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Un puzzle exactement agencé, des convergences dynamiques : les clés d’une réussite confondante : Die Frau ohne Schatten de Richard Strauss au Festival d’Aix-en-Provence

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C’est avec un enthousiasme unanime que le public du Grand Théâtre de Provence a manifesté son bonheur à la fin de la représentation de La Femme sans ombre de Richard Strauss. Ovationnant une incontestable réussite.

Il s’agit là effectivement d’une production qui s’inscrira dans le souvenir de ceux qui auront eu la chance d’y assister – un public qui se multipliera d’ailleurs grâce à une diffusion en direct sur Arte ce jeudi 9 juillet à 19h et, coproduction oblige, en la découvrant à La Monnaie de Bruxelles lors d’une prochaine saison.

Dans ce cas-là, chaque fois, on se demande pourquoi on est ainsi exalté, convaincu, bouleversé, si heureux d’avoir vécu ces moments-là.

Deux mots pour expliquer cela : puzzle et convergence.

Puzzle : une production, c’est l’assemblage d’une série de « pièces », d’éléments essentiels à l’accomplissement d’un projet. Il faut qu’ils soient exactement découpés. Convergence : il faut que les pièces ainsi découpées s’agencent, se combinent et s’amplifient, dans le dynamisme de leur jonction.

Il y a d’abord « l’histoire », le récit, le livret. L’Impératrice, fille du roi des Esprits, a épousé l’Empereur des Îles du Sud-Est. Elle n’a hélas ni ombre ni enfant ; et si cela ne se résout pas, son mari sera changé en pierre ! Elle descend donc chez les humains afin d’y trouver l’ombre nécessaire. Ce qui la conduira chez le teinturier Barak et sa femme. Vouloir se procurer l’ombre de cette femme confrontera l'Impératrice à de graves questionnements. Rassurez-vous, happy end, tout sera bien qui finira bien pour les deux couples.

C’est Hugo von Hofmannsthal qui signe ce livret, un livret composé en accord (désaccords parfois) avec Strauss. Il est vrai que les deux hommes ont formé un duo remarquable, qui nous aura valu six chefs-d’œuvre : Elektra, Der Rosenkavalier, Ariadne auf Naxos, Die Frau ohne Schatten, Die ägyptische Helena et Arabella. On imagine aisément leur complicité et la façon dont le compositeur pouvait amener son auteur à comprendre ses exigences de composition.

Mais surtout, il y a la partition. Comme l’a dit Klaus Mäkelä, le chef d’orchestre : « D’une richesse extraordinaire, elle fait appel à toutes les ressources possibles ». Incontestablement, ellee fait de l’orchestre un personnage à part entière. Comme le prouvent d’ailleurs les intermèdes qui le laissent s’exprimer en solo. Quelle intensité, quels contrastes, quelle belle place laissée à des solistes, quels déferlements, quels épanchements, quelles subtilités.

Et Klaus Mäkelä, justement, lui confère une vie extraordinaire. De ma place dans la salle, je pouvais le voir diriger. Quelle façon de prendre son orchestre « à bras-(baguette)-le corps, de l’exalter, de le conduire à des raffinements extrêmes. Il est vrai que « son » Orchestre de Paris est en phase avec lui.

Une flûte désenchantée, un concept qui s’essouffle : La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart au Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence

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Comme le plus souvent dans ces cas-là, ça commence bien : Clément Cogitore, qui est aussi vidéaste, nous plonge dans des images de guerre, immeubles détruits, populations errantes hagardes. Et surtout, des images d’enfants, dépenaillés, pieds nus, affamés ou cigarette fanfaronnement au bec. Des images datées d’une autre époque, mais en fait de toutes les époques… dont la nôtre, évidemment, tristement.

