David Grimal initie l’Orchestre national de Lille à des interprétations sans chef

par

Du 7 au 12 février, les mélomanes du Nord ont vécu une nouvelle expérience avec l’Orchestre national de Lille : une interprétation sans chef d’orchestre ! Au centre de ces concerts, David Grimal, qui pratique depuis longtemps ce format, notamment avec son orchestre Les Dissonances. Nous avons assisté au concert du 11 février au Nouveau siècle à Lille, dans un programme composé de trois œuvres de Mendelssohn. 

L’annonce habituelle juste avant le concert vient d’être diffusée. Les instruments s’accordent rapidement, et le public attend le chef, en l’occurrence David Grimal, indiqué « direction et violon » dans le programme. La salle n’est pas encore totalement silencieuse, et les musiciens commencent à jouer. Certains continuent à parler avec leurs voisins, ils n’ont pas compris tout de suite que le concert avait commencé ! L’Ouverture des Hébrides de Mendelssohn résonne comme venant de nulle part, renforçant le caractère mystérieux de la Grotte de Fingal. Il suffit de regarder quelques secondes l’orchestre, pour « voir » que les musiciens s’écoutent attentivement les uns et les autres. En effet, ce mode d’interprétation — un langage qui se développe, précisera David Grimal au bord de scène à l’issue du concert — est aussi beau à voir qu’à écouter. Ainsi, la musique respire de manière plus organique, elle devient plus que jamais une entité vivante.

Unsuk Chin, compositrice

par

La compositrice sud-coréenne Unsuk Chin, dont la musique a été éditée dans le cadre d’un beau coffret des Berliner Philharmoniker,  est lauréate dans la catégorie Musique contemporaine des International Classical Music Awards 2025. Dans cette interview, elle parle de son art et de ses sources d'inspiration. L'interview a été réalisée par Maggie S. Lorelli pour la revue Musica, le membre italien du jury des ICMA.

Votre écriture se fait sur papier, renonçant à la possibilité offerte par l'ordinateur d'éditer vos partitions, qui sont à la fois épurées et créatives, des œuvres d'art en soi. Votre écriture est-elle toujours linéaire, sans arrière-pensée ?

Je compose toujours à mon bureau, sans ordinateur ni clavier. Je ne joue jamais les notes que j'écris sur la portée. J'ai été élevé de cette façon : c'est mon habitude et c'est la seule façon dont je peux composer. Créer une pièce est un travail où je dois prendre de nombreuses décisions à différents niveaux, y compris le contexte dans son ensemble, en me concentrant moins sur le son de chaque note individuelle. Ce processus prend beaucoup de temps, aussi parce que je fais d'abord des croquis. Et, bien sûr, il est toujours possible que j'aie des rechutes ou des doutes, ou que je jette certains éléments et recommence.

Ainsi, même si votre rêve d'enfant était de devenir pianiste de concert, vous ne développez pas vos idées musicales au piano. En jouez-vous encore de temps en temps ?

Bien sûr, j'adore pratiquer différents répertoires, de Bach à Messiaen et au-delà. C'est une expérience formidable pour moi, et un contraste excellent et fructueux avec le difficile processus de composition. Mais pour moi, la composition est un processus qui se déroule entièrement dans mon esprit.

L'une des caractéristiques de votre écriture est de pousser les possibilités expressives des instruments à leurs limites. Lors des phases d'étude et de répétition de vos œuvres, quelle est l'importance de l'interaction directe avec les musiciens ? Ou bien vos partitions disent-elles déjà tout pour vous ?

Pendant le processus de composition, je travaille rarement avec des interprètes ; je leur fais confiance et ils me font confiance. J'ai beaucoup de respect pour les interprètes brillants : c'est merveilleux, et c'est aussi fascinant d'écouter les différentes interprétations qui peuvent naître d'une même partition. De plus, les interprètes, avec leur art de l'interprétation, parviennent à trouver quelque chose auquel je n'avais pas pensé en phase de composition.

L'interprétation de votre musique est une expérience globale, qui nécessite souvent une implication physique...

Je suis obsédé par la virtuosité et l'énergie performative qui se créent lorsqu'un musicien pousse ses possibilités techniques et expressives à leur paroxysme.

Offrande musicale, par Sigiswald Kuijken, qui souffle aujourd’hui 81 bougies

par

Solo. Diego Ortiz (1510-1570) : Recercadas. Thomas Baltzar (c1631-1663) : Prélude en sol majeur. Allemande en ut mineur. Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) : Passacaglia [Sonate du Rosaire 16]. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Bourrées, Sarabande, Gigue [Sonate pour violoncelle no 3 BWV 1009]. Allemande [arrgmt Sonate pour violoncelle no 2 BWV 1008]. Allemande, Corrente, Sarabande [Partita pour violon no 2 BWV 1004]. Carl Friedrich Abel (1723-1787) : Sonate en sol majeur AbelWV A3. Sigiswald Kuijken, violon, viole de gambe, violoncello da spalla, clavicorde. Livret en anglais, français, allemand. Juin 2023. TT 58’07’’. Accent ACC 24400

Résultats de la Finale de la Troisième édition du Concours International de direction d’Orchestre d’Opéra à Liège

par

Le Concours International de Direction d’Orchestre d’Opéra s’est clôturé ce samedi 15 février 2025.

