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À Genève, une création à l’OSR  

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Pour l’un des derniers concerts de la saison 2018-19, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande présentent une de leurs commandes dont ils ont assumé la création le mercredi 8 mai, le Concerto pour flûte et orchestre ‘Memento Vivere’ qu’Eric Montalbetti a écrit à l’intention d’Emmanuel Pahud. Selon les dires du compositeur, le sous-titre « Souviens-toi que tu es vivant » signifie que la flûte est avant tout l’instrument du souffle et que l’arrêter serait comme le faire mourir. Dans une esthétique qui rappelle le dernier Messiaen, l’œuvre est d’un seul tenant, même si elle comporte quatre parties qui s’enchaînent les unes aux autres. Ainsi, le Prélude aux Dieux antiques est développé comme une houle incantatoire suscitant les volutes de la flûte, comme un Premier souffle s’appuyant sur un tissu de cordes, xylophone et harpe que lacéreront de fulgurantes stridences. Le soliste recourt alors à la flûte basse pour évoquer un Memento mori dans le registre grave. Mais un dialogue entre le violon solo et l’alto donne libre cours à une Renaissance en trois parties, accumulant les blocs sonores sur lesquels se juchera la flûte délivrant un message d’espoir. Et les spectateurs ovationnent le soliste et le compositeur, visiblement ému et humblement reconnaissant de la qualité d’une exécution dont, en l’espace de deux jours, pourront témoigner les publics de la Seine Musicale à Paris et du Lac Sala Teatro à Lugano.

L’Orchestre de la Suisse Romande à la veille d’une tournée en Extrême-Orient

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Du 4 au 20 avril prochains, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande vont entreprendre une longue tournée en Asie et donner des concerts à Pékin, Shanghai, Séoul, Tokyo, Nagoya et Osaka. Leurs deux programmes ont d’abord été présentés au Victoria Hall au cours de deux soirées, les 27 et 28 mars. Le premier juxtapose Debussy, Stravinsky et Dukas, le second, Mendelssohn et Mahler.

Le premier a une saveur quelque peu âpre, en proposant Jeux, le poème dansé que Claude Debussy avait élaboré pour les Ballets Russes entre l’été 1912 et le début 1913. Cette partition complexe, Jonathan Nott l’aborde dans une mystérieuse lenteur où se dessinent plusieurs motifs jouant sur la richesse des timbres, avant qu’une vrille ne produise une première phrase mélodique, aussi souple que la balle de tennis que s’échangent les trois partenaires de l’argument. Chaque segment acquiert un caractère par l’emploi d’un rubato subtil, tandis que les bois élaborent un motif de choral qui finira par se diluer aussi énigmatiquement que le début. Puis est présentée une page de jeunesse, mal-aimée par son auteur, la Fantaisie pour piano et orchestre en sol majeur, écrite entre 1889 et 1890, ayant pour soliste le jeune Jean-Frédéric Neuburger. L’introduction orchestrale, ployant sous la mélancolie, est irradiée par les trilles du clavier, révélant un jeu puissant qui se veut sensible aux notes pointées mais qui manque singulièrement de brillant, impression qui s’atténue avec le Lent, élégiaque par les arpèges perlés ; les giboulées de notes rapides lancent un finale où les traits martelés provoquent une exubérance modérée. En bis, le pianiste révèle ses limites en négociant dans une lourdeur pâteuse deux des Préludes op.28 de Chopin, les numéros huit en fa dièse mineur et treize en fa dièse majeur.

L’OSR centenaire !

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En cette dernière semaine de novembre, l’Orchestre de la Suisse Romande commémore ses cent ans d’existence par trois concerts exceptionnels.

Le 27 novembre, Jonathan Nott, son directeur artistique et musical, a choisi un programme éclectique débutant par une œuvre étroitement associée au répertoire de la formation, la Troisième Symphonie dite Liturgique d’Arthur Honegger, créée à Zürich le 17 août 1946 sous la baguette de son dédicataire, Charles Münch puis mise régulièrement à l’affiche par Ernest Ansermet. «J’ai figuré musicalement le combat qui se livre dans le cœur (de l’homme) entre l’abandon aux forces aveugles qui l’enserrent et l’instinct du bonheur, l’amour de la paix, le sentiment du refuge divin», déclarait le compositeur. Dans le Dies irae initial, le chef provoque l’opposition des blocs sonores aux arêtes tranchantes pour faire surgir l’exaltation des cordes face à la rigidité des cuivres. Le De profundis clamavi est une sombre méditation que transperce le lyrisme consolateur des violons contrepointé par les volutes de la flûte. Et le Dona nobis pacem ressemble à une marche inexorable, scandée par les cordes jusqu’au paroxysme de la violence ; puis un legato soutenu exprime l’apaisement en une conclusion impressionnante.

A l’OSR, l’Ecole de Vienne et Brahms

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Pour les trois premiers concerts de saison de l’Orchestre de la Suisse Romande, Jonathan Nott a décidé de mettre en parallèle l’Ecole de Vienne et Brahms. Après les Six Pièces pour orchestre op.6 d’Anton Webern (présentées le 3 octobre) a été proposé, le 17, Erwartung, le monodrame d’Arnold Schoenberg composé entre la fin août et la mi-septembre 1909.

Le Chant de la Terre

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Gustav MAHLER
(1860 - 1911)
Das Lied von der Erde
Bamberger Symphoniker, dir.: Jonathan Nott – Roberto Sacca, ténor – Stephen Gadd, baryton
2017-DDD-61’28-Texte de présentation en allemand, français et anglais-Tudor-7202