Et sur le plateau, ce sont de jeunes enfants vêtus à l’identique des images qui apparaissent. L’attention va être focalisée sur deux d’entre eux. On comprend tout de suite l’idée sous-jacente : si d’habitude, La Flûte enchantée de Mozart nous fait suivre le parcours de deux jeunes êtres en devenir, cette fois-ci, on remonte aux sources, à la petite enfance. C’est tout ce parcours d’initiation-là que nous allons revivre. Pourquoi pas. Notre actualité est faite d’images de la réalité traumatisante de ces petits bouts plongés dans un monde qui les nie, qui les écrase, qui les prive des possibilités d’un épanouissement, ou qui pourrait, par mimétisme, les amener à répéter les conflits destructeurs. Et l’on repense alors à Saint-Exupéry et à sa phrase sur ces êtres-là au cœur de la tourmente : « Mozart assassinés »

Mais, me direz-vous, ces enfants ne chantent pas ?

Eh bien non, dans leur ombre, on découvre deux solistes, les Pamina et Tamino du récit, qui donneront à entendre leurs airs.

Lille Piano(s) Festival 2026 : des claviers et des talents à profusion

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Le Lille Piano(s) Festival a tenu sa 23e édition les 12, 13 et 14 juin 2026, avec une quarantaine d’événements, récitals et concerts répartis dans une dizaine d’espaces de la ville.

Cette belle aventure pianistique a commencé dans les années 2000 par des rencontres en hommage au pianiste Robert Casadesus, avec la participation de son épouse Gaby, elle-même pianiste de grand talent. Puis, en 2004, Jean-Claude Casadesus, qui en était l’initiateur, a saisi l’opportunité de la désignation de Lille comme Capitale Européenne de la Culture (en même temps que la ville de Gênes) pour créer un véritable festival annuel. Ce projet a bénéficié du soutien de la municipalité lilloise, bien entendu, mais aussi de la Région (Nord-Pas-de-Calais à l’époque) et ensuite du département du Nord. Ceci est dit pour rappeler combien l’investissement public est déterminant pour faire vivre une grande politique culturelle et artistique au service de tous.

Ouverte à tous les courants musicaux, l’édition 2026 se singularisait par une importante représentation féminine. À commencer par Vanessa Wagner, l’une des pianistes les plus singulières de sa génération qui, en deux récitals, donnait à entendre l’intégrale des études de Philip Glass. Une fascinante découverte de couleurs sonores et d’infinies nuances rythmiques pour les auditeurs s’abandonnant à cette immersion sensorielle, confortablement installés dans des transats.

Époustouflante prestation féminine également lors du concert de clôture avec la pianiste franco-albanaise Marie-Ange Nguci, qui n’a pas hésité à « tomber la veste » (d’un beau rouge) en plein milieu de l’emblématique et redoutable Concerto n°3 de Rachmaninov, interprété sur le piano Steinway de l’ONL choisi par elle-même à Hambourg. L’orchestre était dirigé par Jean-Claude Casadesus, qui porte avec fringante allure ses 90 ans cette année.

Présence féminine toujours avec la pianiste turque Büsra Kayikçi, découverte à Flagey dans la capitale belge, qui marie habilement musiques traditionnelles anatoliennes et électronique contemporaine. On notait également la présence de Nai Barghouti, chanteuse et flûtiste palestinienne, de Mirabelle Kajenjeri, lilloise d’origine et finaliste du concours Reine Élisabeth, de Beatrice Berrut, Saskia Giorgini, Magdalene Ho, Risa Tohko (premier prix du concours d’orgue de Prague) ou encore Clëlya Abraham et son quartet pour la tendance Jazz.

Côté masculin, Vadym Kholodenko, né à Kiev en 1986, formé au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou auprès de la grande pédagogue Vera Gornostayeva, a déployé avec une stupéfiante intensité les multiples facettes de la Symphonie fantastique de Berlioz dans la transcription pour piano de Liszt. Un sacré défi !

