Partitions

Les Nouveautés des Partitions, depuis les plus débutants aux plus professionnels et pour tous les instruments.

Papier à musique : Calligraphie debussyste

par

Qui n’a pas rêvé d’avoir accès aux manuscrits des plus grands compositeurs, rêve devenu réalité dans une certaine mesure, depuis que les détenteurs de ces manuscrits acceptent qu’ils soient reproduits en tout ou partie. Sans dénier l’interêt de certains livres qui proposent des pages isolées de grands manuscrits, le musicien cherchera plutôt des fac-similé complets pour s’immerger totalement dans l’œuvre concernée et tenter d’en comprendre la gestation, une approche graphologique en quelque sorte, une approche pleine de surprises. Rien de nouveau dans le fait que le côté brouillon parfois indéchiffrable des manuscrits de Beethoven révèle une personnalité tourmentée et passionnée. On le savait. De même, l’écriture bien ordonnée de Jean-Sébastien Bach correspond parfaitement à la musique structurée qu’il nous a livrée. Mozart, plus difficile ; ça part dans tous les sens. Ravel, de belles pages d’écriture. Berlioz, Mahler, de parfaits reflets de l’instabilité de ces compositeurs. Et Debussy ? Plus besoin d’aller à la BNF, le manuscrit de La Mer est à présent disponible en fac-similé (Bärenreiter), accompagné d’une analyse de Denis Herlin et Mathias Auclair. Depuis l’époque des premières publications en fac-similé, les techniques de reproduction ont fait des progrès considérables, notamment les contrastes qui rendent lisibles les moindres détails. Et ils sont essentiels car Debussy aimait les pattes de mouches.

Le chef d’orchestre qui ouvre un tel volume commence par chercher les différences. Bien sûr les fanfares à la fin des Dialogues du vent et de la mer. Elles sont bien présentes dans le manuscrit original, mais elles avaient été supprimées dans la seconde édition qui a servi de référence pour la postérité et on les joue rarement aujourd’hui. J’ai eu la chance d’entendre Ansermet diriger La Mer à la fin de sa vie. Il les avait rétablies et m’avait expliqué que c’était le choix ultime de Debussy. Dont acte.

Pautions chez Henle Verlag

par

Avant l'arrivée du printemps, Crescendo vous propose un petit tour d'horizon de manière thématique des dernières parutions de la maison Henle Verlag.

Joseph-Bodin de Boismortier (1689-1755) : Sech Sonaten opus 14 für zwei Violoncelli (Fagotte) - Henle Verlag - HN 1599 - ISMN 979-02018-1599-2

Moisson de fin d'hiver chez Bärenreiter, Universal et Wiener Urtext Edition

par


Jakub Metelka (*1986) : The secret garden, Modern Piano Nocturnes - Bärenreiter Praha - BA 11574 - ISMN 979-0-2601-0971-1

Un magnifique recueil de courtes pièces musicales signées Jakub Metelka ouvre cette moisson, offert par Bärenreiter. Quinze pièces réunies sous le titre évocateur, "Jardin secret", Nocturnes modernes pour piano. D'une difficulté moyenne, probablement dans le prolongement de son premier ouvrage, ces pièces de caractère évoluent sur plusieurs niveaux de difficulté où une main gauche agile et une main droite empreinte de lyrisme se rencontrent. Le style y est charmant, aux harmonies douces et aux rythmiques apaisées, et s'inscrivent dans le parfait prolongement des deux premières parutions de l'auteur, déjà commentées dans nos pages. Il est à noter que des enregistrements de ces pièces sont disponibles sur les sites de l'éditeur et du compositeur.

Des partitions avec le Centre de Musique Baroque de Versailles

par

Le Centre de Musique Baroque de Versailles nous gratifie d’une collection soignée d’ouvrages du patrimoine français des 17ème et 18ème siècles. Huit collections composent ce catalogue, agrémenté de deux collections critiques consacrées, l’une aux œuvres complètes de compositeurs, et l'autre aux œuvres remarquables de l’histoire de la musique française. Première incursion pour Crescendo dans cette redécouverte d’un répertoire unique et central dans l’évolution de la musique classique.

Moisson d'hiver chez Breitkopf & Härtel : Strauss, Rachmaninov et Sibelius

par

Richard Strauss (1864–1949) : Don Quixote, Op. 35, TrV 184. PB 5719 ISMN: 979-0-004-21656-9

Après une édition révisée de la Symphonie Alpestre, Breitkopf & Härtel poursuit son travail sur Richard Strauss avec les variations fantastiques sur un thème chevaleresque  Don Quixote. L’éditeur nous précise fièrement qu’il s’agit de la première édition Urtext depuis la première édition originale de Don Quixote.

Cette nouvelle édition est établie par Nick Pfefferkorn, est basée sur de nombreuses sources dont le manuscrit conservé aux Archives Strauss de Garmisch Partenkirchen et d’autres sources imprimées dont des matériels d’orchestres qui ont été utilisés par Strauss lui-même et dont certains comportent des annotations et des précisions. 

Cette nouvelle édition permet de corriger les nombreuses erreurs connues et de clarifier des interrogations qui sont toutes expliquées dans l'appareil critique. Un gros travail a ainsi été effectué sur les parties de bois sur base des indications du manuscrit et qui sont ainsi rétablies pour la première fois.  

Cette nouvelle édition est accompagnée d'une réduction pour piano des passages orchestraux les plus importants afin de faciliter l'étude des parties solistes de violoncelle et d'alto. 

On rappellera aussi que le compositeur aurait souhaité que son Don Quixote soit toujours programmé avec son Heldenleben. Car il envisageait cette partition comme “pleinement compréhensible qu'avec Heldenleben”. Il faut hélas constater que c’est rarement le cas au concert et au disque !