Anna Radziejewska et Justyna Reczeniedi : duos romantiques

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Romantics Duets.  Jan Karłowicz (1836-1903)  : Łzy serca / Do Niemna ; Mieczysław Karłowicz (1876-1909)  : Upływa dzień ; Władisław Żeleński (1837-1921) : Tędy leciał ptaszek, Op. 4 / Barkarola. Józef Wieniawski (1937-1912)  : 6 Gesänge, Op. 47 (3 extraits). Félix Mendelssohn (1809-1847)  : Abendlied, WoO 11. Gabriel Fauré (1845-1924) : 2 Duets, Op. 10 : Puisqu’ici-bas tout âme /Tarantelle. Ernest Chausson (1855-1899) : Deux Duos, Op. 11 : La Nuit / Réveil. Gioacchino Rossini (1792-1868)  : La pesca / La regata Veneziana. Pauline Viardot-García (1821-1910) : Habanera. Anna Radziejewska, mezzo-soprano ; Justyna Reczeniedi, soprano ; Krzysztof Trzaskowski, piano. 2021. Livret en polonais et anglais. DUX 1813.

Bach, cantates pour soprano, alto ou basse solistes, trois nouvelles parutions

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantates Gott soll allein mein Herze haben BWV 169, Geist und Seele wird verwirret BWV 35. Heinrich Schütz (1585-1672) : Erbarm dich mein, o Herre Gott SWV 447. Dieterich Buxtehude (1637-1707) : Klag-Lied BuxWV 76b. Iestyn Davies, contre-ténor. Carolyn Sampson, soprano. John Mark Ainsley, ténor. Neal Davies, baryton-basse. Tom Foster, orgue. Arcangelo, Jonathan Cohen. Octobre 2020. Livret en anglais, français, allemand (paroles des cantates en allemand et traduction en anglais). TT 65’02. Hyperion CDA68375

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantates Ich habe genug BWV 82, Ich bin vergnügt mit meinem Glücke BWV 84, Jauchzet Gott in allen Landen! BWV 51. Sonate en trio en sol majeur BWV 1038. Herr Jesus Christ, dich zu uns wend BWV 709. Trio BWV 655. Miriam Feuersinger, soprano. Capricornus Consort Basel. Tomoko Mukoyama, flûte traversière. Katharina Arfken, hautbois. Ute Hartwich, trompette. Peter Barczi, Eva Borhi, violon. Matthias Jäggi, viole. Daniel Rosin, violoncelle. Michael Bürgin, violone. David Blunden, orgue. Julian Behr, théorbe. Mars 2021. Livret en allemand et anglais (paroles des cantates en allemand et traduction en anglais). TT 68’42. Christophorus CHR 77459

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantates Ich will den Kreuzstab gerne tragen BWV 56, Ich habe genug BWV 82, Der Friede sei mit dir BWV 158, Amore, traditore BWV 203. Stephan MacLeod, basse. Emmanuel Laporte, hautbois. Eva Saladin, violon. Bertrand Cuiller, clavecin. Gli Angeli Genève. Mai 2021. Livret en français, anglais (paroles des cantates en allemand et traduction en français). TT 64’23. Claves 50-3049

Un panorama de John Ireland par John Wilson et ses musiciens 

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John Ireland (1879-1962) : Satyricon (ouverture) ; A Downland Suite (pour ensemble de cuivres, transcriptions pour cordes de John Ireland et Geoffrey Bush) ; Mai-Dun, rhapsody symphonique pour orchestre ; The Forgotten Rite, Prélude pour orchestre ; A London Overture ; The Holy Boy, arrangement pour orchestre à cordes du compositeur ; Epic March. Sinfonia of London, John Wilson. 2021. Livret en anglais, allemand et français. 67’16’’. Chandos. CHSA 5293. 

Le London Philharmonic Orchestra à Bozar avec la Neuvième de Mahler

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Ce mardi 6 décembre a lieu le concert du London Philharmonic Orchestra à Bozar. La phalange londonienne est placée sous la direction de son « Conductor Emeritus » Vladimir Jurowski. En effet, le chef russe a obtenu ce titre après avoir été pendant quinze ans le chef principal du LPO. Au programme de cette soirée, la Neuvième Symphonie en ré majeur de Gustav Mahler. 

