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Revivre, remourir, encore et encore

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« Macbeth Underworld » de Pascal Dusapin, dirigé par Alain Altinoglu et mis en scène par Thomas Jolly –

Une création inaugure la nouvelle saison de La Monnaie à Bruxelles : une relecture-prolongement du « Macbeth » de Shakespeare due au compositeur français Pascal Dusapin. Si sa partition, son interprétation et sa mise en scène convainquent, le déferlement de son livret aux propos parfois trop denses et composites porte atteinte aux émotions.

Il nous arrive d’imaginer que des personnages de romans, de pièces de théâtre ou d’opéras ont leur existence propre et que, livre refermé ou rideau baissé, ils continuent à exister, donnant une suite à ce qu’ils nous ont fait partager ou le revivant dans l’espoir de mieux le comprendre et, qui sait, d’en modifier le cours. Pascal Dusapin et Frédéric Boyer, son librettiste, ont concrétisé pareille imagination : nous voilà confrontés au couple maudit qui, aux enfers ou en enfer, reprend, déformé par les souvenirs, les obsessions ou les remords, son parcours fatal. Celui qui à partir des prédictions royales des sorcières les a conduits à des meurtres successifs, aux ébranlements personnels, au suicide, au châtiment.

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Crescendo-Magazine vous propose désormais des podcasts ! Pour ce premier rendez-vous, Alain Altinoglu, Directeur musical du Théâtre Royal de La Monnaie de Bruxelles répond aux questions de notre Rédacteur en chef Pierre-Jean Tribot. Les thèmes de ce podcast sont : Hector Berlioz, Ludwig van Beethoven et Jacques Offenbach. Un podcast qui commence avec le film la Grande vadrouille et qui se termine par la Belle Helène d'Offenbach.

Le Conte du Tsar Saltane à La Monnaie. Quel chef !

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Emerveillement des yeux ! On n’oubliera pas ce que l’on a vu ! Avec d’abord le surgissement, par la salle, de personnages en costumes étonnants (Elena Zaytseva), figures de jeux de cartes, matriochkas, illustrations des livres de contes de notre enfance. C’est inventif, c’est coloré, c’est somptueux. Avec soudain, sur et derrière une immense toile, l’apparition peu à peu dessinée et coloriée d’un paysage, d’une ville, d’animaux, de personnages, d’images animées. Le héros traverse la toile et trouve sa place dans le décor dessiné, une femme-cygne y apparaît. On est ailleurs.

Dans un conte traditionnel, dans l’histoire d’une pauvre jeune femme trahie par ses sœurs et leur tante, condamnée à l’exil avec son fils, récompensée par un cygne-princesse (séduisante Olga Kulchynska) sauvé des griffes d’un rapace, jusqu’à ce que justice soit faite.

Alain Altinoglu fait triompher Beethoven

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Avec ce concert, Alain Altinoglu terminait son intégrale des Symphonies de Beethoven au pupitre de son Orchestre symphonique de La Monnaie, une intégrale commencée en juin dernier avec la Symphonie n°9 et menée sur toute cette saison. La particularité de cette série de concerts était d’adjoindre des oeuvres concertantes aux symphonies du Grand sourd, Ces oeuvres concertantes, commandées pour l’occasion, mettaient en avant les solistes de l’Orchestre.

Ce concert avait également force de symbole car l’oeuvre était un concerto pour violoncelle de Bernard Foccroulle, ancien directeur de ce même Théâtre Royal de La Monnaie, avec Sébastien Walnier, chef de pupitre des violoncelles en soliste. Climbing-Dancing est dédié à la mémoire de la chorégraphe Trisha Brown. Dans le programme du concert, Bernard Foccroulle explique que la Symphonie n°7 de Beethoven lui a spontanément évoqué la figure de la célèbre chorégraphe, elle aussi liée à l’Histoire de La Monnaie par ses mises en scène de l’Orfeo de Monteverdi ou de Luci mie traditrici de Sciarrino. En deux mouvements, Climbing-Dancing est une oeuvre poétique et subtile. Le premier mouvement explore l’aigu du violoncelle presque dans un geste opératique d’une voix mélodieuse alors que le second mouvement est une séquence plus rapide et virtuose. On sent poindre l’écriture de l’organiste et l’immense culture musicale de Foccroulle avec quelques touches délicates en hommage à Messiaen. Dans tous les cas, Climbing-Dancing est une exceptionnelle partition et on lui souhaite de s’affirmer au répertoire.

