Sept virtuoses de la Philharmonie de Berlin remettent à l’heure l’art chambriste de Ravel

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Maurice Ravel (1875-1937) : Introduction & Allegro ; Quatuor à cordes en fa majeur ; Sonatine en Trio (transcr.) ; Sonate pour violon et violoncelle ; Le Jardin féérique (transcr. tirée de Ma Mère l’Oye). Emmanuel Pahud, flûte ;  Wenzel Fuchs, clarinette ; Marie-Pierre Langlamet, harpe ; Christophe Horak, violon ; Simon Roturier, violon ; Ignacy Miecznikowski, alto ; Bruno Delepelaire, violoncelle. Février & avril 2019. Livret en français, anglais. 75’00. IndéSens INDE139

Musique vénitienne pour vents du XVIIIe siècle au-delà de Venise

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Antonio Lotti (ca. 1667-1740) : Sonata à 4 en si majeur pour deux hautbois, basson et basse continue. Antonio Caldara (1670-1736) : Sinfonia en sol majeur pour flûte, hautbois et basse continue. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto en sol mineur RV 103 pour flûte, hautbois et basson. Baldassare Galuppi (1706-1785) : Sonata à 3 en sol majeur pour flûte, hautbois et basse continue. Giovanni Battista Ferrandini (ca. 1710-1791) : Sonate en la mineur op. 2 n° 2 pour hautbois et basse continue. Giuseppe Antonio Brescaniello (ca. 1690-1758) : Concerto en si majeur pour hautbois, basson et basse continue. Giovanni Benedetto Platti (ca. 1697-1763) : Sonate en sol mineur pour hautbois, violoncelle et basse continue. Affinità, Ensemble für Alte Musik, direction Elisabeth Baumer. 2018. Livret en anglais, en allemand et en français. 66.34. Arcana A 119.

Simon Rattle et Leoš Janáček

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Leoš Janáček (1854-1928) : La petite renarde rusée, opéra en trois actes ; Sinfonietta. Lucy Crowe (La renarde), Gerald Finley (Le garde-chasse), Sophia Burgos (Le renard), Peter Hoare (L‘instituteur), Jan Martinik (Le curé), etc. London Symphony Chorus, LSO Discovery Voices, London Symphony Orchestra, direction Sir Simon Rattle. 2018-2019. Notice en anglais, en français et en allemand. Texte du livret en tchèque, avec traduction anglaise. 119.37. Un album de 2 SACD LSO0850.

Zubin Mehta, la collection Warner 

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Zubin Mehta. The Complete Warner Recordings. Oeuvres de César Franck (1822-1890) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) ; Giacomo Puccini (1858-1924) ; Giuseppe Verdi (1813-1901) ; Ravi Shankar (1920-2012) ; Gustav Mahler (1860-1911) ; Aram Khachaturian (1903-1978) ; Pyotr Ilyich Tchaïkovski (1840-1893) ; Max Bruch (1838-1920) ; Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1968) ; Paul Ben-Haim (1897-1974) ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) ; Alexander Glazunov (1865-1936) ; George Gershwin (1898-1937) ; Gustav Holst (1874-1934) ; Jean Sibelius (1865-1957) ; Carl Orff (1895-1982) ; Sergei Prokofiev (1891-1953) ; Niccolo Paganini (1782-1842) Franz Waxman (1906-1921).  Solistes, choeurs et orchestres, Zubin Mehta. 1967-2000. Notice de présentation en anglais. 1 coffret de 27 CD et 3 DVD. Warner Classics. 0190295221324. 

Découverte de la Missa Regalis, chant du cygne de Francisco Valls

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Francisco Valls (1671-1747) : Missa Regalis. Francisco Correa de Arauxo (1584-1654) : Tiento y discurso de segundo tono ; Tiento de medio registro de tiple de septimo tono. Juan Bautista José Cabanilles (1644-1712) : Tiento de falsas primer tono. Joseph Crouch, basse de violon ; Inga Klaucke, douçaine ; Edward Higginbottom, orgue continuo. Matthew Martin, orgue et direction du Chœur du Keble College. Décembre 2018 et Juillet 2019. Livret en anglais. Paroles latines de la Messe et traduction anglaise. 40’48. AAM008

Jos van Immerseel joue des sonates de Beethoven sur un instrument d’époque

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Le récital de Jos van Immerseel le 26 octobre au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris est devenu par la suite l’un des derniers concerts avant le reconfinement général en France.
La scène entourée de murs aux décors bruts, le théâtre des Bouffes du Nord possède l’une des plus belles acoustiques en France et en Europe pour la musique de chambre. La proximité avec le public, installé presque au même niveau que l’artiste, favorise l’atmosphère intimiste et crée une complicité évidente entre les deux parties. À travers les quatre sonates de Beethoven écrites dans sa jeunesse (op. 14 n° 1 et 2, op. 13 « Pathétique » et op. 27 n° 2 « Clair de lune »), Jos van Immerseel propose, sur un pianoforte viennois, un visage considérablement différent des œuvres du Maître de Bonn jouées sur des pianos modernes sonores et puissants. En effet, cet Anversois pionnier de l’ « interprétation historiquement informée » vient avec son instrument, le fac-similé minutieusement réalisé en France par Christopher Clarke (1988) d’après un pianoforte d’Anton Walter (vers 1800). Sa sonorité confidentielle mais chaleureuse, perlée et cuivrée, se marie idéalement avec l’espace ; les auditeurs apprécient la subtilité de la mécanique, certes délicate mais qui n’empêche pas d’offrir une multitude de possibilités en matière de dynamique et de nuance.

