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4 albums pour passer la semaine : opéra américain, hommage lyrique, référence nordique et confirmation

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Une petite semaine sur le front des parutions avec 4 albums qui ont attiré notre attention.

Samuel Barber (1910-1981) : Vanessa, op. 32, opéra en trois actes sur un livret de Gian Carlo Menotti. Nicole Heaston (Vanessa), J'Nai Bridges (Erika), Matthew Polenzani (Anatol), Susan Graham (la vieille Baronne), Thomas Hampson (le vieux Docteur), Jonathan Bryan, Samuel J. Weiser ; University of Maryland Concert Choir ; National Symphony Orchestra ; Gianandrea Noseda, direction. Enregistrement public, Kennedy Center, 2025. National Symphony Orchestra NSO0023.

Voilà une rareté que l'on n'espérait plus voir au disque. Premier opéra de Samuel Barber, couronné du prix Pulitzer après sa création au Met en 1958, Vanessa demeure étrangement absente des programmations, alors que sa partition — somptueux mélodrame où se croisent Verdi, Puccini, Strauss et une pointe de glamour hollywoodien — n'a rien perdu de son pouvoir d'envoûtement. Gianandrea Noseda, directeur musical du National Symphony Orchestra, en ravive la flamme dans le cadre de sa série Opera in Concert, captée sur le vif au Kennedy Center. La distribution est de tout premier plan : Nicole Heaston campe une Vanessa de chair et de feu, entourée de la mordante Erika de J'Nai Bridges, de l'Anatol racé de Matthew Polenzani et des présences souveraines de Susan Graham et Thomas Hampson. L'orchestre, restitué avec un relief saisissant, déploie toutes les couleurs de cette écriture orchestrale fastueuse. Face à la légendaire version Mitropoulos de 1958, ce nouveau venu n'a pas à rougir : il s'impose d'emblée comme une référence moderne.

2. Grande Dame — le portrait de Felicity Lott

Felicity Lott (née en 1947), soprano. Grande Dame. Mélodies, lieder, airs d'opéra et d'opérette de Purcell, Charpentier, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Schumann, Brahms, Ravel, Delage, Offenbach, Lehár, Vaughan Williams… Avec Graham Johnson et Dalton Baldwin (piano) ; Marc Minkowski, John Eliot Gardiner, Bernard Haitink, Michel Plasson, Franz Welser-Möst, Armin Jordan (direction) et divers orchestres et partenaires. Warner Classics.

Warner Classics rend hommage à l'une des plus attachantes voix de la fin du XXᵉ siècle. Conçue comme un portrait, cette anthologie déroule près de cinq heures de musique pour célébrer Dame Felicity Lott, soprano que les mélomanes francophones chérissent autant pour ses Comtesses mozartiennes que pour son irrésistible Grande-Duchesse de Gérolstein aux côtés de Minkowski. On y embrasse toute l'étendue d'un art : la clarté du verbe chez Purcell et Charpentier, l'élégance souveraine de la mélodie française — Ravel, les Poèmes hindous de Delage —, la complicité du Lied avec Graham Johnson au piano, et le panache de l'opérette, dont une Veuve joyeuse captée à Londres en 1993 qui reste un sommet de charme. Entourée de partenaires d'exception — Gardiner, Haitink, Welser-Möst —, la cantatrice y déploie cette diction, cet esprit et cette tendresse qui furent sa signature. Une playlist qui se savoure comme une déclaration d'amour à une artiste hors du commun.

L’œuvre pianistique inspirée d’Armande de Polignac

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Armande de Polignac (1876-1962) : Six Préludes ; Nocturne ; Pluie ; Berceuse, version révisée ; Échappées ; Cloches, pour piano à quatre mains ; Les Mille et une nuits, pour piano à quatre mains. Bruno Belthoise et João Costa Ferreira, pianos. 2024. Notice en anglais et en français. 72’ 32’’. Grand Piano GP954.

Jean Johnson et Steven Osborne dans un enchanteur récital de musique romantique allemande pour clarinette et piano

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Gustav Jenner (1865-1920) Sonate pour clarinette et piano en sol majeur, Op. 5 ; Robert Schumann (1818-1856) Trois Romances, Op. 94 ; Clara Schumann (1819-1896) Trois Romances, Op. 22 ; Carl Maria von Weber (1786-1826) Grand Duo concertant, Op. 48 Jean Johnson (clarinette), Steven Osborne (piano) 2026. Texte de présentation en anglais. 70'46''. Linn CKD 763

Alessandro Scarlatti : un programme « ad tenebras per lucem », tendu vers le Stabat Mater

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Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Stabat Mater. Jam Sole Clarior. Infirmata, Vulnerata. Sonata a quattro no 1 en fa mineur. Emmanuelle De Negri, soprano. Paul Figuier, contreténor. Les Accents. Thibault Noally, Mario Konaka, violon. Patricia Gagnon, alto. Emanuele Abete, violoncelle. Christian Staude, contrebasse. Violaine Cochard, clavecin. Mathieu Dupouy, orgue. Claire Antonini, théorbe. Livret en anglais, français, allemand. Mai 2025. 73’21’’. Alpha 1179

5 albums pour passer la semaine : jeunes cuivres, rêve américain et redécouvertes

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1. Tomasi, Pauer, Bloch, Szentpáli, Böhme : lauréats du Concours Kodály de Debrecen — Brass 2025

Karsa Vanyó, Marcell Szabó, Mustafa Khalilov, Brendan Connellan, solistes ; Kodály Philharmonic Orchestra ; Sandro Hirsch et Imre Kollár, direction. Référence : 5991813295026.

