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Pierre-Yves Pruvot, baryton et éditeur

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Le baryton Pierre-Yves Pruvot est bien connu du public belge. Finaliste du Concours Musical Reine-Elisabeth, il est un invité régulier de l’Opéra de Liège et d’autres scènes belges. On le retrouve en Golaud dans Impressions de Pelléas de Marius Constant (Fuga Libera), sujet de départ de cet entretien. Mais Pierre-Yves Pruvot est également le co-fondateur des éditions Symétrie de Lyon, l’une des plus belles réussites éditoriales dans le milieu de la musique.    

Vous avez participé à l’enregistrement  d’Impressions de Pelléas (rôle de Golaud), réinterprétation du Pelléas et Mélisande de Debussy  par le compositeur et chef d’orchestre français Marius Constant. Comment avez-vous découvert cette “version” si particulière ?

Constant a réussi le tour de force de « concentrer » le chef d’œuvre de Debussy en le réduisant environ d’un tiers de sa longueur. Non pas que l’opéra soit trop long, mais il s’agit plutôt ici de présenter l’ouvrage dans une forme plus intime : les personnages secondaires et le chœur disparaissent ainsi que certaines scènes, d’autres passages sont raccourcis, et la version de Constant débute avec la lecture de la lettre par Geneviève, comme une sorte de flashback. D’autre part, Constant utilise ici deux pianos seulement, qui ne cherchent bien sûr pas à se substituer à la richesse de l’orchestre debussyste, mais qui contribuent cependant à donner une dimension à la fois intime et riche de la partition de Debussy. Je connaissais l’existence de cette version réduite mais je n’avais pas eu l’occasion de m’y plonger avant la proposition que m’ont faite Inge Spinette et Jan Michiels, les deux merveilleux pianistes belges instigateurs de ce projet.

Un enchantement visuel et musical

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Dido and Aeneas de Henry Purcell
Perle de l'opéra baroque, Dido & Aeneas (1689) ne dure qu'une cinquantaine de minutes. Avec quel opéra le coupler ? Les autres oeuvres lyriques de Purcell ("masks") sont trop longues. Soit on choisit un opéra similaire, comme son modèle, Venus & Adonis de John Blow (1683), soit on propose des pages instrumentales, le catalogue du musicien étant bien étoffé.

Formidable prise de rôle pour Jodie Devos !

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Laurent Kubla, Jodie Devos et Lionel Lhote ® Opéra Royal de Wallonie - Lorraine Wauters

Il Barbiere di Siviglia à l'ORW
A tout seigneur tout honneur : le Figaro de Lionel Lhote a dominé le spectacle. Quelle chance aussi de disposer d'un air d'entrée aussi brillant et connu que le Largo al factotum: réussi, le baryton met le public dans sa poche comme il le fit en 2004 lors de la finale du Concours Reine Elisabeth !

Voltaire et Rameau : une rencontre au sommet

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Rameau et Voltaire. Temple de la gloire, caricature par Campion de Tersan, 1763.

Le Temple de la Gloire (Rameau)
Voltaire était-il musicien ? Déjà, en 1736, il faisait dire à son Mondain, qui exaltait le bonheur de vivre de l'époque :
" Il va siffler quelque opéra nouveau,
" Ou, malgré lui, court admirer Rameau".

Les Agrémens et Jodie Devos : premier temps fort du festival de Namur

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Henri Joseph De Croes (1756-1842): Symphonie en mi bémol majeur (1782)
(Adagio, Allegro molto-Andantino-Menuetto allegro-Rondeau presto)
Franz Joseph Haydn (1732-1809):
- Symphonie n°53 en ré majeur « L'Impériale »
(Largo maestoso, Vivace-Andante-Menuetto-Finale : Presto)
- Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol majeur
(Allegro-Andante-Allegro)
- Cantate « Miseri noi, miseria patria » pour soprano et orchestre
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791): Air de concert « Vorrei Spiegarvi Oh Dio Ari » pour soprano et orchestre
Les Agrémens, dir.: Guy Van Waas, Jodie Devos (soprano), Jean-François Madeuf (trompette)

Un Belge sous Louis XVI

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Thésée de Gossec à Liège
Décidément, la tragédie lyrique post-gluckiste a le vent en poupe ces derniers temps. Après Catel ou Sacchini, voici Gossec. Non, ce musicien originaire du Hainaut belge n’est pas seulement l’auteur de symphonies remarquables ni de chants révolutionnaires, mais aussi de deux tragédies lyriques dont ce Thésée de 1782, écrit sur le même texte de Quinault déjà utilisé par le vieux Lully, ainsi que le voulait Devismes, directeur de l’Opéra, dans un effort de relance du patrimoine, à l’instar de l’Armide de Gluck ou de l’Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach.