german hornsound : Concertos pour quatre cors

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Leopold Mozart (1719-1787) : Sinfonia da caccia pour quatre cors, orchestre à cordes et fusil (sic!)
Robert Schumann (1810-1856) : Konzertstück pour quatre cors et orchestre, op.86
Trygve Madsen (*1940) : Sinfonia Concertante pour quatre cors et orchestre, op.153
German Hornsound, Bamberger Symphoniker, dir. Michael Sanderling
2015 – DDD – 48'34'' – Livret en Anglais, Allemand – Genuin GEN 15370

German hornsound est un jeune ensemble allemand à la formation atypique puisqu'il se compose de quatre cors. Mais que joue-t-on à quatre cors ? Si leur répertoire habituel se compose essentiellement de transcriptions, il explorent dans leur dernier disque les rarissimes exemples d'oeuvres originales écrites pour quatre cors et orchestre. En guise d'entrée en matière, le Concerto da caccia de Leopold Mozart fait preuve d'un pittoresque de bon aloi. Héritier d'une tradition baroque associant le cor à la chasse, et qui se poursuivra jusqu'à Wagner, cet habile compositeur use de jeux d'écho, de tutti éclatants et de coups de fusil ponctuant le premier mouvement. La partition indique même : « Quelques chiens peuvent aussi aboyer, et les autres se joindre avec des 'ho, ho !' ou des exclamations similaires, mais seulement pendant six mesures ». Cette option n'a (malheureusement) pas été retenue et l'on s'en tient à une version classique et élégante. Le choix d'effectuer toutes les reprises n'était peut-être pas justifié, car il allonge plus que nécessaire ce divertissement de cour dont les premières mesures prêtent à sourire. German hornsound séduit par la clarté du son, la précision des attaques et une riche palette de sonorités. Ces mêmes qualités sont à l'oeuvre dans le Konzertstück de Schumann, une référence lorsqu'on parle de concerto pour cor. Le Konzertstück, à sa création en 1850, résonnait comme un manifeste en faveur du cor à pistons, instrument inventé en 1815 et qui sera décrié jusqu'au début du vingtième siècle par les partisans du cor naturel, instrument au son plus typé ne permettant pas de jouer toutes les notes de l'échelle. Les cors modernes choisis par Schumann ont un timbre plus rond, plus puissant, et peut-être plus « épique », car c'est le mot qui vient à l'esprit à l'écoute de ce chef-d'oeuvre du dernier Schumann. Le Bamberger Symphoniker, dont les cordes nerveuses avaient fait merveille dans le Concerto da caccia, n'est malheureusement pas à la hauteur de cette œuvre ambitieuse et s'essouffle vite, enlisé dans des problèmes de justesse et de précision. Malgré les beaux efforts des quatre solistes, cette nouvelle version du Konzertstück est plutôt fade. Cela est dommage car on a rarement l'occasion d'entendre cette œuvre dont la difficulté rebute de nombreux cornistes. Le disque se conclut par une œuvre de commande, écrite à la mémoire de Richard Strauss dont nous fêtions l'an dernier le 150ème anniversaire. Le compositeur norvégien Trygve Madsen évolue dans un style semi-tonal qui flirte parfois avec la musique de variétés. Sa musique impeccablement orchestrée, qui ne déparerait pas dans un film hollywoodien, est agréable à entendre mais peine à tenir la comparaison avec celle de Schumann. Plutôt gratifiante pour l'orchestre qui semble y trouver son compte, elle a surtout le mérite de laisser les quatre solistes démontrer leurs plus belles qualités expressives dans un répertoire sur-mesure.
Quentin Mourier

Son 10 - Livret 8 - Repertoire 8 - Interprétation 8

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