4e édition du festival Pianopolis à Angers : pianos au pluriel

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Pour sa quatrième édition, le festival angevin Pianopolis, dirigé par Alexandre Kantorow et Nicolas Dufetel, musicologue et adjoint à la culture et au patrimoine de la Ville d’Angers, affirme une programmation éclectique. Sous leur direction artistique, le festival, porté par une volonté de diversité des répertoires et des esthétiques, investit plusieurs des plus beaux lieux d’Angers pour faire entendre, une fois encore, une large palette de styles musicaux

Elisabeth Leonskaja, la majesté

Cette année, Angers accueille une immense figure du piano : Elisabeth Leonskaja, l’une des grandes doyennes du piano international. Certes, à 80 ans, quelques notes échappent parfois au contrôle, quelques hésitations surgissent çà et là. Mais sa musicalité dépasse si largement ces accidents qu’ils deviennent insignifiants.

Le programme, essentiellement germanique, voire viennois, s’ouvre avec la Fantaisie en ut mineur K. 475 de Mozart. Dans cette bâtisse du XIIe siècle aux charpentes voûtées, les premières notes arpégées résonnent à l’instant où elle s’assied au piano. Le tempo est retenu, comme si chaque note avançait à pas mesurés. Le ton demeure grave, sans jamais sombrer dans le pathos. Et il y a toujours cette légèreté, cette innocence propres à Mozart. Tout au long de ce récital consacré également à Berg, Webern et Schubert, la pianiste donne une véritable leçon d’équilibre entre classicisme et modernité du XXe siècle, traversée d’une forte sensibilité romantique et postromantique. Dans la Sonate op. 1 de Berg, où le postromantisme semble à la fois exploser et résister à sa propre dissolution, elle préserve constamment le lyrisme de la ligne. Les phrasés chantent dans une sonorité intime, jamais saturée de résonance. Les Variations op. 27 de Webern se révèlent d’une grande sensibilité : chaque note possède sa propre trajectoire, sa propre direction. Son interprétation fait pleinement comprendre le caractère presque « vectoriel » de cette musique. Entre les deux, la Sonate en Ré majeur K. 576 de Mozart déploie ses multiples épisodes avec une dimension presque opératique. Pourtant, là encore, c’est sous le signe de l’innocence que s’impose son jeu.

Guide des Festivals 2026 : Crescendo Magazine présente sa sélection et ses 12 Coups de Cœur

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Avec le Guide des Festivals 2026, Crescendo Magazine lance un véritable compagnon de saison interactif. Carte interactive, filtres croisés, histogramme mensuel, badges thématiques et fiches éditoriales enrichies : un outil pensé pour les mélomanes et les professionnels, couronné par les 12 Coups de Cœur de la rédaction.

Un nouveau panorama des festivals classiques européens

L'été classique européen est devenu un continent à lui seul. Des grandes capitales lyriques aux abbayes médiévales, des manifestations centenaires aux jeunes festivals défricheurs, l'offre s'est multipliée au point de désorienter les plus passionnés. Avec le Guide des Festivals 2026, accessible à l'adresse festivals.crescendo-magazine.be, nous proposons un véritable outil éditorial — bien plus qu'un annuaire, un compagnon de saison interactif, vivant, mis à jour en continu.

Une carte interactive pour explorer l'Europe musicale

Au cœur du dispositif : une carte interactive Leaflet qui géolocalise précisément chaque festival sur le territoire européen. D'un simple regard, on perçoit la géographie réelle d'une saison — concentrations urbaines, pôles régionaux, foyers de tradition. Le mode plein écran transforme cette consultation en expérience immersive, idéale pour préparer un voyage musical ou simplement rêver à la prochaine échappée.

Filtres croisés et histogramme mensuel

Les filtres croisés permettent de naviguer selon plusieurs entrées : pays, genre musical, mois de programmation, recherche libre par nom de festival, lieu ou artiste. L'amateur de musique baroque ne consulte pas un guide comme l'amateur de création contemporaine ou de grand répertoire symphonique : à chacun son chemin de traverse.

Innovation particulièrement utile, l'histogramme mensuel offre une visualisation graphique de la densité festivalière. Pics de juillet, périodes creuses du début de saison, chevauchements fatals pour les programmateurs et critiques : tout se lit d'un coup d'œil. Les festivals eux-mêmes y trouveront un outil de positionnement précieux.