Une fois l’orchestre accordé, le chef entre sur scène. Il attend cependant un long moment avant de lancer l’interprétation de cette symphonie. En effet, un public trop peu silencieux à son goût ne permet pas de commencer l'exécution de cette œuvre magistrale. 

Le premier mouvement, Andante comodo, considéré comme le plus complet écrit de la main de Gustav Mahler commence finalement. Les premières notes, quelque peu hésitantes, énoncent les premiers thèmes du mouvement. Cette hésitation disparaît quelques mesures plus tard lorsque le thème principal en ré majeur est exposé avec sérénité par les premiers violons. Après cela, la musique devient plus grave et dramatique. Chaque pupitre joue comme un seul homme et une grande cohésion unit les différents pupitres de l’orchestre. Ce mouvement allie des passages d’une grande douceur avec des pianissimo à peine perceptibles et des passages tourmentés laissant entrevoir la puissance de l’orchestre.

Les brillants solos interprétés par les premiers solistes de l’harmonie, les violoncelles et le Konzertmeister (Pieter Schoeman) rehaussent l'interprétation de ce premier mouvement.

Ce dernier se termine de manière céleste avec une note aiguë tenue par les violoncelles et des pizzicati parfaitement en place du reste des cordes. 

Ars Musica 2022 : la revanche de l’antivirus masqué

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Il y a des jours où on aimerait pouvoir être au four, au moulin, au Planétarium, sur Mars et immergé dans cette Metropolis rétrofuturiste, mais voilà, Ubik reste une (science-)fiction et l’univers a beau se courber sous l’effort, le temps reste tout aussi incompressible. J’aborde donc l’édition 2022 d’Ars Musica à la Raffinerie de la rue de Manchester à Molenbeek – anciennement raffinerie de cassonnade, que je fréquente au tournant de la décennie 1970 pour d’autres raisons sonores, plus lugubres, alors que le lieu, lugubre de même, se présente au monde comme le Plan K et résonne d’échos trans Manche très Factory-iens, assommés de hargne et de désillusion affectée. Aujourd’hui, perché au bar du cinquième étage qui laisse voir sa cour intérieure, le bâtiment, dans la nuit et la légère pluie, semble avoir gagné en aplomb, outre le charme d’une architecture industrielle qui a retrouvé une fonction.

Une histoire de trou de lapin et de fantasmagorie

En coproduction avec Charleroi Danse, Down the Rabbit Hole (collectif multinational, basé à Bruxelles et investigateur en matière de dramaturgie) propose, sous le titre Screening, deux pièces de Frédéric Verrières, compositeur français lui aussi établi dans la capitale.

Evening Harmony métamorphose le Prélude n°4 de Claude Debussy – ou plutôt, l’anamorphose : Verrières inclut le prélude dans sa pièce, par morceaux, de façon subtile ou abrupte, maniant l’étrangeté et le changement de perspective. La voix de drone rauque (parfois moulinée au Vocoder) disperse des extraits du poème Harmonie du soir de Baudelaire (le sous-titre du prélude, « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir », est un de ses vers) et le piano augmenté joue (sans couvercle, crument éclairé par cinq spots blancs célestes, avec trois instrumentistes, habillés en prêtres, à son chevet, qui frappent, frottent et manipulent), tant sur le plan visuel que sonore, à perturber la réalité, entre les images projetées, l’électronique en embuscade, la gestuelle des musiciens, parfois raccord, parfois pas, autant de faux-semblants qui défient nos sens (le piano est silencieux – et donc muet – mais un système électronique lui octroie le rôle d’un clavier MIDI – et donc pas muet) et dévient le soliste, qui ne l’est plus : un jeu de miroir où le miroir ne joue pas le jeu – le public est pantois, j’aime assez.

Avec 78 Pieces of Film, création longtemps attendue, ici rehaussée d’une chorégraphie dont je ne perçois pas toujours l’apport, le compositeur pousse un pan plus loin son envie d’assemblage / désassemblage, autant de sons que d’images – et d’éclairage : il y convoque Hitchcock, son visage bonhomme attelé à expliquer l’importance cruciale du montage (cutting, cutting, cutting), mais aussi ses scènes de peur, la pureté des gros plans (œil effrayé, bonde et son tourbillon d’eau, bouche hurlante, mains aux doigts écartelés…) et l’effroi de la lumière cassante sur le geste de l’instrumentiste pour explorer, à la manière d’un boucher appliqué et avec une fureur qui ne se contient que difficilement, l’art de la découpe. Exercice extravagant, entre rêve et éveil, pour un compositeur qui évolue dans un monde à plus de trois dimensions.