Un bouleversement sensoriel : Tristan und Isolde de Richard Wagner

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A l’opéra, l’essentiel, évidemment, c’est ce que l’on entend : un livret mis en musique et chanté. Il arrive, malheureusement, qu’une incarnation scénique–scénographique, encombrante, prétentieuse, en contresens, vienne en compromettre la réception. Mais heureusement, des metteurs en scène offrent à l’œuvre qu’on leur a confiée le meilleur des environnements, celui qui garantira au chant les meilleures possibilités d’expression et d’épanouissement. C’est le cas à La Monnaie ces jours-ci pour le Tristan und Isolde conçu par Ralf Pleger et Alexander Polzin.

Et pourtant, l’on pourrait être perplexe quand le rideau se lève pour chacun des trois actes : au premier acte, un immense miroir se dresse au fond du plateau, de tout aussi immenses « stalactites » pendent au plafond. L’un après l’autre, ils se développent lentement mais sûrement et finissent par toucher le sol. Au second acte, une installation monumentale surgit, sorte d’immense (oui encore) souche d’arbre, mais dont on a vite l’impression qu’elle est plutôt comme un entrelacs de corps pétrifiés. Au troisième acte, c’est une immense (oui toujours) cloison percée de trous tantôt éclairés tantôt traversés par des tubes, qui s’avance inexorablement.

Agnès Clément, harpiste

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Lauréate du prestigieux concours ARD, la harpiste Agnès Clément occupe le poste de harpe solo auprès de l’Orchestre symphonique de La Monnaie. Avec ses collègues, et sous la direction d’Alain Altinoglu, elle vient de donner la création mondiale du Concertino de notre compatriote Wim Henderickx. Alors que sort un CD intitulé “Le Rossignol en Amour”, Agnès Clément répond aux questions de Crescendo Magazine.

Vous avez remporté le très prestigieux concours de l’ARD en Allemagne. Qu’est ce que cette victoire vous a apporté ?

Ce concours de l’ARD a été une expérience très enrichissante dans beaucoup de domaines. Lors de sa préparation, j’ai expérimenté une manière totalement nouvelle pour moi d’appréhender le répertoire. J’ai choisi une approche intériorisée, presque méditative, des oeuvres. Détachée de l’instrument et libérée de ses contraintes techniques, la musique prend forme mentalement, elle se construit peu à peu dans un travail de visualisation où l’imaginaire se joue des limites musicales.

C’était passionnant de découvrir ce champ des possibles, et le concours a été pour moi l’occasion d’aboutir dans ce travail. Mon jeu en a été métamorphosé, et les innombrables propositions de concerts qui ont découlé du concours m’ont permis d’aller toujours plus loin dans ces découvertes musicales. C’était donc un moment pivot, qui m’a énormément apporté !

Beethoven en perspective avec Alain Altinoglu

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Dans le cadre de sa saison symphonique au Palais des Beaux-Arts, l’Orchestre symphonique de La Monnaie et son directeur musical Alain Altinoglu proposent une intégrale des symphonies de Beethoven mise en relief avec des créations contemporaines qui permettent d’offrir de la visibilité aux solistes de l’orchestre.  Pour cette étape les Symphonies n°5 et n°6 étaient confrontées à la création du Concertino pour harpe (...after a soft Silence, an enormous Thunder…) du compositeur belge Wim Henderickx avec la harpiste Agnès Clément en soliste.

Benoît Mernier : explorations musicales

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Benoît MERNIER (°1964) : Dickinson Songs ; Concerto pour orgue
La Choraline, dir. Benoît Giaux ; Orchestre symphonique de la Monnaie, dir. Alain Altinoglu ; Olivier Latry, orgue ; Orchestre National de Belgique, dir. Hugh Wolff
2018 DDD 51’08 Livret français, néerlandais, anglais  CD Cyprès CYP 4649

Don Pasquale, réussite totale à La Monnaie

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Venant après une Flûte enchantée très problématique et une De la maison des morts peu festive par nature, cette nouvelle production de Don Pasquale de Donizetti faisait office de bulles de champagnes bien en accord avec l’ambiance des fêtes de fin d’année. Il faut dire que l’affiche pouvait rassurer les plus sceptiques : Laurent Pelly à la mise en scène et Alain Altinoglu en fosse ! Un tandem qui a fait ses preuves à La Monnaie !

