Lully et Mozart à l'Opéra de Monte-Carlo avec David Greilsammer et la Geneva Camerata

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David Greilsammer est un musicien atypique, parmi les plus créatifs de sa génération. Pianiste et chef d'orchestre, il est constamment à la recherche de projets et de programmes qui sortent des sentiers battus. Il se présente sur la scène du Palais Garnier avec son orchestre suisse de la Geneva Camerata, phalange composée de jeunes et brillants instrumentistes passionnés.  Ensemble, ils créent des passerelles entre les différentes expressions artistiques, telles la musique et la danse : les Trente musiciens jouent (tout le concert par cœur) et dansent en même temps. Pour cette expérience,  ils sont accompagnés par le danseur et chorégraphe Juan Kruz Díaz de Garaio Esnaola. 

Ce concert propose deux chefs-d'oeuvre avec un regard inédit : la suite orchestrale tirée du Bourgeois Gentilhomme de Lully et la Symphonie n°40 en sol mineur de Mozart. David Greilsammer entraîne irrésistiblement les musiciens dans son sillage. Ils ont une extraordinaire complicité. Ils jouent debout, sans partition.  La marche est marquée par une rythmique très présente. C'est une combinaison envoûtante de musique et de danse, et les musiciens parviennent à jouer et à bouger simultanément avec une aisance étonnante. On est conquis par le caractère solennel et l'esthétique harmonieuse.

Entre rêve et réalité : Sadko de Rimski-Korsakov vu par Tcherniakov

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Rimsky-Korsakov : Sadko, opéra en sept tableaux. Nazhmiddin Mavlyanov (Sadko), Aida Garifullina (Volkhova), Ekaterina Semenchuk (Lubava), Yuri Minenko (Nezhala), Stanislav Trifomov (Le Tsar de l’océan), Mikhail Petrenko (Sifflet), Maxim Paster (Fifre), Dmitry Ulianov (Le marchand viking), Alexey Nekludov (Le marchand indien), Andrey Zhilikhovsky (Le marchand vénitien), Sergey Murzaev (Vision du vieux guerrier/Guide), etc. Chœurs et Orchestre du Théâtre Bolshoï, direction Timur Zangiev. 2020. Notice en anglais, en français et en allemand (pas de livret, mais synopsis). Sous-titres en anglais, en français, en allemand, en espagnol, en coréen et en japonais. 186.00. Un double DVD Bel Air BAC188. Disponible aussi en Blu Ray. 

Les retrouvailles de Matthieu Idmtal et Edvard Grieg. 

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Edvard Grieg (1843-1907) : Piano sonata in E minor op.7  - Lyric pieces : Arietta Op.12 No.1, Berceuse Op.38 No.1, Butterfly Op.43 No.1, Elegy Op.47 No.7, Valse-Impromptu Op.47 No.1, Melody Op.47 No.3, March of the dwarfs Op.54 No.3, Elegy Op.38 No.6, Waltz Op.38 No.7, Wedding Day at Troldhaugen Op.65 No.6, Homesickness Op.57 No.6, Vanished Day Op.57 No.1, Solitary Traveller Op.43 No.2, Nocturne Op.54 No.4 - Matthieu Idmtal au piano - 2021 - 79’49’’ - Livret en anglais et néerlandais - Piano Classics - PCL10239

A Genève, l’OSR aux étoiles ! 

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Le plus beau concert de l’Orchestre de la Suisse Romande depuis le début de la saison ! La rencontre au sommet de deux grandes pianistes, Martha Argerich et Maria Joao Pires sous la direction de Daniel Harding !

Dans un Victoria Hall bondé jusqu’à ras bord dont le public s’est arraché les places, laissant je ne sais combien d’élèves de conservatoire à la porte, les trois artistes avancent sur scène et s’attaquent au Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur K.365 de Mozart que le chef phrase avec une rare élégance en faisant ressortir les cors du tissu de l’introduction. A partir d’un trille scintillant, Maria Joao Pires impose un jeu extrêmement clair alors que Martha Argerich recherche la profondeur de son qui stabilise le dialogue. Toutes deux se répondent avec une sobriété naturelle en cultivant le mimétisme de sonorité. Le discours se développe comme dans un rêve. Devant l’enthousiasme tapageur du public, l’on rapproche les tabourets et les deux dames savourent avec délectation l’andante babillard de l’une des sonates pour piano à quatre mains du divin Wolfgang.