Des badges thématiques pour une lecture instantanée

Les badges thématiques automatiques — Musique ancienne, Création contemporaine, Plein air, Voix, Festival historique, et bien d'autres — caractérisent chaque manifestation et permettent une lecture instantanée de son identité.

Des fiches éditoriales

Un outil n'est rien sans la parole. Chaque festival fait l'objet d'une fiche éditoriale enrichie. L'identité graphique a été soignée à proportion : palette or et ivoire, typographies Cormorant Garamond et Josefin Sans, dans la ligne éditoriale du magazine.

Les 12 Coups de Cœur Crescendo 2026

Au sein de cette sélection, la rédaction a souhaité distinguer douze festivals qui, par leur programmation, leur audace artistique, leur enracinement ou leur capacité à renouveler leur formule, retiennent particulièrement notre attention pour 2026. Ces Coups de Cœur sont signalés par un sticker dédié — que les festivals lauréats sont invités à reprendre librement sur leurs supports de communication.

Festival biennal « Orbite » à Cologne, ou le théâtre musical allemand de pointe

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Le programme International Visitors Programme (IVP), organisé par le ministère de la Culture et de la Science de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, favorise depuis 2009 les échanges entre professionnels de la culture — journalistes, programmateurs, artistes — en les invitant à découvrir la richesse du territoire. Pendant quatre jours, nous avons navigué entre deux festivals : ORBIT, consacré au théâtre musical contemporain à Cologne, et les Wittener Tage für neue Kammermusik, festival de musique de chambre contemporaine à Witten. Cette première partie du compte rendu est dédiée à ORBIT.

ORBIT, une plateforme expérimentale et engagée

À Cologne, le festival ORBIT se consacre au théâtre musical contemporain issu de la scène indépendante. Fondé en 2017, il s’affirme comme une plateforme expérimentale favorisant la création collective, l’hybridation des disciplines et la remise en question des hiérarchies artistiques. Organisé tous les deux ans en avril, dans différents quartiers de la ville, il propose performances multisensorielles, ateliers et rencontres, invitant à repenser les modes de perception et à interroger des enjeux contemporains (crises écologiques, inégalités sociales, défis démocratiques).

Festival de Pâques d’Aix-en-Provence : le triomphe de la générosité

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Le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence vient de clore sa treizième édition avec un concert à l’image même de sa recherche. Au programme, le Concerto n°1 de Chostakovitch enlevé avec une clarté et une verve exemplaires par Renaud Capuçon. Voilà une interprétation qui illustre superbement le côté conversationnel de cette œuvre, dans la finesse du dialogue entre le soliste et les instrumentistes de l’orchestre, un Philharmonique de Munich en grande forme sous la baguette de leur chef inspiré Lahav Shani (ceux-là même que, d’une façon incompréhensible, le Festival des Flandres avait sottement refusé d’accueillir à Gand l’an dernier). Le programme même du concert était en soi un hommage puisqu’il reprenait le choix de Mravinsky pour la création le 29 octobre 1955, donnant en complément la 4e symphonie de Brahms en sorte que l’imposante passacaille de son quatrième mouvement renvoie à cette autre passacaille qui constitue l’attaque du finale du concerto par le violon soliste. De tels choix démontrent une volonté pédagogique évidente dans la programmation d’un festival. A la fois solide et apaisé, le Philharmonique de Munich en a donné une lecture qui prend le temps de monter en puissance jusqu’au tutti implacable de sa fin. Et cerise sur le cadeau, Dominique Bluzet, codirecteur du festival avec Renaud Capuçon, annonçait une résidence de trois ans de la formidable phalange bavaroise qui reviendra donc à Aix les deux prochaines années.  

