Un hommage pianistique pour saluer la carrière de Pierrette Mari

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Escalades sur un piano. Pierrette Mari (°1929) : Thème et Variations ; Escalades sur un piano ; Alpes et Alpilles ; Espace intemporel ; Visages polaires. Olivier Messiaen (1908-1992) : Catalogue d’oiseaux, extraits : Le Chocard des Alpes ; Le Traquet rieur. Jean Dubé, piano ; Jasmine Jardon, violoncelle. 2017 et 2024. Notice en français et en anglais. 72’ 48’’. CIAR Classics CC019.

Cappella Mariana explore d’anciennes polyphonies d’Europe centrale et deux rares messes de Richafort

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Jean Richafort (c1480-c1550) : Missa O Genitrix gloriosa. Motet Veni Sponsa Christi. Missa Veni Sponsa Christi. Loyset Compère (c1445-c1518) : O Genitrix gloriosa – Ave Virgo gloriosa. Cappella Mariana. Vojtěch Semerád, ténor, direction. 2024 Livret en français, néerlandais, anglais, allemand. Paroles en latin, traduction quadrilingue. 68’49’’. MEW 2308

Flemish Polyphony in Central Europe. Heinrich Isaac (c1450-1517) : Kyrie, Gloria [Missa Chargé de deuil.] Johannes Tourout (fl. c. 1460) : Virga restauratrix. Credo, Sanctus [Missa sine Kyrie]. Pange lingua gloriosi. Ave Virgo Gloriosa / O praeclare Jesu. Nova instant cantica. Gaspar van Weerbeke (c1452-post 1517) : Animea mea liquefacta est. Quem terra pontus. O Lumen. Salus aeterna [attrib]. Johannes Ghiselin (fl 1491-1507) : O gloriosa Domina. Anonymes : Kyrie paschale. Victimae paschali laudes. Ave Maria ancilla Trinitatis. Ave Maria gratia plena. Paradisus Trinitatis. Michael, praepositus Paradisi. O Altissime. Cappella Mariana. Vojtěch Semerád, ténor, direction. 2023. Livret en anglais, français, néerlandais ; paroles en langue originale traduite en anglais. 65’16’’. Passacaille 1133

Lio Kuokman et Jorge Luis Prats à l'OPMC

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Le chef d'orchestre Lio Kuokman est de retour avec l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo.  En 2023 avec Hélène Grimaud dans le Concerto n°1 de Brahms, l'année passée dans un programme russe avec Daniel Lozakovich. Cette année, il revient dans un programme lié aux Etats-Unis et il convainc tout autant l’orchestre et le public. 

Le programme commence par les 3 danses de la comédie musicale On the Town de Leonard Bernstein. C'est un plaisir de voir Lio Kuokman diriger, il déborde d'énergie et danse vraiment la musique.  La joie et la légèreté sautent aux yeux, l'orchestre répond magnifiquement. Les motifs rythmiques complexes sont traités avec facilité. Tout est fluide, vif et précis.

Le pianiste d'origine cubaine Jorge Luis Prats revient à Monaco avec le Concerto en fa de Gershwin. Ce concerto de forme classique est génial par sa vitalité mélodique et ses enchaînements spontanés.  Prats a connu la gloire, c'est vraiment dommage qu'il n'ait plus toute la visibilité qu'il mérite.  Il n'a rien perdu de sa virtuosité. Prats fait "swinguer" le concerto avec ardeur. C'est une performance ingénieuse et inspirante. Son jeu magistral, passionné, expressif et flamboyant enflamme le public. Il offre deux bis de compositeurs cubains, que personne ne joue aussi bien que lui tout d'abord Siempre en mi corazon d'Ernesto Lecuona, une mélodie qui touche les cordes sensibles puis Trois danses cubaines d'Ignacio Cervantes. L'interprétation de Prats est truffée de sensualité, d'humour, de délicatesse, de mélancolie, de saveur et de passion. 

