Coronavirus : #lejourd’après  !

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Les conséquences de la pandémie liée au coronavirus sont naturellement dans toutes les têtes des acteurs des milieux culturels. Si l’on ne peut que souhaiter que les mesures prises par les gouvernements et leur strict respect par des citoyens responsables permettent de sortir du tunnel le plus rapidement possible, les conséquences pour la culture vont être terribles ! 

La mise à l’arrêt des salles de concerts et les nombreuses annulations, à des dates de plus en plus lointaines, y compris dès cet été pour le très cosy Grande Park Opera Festival britannique ou, dans un registre différent, le spectacle pyrotechnique estival du château de Versailles, est une véritable catastrophe économique. Désormais, le spectre de l’annulation plane sur les grands festivals de l’été : Bayreuth vient d’annoncer qu’il prendrait sa décision fin avril. En effet, même si le festival ne commence que fin juillet, les répétitions débutent dès le mois de mai ! A Glyndebourne, Aix-en-Provence ou Salzbourg, le travail commence très tôt également ! On n’ose imaginer l’onde de choc si de telles manifestations sont annulées, entraînant à leur suite d’autres nombreuses annulations ! 

La fermeture des d’opéras et de concerts, ce sont des baisses des recettes et donc des structures en danger de mort ! Si les formations et institutions subsidiées ou bien dotées s’en sortiront, cela entrainera d’autres annulations de productions et donc, par ricochet, de nouvelles conséquences pour toute la filière. Les orchestres et ensembles indépendants font quant à eux face à un danger de mort et on ne peut être qu’émus par le message des musiciens du Mahler Chamber Orchestra et les larmes d’Enrique Thérain, administrateur des Siècles de François-Xavier Roth : avec une forte part d’autofinancement, ces ensembles risquent de disparaître faute de cachets. Face à la situation, certaines institutions vont être tentées par le sauve-qui-peut pour ménager la trésorerie : ainsi, l’invocation par le Metropolitan Opera de New York de la “force majeure” pour ne pas payer les artistes non salariés a fait l’effet d’une bombe atomique ! Que cette maison, richement dotée, agisse de la sorte, cela va sans doute faire boule de neige. 

Devant de telles conséquences, il est important d’être unis ! La musique classique, ce sont forcément des musiciens sur scène ; mais la vie musicale dans son ensemble, ce sont également des professions moins visibles, voire même invisibles, sans la forte notoriété qui « fait passer » la détresse sur les réseaux sociaux : techniciens, rédacteurs de programme, intervenants pédagogiques, graphistes, prestataires de communication, métiers du disque et de l’édition, boutiques de disques ou librairies de partitions, et tant d’autres qui seront impactés ! Beaucoup de ces acteurs sont des prestataires indépendants avec toutes les conséquences que cela aura sur leur situation personnelle ! Face à un tel enjeu, il ne saurait y avoir de corporatisme ! 

Pour aider les institutions culturelles, des messages de renoncement au remboursement des spectacles et concerts sont diffusés et partagés. Ces initiatives sont généreuses et souhaitables, mais une réponse solide des états devra être mise au point ! Certes, les états sont toujours plus prompts à nationaliser des grandes entreprises qu’à aider les artistes, mais le monde qui sortira de la crise du coronavirus ne sera plus le même et il sera difficile -et sans doute impossible- de faire comme si de rien n’était ! L’Europe qui a tant failli dans cette crise comme dans tant d’autres, dispose là d’une occasion de se relancer et d’enfin se fonder sur la culture. 

Crédits photographiques : pixabay

 

3 commentaires

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    Stéphane Gilbart

    Excellent état de la question. Une fois encore, on se rend compte que la notion d'Etat-providence n'est pas un gros mot, mais renvoie à une réalité essentielle de solidarité, d'attention à l'autre, de partage avec lui, et cela aussi bien pour le monde de la culture que pour la sécurité sociale, les retraites.

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