La voix intérieure, une biographie de Robert Schumann

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Robert Schumann (1810-1856) : Eine Hörbiografie von Jörg Hanstein – Symphonie n°1 en si majeur Op. 38, « Printemps ». Udo Wachtveitl (narrateur), Matthias Brandt (Robert), Brigitte Hobmeir (Clara), Benedict Lückenhaus (jeune Schumann), Michael Tregor, (Friedrich Wieck), Thomas Albus, Christian, Baumann, Folkert Dücker, Beate Himmelstoß, Jerzy May, Katja Schild (citations), Lori Liebelt (une voix intérieure). Sympfonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Mariss Jansons, direction.2018-DDD-CD1 69’44-CD2 71’39-CD3 73’17-CD4 59’29-Textes de présentation en allemand-BR Klassik-900916

Le Bruckner désacralisé d’Andris Nelsons

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Anton Bruckner (1824-1883) : Symphonie n°6 en la majeur WAB 106 ; Symphonie n°9 en ré mineur WAB 109 ; Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried Idyll WWW 103 ; Parsifal : Prélude de l’acte 1 WWW 111. Gewandhausorchester Leipzig, Andris Nelsons. 2018-Livret en anglais et allemand-80’33’’ et 71’25’’-DGG-483 6659

Mahler : retour vers le futur

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Gustav MAHLER (1860 - 1911) : Symphonies n°1 à 10 - Lieder eines fahrenden.  Atlanta Symphony Orchestra & chorus, Yoel Levi (Symphonies N°1, 2, 4, 5, 6, 7, Adagio de la 10ème  et Lieder) ; Robert Shaw (Symphonie N°8) ; Cincinnati Symphony Orchestra, Jesús López-Cobos (Symphonies N°3 et 9). Telarc. 

Alain Altinoglu fait triompher Beethoven

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Avec ce concert, Alain Altinoglu terminait son intégrale des Symphonies de Beethoven au pupitre de son Orchestre symphonique de La Monnaie, une intégrale commencée en juin dernier avec la Symphonie n°9 et menée sur toute cette saison. La particularité de cette série de concerts était d’adjoindre des oeuvres concertantes aux symphonies du Grand sourd, Ces oeuvres concertantes, commandées pour l’occasion, mettaient en avant les solistes de l’Orchestre.

Ce concert avait également force de symbole car l’oeuvre était un concerto pour violoncelle de Bernard Foccroulle, ancien directeur de ce même Théâtre Royal de La Monnaie, avec Sébastien Walnier, chef de pupitre des violoncelles en soliste. Climbing-Dancing est dédié à la mémoire de la chorégraphe Trisha Brown. Dans le programme du concert, Bernard Foccroulle explique que la Symphonie n°7 de Beethoven lui a spontanément évoqué la figure de la célèbre chorégraphe, elle aussi liée à l’Histoire de La Monnaie par ses mises en scène de l’Orfeo de Monteverdi ou de Luci mie traditrici de Sciarrino. En deux mouvements, Climbing-Dancing est une oeuvre poétique et subtile. Le premier mouvement explore l’aigu du violoncelle presque dans un geste opératique d’une voix mélodieuse alors que le second mouvement est une séquence plus rapide et virtuose. On sent poindre l’écriture de l’organiste et l’immense culture musicale de Foccroulle avec quelques touches délicates en hommage à Messiaen. Dans tous les cas, Climbing-Dancing est une exceptionnelle partition et on lui souhaite de s’affirmer au répertoire.

 À Genève, un Orchestre de Birmingham décevant

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Pour achever sa saison 2018-2019, le Service Culturel Migros invite le City of Birmingham Symphony Orchestra sous la conduite de sa cheffe artistique, la Lituanienne Mirga Gražinytė-Tyla, jeune artiste de trente-deux ans qui, en dix ans de carrière, a accumulé les distinctions et les charges, puisqu’elle a été assistante au Los Angeles Philharmonic avant de prendre la direction artistique du Landestheater de Salzbourg.

D’emblée, s’impose une constatation : pour qui a connu cette formation dans les années quatre-vingts, au moment où Simon Rattle en était le titulaire, sa sonorité s’est totalement transformée ; car le nombre de jeunes éléments qui en constituent les pupitres recherchent une dynamique extrême, quitte à mettre en péril la cohérence de l’ensemble. Cela est particulièrement dangereux lorsque le programme comporte l’une des grandes symphonies du répertoire, la Deuxième en ré majeur op.73 de Johannes Brahms. Pris à tempo lent, l’Allegro non troppo met en exergue la faiblesse des cuivres, avec des cors plantant des ‘pains’ sur un tutti des violons plutôt râpeux qu’adoucira la phalange des cordes graves. La baguette de Mirga Gražinytė-Tyla  s’efforce de susciter les contrastes de phrasé afin de développer un cantabile sous l’omniprésence de bois et cuivres, peu enclins à la nuance. Il faut parvenir au ‘ländler’ de l’Allegretto grazioso pour que se profile un équilibre entre les pupitres, précaire puisque rapidement englouti  par le finale, opposant exagérément les blocs sonores.

