A Simple Song : pour les amoureux de l’orgue, de la voix et de la poésie

par https://privatzimmer-berlin.com/

Œuvres de L. BERNSTEIN, A. COPLAND, C. IVES, G. MAHLER, R. STRAUSS, A. PÄRT, M. DURUFLE, O. MESSIAEN, F. POULENC, F. MARTIN, F. LISZT, R. ROGERSAnne Sofie von Otter (mezzo-soprano), Bengt Forsberg (orgue), Fabian Fedriksson (guitare électrique), Sharon Bezaly (flûte), Margareta Nilsson (harpe), Nils-Erik Sparf (violon), Marie McLeod (violoncelle), Ellen Nisbeth (alto).2018 - SACD - 61’09’’ - Textes de présentation en anglais, allemand et français – Bis - BIS-2327

Cet album commence par une agréable surprise : alors que l’on s’attend à n’entendre que du chant et de l’orgue, une guitare électrique vient nous chatouiller l’oreille. Telle une lyre moderne, elle accompagne l’hymne suivant: « Chantez à Dieu une chanson simple : Lauda, Laudé. Inventez-la au fur et à mesure : Lauda, Laudé. Chantez comme vous aimez chanter. Dieu aime toute chose simple, car Dieu est le plus simple de tous. ». Harpe, flûte et enfin orgue se fondent progressivement dans une instrumentation étonnement harmonieuse. Cette véritable ode à la simplicité et à la spontanéité, extraite de Mass de L. Bernstein, donne le ton pour le reste de l’album.

Anne Sofie von Otter, égale à elle-même, propose un programme varié mais très cohérent -voyez la liste de compositeurs différents ! On ressent dans le naturel de sa voix et la sincérité de son interprétation une passion personnelle pour l’exploration de la spiritualité à travers la musique des XIXe et XXe siècles.

Dès la deuxième piste, l’orgue que l’on discernait à peine prend davantage la parole pour entrer en dialogue avec le chant. Comme la poétesse américaine Emily Dickinson, autrice de I’ve heard an organ talk sometimes mis en musique par Copland, nous nous laissons emporter par les pouvoirs mystiques de l’orgue qui nous parle.

Beaucoup des œuvres de l’album n’étaient pas écrites à l’origine pour cet instrument et c’est avec émerveillement que l’on les redécouvre animées de ce nouveau souffle. Bengt Forsberg a un véritable orchestre au bout des doigts, accompagnant le chant avec une finesse et une variété de couleurs absolument délicieuses. (Félicitons au passage Michael Forsberg, fils de l’organiste, qui a préparé les registres sur cet orgue Marcussen.) L’album serait même une excellente porte d’entrée vers l’univers si particulier de l’orgue pour ceux qui n’y sont pas initiés.

Les amoureux de la poésie y trouveront leur bonheur. La diction de von Otter est impeccable, tant en anglais qu’en allemand, en latin ou en français -inutile de suivre le texte avec le livret pour en saisir toutes les subtilités. 

Les œuvres coups de cœur sont trop nombreuses pour toutes les citer, les interventions ponctuelles d’instrumentistes supplémentaires aussi, mais ne clôturons pas cet article sans mentionner Morgen ! de R. Strauss arrangé pour orgue, harpe, violon et chant… un moment de douceur à faire fondre le cœur comme un marshmallow…

Aline Giaux, Reporter de l’IMEP

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