Un second cycle Mozart à l’OSR    

par cosmopolitan dating older man

Après une première série Mozart des 6, 8, 16 et 18 juin et une Neuvième de Beethoven sans public mais filmée par la télévision et diffusée par Arte le dimanche 21 juin, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande proposent un second programme Mozart les 23 et 25 juin en sollicitant le concours de ses deux premiers violons soli comme interprètes de l’un des concerti

Ainsi le premier soir, Svetlin Roussev présente le Quatrième en ré majeur K.218 en répondant au brio de l’introduction instrumentale par un jeu d’une extrême élégance, compensant la sonorité opaque de son grave par la finesse de ses aigus et achevant l’Allegro initial par une cadenza inventive. L’équilibre entre les registres est rétabli par l’Andante cantabile où la ligne du solo semble continue en planant au-dessus du tutti qu’elle émoustillera d’élans primesautiers pour un finale brillant où se glisse un motif de gavotte à tempo retenu. En bis, Svetlin Roussev est éblouissant de virtuosité dans le diabolique Treizième Caprice en si bémol majeur de Paganini. 

Le second soir, c’est à Bogdan Zvoristeanu qu’incombe le Cinquième Concerto en la majeur K.219 dont l’exposition cultive les contrastes d’éclairage avant l’entrée du soliste qui fait valoir une cavata magnifique s’alliant à la précision du trait, irradiant ensuite une cadenza extrêmement développée avec force trilles et doubles cordes. La sonorité se feutre dans le sublime Adagio où la cantilène est intensément expressive, tandis que le Minuetto du Rondò appuie le trait avec un mordant qui pimentera la turquerie conclusive. A titre de bis, le violoniste adresse un clin d’œil à sa Roumanie natale en nous faisant découvrir une page de George Enescu qui aurait pour titre Le Troubadour (?).

Lors des deux concerts, Jonathan Nott inscrit au programme la Trente-Neuvième Symphonie en mi bémol majeur K.543 en recourant à une formation réduite à une quarantaine d’instrumentistes incluant néanmoins une flûte, clarinettes, bassons, cors et trompettes par deux plus les timbales, mais étalée sur la scène et produisant une sonorité particulière où les vents priment sur les cordes. Mais le public, éparpillé dans la salle selon les normes de sécurité, ne boude pas son plaisir, même si la première exécution donne l’impression d’être la répétition générale de la seconde, ce qui est ici monnaie courante. Le chef aborde l’Adagio introductif avec une rapidité qui assimile les traits de triples croches à des glissandi, aboutissant à un Allegro amène avec ses moirures, innervé par une énergie qui vitalise ensuite un Andante au lyrisme généreux. Le Menuet se veut explosif par la bousculade de ses attaques que le Trio métamorphosera en volutes légères suggérant une valse lente, alors que le Finale a la fougue d’un Presto exubérant qui emporte l’adhésion gratifiante des spectateurs.                                                     

Paul-André Demierre

Genève, Victoria Hall, les 23 et 25 juin 2020

Crédits photographiques : Thomas Mueller

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