Une présence multipolaire de Renaud Capuçon

Le violoniste et chef français a cumulé les casquettes tout au long du festival. Durant le week- end d’ouverture, on le retrouvait dans le lyrique concerto de Barber avec l’orchestre de Lille et comme cheville ouvrière des concerts-mémoire du Camp des Milles. Le samedi de Pâques, il dirigeait un programme Brahms où, en compagnie de son frère Gauthier, il imposait une belle complicité au sein du duo soliste tout en lui donnant le juste répondant de la part de son Orchetre de chambre de Lausanne qu’il dirigeait de l’archet. Et, en clôture, ce fut la rencontre avec le Philharmonique de Munich, en musique de chambre avec Argerich et en symphonique lors du concert final de haut vol. D’évidence à 50 ans, Renaud Capuçon, qui vient de publier une interprétation d’une grande maturité des sonates et partitas de Bach (DG) est à un nœud crucial d’une carrière multipolaire comme soliste et chambriste, chef d’orchestre et organisateur. Et le Festival de Pâques en profite pleinement. 

Le  Lille Piano(s) Festival 2026

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Le Lille Piano(s) Festival revient pour sa 23e édition les 12, 13 et 14 juin 2026, proposant une quarantaine de projets musicaux dans une dizaine de lieux de la métropole lilloise.

Organisé par l'Orchestre National de Lille, ce festival maintient son ADN d'ouverture, allant bien au-delà du répertoire classique du piano pour explorer le jazz, les musiques du monde, l'électronique et les formes traditionnelles.

Quelques moments forts de la programmation :

  • Les exploits pianistiques : Vadym Kholodenko, lauréat du Concours Van Cliburn, relèvera le défi d’interpréter l'intégrale de la transcription par Liszt de la Symphonie fantastique de Berlioz pour piano seul.
  • Hommage à l'ONL et à l'orgue : L'édition 2026 résonne avec le 50e anniversaire de l'Orchestre National de Lille, mettant en lumière Thierry Escaich, compositeur en résidence historique. Dans ce cadre, Vincent Dubois, organiste titulaire de Notre-Dame de Paris, donnera un programme intitulé Éternelle Notre-Dame à la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (Vendredi 12 juin à 19h30).
  • Musiques et images : La Salle Descamps de la CCI se transformera en salle de cinéma pour des ciné-concerts, notamment le trio jazz Temps calme accompagnant Trafic de Jacques Tati, et le marimba d'Illya Amar pour La Foule.
  • Concert de clôture : Le festival se terminera avec l'une des partitions les plus mythiques du répertoire, le Concerto n°3 de Rachmaninov, interprété par Marie-Ange Nguci, avec Jean-Claude Casadesus, chef fondateur de l'ONL, à la direction (Dimanche 14 juin à 19h30).
  • Le festival propose également des concerts gratuits aux Archives Départementales du Nord et à la Gare Saint-Sauveur, ainsi que de nombreux projets pour le jeune public.

On note aussi des proogrammes attrayants avec Roger Muraro ou Guillaume Coppola.

Le site du festival : https://www.lillepianosfestival.fr/2026/

Aix-en-Provence, Festival de Pâques : l’incroyable diversité de la musique ancienne

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Les tendances actuelles de l’interprétation historiquement informée actuelle montrent une grande diversité comme l’attestent les trois concerts de cette treizième édition. Au fil des générations, le niveau d’excellence des intervenants atteint de nouveaux sommets tandis que la finesse des analyses des interprétations proposées nous entraine vers des horizons nouveaux où bonheurs et surprises s’enchevêtrent dans un kaléidoscope surprenant où le temps fera sans doute son tri. Les grands anciens demeurent dans la fierté de leurs conceptions accomplies, les plus jeunes osent des voies nouvelles qui bousculent les habitudes là où d’autres intervenants ouvrent des portes vers des répertoires méconnus. On retrouve ces trois tendances dans les trois concerts de cette semaine pascale.