Bach et l’inspiration italienne : stimulant programme concertant

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Virtuosi. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto [pour trois violons] en ré majeur BWV 1064r ; Concerto [pour hautbois et violon] en ut mineur BWV 1060r ; Concerto [pour deux violons] en ré mineur BWV 1042 ; Concertos pour orgue en sol majeur BWV 592, en ut majeur BWV 595. Johann Gottfried Walther (1684-1748) : Concerto pour orgue en ré mineur [Allegro, fragment de Torelli]. Johann Ernst von Sachsen-Weimar (1696-1715) : Concerto pour violon en si majeur BWV 983. David Castro-Balbi, Raphael Hevicke, violon. Clara Blessing, hautbois. Jörg Reddin, orgue. Thüringer Bach Collegium, Gernot Süßmuth, violon et direction. Octobre 2020. Livret en allemand, anglais. TT 66’44. Audite 97.790

A Genève, que de perles noires pour le pauvre Bizet !  

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Curieuse époque que la nôtre où à l’opéra, un metteur en scène ne se contente plus de redonner vie à un ouvrage sans l’orienter vers le cinéma ou la télévision ! Ainsi, à la Scala de Milan, un Davide Livermore se réfère à un thriller de science-fiction pour le Macbeth d’ouverture de saison, alors qu’à Genève, la jeune régisseuse Lotte de Beer regarde du côté de la téléréalité de l’émision Koh Lanta pour Les Pêcheurs de Perles de Georges Bizet.

Certes, de cet ouvrage de début de carrière créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 30 septembre 1863, la trame est bien mince : Zurga, devenu chef des pêcheurs dans l’île de Ceylan, y retrouve fortuitement Nadir, son ami d’enfance. Tous deux ont aimé la même femme qui, comme par enchantement, apparaît pour officier en tant que prêtresse. Amour-passion pour l’un, jalousie démente pour l’autre qui finira par sacrifier sa propre vie pour sauver l’union de Leïla et de Nadir. Lotte de Beer est persuadée que le public d’aujourd’hui ne se contente plus d’une intrigue aussi mal ficelée. En est-elle si  sûre, quand le spectateur peut considérer l’œuvre comme un mélodrame aux parfums exotiques ? A sa décoratrice Marousha Levy, elle demande, en fond de scène, un gigantesque écran ovale où sont projetés les paysages et les visages des protagonistes en gros plan ; mais parfois, les éclairages d’Alex Brok le transpercent pour faire apparaître les appartements sur plusieurs étages d’où les choristes prennent  part à l’action. Du reste, chapeau bas devant le Chœur du Grand-Théâtre de Genève (préparé méticuleusement par Alan Woodbrige) qui réussit à éviter le moindre décalage par rapport à la fosse d’orchestre ! Dans des costumes de Jorine van Beek qui n’ont aucun cachet oriental, les quatre premiers plans arpentent un promontoire en escalier et les marches d’un temple hindou en tentant d’exprimer leurs sentiments. Mais leurs péripéties sont englouties sous le fatras des caméras et des perches d’éclairagiste qui phagocytent l’intrigue jugée inintéressante. L’agitation insensée de la meute télévisuelle prend le dessus… Et l’attention du spectateur s’émousse au point de sombrer dans l’ennui. Assurément, ce n’est pas le documentaire-interview intitulé The Challenge, figurant en début de seconde partie, qui va l’émoustiller, tant il paraît ridicule !

Ça fait du bien : The Pajama Game  

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Un musical en ces temps aléatoires et anxiogènes, « ça fait du bien », s’exclamait une spectatrice représentative de tous les autres à la fin de la représentation d’un Pajama Game prestement enlevé.

Quelque part dans une Amérique profonde, une usine de pyjamas. Une usine en crise : comment continuer à fabriquer des pyjamas-une-pièce-indémodables quand la mode justement a changé et que les jeunes ont opté pour d’autres tenues nocturnes. D’autant plus que le personnel a des revendications salariales : il réclame une augmentation de 7 ½ cents que lui refuse une direction intraitable. Tel est le contexte. Mais on l’aura compris, The Pajama Game n’est pas une œuvre engagée militante.

Dans cette usine en difficulté arrive un nouveau directeur exécutif, le jeune et beau Sid Sorokin. Immédiatement confronté à la « représentante du comité social et économique », la jeune et belle Babe Williams. Ils sont donc catégoriellement adversaires. Mais que croyez-vous donc qu’il arrive ? Ils vont s’aimer bien sûr, et la contradiction entre les intérêts sectoriels et les aspirations personnelles va compliquer les choses, jusqu’au « Happy End » inévitable. Et cela de façon drolatique.