Paul Lewis, pianiste beethovénien 

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Le pianiste britannique Paul Lewis est renommé pour ses interprétations des oeuvres de Beethoven dont il a gravé des versions de référence des Sonates et des Concertos. Dans le cadre de l’année Beethoven, il propose les Bagatelles, des oeuvres parmi les moins aimées du Grand sourd ! Crescendo rencontre ce musicien d’exception pour parler Beethoven, mais pas que… ! 

Votre nouveau CD est consacré aux Bagatelles pour piano de Ludwig van Beethoven. Ces œuvres occupent une part quelque peu mineure de l'œuvre de Beethoven. Qu'est-ce qui vous a orienté vers ce choix de programme ? 

Bien évidemment, ces Bagatelles ne sont pas considérées comme des grands chefs- d’oeuvre à l’image des dernières sonates ou des grandes symphonies, mais ce sont également des oeuvres de génie. Nous identifions souvent Beethoven comme un maître de la structure et des développements, comme dans les mouvements de sonates ou des symphonies, mais il est aussi un virtuose de la petite forme et c’est ce qu’il démontre dans ces Bagatelles ! Je dois vous avouer que j’ai toujours été attiré par ces partitions et je suis très heureux de les avoir proposées au disque. 

En quoi ces bagatelles témoignent-elles de l'inventivité de Beethoven ? Quelles sont leurs difficultés d’interprétation ? 

Beethoven utilise ici de manière un peu malicieuse la profondeur de son langage musical. Il montre un côté différent de ce que l’on connaît de lui mais qui mérite que l’on s’y attarde. Prenons les dernières grandes œuvres pour piano, à l’image de la sonate pour piano Opus 111, il faut se projeter dans une partition en tous points énorme mais, avec ces Bagatelles, il y a une sorte d’introspection et d’expérimentation sur une durée très courte. Prenez par exemple les Bagatelles opus 126, malgré leur brièveté, elles sont foncièrement géniales. Elles regorgent de petits détails et de petits éléments qu’il faut prendre parfaitement en considération pour caractériser toutes les facettes de ces Bagatelles qui ne durent que quelques minutes chacune. Ainsi, Beethoven est à la fois un maître de la grande forme et de la petite forme !   

Orgues au soleil, acte 2

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Après le premier volet publié le 22 juin, dans lequel nous présentions cette série des « orgues au soleil », notre nouvelle sélection de cinq albums va d’abord nous emmener à la découverte d’un patrimoine méconnu : le répertoire et la facture sarde. Puis un tour d’Europe de la Passacaille : enluminure en compagnie de Manuel Tomadin à Muzzana del Turgano. Ensuite, dépaysement aux portes de chez soi, avec un orgue hispanisant aux environs de Bruxelles qui fait crépiter les chamades. Nous poursuivrons la route vers deux splendides instruments de Vénétie et Lombardie, exaltant les saveurs de Giovanni Morandi. Et terminerons en chanson avec des transcriptions d’opéra italien.

MUSICA D’ORGANO NELLA SARDEGNA DELL’OTTOCENTO. Francesca Ajossa. Tactus. 2017. TT 58’06

Bien que la production de musique sacrée en Sardaigne soit attestée depuis le XVIe siècle, elle resta circonscrite aux centres urbains. L’orgue y tint une place modeste, ce qui n’empêcha pas son essor, stimulé par un répertoire essentiellement profane, même quand il se cache sous de pieuses appellations. La redécouverte du patrimoine organologique de l’île est assez récente, moins d’une dizaine d’années, grâce à la création du Laboratorio Organi Storici au sein du Conservatoire de Cagliari qui a promu concerts, visites, conférences, avec l’appui du professeur Roberto Milleddu, auteur de l’érudite notice du CD (en italien et anglais). Née en 1999, Francesca Ajossa a étudié auprès d’Angelo Castaldo et fréquenté ces ateliers. Son disque capté en janvier 2016 s’inscrit dans cette ambition.

L'Héritage de Claude Debussy

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Crescendo Magazine poursuit la publication des articles de la série "Ce siècle aura 100 ans" rédigée par Harry Halbreich et publiée en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.

