Ouverture du Festival international de Colmar 

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La quatrième édition du Festival international de Colmar version Alain Altinoglu s’est ouverte avec un concert de l’Orchestre symphonique de la Monnaie, dirigé par le chef français. Cette édition se place sous le signe de la continuité. Les habitués du festival seront donc ravis de retrouver Grigory Sokolov, l’Ensemble Ô-Celli (déjà présent en 2023) ou encore l’Orchestre National de Mulhouse. Bien sûr, les nouveautés ne manquent pas avec notamment la venue du B’Rock Orchestra ou de la soprane Natalie Dessay. La programmation d’Alain Altinoglu se veut ouverte à tous les publics, toutes les esthétiques, allant de Beethoven à Edvard Grieg en passant par John Williams, Alberto Ginastera ou Chick Corea. 

Le concert d’ouverture fut consacré à trois tubes du répertoire, La Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner et les Quatre derniers Lieder et Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. 

Quelle meilleure ouverture que cette chevauchée épique des guerrières nordiques ? Malgré un tempo très légèrement retenu rendant l’ensemble plus lourd que nécessaire, ce fut une très belle entrée en matière de l’orchestre et de son chef attitré. D’emblée, on sent la connexion entre Alain Altinoglu et ses musiciens, ainsi que la connaissance parfaite de l'Église Saint-Matthieu et de son acoustique particulière. 

Pour compléter cette première partie, nous avons pu entendre la soprane sud-africaine Masabane Cecilia Rangwanasha dans les Quatre derniers Lieder de Richard Strauss. Lauréate du Prix Herbert von Karajan au Festival de Pâques de Salzbourg 2024, la chanteuse est l’une des surprises d’Alain Altinoglu, avec qui elle a notamment collaboré en 2024 lors d’un Requiem de Verdi très apprécié par le public du Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Tout simplement captivante, Masabane Cecilia Rangwanasha allie puissance et douceur, drame et légèreté. Elle voyage sans effort apparent d’une tessiture à l’autre, avec des graves particulièrement touchants qui passent sans problème au-dessus de l’orchestre. Les musiciens de l'ensemble belge ont eux aussi livré une magnifique prestation, soulignant avec sensibilité toute l’émotion contenue dans ces quatre lieder. On ne peut que saluer le solo de cor d’Orane Bargain d’une douceur extrême dans le deuxième Lied ainsi que celui de la Konzertmeister Sylvia Huang dans le troisième, qui fut sans aucun doute le plus réussi des quatre. 

En deuxième partie, l’Orchestre symphonique de la Monnaie nous a gratifié d’un remarquable Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. Exploitant au maximum les ressources de la salle, que ce soit en allant chercher des forte tonitruants ou des piano à la limite de l’audible, les musiciens ont démontré une compréhension totale de cette œuvre complexe. Les intentions déployées par la phalange belge ont donné vie à des paysages et des scènes sublimes. Leur qualité d’orchestre d’opéra fut particulièrement prégnante d’un bout à l’autre de la prestation. 

En bis, nous avons eu le plaisir d’entendre un extrait des Variations Enigma d’Elgar avec “Nimrod”

Festival international de Colmar, 05 juillet 2026.

Alex Quitin

Crédits photographiques :  FIC - Bertrand Schmitt

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