Mariss Jansons, les années Oslo 

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Mariss Jansons : The Oslo Years. Oeuvres de Piotr Ilyich Tchaïkovski (1840-1893), Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Johan Svendsen (1840-1911), Sergei Prokofiev (1891-1953), Modest Mussorgsky (1839-1881), Antonín Dvořák (1841-1904), Bedřich Smetana (1824-1884), Ottorino Respighi (1879-1936), Maurice Ravel (1875-1937), Paul Dukas (1865-1935), Béla Bartók (1881-1945), Jean Sibelius (1865-1957), Richard Wagner (1813-1883), Igor Stravinsky (1882-1971), Arthur Honegger (1892-1955); Camille Saint-Saëns (1835-1921), Richard Strauss (1864-1949), César Franck (1822-1890), Gustav Mahler (1860-1911), Ludwig van Beethoven (1770-1827), World encores avec des oeuvres de Bernstein, Kim, Alfven, Tchaikovsky, Dvořák, Sibelius, Elgar, Grieg, Bizet, Bach, Kodály, Mascagni, Villa-Lobos, Toyama, Dinicu, Chapi Lorente, Strauss, Gade, Theodorakis. Frank Peter Zimmermann, violon ; Truls Mørk, violoncelle ; Wayne Marshall, orgue. Oslo Philharmonic Orchestra, Mariss Jansons. Notice de présentation en anglais, allemand et français. 1 coffret de 21 CD et 5 DVD Warner Classics. Référence 0190295242473

Aurelia Vișovan aux claviers 

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Lauréate du Concours MA de Bruges, Aurelia Vișovan passe avec aisance du pianoforte au piano. Bardée de prix internationaux, elle a donné la première mondiale du Concerto pour piano d’Enescu. Alors que paraît son passionnant album dédié à des oeuvres de Hummel arrangeur et compositeur (Ricercar), elle répond aux questions de Crescendo Magazine 

Votre nouvel enregistrement est centré sur la figure de Hummel. C’est un compositeur que l’on connait de nom, mais globalement peu de mélomanes l’écoutent. De plus, il souffre un peu de l’image négative d’un musicien solide, qui a composé beaucoup d’œuvres mais qui peinerait à atteindre le génie. Qu’est-ce qui, pour vous, fait l’intérêt de la musique de Hummel ?

Hummel était l’un de ces compositeurs qui ont eu la malchance d’être pris entre deux mondes : celui du classicisme viennois, style dans lequel il a été éduqué et formé comme élève de Mozart, et le romantisme naissant duquel il se sentait proche et dont il partageait les idéaux. Dans son langage musical, on retrouve son désir d'échapper à l’ancien et d’explorer de nouvelles possibilités, tant harmoniques que formelles. Cela lui donne une espèce d’exotisme parfois difficile à comprendre ; il est en permanence à la recherche de quelque chose, et il est difficile de le placer dans une catégorie... Mais en même temps, on peut franchement affirmer que sans lui, la musique romantique pour piano n’aurait pas été la même. Il était l’un des pianistes les plus importants de son temps et il a eu une influence énorme sur les décennies suivantes ! Pour moi, c’est justement l’instabilité, cette recherche perpétuelle, ces petits bourgeons d'esprit romantique qui rendent ses oeuvres tellement fascinantes. 

Cet album offre deux transcriptions : un concerto de Mozart et une symphonie de Beethoven. On sait que le genre de la transcription était très répandu et permettait de faire circuler les partitions auprès des mélomanes et des musiciens. Est-ce qu’il y a malgré tout un peu de Hummel dans ces arrangements ? 

Oui bien sûr, il y en a beaucoup, surtout dans le concerto de Mozart ! Il a passablement modifié la partie du soliste pour lui apporter plus de virtuosité, puis il a écrit de merveilleuses cadences qui sortent tout à fait du style mozartien et nous portent en avant vers le romantisme. Il a même pris la liberté d’enlever ou d’ajouter par endroit quelques mesures ! Et puis il a choisi l’instrumentation, les couleurs qu’il trouvait les plus belles et adéquates, et il a réussi à condenser toute une partition orchestrale en quatre voix -une tâche extrêmement difficile qu’il a admirablement réalisée !

Votre disque propose la Sonate en fa mineur pour pianoforte solo. Comment cette partition se distingue-t-elle des modèles de Mozart ou de Beethoven ?

Mozart et Beethoven sont déjà très différents l’un de l’autre. Mozart réussit à développer une inventivité géniale dans ses sonates tout en respectant les normes formelles. Beethoven, de son côté, dépasse de plus en plus les frontières de son temps et crée des formes alors inconnues. Hummel essaie lui aussi de nouvelles voies en donnant une importance hors du commun au deuxième mouvement, le mouvement lent, qui est d’une richesse harmonique formidable. On est surpris aussi qu’un mouvement d’une telle longueur finisse sur la dominante du mouvement suivant, comme s’il n’avait été qu’une préparation pour l’explosion de virtuosité du Finale.