A L’Opéra

Sur les scènes d’opéra un peu partout en Europe.

A la gloire de Saint-Saëns

par
Samson et Dalila

Aleksandrs ANTONENKO (Samson), Egils SILINS (Le grand Prêtre de Dagon) © Vincent PONTET

Samson et Dalila à l'Opéra de Paris
Décidément, la scène de Bastille ne réussit guère à l'opéra français. Après une Ariane et Barbe-bleue (Paul Dukas) errant telle Miss Marple en trench-coat, loupe, valise et parapluie à la main dans un entrepôt est-allemand sur vidéos de bidets, après une Damnation de Faust assortie de copulations d'escargots, après un Roi Arthus (Ernest Chausson) sur canapé de plastic rouge, Samson et Dalila s'immolent en s'aspergeant d'essence devant un rideau de fer après leur affrontement amoureux dans une chambre d' hôtel de passe international.

Une tentative réussie d'une Turandot "originale"

par

© Lorraine Wauters

Le célèbre - et souvent sulfureux - metteur en scène Calixto Bieito avait déjà tenté d'apporter une solution originale au finale inachevé de Turandot de Puccini. A Toulouse, en 2015, il laissait les chanteurs terminer la représentation en tenue de soirée. Ici à Liège, José Cura va plus fort : il supprime radicalement le finale habituel d'Alfano, et laisse donc la partition en l'état où elle se trouvait, ce 29 novembre 1924, jour de la mort de Puccini à Bruxelles.

Un bouleversant Orfeo à Lausanne 

par
Orfeo Lausanne

Photo Marc Vanappelghem

En fanfare, l’Opéra de Lausanne ouvre sa saison en présentant L’Orfeo de Claudio Monteverdi  dans une mise en scène de Robert Carsen sous la direction musicale d’Ottavio Dantone. En une épure totale, l’apport décoratif de Radu Boruzescu n’est d’abord qu’un salmigondis de fleurs où se vautrent bergers et pastourelles qui arborent  des tenues d’aujourd’hui (conçues par Petra Reinhardt), mêlant vert, jaune et violet resplendissants.

Tosca, l'art et l'instinct

par

© Elisa Haberer / ONP

Histoire féroce selon Paul Dukas, « spectacle décoratif qui fournit l'occasion de composer une abondante musique » selon Puccini, Tosca, la pièce de Victorien Sardou écrite pour Sarah Bernhardt fut d'abord connue des deux côtés de l'Atlantique grâce à « La Divine ». En ouverture de saison sur le plateau de la Bastille, l'Opéra National de Paris reprend une mise en scène de Pierre Audi dont nous avons déjà eu l'occasion de louer l'efficacité et la fidélité (https://www.crescendo-magazine.be/2014/10/une-tosca-de-reference/).

Mise en scène éblouissante et de référence

par

© Klara Beck

The Turn of the Screw à l'Opéra du Rhin
Magnifique ouverture de saison à l’Opéra National du Rhin (la dernière de Marc Clémeur comme directeur général) avec “The turn of the Screw” (la Tour d’écrou) de Benjamin Britten dans une mise en scène de Robert Carsen et dirigé par Patrick Davin.

Eblouissante diffraction du désir : Eliogabalo au Palais Garnier

par

C'est en une « course à l'abîme » éperdue, une diffraction quasi chimique du désir que s'ouvre la saison de l'Opéra National de Paris avec l' Eliogabalo de Francesco Cavalli (1602-1676). Dans la recherche de « l'art total » objectif de l'opéra naissant, Cavalli -dans le sillage de Monteverdi- apporta une fluidité dans l'action dramatique, de sublimes « lamentos », l'intervention de duos, chœurs, ensembles, l'intrication des thèmes personnages et émotions extrêmes que l'on retrouvera dans toute la musique occidentale à venir.

Décidément, Macbeth n'a pas de chance à La Monnaie

par

© Bernd Uhlig

La production de Macbeth (Verdi), mise en scène par Warlikowski en 2010, était désolante, à mes yeux, et cette nouvelle mise en scène d'Olivier Fredj ne m'a pas davantage convaincu. Comment est-ce possible, alors que la pièce de Shakespeare reste l'une des plus extraordinaires qui soient, l'une des plus parlantes aussi, au-delà des siècles ? Je ne comprends pas.

Une Belle au Bois Dormant historiciste à la Bastille

par

© Ula Blocksage / Opéra national de Paris

A la suite de la venue du New York City Ballet au Châtelet en juillet dernier, l’Opéra de Paris invite l’American Ballet Theatre pour dix représentations de La Belle au Bois Dormant. La production date de mars 2015 et a été conçue par le chorégraphe en résidence Alexei Ratmansky qui se proposait de remonter l’ouvrage tel qu’il avait été créé au Théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg le 3 janvier 1890.