L’une émerge, les autres parlent d’expansion et d’exil

Parmi les trois œuvres au programme de l’Ensemble Musiques Nouvelles sur la scène de la salle M de Bozar, celle de l’estonienne Helena Tulve (elle nourrit ses inspirations auprès de Ligeti, Scelsi ou Saariaho) se distingue par la finesse de traitement du son : les timbres à l’œuvre dans Emergence II. Boundless, Shoreless (ceux des instruments de l’ensemble, auxquels se joignent les sons retravaillés de l’installation sonore d’objets en verre imaginée par l’artiste visuelle Justine Emard lors de la création de la pièce) suggèrent une féérie en suspension – d’où l’on ne serait pas surpris qu’émerge, dans un flux d’air porteur, le Père Noël, ses rennes et sa hotte au fond infini.

Pour sa nouvelle pièce, The Primeval Atom, le belge Jean-Pierre Deleuze se réfère à l’hypothèse de l’atome primitif de son compatriote Georges Lemaître, professeur d’astrophysique à l’Université catholique de Louvain et dont les travaux, avec ceux de l'américain Edwin Hubble, initient la théorie du Big Bang : des souffles dans le corps des violons aux robustes scintillements qui s’éteignent en bruissant, le compositeur, qui aime jouer avec la perception (notamment par le biais de la technique de transmission de timbre, d’un instrument à l’autre), ose l’abondance sonore, sorte de grandeur téméraire, qui emporte.

Le firmament de cette soirée, c’est Exil, de Giya Kancheli (Géorgien venu à Berlin en 1991, il vit ensuite à Anvers), dont on devine la proximité musicale et philosophique avec Jean-Paul Dessy, pièce sensible, mystique et inspirée : la soprano Elise Gäbele porte les textes de Paul Celan et de Hans Sahl, en équilibre sur une pulsation délicate, faite d’ondelettes éphémères, en une progression faussement indolente qui chemine, au travers d’une aura translucide, inquiétante, vers une perfection idéalisée et évoque puissamment la nostalgie du pays, la mélancolie du chez soi, le spleen de la terre qu’on a quittée – une nostalgie collective plus qu’individuelle, la nostalgie d’un peuple exilé à la recherche du bien-être.

La musique pour quatuor à cordes de Britten  par l’Emperor Quartet, réunie en un coffret

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Benjamin Britten (1913-1976) - The Music for String Quartet. Quatuors à cordes n° 1 op. 25 en ré majeur, n° 2 op. 36 en do majeur et n° 3 op. 94 ; Three Divertimenti ; Miniature Suite ; Quatuor à cordes en ré majeur ; Alla Marcia ; Simple Symphony op. 4 ; Rhapsody ; Quartettino ; Phantasy en fa mineur pour quintette à cordes ; Quatuor à cordes en fa. Emperor Quartet. 2005-2011. Notices en anglais, en allemand et en français. 202.10. BIS-2640.    

Un oratorio de Noël en kit, puisé au baroque germanique

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O Jesulein. Wolfgang Carl Briegel (1626-1712) : Dies ist der Tag des Fröhligkeit. Andreas Hammerschmidt (c1611-1675) : Maria gegrüsset seist du ; Freude, grosse Freude ; Ach mein herzliebes Jesulein ; Wie bin ich doch so hertzlich froh ; Wo ist der neugeborne König ; Mein Sohn, warum hast du uns getan ? Johann Schelle (1648-1701) : Nun komm der Heiden Heiland. Christoph Bernhard (1628-1692) : Fürchtet euch nicht. Michael Praetorius (1571-1621) : Es ist ein Ros’entsprungen ; Puer natus in Bethlehem. Christian Flor (1626-1697) : Pastores currite in Bethlehem. Franz Tunder (1614-1667) : Ein kleines Kindelein. Heinrich Schütz (1585-1672) : O bone Jesu, fili Mariae. Thomas Selle (1599-1663) : Angelus ad Josephum. Dieterich Buxtehude (1637-1707) : Wie schön leuchtet der Morgenstern. Johann Rudolf Ahle (1625-1673) : Herr, nun lässest du deiner Diener. Samuel Capricornus (1628-1665) : Sonata ab 8 Instrument [extrait]. David Pohle (1624-1695) : Nascitur Immanuel. Johann Christoph Bach (1642-1703) : O Freudenzeit, o Wundernacht. Clematis. Capucine Keller, Julia Wischniewski, soprano. Paulin Bündgen, contreténor. Zachary Wilder, ténor. Philippe Favette, basse. Stéphanie de Failly, Florence Malgoire, violon. Ellie Mimeroski, Jorlen Vega Garcia, alto et violon. Sarah van Oudenhove, basse de viole. Anaïs Ramage, flûte à bec, basson, tournebout. Elsa Frank, flûte à bec, schalmey, tournebout. Jérémie Papasergio, basson, tournebout, bombarde basse, cervelas. Jérôme Lejeune, tournebout. Brice Sailly, orgue. Décembre 2021. Livret en anglais, français, allemand (pas de texte des compositions vocales et leur traduction, néanmoins disponibles sur le site Outhere). TT 74’23. Ricercar RIC444