Lors de cette dernière journée, les trois finalistes se sont illustrés dans un extrait d’opéra choisi par le jury. Johann-Sebastian Guzman a dirigé un extrait de Carmen (Bizet), Matteo Dal Maso a dirigé un extrait de la Cenerentola (Rossini) et Sieva Borzak a dirigé un extrait de Rigoletto (Verdi).

Après cette dernière journée musicale riche en émotions pour les artistes et le public, venu en nombre pour assister au dénouement de cette compétition, le jury s’est retiré pour délibérer.

Avant d’annoncer les résultats, Stefano Pace et Giampaolo Bisanti, ont une nouvelle fois remercié et félicité chaleureusement l’Orchestre, les Chœurs et les solistes pour leur professionnalisme et le talent dont ils ont fait preuve lors de l’ensemble des épreuves du Concours. En outre, ils ont permis au jury de se faire une idée concrète de l'interprétation voulue par les différents candidats. Les équipes techniques ont également été remerciées pour tout le travail fourni mais que l’on ne. voit pas forcément. Pourtant, sans eux, un pareil évènement ne pourrait pas avoir lieu.

Voici le palmarès de la Troisième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra :

Le violoncelle de Giovanni Sollima pour le cosmopolitisme de Venise

par

Al-Bunduqiyya. The Lost Concerto. Giovanni Sollima (°1962) : Moghul ; Il concerto perduto, d’après Vivaldi ; Cinq Improvisations pour violoncelle seul ; The Family Tree. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concertos pour violon et violoncelle en fa RV 544 « Il Proteo », en la RV 546 « all’inglese », et en si bémol RV 547 ; Dorilla in Tempe RV 709 : Sinfonia ; Concerto pour violon en ré RV 208 « Grosso mogul », extrait. Giuseppe Tartini (1692-1770) Aria del Tasso e gondoliere : « Lieto ti prendo e poi », transciption Sollima. Pages traditionnelles chypriotes et albanaise. Giovanni Sollima, violoncelle ; Federico Guglielmo, violon ; Il Pomo d’Oro. 2022. Notice en anglais. 74’22’’. Erato 5054197917523.

Flagey Piano Days 2025 : András Schiff sublime, Angela Hewitt remarquable

par

Chaque année se tiennent au mois de février les Flagey Piano Days, cinq journées passionnantes pour les pianophiles qui se se réjouissent tout autant de retrouver dans le cadre du paquebot des Étangs d’Ixelles aussi bien des grands noms à la réputation établie que de découvrir des talents prometteurs.

Pour cette édition, notre choix s’était porté sur deux pianistes de premier ordre qui, curieusement, ne s’étaient encore jamais produits dans l’acoustique parfaite du Studio 4 de ce qui fut la Maison de la radio. 

Pour ouvrir ces Piano Days, les organisateurs avaient fait appel à András Schiff, un pianiste dont la longue carrière a été l’illustration non seulement de dons musicaux et pianistiques hors du commun, mais aussi d’une volonté d’aborder les oeuvres dans un remarquable mélange de modestie, d’érudition et de volonté d’interroger les textes au plus près sans jamais vouloir briller aux dépens de l’intégrité musicale. (Ceux qui aimeraient en savoir plus sur les conceptions de ce grand artiste pourront liront avec  intérêt le livre La Musique naît du silence publié chez Alma Nuvis en 2018, regroupant des entretiens de Schiff avec le critique Martin Meyer et des textes dûs au pianiste lui-même.) 

Pour ce récital donné devant une salle comble au point que des chaises avaient été rajoutées sur la scène et auquel assistaient également le Roi Philippe et la princesse Eléonore, András Schiff n’avait pas prévu de programme à l’avance et prit chaque fois la parole dans un très bel anglais -on n’est pas Sir András Schiff pour rien- pour annoncer les morceaux interprétés. Le récital s’ouvrit par le Caprice sur le départ de son frère bien-aimé BWV 992 de Bach, compositeur que Schiff a toujours superbement défendu, combinant son impeccable formation pianistique à l’Académie de Budapest avec un apprentissage ultérieur auprès du claveciniste britannique George Malcolm. Dès l’abord, on ne peut qu’admirer la sonorité pleine et riche, l’articulation soignée, le parfait équilibre des voix et la souplesse féline du pianiste. Suit alors la Sonate N° 17 en si bémol majeur K. 570 de Mozart. Dans l’Allegro introductif,  Schiff fait entendre un Mozart sobre et précis, sans joliesse indue. Les traits de virtuosité sont invariablement limpides et d’une irréprochable égalité. Après un Adagio d’une belle et digne simplicité, l'œuvre se conclut sur un Allegretto, abordé avec gaieté mais sans exubérance, montrant à quel point Schiff prend le compositeur au sérieux. 

Ludovic Morlot et l’OBC nous offrent un voyage musical à travers la modernité de Maurice Ravel

par

Maurice Ravel (1875-1937) :   Fanfare pour l'éventail de Jeanne, M. 80 ; Menuet antique, M. 7 ; Shéhérazade, M.41 ; Don Quichotte à Dulcinée, M. 84 ; Trois poèmes de Stéphane Mallarmé, M. 64 ; Valses nobles et sentimentales, M. 61. Fleur Barron, mezzo-soprano, Alexandre Duhamel, Baryton, Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya, direction : Ludovic Morlot..2023 et 2024. Livret en : anglais, français, catalan et espagnol. 54'29. L'Auditori LA-OBC-009