Savall célèbre la Passion en compagnie de Haydn et Beethoven

Tout commence avec un grand ancien : à 84 ans, Jordi Savall pourrait occuper un rôle de commandeur, il préfère rester un pur produit de l’art des Lumières. Au fil des années, il a su forger une image de référence faite de clarté, d’engagement et de précision qu’il applique avec la même constance à tous les répertoires. Un certain sens du grandiose servi par une fluidité du discours, qui ouvrage délicatement le rendu instrumental tout en lui insufflant une énergie cohérente mais maîtrisée et en rendant aux parties chantées leur réelle pertinence. Avec des résultats divers selon les musiques abordées.
Ce fut le cas mercredi soir avec des pages de Beethoven et Haydn, retraçant les événements de la Passion dans leur chronologie : le Mont des Oliviers pour le premier, le Golgotha pour le second. Quand il écrit son oratorio Le Christ au mont des Oliviers en 1801 (il fut créé deux ans plus tard), Beethoven est installé et reconnu à Vienne depuis 9 ans (sa première symphonie vient d’être créée). Il a déjà composé des cantates de circonstance dans sa jeunesse à Bonn mais c’est la première fois qu’il aborde une page d’envergure. Il le fait avec une certaine naïveté et, surtout, un sens dramatique évident qui implique un engagement quasi théâtral des solistes, et en particulier d’un Christ qui évoque déjà le Florestan de Fidelio. Savall inscrit l’œuvre dans un esprit très 18e siècle et ainsi mise à nu, la partition dévoile un peu trop ses aspects anecdotiques que gomment des interprétations plus tourmentées comme celle, au disque, de Barenboïm.

Festival de Namur 2026 : l'invitation au voyage

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Pour sa 63e édition, le Festival Musical de Namur s'affranchit des contraintes du voyage moderne — souvent réduit à une épreuve de logistique et de hâte — pour proposer une odyssée d'un genre nouveau : le déplacement de l'écoute. Du 26 juin au 11 juillet 2026, la capitale wallonne devient le port d'attache d'un itinéraire sans décalage horaire, où la musique circule librement entre les siècles, les frontières et les cultures. Sous le titre évocateur "Voyage, Voyage", la programmation orchestrée par Jean-Marie Marchal ne se contente pas d'aligner des chefs-d'œuvre ; elle invite l'auditeur à suspendre ses réflexes et à explorer des territoires sonores allant du faste de la Rome baroque aux confins des traditions populaires de Bosnie-Herzégovine. C'est une promesse de découvertes concrètes, parfois historiques, parfois intérieures, où le seul luxe exigé est celui, devenu rare, de prendre le temps d'écouter.

Le Baroque : Entre Splendeur Romaine et Intimité Française

  • Ouverture "Roma" (26 juin) : Leonardo García-Alarcón explore la polyphonie romaine du XVIIe siècle avec des œuvres de Luigi Rossi, Alessandro Scarlatti et le célèbre Miserere d'Allegri. Ce concert met également en lumière une messe rare de Giovanni Giorgi.
  • Opéra de poche (3 juillet) : L'ensemble Scherzi Musicali, dirigé par Nicolas Achten, présente Actéon de Marc-Antoine Charpentier. Cette production coïncide avec la sortie discographique de l'œuvre en juin 2026.
  • Redécouverte Viennoise (2 juillet) : Le Chœur de Chambre de Namur et Les Traversées Baroques s'unissent pour exhumer le Requiem et le Stabat Mater de Marc'Antonio Ziani, compositeur à la cour des Habsbourg.

Le Voyage Intérieur et l'Exil

  • "Songs of Travel" (7 juillet) : Un récital dédié à la mélodie anglaise du XXe siècle (Vaughan Williams, Holst, Britten) avec les ténors Pierre Derhet et Maxime Melnik, accompagnés par le pianiste Julius Drake.
  • "Fanto & Lou" (28 juin) : Un spectacle familial (dès 8 ans) sur un texte de Geneviève Damas, racontant l'exil d'un éléphanteau arrivé en Belgique, métaphore sensible du parcours des enfants venus de loin.
  • "4 Femmes" (8 juillet) : Une création mêlant les voix de Perse, Turquie, Inde et Cameroun autour d'une figure de Médée contemporaine imaginée par Atiq Rahimi.