Işıl Bengi et le feu intérieur en musique 

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La pianiste Işıl Bengi fait paraître un album intitulé “le feu intérieur”, un parcours musical personnel à travers des œuvres de Clara Schumann, Enrique Granados, Mili  Balakirev et Marko Tajčević. Crescendo Magazine s’entretient avec cette musicienne qui aime s’affranchir des frontières entre les genres et les styles. 

Votre nouvel album est titré “le feu intérieur”. Pouvez-vous nous expliquer ce concept ? Comment  se traduit-il en musique ?  

Au départ, il n'y avait pas vraiment de concept, j’avais envie de faire quelque chose et je me suis mise  en action. Après avoir vécu une période assez traumatisante, je ressentais beaucoup de colère, de  déception, de désespoir, et de doutes,... C’était écrasant d'être confrontée à des situations où l'on se  sent impuissante, à l'extérieur et parfois seule...  

Dans ces moments-là, il y a heureusement une flamme intérieure qui nous pousse à continuer, à  créer, et à croire. C’est cette flamme qui m’a guidée et inspirée pour tisser le répertoire de cet album. J’ai choisi des œuvres qui contiennent des tensions et des contrastes, et ouvrent un grand espace d’expression pour toutes sortes d’émotions et de ressentis. Il y a moyen de créer des tourbillons,  des tornades, des tempêtes, des ouragans, où les moments de silence deviennent très précieux et  poussent à être entendus et écoutés… C'est un répertoire qui permet de descendre au plus profond  de soi et de réveiller une grande énergie qui peut créer ou détruire. Comme le feu lui-même : il peut  chauffer et brûler... C'est donc un choix pour chacun.  

Dans la liste des artistes représentés sur cet album, il y a Clara Schumann, Enrique Granados, Mili  Balakirev mais également le Serbe Marko Tajčević. Ce dernier est bien moins connu, comment avez-vous découvert sa musique ? 

J’ai une grande soif de découvrir tout ce qui est invisible et moins connu. J'avais découvert la  musique de Marko Tajčević sur YouTube lorsque je me baladais à écouter des œuvres de  compositeurs dont on ne parle pas beaucoup. Tajčević a surtout composé des œuvres inspirées de la musique folklorique. Mais ses Variations en do mineur pour piano sont complètement à part. Quand  je les ai entendues, je ne pouvais pas croire qu'elles n'étaient pas plus jouées. Elles ont une intensité  dramatique, et techniquement, elles sont assez exigeantes. Je voulais travailler cette œuvre et la faire entendre au plus grand nombre. 

Vos précédents albums portaient déjà des titres et proposaient des parcours à travers des œuvres  connues et moins connues. Est-il important pour vous qu’un album raconte une histoire ? 

Oui, il est essentiel pour moi qu'un album raconte une histoire. C'est tout aussi intéressant et  important de faire des albums de catalogue. En tout cas, dans mon parcours d’aujourd'hui, je veux apporter une expérience d'écoute d'un album où, du début à la fin, on est emporté, notre curiosité est  suscitée, on est parfois choqué, parfois émerveillé,.... C'est comme si nous entrions dans un monde  étrange où différents styles, ambiances, couleurs, même opposés par moments, se retrouvent ensemble, se marient et s'harmonisent.