Francis Poulenc : la fraîcheur et le feu

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"Unis la Fraîcheur et le Feu" disait Eluard à Poulenc, qui fit de ce titre un merveilleux petit cycle de mélodies. Fraîcheur d'un charme mélodique désarmant, Feu d'une inspiration ardente, revivifiée par la Foi. Cette union improbable et pourtant si naturelle a garanti le succès du musicien, de son temps à nos jours. Analyse d'une popularité sans faille, d'une éternelle jeunesse, au travers de ses plus grandes œuvres.

 "En Poulenc, il y a du moine et du voyou" disait Claude Rostand. Et, plus récemment, Stéphane Friédérich titrait  : "Francis Poulenc : la gravité du pince-sans-rire". A la lecture du catalogue de l'œuvre, cette alternance frappe en effet tout de suite. Il ne s'agit cependant pas d'empreinte commune, de tragi-comédie, de mélange shakespearien des genres, mais plutôt d'une évolution parallèle, faisant concourir constamment pages légères et pages profondes, poèmes enjoués et motets vibrants, ballets érotiques et cantates douloureuses. Dichotomie étrange, qui jamais n'embarrassa le Maître, conscient de ses deux penchants, et les réunissant joyeusement, pour le plus grand bonheur des mélomanes. Et Denise Duval pourra chanter tour à tour Les Mamelles de Tirésias et Dialogues des Carmélites sans aucune angoisse métaphysique.

Chez Poulenc, il n'y a pas de "périodes", au grand dam des critiques qui aiment classer, répertorier, scinder. Il a trouvé son style tout seul, apparu comme Minerve sortant du cerveau de Jupiter. Par une feinte indifférence, l'inspiration "voyou" côtoiera l'inspiration "moine", avec une recrudescence de celle-ci à partir de 1936, lors de la conversion du compositeur. 

Six, ils sont six !

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Le 8 janvier 1920, à 16 heures 30, un jeune compositeur français déjà bien en vue, Darius Milhaud, récemment rentré du Brésil où il a été le secrétaire particulier de l'Ambassadeur Paul Claudel, reçoit chez lui, rue Gaillard à Paris, quelques critiques musicaux en vue de leur faire connaître quelques-uns de ses jeunes collègues les plus talentueux. Cinq répondent à l'appel : Arthur Honegger, Francis Poulenc, Georges Auric, Louis Durey et Germaine Tailleferre. On fait connaissance, on bavarde, on fait de la musique. L'un de ces critiques, Henri Collet, également compositeur et grand expert en musique espagnole, est particulièrement impressionné. Une semaine plus tard, le 16 janvier, il fait paraître dans la revue Comoedia un article retentissant intitulé "Un ouvrage de Rimski et un ouvrage de...Cocteau : les Cinq Russes, les Six Français". Et il récidive la semaine suivante. Le Groupe des Six est né. 

Il aurait pu être de composition différente, voire comprendre un ou deux membres de plus : Jacques Ibert, Roland-Manuel... Le hasard a fait que ceux-là purent répondre à l'invitation de Milhaud ce jour-là. Mais à la vérité, leurs noms avaient déjà voisiné dans nombre de concerts depuis deux ans, une ou deux fois même au complet. D'emblée, Henri Collet a associé leurs noms à celui de Jean Cocteau, leur flamboyant porte-parole. Ce brillant poète et protagoniste de la vie mondaine de l'avant-garde parisienne ("Un cocktail, des Cocteaux", dira une bien méchante langue !) accumule depuis des années articles et manifestes, activité culminant en 1918 dans la célèbre brochure Le Coq et l'Arlequin, auxquels succèderont, mais après la naissance du Groupe des Six, les quatre numéros de l'éphémère revue Le Coq (mai à novembre 1920). Mais Collet aurait dû évoquer un autre parrainage encore, d'ailleurs sans cesse invoqué par Cocteau, celui du malicieux Erik Satie, compositeur énigmatique et rare, et écrivain-conférencier tout proche de Dada, en fait véritable père spirituel de notre Groupe.

La Phèdre de Jean-Baptiste Lemoyne, une résurrection nécessaire

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Jean-Baptiste LEMOYNE (1751-1796) : Phèdre, tragédie lyrique en trois actes. Judith van Wanroij ; Julien Behr ; Tassis Christoyannis ; Melody Louledjian ; Jérôme Boutillier ; Ludivine Gombert ; Purcell Choir ; Orfeo Orchestra, direction György Vashegyi. 2020. Livret en français et en anglais. Textes complets avec traduction en anglais. 136.30. Un livre-disque du Palazzetto Bru Zane BZ 1040 (2 CD).