Nadine Sierra et Xabier Anduaga : une apothéose du « bel canto » dans La Sonnambula au Liceu

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J. Ph. Rameau écrivait vers 1760 : « L’expression de la pensée, du sentiment, des passions, doit être le vrai but de la Musique ». La Sonnambula de Vincenzo Bellini, écrite quelque soixante-dix ans après, pourrait être définie comme le paradigme de cette devise : passions et sentiments sont portés à un tel degré d’excellence, pour ne pas dire d’exacerbation en pleine tourmente romantique que l’œuvre peut apparaître actuellement comme désuète ou surannée. Je connais pas mal de musiciens ou mélomanes qui contemplent le « bel canto » bellinien comme une sorte de « mode mineur » de la musique par son apparent schématisme harmonique, sans lui accorder son véritable mérite créatif. Cette mélodie éternelle, avec ses « messe di voce », « colorature », « cadenze » et autres artifices virtuoses qui influença même Wagner, pose comme condition préalable à son exécution artistique la maîtrise absolue de la virtuosité vocale la plus accomplie pour la mettre illico au service de l’expression la plus profonde et authentique des émotions et des passions humaines. Bellini avait à sa disposition deux légendes du chant : Giuditta Pasta (créatrice aussi de Norma et de Beatrice di Tenda) et Giovanni Battista Rubini (id. pour Puritani et Il pirata) et il sut comment les mettre au défi et finalement en valeur. Il va sans dire que cet art n’est pas donné à quiconque et qu’on entend trop souvent des chanteurs qui fournissent un effort important pour venir à bout des difficultés et dont l’accomplissement artistique est -osons le dire- mineur. Les écouter peut amener une compréhensible lassitude… Lorsqu’on parle de Nadine Sierra et de Xabier Anduaga… on ne parle plus du tout des artistes du même monde : ce sont deux véritables phénomènes ! Sierra signait ici son quatrième grand rôle au Liceu, après Lucia di Lammermoor, Manon et Traviata et l’amour que le public lui porte est proprement indescriptible, sa performance est à tout bout de champ jalonnée de « bravi » et de tonnerres d'ovations qui ont prolongé la soirée d’environ une demi-heure…  Dès son premier air, Come per me serena, truffé de nouvelles cadences de la plus haute difficulté et couronné par un Mi bémol suraigu de ceux qui font frémir l’auditoire, l’enthousiasme de l’assemblée devenait paroxysme. Et il faut reconnaître que même si l’une ou l’autre de ses notes n’a pas trouvé la perfection de l’émission, c’est tellement minime (et certainement expliqué par la fatigue, puisque toute l’équipe avait joué la veille et remis cette représentation aux abonnés affectés par la grande coupure de courant du 28 avril) que le bonheur de l’écouter est absolu. Les deux duos, Prendi : l’anel ti dono et Son geloso del zeffiro errante continuent sur la route du ravissement pour culminer sur la grande scène finale de somnambulisme, Ah non credea mirarti où, juchée sur une toiture vertigineuse, elle atteint l’apogée de son art. Rappelons juste le Fa suraigu absolument surnaturel (c’est une voix déjà largement lyrique) qu’elle a offert pour finir sa performance et oublions l’indescriptible délire déclenché dans le public…

Nicola Porpora : anthologie sacrée pour alto, sur les traces de la jeune Anzoletta

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Music for the venetian Ospedaletto. Nicola Antonio Porpora (1686-1768) : Placida surge, Aurora S232 ; Salve Regina S308 ; Qualis avis cui perempta S234. Concerto pour violoncelle en sol majeur. Josè Maria Lo Monaco, mezzo-soprano. Stile Galante, Stefano Aresi. Barbara Altobello, Matilde Tosetti, Rossella Borsoni, Elisa Imbalzano, violon. Krishna Nagaraja, alto. Agnieszka Oszańca, violoncelle. Daniele Rosi, contrebasse. Andrea Friggi, orgue, clavecin. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en latin, traduction en anglais. Septembre 2022. 67’36’’. Glossa GCD 923537

Stokowski à Londres

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Leopold Stokowski. Vol 2. John Alldis Choir, Royal Philharmonic Orchestra, New Philharmonia Orchestra, London Symphony Orchestra & Chorus, direction : Leopold Stokowski. Enregistrements de concerts. 1961-1974. Pas de livret. 6 CD ICA Classics. ICAB 5183