Depuis un siècle, il n’est pas de plus grand novateur en musique que Claude Debussy, dont le rayonnement non seulement demeure intact mais semble sans cesse gagner en intensité. C’est qu’à la différence d’un Schönberg, par exemple, il fut également et surtout un grand libérateur. Rares sont les créateurs de ce siècle qui n’ont pas été touchés d’une manière ou d’une autre par son souffle. 

La matière de cet article recoupe donc forcément en partie celle des précédents, voire des suivants de la même série. C’est ainsi que ceux que nous avons définis comme « les Maîtres du Son Nouveau » sont en grande partie ses héritiers, voire ses exécuteurs testamentaires : en tous cas, ils n’existeraient pas sans lui. Mais Pierre Boulez pas davantage, lui qui tenta et réussit la difficile synthèse de Debussy et de Webern. Et quant à la « trinité viennoise », pour remonter dans le temps, l’impact de la musique de Debussy sur la Vienne de l’immédiat avant 1914, où elle était bien connue et souvent jouée, c’est l’un des grands chapitres quasi-vierges de la musicologie, qui reste à explorer entièrement. Du début des Gurrelieder et du Scherzo du Deuxième Quatuor de Schönberg à Reigen, la deuxième des Trois Pièces opus 6 d’Alban Berg, les exemples ne manquent pourtant pas, ceux que nous venons de citer comptant au nombre des plus évidents. Et Stravinski, autre source puissante de la création de ce siècle dont nous n’avons point parlé encore et qui fera l’objet, avec sa riche descendance, d’une de nos prochaines études, Stravinski lui aussi doit en partie à Debussy d’être ce qu’il est : si le début de son Rossignol se situe encore presque sur le plan de la copie, les Nuages debussystes se retrouvent, sublimés, dans l’extraordinaire Prélude de la seconde partie du Sacre du Printemps. Et puis, antipode de l’Ecole viennoise et autre grand-père nourricier de la musique d’aujourd’hui, il y a Edgard Varèse dont le rayonnement inspirera lui aussi un futur article. En somme, peut-être eût-il fallu commencer notre série par Debussy, précisément, fons et origo d’un siècle de musique, et probablement aussi de celui qui s’annonce...

Une nouvelle spiritualité

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Crescendo Magazine poursuit la publication des articles de la série "Ce siècle aura 100 ans" rédigée par Harry Halbreich et publiée en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.

André Malraux l’avait prédit : le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas. A son orée, le tableau est chaotique et pétri de contradictions. L’Europe est en voie de déchristianisation accélérée, les vocations se font rares, les églises, celle de Rome en particulier, se figent dans des positions anachroniques et ne correspondent plus à l’attente d’une majorité de croyants. Et pourtant, après la faillite misérable des idéologies politiques athées, jamais l’humanité n’a été plus tragiquement « en manque », et ce manque se traduit par des réactions de désarroi : à l’échelle mondiale, l’intégrisme islamique est devenu le courant rassembleur le plus important depuis la chute du marxisme, mais les intégrismes juif et chrétien sont eux aussi en hausse. La prolifération des sectes, certaines farfelues et innocentes, mais d’autres, les plus importantes, dangereuses, voire meurtrières, témoigne également de cette faim non assouvie d’une vérité transcendante. Et qu’elle s’adresse trop souvent aux fausses nourritures n’ôte rien à l’intensité de son désir ni au vide terrible qu’il révèle. Car la mort unilatéralement décrétée de Dieu n’engage que l’homme, que son rejet de Dieu a réduit à la condition d’orphelin spirituel, de mutilé de l’Esprit.

Korngold en coffret 

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Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Sursum Corda, Op.13 ; Märchenbilder, Op.3 ; Schauspiel Ouverture, Op.4 ; Der Schneemann, Tales of Strauss, Op.2& ; Die Tote Stadt, Op.12 ; Das Wunder der Heliane, Op.20 ; Die Kathrin, Op.28 ; Violanta, Op.8 ; Der Sturm, Concerto pour violoncelle et orchestre en ut majeur, Op.37 ; Much ado About Nothing, Op.11 ; Baby Serenade, Op.24 ; Theme and Variations, Op.42 ; Tomorrow, Op.33 ; Einfache Lieder, Op.9 ; Prayer, Op.32 ; Abschiedslieder, Op.14. Karen Roberston, et Wendy Nielsen, sopranos ; Gigi Mitchell-Velasco, mezzo-soprano ; Stephen Gould, ténor ; Zuill Baily, violoncelle ; Tibor Pazmany, orgue ; Jochem Hochstenbach, piano. Konzertvereinigung Linzer Theaterchor ; Frauenchor des Mozartchores Linz ; Bruckner Linz Orchester, Casper Richter. 1999-2003. Livret en allemand et anglais. 4 CD Capriccio 4CD C 7350. 

