A Genève, l'OSR à la veille d'une tournée européenne
Dix jours avant d’entreprendre une tournée européenne qui inclura Vienne, Munich, Berlin, Copenhague, Francfort, Hambourg et Paris, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande présentent pour deux soirs à Genève l’un des deux programmes comportant les Images pour orchestre de Claude Debussy et le Deuxième Concerto pour piano et orchestre de Brahms.
Ô combien est regrettable le fait que, durant les huit années passées à la tête de l’OSR, Jonathan Nott ait si peut inscrit à ses programmes la production symphonique de Claude Debussy. Car ces Images pour orchestre, triptyque composé entre 1907 et 1911, révèlent son art de mettre en valeur la richesse des timbres, ce que démonte Gigues avec son canevas irisé par les trompettes et les cymbales en sourdines, le célesta et les harpes soutenant le dialogue des deux grandes flûtes avec le hautbois d’amour. En découle une atmosphère bucolique que le cantabile des cordes divisées étoffera en dynamisant le tutti, avant de replonger dans la triste grisaille du début.
Par de cinglants accords ponctuant l’interventions des castagnettes et tambours de basque, Iberia et sa première séquence Par les rues et par les chemins établissent un saisissant contraste en se laissant griser par une sevillana exposée par les clarinettes auxquelles répondront les bassons puis les violons, cédant rapidement la place au hautbois d’amour langoureux contrecarré par un vigoureux appel de cors. Mais le discours s’étiole en points de suspension qu’appesantissent Les parfums de la nuit enveloppant une habanera que développe le cor sur des basses fluides. De lointaines cloches annoncent Le matin d’un jour de fête. Une lumière aveuglante galvanise cette feria jouant des contrastes de phrasé pour parvenir à une coda en apothéose.