A La Monnaie : un double programme Bartok

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Bartok

Ante Jerkunica, Nora Gubisch © C. De Keersmaecker

Le Château de Barbe-Bleue - Le Mandarin merveilleux
"La musique (de Bartok) laisse une grande place à l'imagination, elle offre une toile blanche que l'on peut colorier soi-même", écrit joliment le metteur en scène, Christophe Coppens, dans le programme de salle. Cette toile, il la colorie de manière très différente, ayant couplé un opéra court, sombre et tendu, avec un ballet-pantomime aux caractères exacerbés.

Dialogues des Carmélites, chef-d'oeuvre de Poulenc

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Nabil Suliman (Le-Geôlier),Véronique Gens (Madame Lidoine), Angélique Noldus (Soeur Matilde), Mireille Capelle (Mère Jeanne) ©Baus.jpg

Loin des fresques flamboyantes adoptées pour Les Huguenots (2011) ou Hamlet (2012) sur cette même scène de La Monnaie, Olivier Py approche le chef-d'oeuvre de Poulenc avec toute l'épure et la sobriété attendues. Et ce, dès le deuxième tableau du premier acte, lors de l'entrée dans les ordres de Blanche, saisissante. Coproduit par le Théâtre des Champs-Elysées, où ils furent créés en 2013, ces Dialogues des Carmélites impressionnent.

Compositeurs belges et créations pour ouvrir la saison musicale bruxelloise

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Mernier

Benoît Mernier

Après Pinocchio, le dernier opéra de Philippe Boesmans créé cet été au Festival d'Aix-en Provence et qui fêtait le retour de la Monnaie en ses murs pour ouvrir la saison, et avant Scena “E vidi quattro stelle” (frammenti dal Purgatorio di Dante) pour soprano, baryton, cornet à bouquin, trois saqueboutes (ou trombones), harpe et grand orgue de Bernard Foccroulle, c'est à Benoît Mernier que revenait l'honneur d'inaugurer l'orgue de Bozar rénové après cinquante ans de silence et qui ouvrait aussi la saison avec la création de son concerto pour orgue (voir notre article) puis, dimanche, celle de ses Dickinson Songs.

Aïda : un opéra de chef ?

par
Aida

© Foster.be

Avec sa succession de tableaux grandioses et intimes, héroïques et extasiés, Aïda de Verdi représente un formidable défi pour un metteur en scène, a fortiori lorsqu'il s'agit d'une première à l'opéra pour celui-ci. Stathis Livathinos est en effet issu du sérail théâtral grec. Avoir mis en scène Médée d'Euripide ou L'Iliade d'Homère donne-t-il les clés du monde lyrique ?

Lamentation, exotisme et flamboyance

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C'est un orchestre de La Monnaie en toute grande forme qu'a dirigé son nouveau directeur musical, Alain Altinoglu. Programme hybride, vaguement relié à l'actualité lyrique de la maison : Takemitsu, Saint-Saëns, Janacek. Peu importe, le concert fut superbe.

L'heure des opéras de Rimsky serait-elle venue ?

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Le Coq d'Or. P. Hunka (Tzar Dodon), A. Dolgov (Tzarevich Guidon), K. Shushakov (Tzarevich Afron) © Baus:Munt-Monnaie

Le Coq d'or à La Monnaie
En 1981, la Belgique avait découvert le dernier opéra de Rimsky-Korsakov, à Liège, en version française, avec un éblouissant Jules Bastin en tsar Dodon. Revoici ce chef-d'oeuvre, en russe cette fois. Si la mise en scène de l'époque (Laco Adamik) soulignait l'imparable côté comique du livret, Laurent Pelly prend la chose beaucoup plus au sérieux.

A travers le désert, mille chameaux chargés d’étoffes

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Mârouf, savetier du Caire (Rabaud)
Créé le 15 mai 1914, Mârouf s’avéra rapidement comme l’un des plus grands succès de l’Opéra-Comique et fut sans cesse représenté jusqu’à la seconde guerre mondiale. Une reprise tardive à Nantes fut l’occasion d’un bel enregistrement grâce auquel les mélomanes d’aujourd’hui ont pu se familiariser avec une partition tout sauf surannée.