L’œuvre pour violoncelle et piano de Friedrich Kiel, une opportune réédition

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Friedrich KIEL (1821-1885) : Œuvres complètes pour violoncelle et piano : Sonate WoO en ré majeur ; Petite Suite en la majeur op.77 ; Sonate en sol mineur op. 67 ; Sonate en la mineur op. 52 ; Trois pièces op. 12 ; Reisebilder op. 11. Hans Zentgraf, violoncelle et Christoph Ullrich, piano. 2020. Livret en anglais, en français et en allemand. 142.33. MDG 612 2175-2 (un album de deux CD).

Anniversaire symphonique pour les 40 ans d’Orfeo 

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Legendary Conductors : Sir John Barbirolli, Karl Böhm, Sergiu Celibidache, Ferenc Fricsay, Wilhelm Furtwängler, Herbert von Karajan, Carlos Kleiber, Otto Klemperer, Hans Knappertsbusch, Dimitri Mitropoulos, Wolfgang Sawallisch. Oeuvres de : Beethoven, Brahms, Bruckner, Schubert, R.Strauss, Prokofiev, Tchaïkovski, Vaughan-Williams. Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Bayerisches Staatsorchester, Wiener Symphoniker, Wiener philharmoniker. 1951-1991. Livret en anglais et allemand. 10 CD Orfeo. 4 011790 200118. 

Récital d’orgue baroque nord-allemand sur deux historiques instruments polonais

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Polish Historic Organs in Olkusz & Pasłęk. Heinrich SCHEIDEMANN (1595-1663) : Die nobis Maria ; Vincent LÜBECK (1654-1740) : Praeludium en ut majeur ; Franz TUNDER (1614-1667) : Komm, heiliger Geist, Herre Gott ; Johann Adam REINCKEN (1623-1722) : An Wasserflüssen Babylon ; Dietrich BUXTEHUDE (1637-1707) : Praeludium en fa dièse mineur, BuxWV 146 ; Ich ruf zu dir, BuxWV 196 ; Toccata en ré mineur, BuxWV 155 ; Nicolaus BRUHNS (1665-1697) : Praeludium en mi mineur. Mateusz Rzewuski, orgues d’ Olkusz et Pasłęk. 2020. Livret en polonais, anglais. TT 65’48. Paweł Ożga Studio POS-008

Chloé Kiffet et Alexandre Mouzouzkine, un duo franco-russe pour Ravel et Stravinsky

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Maurice RAVEL (1875-1937)  : Sonate pour violon et piano "Posthume, Sonate pour violon et piano en sol majeur ; Igor STRAVINSKY (1882-1971) Suite de l'Oiseau de feu pour piano (arrangement pour piano : Alexandre Moutouzkine)  ; Petrouchka: Trois mouvements pour piano. Chloé Kiffer, violon ; Alexandre Moutouzkine, piano ; 2020 - Livret en anglais -65'40. STEINWAY & SONS 30103

Le chef d’orchestre Constantin Silvestri était aussi un compositeur de qualité 

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Constantin SILVESTRI (1913-1969) : Œuvres pour piano, intégrale : Suites « Jeux d’enfants » op. 3 n° 1 et n° 2 ; Sonatine op. 3 n° 3 ; Danses populaires roumaines de Transylvanie, op. 4 ; Suite n° 3 op. 6 n° 1 ; Sonata breve a due voci op. 13 n° 2 ; Sonata quasi una fantasia op. 19 n° 2 ; Pièces de concert op. 25 ; Chants nostalgiques op. 27 ; Sonate-Rhapsodie en trois épisodes op. 28 n° 1. György KURTAG (1926) : Deux Pièces pour piano. George ENESCU (1881-1955) : Concerto pour piano (inachevé) : 1er mouvement. Luiza Borac, piano ; Orchestre National de la Radio de Bucarest, direction Rossen Gergov. 2020. Livret en allemand et en anglais. 159.03. Profil Hänssler PH20028 (2 CD).