvent associés aux quatre Ballades composées, à une année près, à la même période. Entre virtuosité et chemins expressifs, ces quatre pièces de difficulté élevée (la n°4, particulièrement redoutable) peuvent être jouées ensemble ou séparément. La puissance thématique associée à l’accompagnement foisonnant et aux diverses associations rythmiques et harmoniques fait de ce cycle un chef-d’œuvre incontestable. La préface retrace finement le processus créatif de chaque pièce en l’associant à divers évènements de la vie du compositeur.

De nouveaux titres de noblesse pour Zelenka !

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Jan Dismas Zelenka (1679-1745) : Missa Sancti Josephi ZWV 14 ; De profundis ZWV 50 ; In exitu Israel ZWV 84. Julia Lezhneva, soprano ; Daniel Taylor, alto ; Tilman Lichdi, tenor ; Jonathan Sells, basse ; Kammerchor Stuttgart ; Barockorchester Stuttgart ; Frieder Bernius, direction. DDD-2018-Notice en allemand et traduction anglaise abrégée. 57'51". Carus 83.279.

L’âme de l’orchestre au son du cor

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Robert Schumann (1810-1856) : Konzertstück pour 4 cors et orchestre, Op.86 ; Adagio et Allegro, Op.70 (orchestration d’Ernest Ansermet) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Morceau de Concert, Op.94 ; Reinhold Glière (1875-1956) : Concerto pour cor, Op.91. Markus Maskuniitty, Martin Schöpfer, Kristofer öberg, Monica Berenguer Caro, cors ; Royal Stockholm Philharmonic Orchestra, Sakari Oramo. 2016/2018-Notice en anglais et allemand-59’08-Ondine-ODE 1339-2.

A Genève, un altiste remarquable : Nils Mönkemeyer

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Pour la seconde fois durant la saison 2018-2019, l’Orchestre de la Suisse romande invite l’Orchestre de Chambre de Lausanne placé sous la direction de sa principale cheffe invitée, Simone Young.

Le programme débute par un ouvrage néo-classique d’Igor Stravinsky, le ballet Apollon Musagète, écrit en 1927 à la demande de la mécène Elizabeth Sprague Coolidge pour un festival de musique contemporaine à Washington puis chorégraphié par George Balanchine pour les Ballets Russes qui le présentèrent à Paris au Théâtre Sarah-Bernhardt le 12 juin 1928. Imaginé comme un ‘ballet blanc’ aux lignes épurées à l’instar des marbres de l’Antiquité, le mince argument évoque la naissance du dieu soleil qui, devenu adolescent,  inspire trois des muses, Calliope, Polymnie et Terpsichore, pour les conduire au Parnasse. Et cette sobriété transparaît dans l’effectif orchestral qui ne comporte que le registre des cordes. D’emblée, la baguette de Simone Young dessine de fines arabesques pour en exploiter la veine lyrique, tout en prêtant un caractère primesautier au concertino élaboré par le premier et le second violon et le violoncelle solo qui joue la carte de la séduction. Par des tutti à l’arrachée, la Variation d’Apollon impose  une solennité qui s’estompera dans les inflexions suaves d’un pas de deux avec Terpsichore, Muse de la Danse. Et la coda ne sera plus que fringante envolée avec un clin d’œil attendri à ce dieu que l’on a vu naître.