Les concours de cuivres ne livrent pas toujours leurs lauréats au disque, et c'est dommage : on perd ainsi la trace de ces moments où une génération s'affirme. Le Concours Kodály de Debrecen, devenu rendez-vous incontournable de la planète brass, propose ici un instantané de l'édition 2025. On y entend des partitions devenues classiques du répertoire — Tomasi, Bloch, Böhme — servies avec une technique irréprochable et, ce qui compte davantage, une vraie présence musicale. Le Kodály Philharmonic Orchestra, sous deux baguettes différentes, accompagne avec une attention qu'on aimerait entendre plus souvent dans ce type de captation. Une belle vitrine pour la jeune génération hongroise et internationale du cuivre.

2. An American Dream ? — Barbara Hannigan & le Gothenburg Symphony

Barbara Hannigan, soprano et direction ; Gothenburg Symphony Orchestra. Programme autour du « rêve américain » (Gershwin, Bernstein et alii). Référence : 3701624512227.

Barbara Hannigan ne fait jamais rien comme les autres, et c'est tant mieux. À la tête du Gothenburg Symphony Orchestra dont elle est cheffe principale, elle propose ici une traversée du American Dream qui interroge autant qu'elle célèbre — façon de rappeler que Gershwin et Bernstein, sous le vernis de la modernité triomphante, ont aussi écrit des partitions traversées d'ombres et de doutes. La double casquette de la Canadienne — voix et baguette — donne à l'ensemble une cohérence rare : on sent une pensée à l'œuvre, pas seulement un programme. Un album qui prolonge le sillon défricheur de ses précédentes parutions chez Alpha.

Le panorama orchestral français de John Wilson

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Paul Dukas (1865-1935) : L'Apprenti sorcier. Claude Debussy (1862-1918) : Clair de lune, extrait de la Suite bergamasque (orchestration John Wilson, 1994). Emmanuel Chabrier (1841-1894) : Joyeuse Marche. Maurice Ravel (1875-1937) : Une Barque sur l'océan, n° 3 des Miroirs (orchestration du compositeur, 1906). Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Danse macabre, op. 40. Georges Bizet (1838-1875) : Suites de Carmen (arrangements d'Ernest Guiraud, édition Fritz Hoffmann), présentées dans un ordre choisi par John Wilson. Sinfonia of London, John Wilson, direction ; Charlie Lovell-Jones et John Mills, premiers violons ; John Mills, violon solo (Saint-Saëns et Bizet). 2025-2026. Livret en anglais. 1 SACD hybride Chandos CHSA 5379.

Schubert et ses imaginaires avec Sandrine Piau, le Quatuor Psophos et le Duo Ebano

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Dear Franz. Franz Schubert (1797-1828) : Der Hirt auf dem Felsen, D. 956. Arrangements de Gute Nacht, Der Leiermann [Die Winterreise], Introduction und Variationen über ein Thema aus dem Müllerliedern Op. 25, Andantino & Andante sostenuto [Sonates D. 959, 960], Erlkönig D. 328. Elisabeth Hetherington, soprano. Duo Ebano. Paolo Gorini, piano, piano jouet, électroniques. Marco Danesi, clarinette, duduk. Octobre 2025. Livret en anglais. 50’49’’. 7 Mountain Records 7MNTN-067

Quintette imaginaire. Franz Schubert (1797-1828) : Der Jüngling und der Tod, D. 545. Nur wer die Sehnsucht kennt, D. 877/4. Kennst du das Land ?, D. 321. Heiss mich nicht reden, heiss mich schweigen, D. 877/2. So lasst mich scheinen, bis ich werde, D. 877/3. Der Musensohn, D. 764. Ganymed, D. 544. Viola, D. 786. Erlkönig, D. 328. Wandrers Nachtlied, D. 768 [lieder arrangés par Jacques Gandard]. Andante con Moto du Quatuor à cordes no 14 en ré mineur D. 810 (« La Jeune Fille et la Mort »). Quartettsatz en ut mineur, D. 703. Sandrine Piau, soprano. Quatuor Psophos. Mathilde Borsarello Herrmann, Bleuenn Le Maitre, violon. Cécile Grassi, alto. Guillaume Martigné, violoncelle. Août 2024. Livret en français, anglais, allemand ; paroles traduites en français et anglais. 66’38’’. Alpha 1157

Benoît Mernier, le tranquille chemin de l’identité

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Ustica. Benoît Mernier (°1964) : Comme d’autres esprits, pour orchestre ; Sur un ciel immense, pour orchestre ; Offering, pour voix d’alto et ensemble instrumental ; Deux poèmes pour violon et piano ; Ustica, pour orchestre de chambre. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction Gergely Madaras ; Sarah Laulan, contralto ; Ensemble Sturm und Klang, direction Thomas Van Haeperen ; Tatiana Samouil, violon ; David Lively, piano ; Ensemble Musiques Nouvelles, direction Jean-Paul Dessy. 2019, 2024 et 2025. Notice en français et en anglais. Texte chanté reproduit en anglais. 68’ 22’’. Cyprès CYP4673.