Beethoven par Scherchen

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des Symphonies, Wellingtons Sieg oder die Schlacht bei Vittoria, Op.91 ; Ouvertures de Leonore I, Op.138 ; Leonore II, ops 72a ; Leonore III, Op.72b ; Fidelio, Op.72, Coriolan, Op.62 ; König Stephan, Op.117 ; Zur Namensfeier, Op.115 ; Die Geschöpfe des Prometheus, Op.43 ; Die Ruinen von Athen, Op.113 ; Die Weihe des Hauses, Op.124 ; Grosse Fuge (orchestration de Felix Weingartner). Magda László, soprano ; Hilde Rössel-Majdan, alto ; Petre Munteanu, ténor ; Richars Standen, basse. Vienna Academy Chorus, Vienna State Opera Orchestra, Royal Philharmonic Orchestra, English Baroque Orchestra, Herman Scherchen. 1951-1958. Livret en anglais et allemand. DGG.  483 8163. 

Hermann Scherchen, l’Allemand qui ne dirigeait pas comme un Allemand 

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La réédition par DGG d’enregistrements beethovéniens, dont les symphonies, sous la baguette du chef d’orchestre Hermann Scherchen, est une bonne opportunité d’évoquer la carrière de ce musicien exceptionnel. Chef d’orchestre virtuose, pilier de la création contemporaine et même de la musique électronique, il marqua de son empreinte l’art de la direction en dépit d’une notoriété relativement trop confidentielle par rapport aux stars de son époque. 

Hermann Scherchen naît à Berlin en 1891. Altiste, il joue dans l’orchestre Blüthner de Berlin tout en étant musicien supplémentaire lors des concerts du Philharmonique. En 1911, il rencontre Arnold Schönberg dont il est l'assistant pour la création du Pierrot lunaire. Le jeune musicien est fasciné par la modernité et les pistes offertes par cette musique qui dépasse les frontières connues. Schönberg part en tournée à travers l’Allemagne avec son Pierrot Lunaire et Scherchen, encouragé par le compositeur, assure quelques performances de cette oeuvre révolutionnaire. En 1914, il est chef d’orchestre à Riga mais la Première Guerre Mondiale éclate et le musicien est retenu prisonnier par les Russes, il se découvre une sympathie pour la Révolution d’octobre et les idées communistes. De retour à Berlin, en 1918, il se fait un propagateur de la musique de son temps. S’il fonde un quatuor à cordes qui porte son nom, il est aussi l’initiateur de la Neue Musikgesellschaft (Société pour la nouvelle musique) et de la revue Melos (1919) qui oeuvrent pour la défense de la musique contemporaine. Ses activités se complètent par un poste à la Musikhochschule de Berlin et la direction d’une chorale d’ouvriers. En 1921, il est désigné à la tête des concerts du Konzertverein de Leipzig puis au pupitre des Museumkonzerten de Francfort sur le Main où il succède à Wilhelm Furtwangler. 

Une rencontre Beethoven-Kuhlau autour de la flûte

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Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) : Sérénade pour piano et flûte, op. 41 ; Canon « Kühl, nicht lau », WoO 191. Friedrich KUHLAU (1786-1832) : Capriccio pour flûte op. 10b n° 9 ; Grande Sonate concertante pour piano et flûte, op. 85. Tami Krausz, flûte ; Shuann Chai, pianoforte. 2020. Livret en anglais, en allemand et en français. 67.14. Ramée RAM 1903.

Deux saisons mais deux mondes totalement opposés

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Piotr Illitch Tchaïkovski (1840 - 1893): Les Saisons, transcription Alexander Goedicke (1877 - 1957) pour piano, violon et violoncelle ; Astor Piazzolla (1921 - 1992) : Les Quatre Saisons de Buenos Aires, transcription José Bragato (1915 - 2017) pour piano, violon et violoncelle. Trio Bohème (Jasmina Kulaglich, piano ; Lev Maslovsky, violon ; Igor Kiritchenko,  violoncelle) -2019 - Livret en anglais et en français  - 67: 48 . Calliope Records

Fin de l’intégrale de l’œuvre pour flûte de Jolivet par Hélène Boulègue

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André JOLIVET (1905-1974) : Concerto n°1 pour flûte et cordes ; Suite en concert (Concerto n°2) pour flûte et quatre percussionnistes ; Alla rustica, divertissement pour flûte et harpe ; Pipeaubec, pour flûte et percussion ; Sonatine pour flûte et clarinette ; Pastorales de Noël pour flûte, basson et harpe ; Une minute trente pour flûte et percussion ; Petite Suite pour flûte, alto et harpe. Hélène Boulègue, flûte ; Solistes de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, direction Gustavo Gimeno. 2020. Livret en anglais. 76.19. Naxos 8.574079.