Clara Inglese chante Ophélie

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Dans le flot incessant et pléthorique des nouveautés, rares sont celles qui sortent foncièrement du lot en attirant l’esprit ! Dans ce cadre, cet album Cyprès intitulé “Ophelia | songs of exile” séduit par sa pertinence éditoriale et ses hautes qualités musicales. Mêlant répertoire et création, il dresse un portrait d’Ophélie, personnage de la tragédie d’Hamlet de Shakespeare. Crescendo Magazine rencontre la soprano Clara Inglese, l’initiatrice de cet album.     

Ce disque est consacré au personnage d’Ophélie. Qu’est-ce que ce personnage mythique de la littérature vous inspire ? Pourquoi lui consacrer un disque ?

Ophélie m’inspire une sorte d’immense quête d’identité ; la quête d’une identité féminine, du sentiment amoureux et de la mort. Ces rapports entre l’amour et la mort sont au coeur de la tragédie d’Hamlet.

Mon rapport à Ophélie est une longue histoire qui se développe dans le temps. J’ai étudié la philologie romane à l’Université Saint-Louis à Bruxelles. Lors d’un cours sur la philosophie de littérature, le professeur faisait étudier Hamlet et lorsqu’il a abordé le personnage d’Ophélie dans une perspective existentielle, j’ai été tétanisée ! C’était un choc artistique et émotionnel et j’ai été hypnotisée et captivée par sa découverte. À l’époque, je suivais des cours de chant, mais alors sans perspective de faire une carrière musicale, et je me suis dit qu’un jour je ferais quelque chose autour d’Ophélie. Au fur et à mesure de mes études musicales, j’ai abordé le répertoire qui l’évoquait avec des lieder de Richard Strauss ou Dmitri Chostakovitch. Année après année, je me suis confortée dans la perspective de développer ce projet. 15 ans après ma découverte du personnage, ce disque s’est concrétisé !

Mahler, nouvelle édition chez Breitkopf & Härtel

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 À l’occasion des célébrations de ses 300 ans, la prestigieuse maison Breitkopf & Härtel de Leipzig offre aux musiciens un cadeau de choix : rien moins qu’une nouvelle édition critique des symphonies de Gustav Mahler ! La Symphonie n°1 et le mouvement “Blumine” sont naturellement les premières étapes de ce projet d’envergure. Christian Rudolf Riedel, collaborateur de Breitkopf & Härtel et responsable éditorial, nous entretient de ce projet exceptionnel.

 Pour quelles raisons lancez-vous une nouvelle édition des symphonies de Mahler?

Il y a de nombreuses raisons. L’une d’entre elles réside dans les plaintes fréquentes au sujet des matériels d’orchestre qui ne sont plus à jour ou mauvais. Les éditions existantes ont été publiées par différents éditeurs, chacun suivant le propre style de son entreprise. Dès lors, cela nous a fait songer à l’opportunité d’offrir à la vente des matériels d’orchestre de qualité.

 Mais la raison principale, c’était notre souhait d’une sorte de "réconciliation historique” pour laquelle il faut se plonger dans le passé. Vers la fin du XIXe siècle, Gustav Mahler était déjà un chef d'orchestre d'opéra réputé. et il collavborair à l'Opéra de Leipzig. Il avait finalisé son travail de complétion de l’opéra inachevé Die drei Pintos de Carl-Maria von Weber. Il approcha alors Breitkopf & Härtel en 1896, pour publier ses Symphonies n°1 et n°2. Mahler était recommandé par de hautes personnalités musicales telles que le chef d’orchestre Arthur Nikisch et le musicologue Hermann Kretzschmar, mais Oskar von Hase, directeur des éditions Breitkopf & Härtel, refusa. Le risque financier à assumer pour l’édition de deux vastes symphonies d'un jeune compositeur alors inconnu était trop grand. D’autant que ces symphonies avaient plus ou moins échoué à séduire le public lors de leur création et qu’elles n'avaient guère de chance d’être reprogrammées. C’était une décision pragmatique et compréhensible, même si la musique alors contemporaine intéressait l’éditeur qui avait dans son écurie éditoriale Sibelius et Busoni. Mais ce refus a conduit Mahler à se tourner vers d'autres maisons d’édition à Leipzig puis vers des éditeurs viennois qui ont finalement accepté. Cependant, il faut rappeler que l’accord des éditeurs viennois n’a été rendu possible que grâce aux efforts de l'influent musicologue Guido Adler qui était un ami proche de Mahler, lorsqu'il lui a obtenu une subvention de la “Gesellschaft zur Förderung deutscher Wissenschaft, Kunst und Literatur in Böhmen” (Société pour la Promotion de la Science, L'Art et la Littérature allemande en Bohême) pour couvrir les importants frais d'impression.