Mais encore : symphonique transatlantique 

par

Quelques galettes plus ou moins sympathiques, éditorialement intéressantes mais qui souffrent de défauts artistiques. 

Jakub Hrůša, un jeune homme trop tranquille 

Johannes Brahms (1833-1897): Symphonie n°3 en fa majeur ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°8 en sol majeur. Bamberger Symphoniker, Jakub Hrůša. 2 CD Tudor 1743. 

Suite (et pas encore fin) du projet http://parent-link.co.uk/dating-altrincham/ des Bamberger Symphoniker sous la baguette de Jakub Hrůša qui met en relief les symphonies de Brahms avec les quatre dernières de Dvořák. On retrouve les qualités du chef : un soin porté aux équilibres et aux dosages entre les pupitres ainsi qu’un souci très précieux de l’écoute mutuelle, parfois presque chambriste, des musiciens. Les teintes fruitées de la phalange bavaroise et la qualité de la prise de son font merveille sur ces deux aspects, mais on aimerait plus de peps et de prise de risques dans la direction trop placide et trop soucieuse de bien faire. Au final, cet intellect manque de nerfs ! 

Note globale : 7   

Copland & Chavez sur un ton académique 

Aaron Copland (1900-1990) : Symphonie n°3 ; Carlos Chávez (1899-1978) : Symphonie n°2 “Sinfonía India”. The Orchestra of the Americas, Carlos Miguel Prieto. 1 CD Linn CKD 604. 

The Orchestra of the Americas est un orchestre de jeunes talents issus des pays du continent américain. L’orchestre fait ici ses débuts sous étiquette Linn. Le programme, caractéristique du XXe siècle américain, est d’une terrible exigence. Derrière son style narratif et son mélodisme assez facile, la Symphonie n°3 de Copland est d’une redoutable difficulté. Il faut un pupitre de cuivres des plus affûtés et un chef qui sait tirer une forme de spiritualité ou de transcendance de ce bloc naturaliste qui culmine dans un dernier mouvement avec les notes de Fanfare identiques au thème de la Fanfare for the Common Man). Si l’orchestre est valeureux, il ne peut rivaliser avec le New York Philharmonic de Bernstein (Sony et DGG), le Detroit Symphony Orchestre de Neeme Järvi (Chandos) ou Leonard Slatkin (Naxos). Il en va de même de la direction linéaire du Mexicain Carlos Miguel Prieto. Un manque de peps qui nuit à la Sinfonía India de Carlos Chávez. L’orchestre et le chef ne peuvent rivaliser avec Bernstein (Sony), Tilson-Thomas (Decca) ou Chávez lui-même (Everest). 

Un album au ton très académique qui peinera à s’affirmer en dépit d’un programme intéressant.

Note globale : 6 

Poulenc à la norvégienne 

Francis Poulenc (1899-1963) : Concerto pour piano et orchestre ; Concerto en ré mineur pour deux pianos et orchestre ; Concerto en sol mineur pour orgue, orchestre à cordes et timbales. Ihle Hadland, Christian Gimse, Håvard (pianos), Nordstoga  Kåre (orgue), Orchestre de la Radio norvégienne,  Szilvay Peter et Søndergård Thomas. 1 CD Lawo LWC1173

Le très actif label norvégien Lawo propose un programme Francis Poulenc. Si l’on se réjouit de l’exportation scandinave d’une si belle musique, on peine tout de même à adhérer au ton trop appliqué et sérieux de ces artistes. Si techniquement tout est très au point, cela manque d’esprit français et de gouaille. Retour à Eric Le Sage, Frank Braley et l’OPRL sous la direction de Stéphane Denève dans les concertos pour piano(s) pour RCA et Marie-Claire Alain, Jean Martinon pour celui avec Orgue (Erato). 

Note globale : 6 

Krysztof Penderecki (né en 1933) : Concerto doppio pour violon, alto et orchestre ; Concerto pour guitare et orchestre ; Concerto grosso n°2 pour 5 clarinettes et orchestre. Arkadius Adamsky, Barthomiej Dobrowolski, Agata Piqtek,Tomasz Żymła, Andrzej Ciepliński, The Jersy Semkow Polish Sinfonia Iuventus Orchestra, Krysztof Penderecki et Maciej Tworek. 1 CD Dux 1537. 

Compositeur des plus prolifiques, Penderecki a composé beaucoup de concertos. Le label Dux poursuit son anthologie dédiée au grand compositeur avec ce volume n°7 de leur intégrale des concertos. Le concept reste toujours le même : le maître dirige l’orchestre des jeunes de Pologne et il accompagne de brillants solistes. L’écriture est assurée, même si souvent uniforme et plutôt monochrome dans sa noirceur. On découvre ainsi la transcription….pour guitare du Concerto pour alto, la guitare créant un effet sonore léger et méditerranéen inattendu….en contraste avec la tension orchestrale. Autre assemblage inattendu : le Concerto grosso n°2 pour...5 clarinettes et orchestre. Inspiré des formes baroques du concerto grosso, il s’impose par son originalité et ses timbres comme la réussite de ce disque. Les solistes et l’orchestre sont très engagés et bien enregistrés. Un disque à tout de même réserver aux aficionados du maître. 

Note globale : 7 

Pierre-Jean Tribot

 

 

    

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